‹ Traité de physique expérimentale et mathématiqueChapitre 22 sur 94 · CONSTRUCTION DES AIGUILLES · texte numérisé non relu

CONSTRUCTION DES AIGUILLES

même nature , et travaillés avec une exactitude égale, le frottement ne dépend que du poids de l’aiguille. On peut le déterminer , par expérience, en présentant de loin à l’aiguille suspendue sur son pivot un aimant qui la détourne de son méridien magnétique, et observant avec quel degré d’approximation elle y revient quand elle est ensuite abandonnée à ellemême. Il est, en effet, évident que les amplitudes des arcs auxquels elle s’arrête indifféremment de part et d’autre de ce plan , dans un grand nombre d’expériences , devront être proportionnelles à l’énergie du frottement. Coulomb, par des observations de ce genre, a trouvé que, pour des pivots trèspointus et des cbapes formées d’une matière impénétrable, le frottement était à peu près proportionnel à la puissance - des pressions. Mais lorsque, par un long usage, la pointe des pivots s’est émoussée, et s’est pour ainsi dire accommodée au fond de la cliape , ce qui est le cas le plus ordinaire, il a trouvé que le frottement devenait simplement proportionnel aux pressions. C’est là la première donnée dont nous devons faire usage.

Concevons maintenant une aiguille aimantée de forme et de grosseur quelconque , placée sur un pareil pivot; et, sans rien changer à ses dimensions longitudinales, doublons seulement de son épaisseur, ou , ce qui revient au même, posons sur elle une antre lame absolument pareille : la pression sur le pivot sera doublée, ainsi que le frottement; mais la force directrice ne le sera pas. Car nous avons trouvé, page ioo, qu’en vertu de la réaction des pôles homologues l’un sur l'autre , elle croît dans un moindre rapport que les épaisseurs. Ce nouveau système déterminera donc la direction du méridien magnétique, moins exactement que la première aiguille toute seule; et de là on voit qu’en général, toutes choses d’ailleurs égales, il y a de l’avantage à employer, dans la construction des boussoles, des aiguilles très-peu épaisses : il suffit de borner l’épaisseur au degré nécessaire pour que l’aiguille ne se courbe pas par la flexion.

Passons maintenant aux longueurs, et considérons d’abord le cas où l’aiguille, par ses dimensions et son état physique , ne possède qu’une seule espèce de magnétisme libre sur chacune

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