INDICATEURS A FLOTTEUR ET A SIFFLET D'ALARHE
779. L'indicateur le plus simple de ce système se compose d'un flotteur en métal ou en pierre, muni d'une tige sortant de la chaudière au travers d'un presse-étoupe et dont le mouvement indique le niveau de l'eau, soit directement, soit par l'intermédiaire d'une aiguille mobile sur un cadran.
Si le flotteur est en pierre, on Téquilibre par un contre-poids. Ce dernier est rarement utile quand on fait usage d'un flotteur en métal creux, composé de deux calottes embouties et assemblées de manière à former une lentille à parois étanches, dans laquelle on a soin de verser un peu d'eau. Celle-ci se vaporisant lorsque la chaudière est en service, il s'établit dans le flotteur la même pression que dans la chaudière et la lentille ne s'écrase pas malgré la faible épaisseur de ses parois.
Il est évident que, lorsqu'on soumet la chaudière à une pression hydraulique à froid, il faut avoir soin de sortir le flotteur pour éviter qu'il ne soit écrasé.
780. L'appareil à flotteur est très souvent pourvu de sifflets d'alarme, formés chacun de deux calottes sphériques opposées dont les bords taillés en biseau ne laissent entre eux qu'un vide étroit. Lorsque, par suite du déplacement d'une petite soupape, la vapeur arrive dans la calotte inférieure, elle rencontre un disque qui l'oblige à s'échapper par la circonférence en formant une lame annulaire qui, se brisant sur le biseau de la calotte supérieure, produit un son dont l'intensité augmente avec la vitesse de la vapeur.
Un flotteur, qui peut être celui de l'indicateur de niveau, fait fonctionner la soupape qui met on communication le sifflet avec la chaudière.
781. Flotteur Bourdon (modèle primitif). — La disposition adoptée par M. Bourdon (fig. 443-444) a pour but de remplacer le frottement dans la boite à étoupe par celui d^un tourillon sur son coussinet.
Ce tourillon traverse une boîte en fonte triangulaire A, à l'intérieur de laquelle il est mis en mouvement par un levier relié à la tige d du flotteur, tandis qu'à l'extérieur il porte une tige munie d'un contre-poids et terminée par une aiguille qui indique sur un cadran la hauteur de l'eau. Le même flotteur fait fonctionner le sifflet d'alarme au moyen du levier 6, qui en appuyant sur le bouton c, fait ouvrir le clapet de vapeur du sifflet.
L'appareil peut, en outre, être muni d'une soupape de sûreté.
La figure aog montre le joint du tourillon et de la paroi iju'il
Iraversti; l'étanchéité est obtenue sans presse- étoupc grâce à une portée conique légèrement pressée sur un siège bien rodé.
788.FIotteurBotirdon{nouveaainodèle).— M. Edouard Bourdon a modifié la construction de l'indicateur précédent, dans le but d'en diminuer le poids et les dimensions.
Le flotteur (fig. 44^) n'agit plus directement, mais, par l'intermédiaire d'un levier à contre-poids, entraîne la tige de commande, qui actionne à son extrémité supérieure une petite manivelle a fixée sur l'arbre b portant l'aiguille indicatrice.
L'n sifflet d'alarme est placé à la partie supérieure ; il est commandé par deux petites cames c et c' qui viennent, suivant que ie niveau est trop haut ou trop bas, appuyer l'une ou l'autre sur une tige qui ouvre ou ferme l'arrivée de vapeur à ce sifflet.
inO CHAUDIÈRES A VAPEUR.
Une disposition spéciale permet de régler, au-dessus et au-dessous du niveau normal, les limites à partir desquelles l'appareil d'alarme fonctionnera. A cet effet, les deux cames sont indépendantes et folles sur le pivot b ; on peut donc faire varier leur inclinaison comme on le veut; deux vis de pression permettent ensuite de les rendre solidaires d'une pièce qui, & l'inverse des cames, est montée d'une façon invariable sur le pivot h.
Ce mécanisme est disposé dans une botte cylindrique en fonte fermée en avant par un cadran émaillé devant lequel se meut l'aiguille indicatrice et montée sur une colonne également en fonte, boulonnée sur la chaudière.
Le support du balancier du flotteur est suspendu p) ,'3 dans la chaudière à un
tube en fer vissé lui-même dans la base de la colonne en fonte.
Quant à l'arbre de l'aiguille, il est muni du joint conique que nous avons vu dans l'ancien appareil.
Enfin deux vis de pression V et V permettent de régler la longueur de la tige de commande d'après le niveau normal de l'eau daus la chaudière.
Dans les indicateurs à flotteur que nous venons de décrire, les mouvements dus aux variations du niveau de l'eau à l'inlérieur de la chaudière, sont transmis à une aiguille indicatrice située a l'extérieur; cela exige forcément un joint qui doit être
d'une étanchéité parfaite, tout en permettant le libre jeu des organes qui le traversent. Le joint conique sans presse-étoupe donne de bons résultats. Dans les appareils que nous allons décrire, on s'est attaché k supprimer cette communication entre l'intérieur et iVxtérieur.
783. Indicateur magnétique Letbulllier et Pinel. — .Nous représentons, figure 44''. cet indicateur qui se compose d'une colonne en
fonte A, sarmontée d'une boite en cuivre fi, dans laquelle se meut un fort aimant D fixé à l'extrémité de la tige Ë du flotteur F. Des ressorts appuient constamment les pâles recourbés de cet aimant contre Tudc des parois de la boite, sur la face extérieure de laquelle glisse un petit barreau en fer 0 retenu seulement par l'action magnétique. On dispose le long de la colonne en fonte deux sifflets d'alarme actionnés par deux taquets que porte la tige du flotteur. On peut également munir l'appareil de deux tubulures pour les soupapes de sûreté, et le pourvoir d'un manomètre.
On voit que le fonctionnement de cet indicateur est assez simple; toutefois il peut arriver qu'une oscillation brusque ou une diminution de puissance de l'aimant viennent & entraîner la chute de l'index ; si parfois cette éventualité se produit, la position anormale de l'index montre que l'appareil a cessé de fonctionner, et on ne Y\g. 446.
risque pas de se lier à une fausse indication.
784. Indicateur Perrotte. — M. Perrolte a aussi établi un indicateur magnétique, mais il transforme le mouvement de va-et-vient de la tige du flotteur en un mouvement de rotation de l'aimant autour d'un axe horizontal ; l'aiguille indicatrice re-
152 CHAUDIÈRES A VAPEDB.
tenue par son pivot no peut plus se détacher ; il est à craindre que, cessant d'obéir à l'action de l'aimant, elle ne reste en arrêt dans une position quelconque et ne donne une indication trompeuse. M. P. Carette avait exposé en 1 889 un indicateur analogue et d'une très grande sensibilité. Cet appareil se compose d'ua levier à branches inégales porté sur deux couteaux ; un flotteur logé dans un barillet suit les variations du niveau de l'eau dans la chaudière et agit sur la longue branche du levier. La petite branche est constituée par un aimant énergique, en acier comprimé, qui entraine dans son mouvement une aiguille en fer doux placée extérieurement vis-à-vis de lui.
Cette aiguille, protégée par une glace, oscille autour d'un axe dont la directiou coïncide avec les tranchants des couteaux du levier. Elle porte un contre-poids qui tend à la ramener à l'indication du manque d'eau dans le cas où elle échapperait à l'actioD de l'aimant.