‹ Traité de physique expérimentale et mathématiqueChapitre 47 sur 94 · SUR LFS FORCES RÉFLÉCHISSANTES · texte numérisé non relu

SUR LFS FORCES RÉFLÉCHISSANTES

commence d’agir; mais ensuite avec une intensité croissante, jusqu’à ce qu’enfin tout le mouvement de la particule lumineuse dans ce sens soit entièrement détruit. Quand cela aura lieu , la particule lumineuse ne pourra pas aller plus avant, et la force répulsive , agissant désormais seule sur elle , l’obligera de rétrograder, et lui rendra progressivement de dislance en distance tous les degrés de vitesse qu’elle lui avait ôtés d’abord , jusqu’à ce qu’enfin la particule , se trouvant assez éloignée de la surface pour que l’action de la force répulsive sur elle soit désormais insensible , continue pour toujours son mouvement en ligne droite avec les vitesses qu’elle a recouvrées.

Ainsi, depuis le premier instant où la particule lumineuse commence à sentir l’action de la force répulsive jusqu’à l’instant où elle parvient à la plus petite distance de la surface réfléchissante , elle est sollicitée par deux vitesses , dont l’une MN est constante et parallèle à la surface, tandis que l’autre, perpendiculaire à cette meme surface , est égale à l’excès de M I , sur l’intensité de la force répulsive à la distance où la particule se trouve. Si cette force n’éprouve point d’intermittences dans son mode d’action, la vitesse IN sera perpétuellement retardée. Alors , d’après les principes de la mécanique , la molécule lumineuse décrira une première branche de courbe convexe vers la surface , laquelle aura d’abord pour tangente la direction primitive de la particule, et se terminera au point v, où la vitesse perpendiculaire à la surface est entièrement détruite. Mais si la force répulsive éprouve dans son mode d’action des intermittences qui la rendent plus faible à certaines distances plus petites , ce qui n’est pas sans quelque probabilité , la trajectoire décrite par la molécule lumineuse devra être onduleuse , comme le représente la fig. 28, jusqu’à ce qu’enfin son mouvement devienne parallèle à la surface en s , où elle n’est plus sollicitée que par la vitesse constante M N. Après celte époque, la molécule, toujours repoussée, commencera à s’éloigner de la surface avec une vitesse continuellement ou périodiquement accélérée ; et comme sa vitesse, parallèlement à la surface, est toujours constante , il s’ensuit qu’elle décrira une seconde branche de courbe

19$ CONSIDERATIONS GÉNÉRALES

convexe ou onduleuse vers la surface comme la première , mais toujours symétrique avec elle, puisque les forces qui sollicitent la particule sont les memes à égales distances de la surface de part et d’autre du point s. D’après la symétrie de la courbe , la dernière tangente R' T7 fera avec la surface réfléchissante le même angle que la première ; et comme la distance à laquelle la force répulsive commence et finit d’être sensible est extrêmement petite , la portion curviligne de la trajectoire renfermée dans les mêmes limites sera fort petite également ; de sorte que la réflexion semble s’opérer brusquement en un point ^ à l’intersection commune du rayon incident avec le rayon réfléchi.

Jusqu’ici nous avons considéré le corps réflecteur comme existant seul et isolé dans le vide. Ainsi nous avons pu attribuer toute la réflexion à la seule puissance répulsive de ses particules. Mais si nous le supposons environné d’air ou d’eau, ou de tout autre milieu matériel , nous devrons pareillement concevoir que les particules de ce milieu exercent sur la lumière des actions analogues. Alors que devra-t-il arriver ? Pour le savoir , considérons une particule lumineuse parvenue dans le premier milieu, à une certaine distance de la surface commune. Nous pourrons toujours décomposer par la pensée l’action, soit attractive, soit répulsive , des molécules du second milieu en deux parties M et M7- — >M , dont l’une M soit égale à celle qu’exercent à pareille distance les molécules du premier milieu, et dont l’autre M' — M soit l’excès de Faction du second milieu sur celle du premier. Or , si le second milieu ne possédait que la force M , il arriverait la même chose que s’il ne se faisait pas de changement de milieu; et les molécules lumineuses, également sollicitées dans tous les sens, continueraient leur route avec la vitesse qu’elles auraient précédemment acquise. C’est le cas des milieux homogènes, comme Feau ou le verre, dans l’intérieur desquels il ne s’opère en effet aucune réflexion. L’effet de cette première partie se détruit donc toujours de lui-même , et il ne reste plus à considérer que l’excès de Faction du second milieu , ce qui rentre dans le cas que nous avons d’abord examiné.

Quant à la valeur plus ou moins considérable de cette diffé»

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