‹ Traité de physique industrielle, production et utilisation de la chaleur (volume 2)Chapitre 86 sur 182 · ÉVAPORATION SANS INTERVENTION DE CHALEUR ARTIFICIELLE · texte numérisé non relu

ÉVAPORATION SANS INTERVENTION DE CHALEUR ARTIFICIELLE

964. Lorsqu'on fait passer au contact d'un liquide de l'air non saturé d'humidité, cet air se charge d'une certaine quantité de vapeur variant avec les circonstances qui accompagent l'opération. Un liquide exposé à l'air libre finit toujours par s'évaporer entièrement au bout d'un temps plus ou moins long. Le vent et le soleil activent beaucoup l'évaporation qu'on obtient ainsi sans dépense de combustible, mais d'une manière très irrégulière. Ce défaut de régularité est si fâcheux au point de vue industriel que, malgré l'avantage que présente ce procédé quant à l'économie de combustible, on l'a abondanné dans la plupart des industries. Il n'est plus guère employé aujourd'hui que pour l'extraction du sel marin.

Les marais salants sont formés de bassins peu profonds dans

lesquels Teau de mer est exposée en couches minces à Taction combinée du soleil et de l'air atmosphérique afin d'obtenir par révaporation le sel marin qu'elle renferme. La rapidité de l'opération dépend de la température de Tair, de son état de saturation, des courants de l'atmosphère, de la puissance des rayons du soleil et enfin de l'étendue des surfaces exposées à l'action de l'air; la surface étant le seul élément dont on dispose avec ce procédé d'évaporation, le travail est nécessairement très irrégulier et nécessite beaucoup de main-d'œuvre.

Dans certaines localités, on emploie pour l'extraction du sel des appareils, dits bâtiments de graduation^ dans lesquels l'évaporation ou plutôt la concentration se fait encore sous l'action de l'air atmosphérique. Le liquide à concentrer est élevé par des pompes et coule sur des fagots ou fascines qui ont pour effet de le diviser en gouttelettes. On a remarqué en effet que l'action de Tair est plus efficace sur un liquide qui tombe en pluie. Cela tient à ce que les surfaces de contact entre l'air et l'eau se trouvent ainsi très augmentées. Ce procédé est assez peu économique parce qu'il nécessite l'élévation des eaux et que les frais accessoires sont assez considérables.

On a souvent essayé l'emploi d'un courant d'air artificiel produit par un ventilateur. On force l'air à traverser une chambre dans laquelle on fait écouler le liquide en minces filets le long de cordes pendantes. En opérant dans ces conditions, on peut estimer que dans la saison d'automne chaque mètre cube d'air enlève environ 3 grammes de vapeur d'eau, mais aussi un peu de liquide et des particules solides.

Ce mode d'opérer exige un moteur, une pompe, un ventilateur; malgré cela, il est encore très irrégulier, parce que le degré hygrométrique de l'air est très variable, et même, lorsque l'air extérieur est presque saturé, comme cela arrive dans les temps pluvieux, révaporation est à peu près nulle.

Tous ces moyens tendent maintenant à être abandonnés, car on considère aujourd'hui comme essentiel pour toute opération industrielle, qu'elle soit faite avec régularité et aussi rapidement que possible. *

3S8 ËVAPORATEON.

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