CHAPITRE V
DESINFECTION
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1005. Une intéressante application Je la clialeur aprî grande importance dans ces dernières années; nous v parler de l'utilisation de la chaleur à la désinfection.
Les appareils, dans lesquels s'effectue celle opération, connus sous le nom d'étuves de désinfection.
Les grandes découvertes de M. Pasteur ainsi que les clies d'éminents médecins hygiénistes, ont fait connaît» maladies tran.smissihles et infectieuses ont, en général. cause l'action de micro-organismes vivants qui, en passan individu malade à un individu sain, propagent la malai que le moyen le plus sûr de combattre la contagion» Bf( faire de la désinfection, c'est-à-dire de détruire les -<rmes Ihogénes qui propagent les maladies contagieuses, La destru de cea germe* peut être obtenue par différents procl Ton, le plus énergique et le plus sur, consiste à BOnme Tactioud'une température suffisamment élever, pendant le nécessaire, les objets qu'on veut purifier. C'est Needham premier, au cours de recherches sur la possibilité de la gé tion spontanée, a songé à utiliser la chaleur pour détruir germes vivants.
Les conditions essentielles auxquelles doivent répondr éluves de désinfection sont en général les suivantes :
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Certitude de destruction des germes pathogènes et de leurs jores ;
Rapidité d'action, afin de pouvoir avec un matériel restreint ombattre une épidémie naissante ;
Conservation sans altération des tissus et objets mis en traitaient.
Pour satisfaire à ces conditions, le mode d'emploi de la chaeur est loin d'être indifférent.
Déjà, en 1701, Leeuwenhoek découvrit que certains animalcules, les rotifëres, présentent, lorsqu'ils ont été préalablement lesséchés, une résistance considérable à l'action destructive de a chaleur sèche. Spallanzani montra de son côté que les rotifëres ^d'autres animalcules reviviscibles meurent sans retour lorsque, >lacés dans l'eau, celle-ci est chauffée à une température de go* C. environ. Les mêmes animalcules desséchés et chauffés à »ec dans le sable résistent fort bien à une température de 8o° C.
De nombreuses expériences, faites en 1860 par une commission, composée de membres de la Société de biologie, établirent que « les rotifères peuvent se ranimer après avoir séjourné quatre-vingt-douze jours dans le vide sec et subijimmédiatement après une température de ioo° C. pendant trente minutes ».
Ces faits permettaient de prévoir que la chaleur sèche est un mauvais agent de désinfection. On a constaté, en effet, dans les premières étuves à désinfection où l'on utilisait l'air sec et chaud, qu'il fallait, pour obtenir une destruction certaine des bactéries et de leurs spores, élever la température et prolonger la durée de son action à tel point que les objets placés dans les étuves se trouvaient souvent fort endommagés. D'ailleurs, la répartition de la température dans les étuves laissait tellement à désirer que l'on ne pouvait jamais être sur que la désinfection fût complète. Ainsi, M. Vallin a constaté qu'un thermomètre à maxima, placé au centre d'un matelas exposé depuis 5 heures à la chaleur d'une étuve sèche à 1 180, ne marque que 5o°.
Une couverture de laine enroulée et exposée pendant 5 heures à cette même température est légèrement roussie à l'extérieur, tandis qu'un thermomètre placé à son intérieur n'indique que 780. s™. il. — 29
fitt
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Des expériences faites par Koch ont donné I tatalions absolument analogues.
De nombreux essais avaient montré que la chaleur humide | sur les organismes, nue action destructive bien sup& <h* la chaleur sèche ; on songea alors à humidifier l'air rh employé dans les étuves. A cet effet, on introduisit de la vap d'eau, après que la chambre de désinfection avait «;té préala ment chauffée par Tatr chaud. Il y eut une certaine améh toutefois, dans les étuves établies d'après ce principe, il encore au moins 4 heures, y compris le temps <lc assurer la désinfection complète d'un matelas (Schimne-I
M. Max Gruber a conclu de ses expériences sur l'étuvc Tliu field, a mélange d'air chaud et de vapeur d'eau, que : « m 09 H dervue do la destruction des micro-organismes, ni au ; vue de la rapidité de la pénétration de la chaleur à l'ii îles objets a désinfecter, le mélange d'air et de vapeur d'eau présente de supériorité sur l'air sec chaud ».
M. le Dr Yinay, MM. Salomonsen et Levison ont lire de leurs essais des conclusions tout à fait désavar pour ce genre d'appareils qui est aujourd'hui condamné [M très grande majorité des hygiénistes.
