CHAPITRE V
Considérations générales sur les forces qui produisent la réflexion de la lumière a la surface des corps.
Lorsqu’on a trouvé les lois expérimentales des phénomènes, il faut tâcher de les ramener à des causes mécaniques, c’est-àdire d’assigner des systèmes de forces capables de produire les mêmes effets. Car si l’on peut y parvenir , on se trouve élevé à la source même de tous les phénomènes , on en connaît les rapports naturels et nécessaires ; et au lieu de s’embarrasser dans leurs détails, on n’a plus qu’à les envisager dans leurs principes , ce qui est incomparablement plus simple. Essayons d’atteindre ce but dans les phénomènes de la réflexion.
Ces phénomènes, au premier coup-d’œil, semblent n’êtro que de simples résultats de l’élasticité qui force les molécules lumineuses de se réfléchir à la surface des corps polis , comme une bille d’ivoire se réfléchit sur un plan de marbre , en formant l’angle de réflexion égal à l’angle d’incidence. Mais cette idée , qui se présente la première , et qui a été aussi la première adoptée , ne saurait soutenir l’examen.
Sans connaître les dimensions absolues dc^ molécules lumineuses, nous pouvons aisément comprendre qu’elles doivent être d’une petitesse excessive, et telle que les meilleurs microscopes ne pourraient jamais les agrandir assez pour les faire tomber sous nos sens: s’il en était autrement , comment pourraient-elles traverser, ainsi qu’elles le font, de grandes masses d’eau, de verre, et d’autres substances diaphanes? Comment pourraient-elles trouver un si libre passage à travers les pores de ces substances, que non-seulement leur vitesse n’en soit pas affaiblie, mais, au contraire, puisse y devenir plus grande, comme nous le prouverons bientôt ? Et enfin quand , avec cette énorme vitesse , elles viennent à chaque instant , par millions ,