Ou essaya aussi l'action de la vapeur d'eau surchauffi la vapeur étant, sons cet état, un véritable gaz présente inconvénients de Pair chaud. On ent également ree< vapeur saturante, et les résultats furent incomparablement su rieurs à ceux qui avaient été jusqu'alors constat-
Indépendamment, en effet, de l'uniformité rigoureuse i pérafore que Ton peut obtenir en tous les points d'une pnc< pleine de vapeur saturante, ce fluide agit d'une manier vcment rapide, probablement en raison de son énorme cl de vaporisation que le moindre abaissement de tempérai! suffit à mettre en liberté, si Ton opère i pression constante.
Quoi qu'il en soit, la vapeur saturante r>\ aujourd'hui ployée sous deux formes différentes et on distingua
i° Les appareils à courant de vapeur saturante k loo C; >' Les appareils à vapeur saturante sous pression.
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Les premiers de ces appareils, assez mal accueillis dès leur £l>ut en France, ont longtemps joui en Allemagne d'une grande C^eur, reposant sur des appréciations mal fondées. Mais des Bpériences faites dans le laboratoire du docteur Koch par un iB ses élèves, M. Globig, sont venues prouver toute l'infériorité 06 étuves à courant de vapeur saturante à ioo°.
M. Globig a en effet montré que certaines spores, desséchées ■Iran fil de soie, demeurent encore vivantes après un séjour de Snq à six heures dans l'étuve de Koch. Ces mêmes spores restent Ausi vivantes et susceptibles de multiplication après une immermon de quatre heures dans Veau bouillante. Elles sont tuées au Pont de vingt-cinq minutes par la vapeur saturante à 1 15°; dix Minutes suffisent à 120'.
M. Max Gruber soumit les spores du bacille du foin, desséshées sur des fils de soie, à Faction d'un courant de vapeur d'eau k ioo° pendant deux heures et demie. Non seulement ces spores se furent pas détruites, mais, ensemencées dans un liquide de culture, elles n'offrirent ni affaiblissement, ni ralentissement flans leur végétabilité.
M. Hueppe déclare également « qu'on peut, dès maintenant, considérer la marmite de Papin comme l'appareil de stérilisation die l'avenir, et qui est destiné à bref délai à prendre dans les laboratoires la place qu'occupe encore en Allemagne le poêle à Tapeur fluente (à ioo°) de Koch ».
Nous avons emprunté ces renseignements si intéressants au remarquable article que vient de faire paraître M. le professeur I. Straus dans les Archives de médecine expérimentale (mars 1 890). Toutes les constatations que nous avons reproduites ci-dessus, émanant des principaux hygiénistes des pays où les étuves à courant de vapeur ont joui pendant longtemps d'une si grande faveur, sont concluantes et montrent que les étuves à courant de vapeur à ioo° doivent nécessairement céder le pas aux étuves à vapeur saturante sous pression. Il existe un certain nombre de types de ces appareils à pression : étuves à vapeur sous pression do Washington Lyon, de Leblanc, de Geneste et Herscher, etc. De nombreuses expériences ont été faites sur les appareils de
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ce genre par KM* les Drs Grancher, Gariel et A.-J. Martine nous empruntons à l'article de M. Slraus l'appréciai ion <uivan
L'appareil Geneste el Herscher « jouit d'un pouvoir il tant bien plus rapide et plus puissant que les api de vapeur à ioo*« Ces derniers nécessitent trois fois plus I temps pour désinfecter les objets de literie que le désinfrç Gencsle e( Herscher; d'autre part, la terre de jardin, soun pendant une heure au séjour dans l'étave à vapeur cour conservait encore des germes vivants et susceptibles lion, tandis que ces mêmes germes claienl sûrement tués, an Û des objets les plus volumineux et poreux, après un s< vingt minutes dans l'étave k vapeur sous pression à no
Quoique les appareils à vapeur saturante sous près 1rs seuls dont un aiL reconnu l'efficacité au triple point (U de la désinfection, de l'économie et de la facilité d'appliûSttj nous avons cru devoir décrire sommairement quelques choisies parmi 1rs divers types d'appareils à désinfection qui < été successivement en usage jusqu'ici.
Ces appareils peuvent se diviser en six classes pr
Eluves à gaz ; étuves à air chaud ; éluves à air chaud et \ sans pression ; étuves a vapeur surchauffée sans pression ;éti à vapeur saturante à ioo° C; éluves à vapeur saturante pression.
Le Dr A.-.!. Martin, estime avec raison que, pour conipa entre eux les effels obtenus dans les diverses étuves, il surtout étudier les résultats de la désinfection des matelas < sont les objets les |>lus difficiles à désinfecter, en raison de le épaisseur el de leur consistance, tin a constaté en effet q servant des appareils des quatre premières classes, il faut moins quatre heures pour purifier les matelas traités dans étuves et que la longue durée des opérations ne pouvait Favoriser l'altération des tissus soumis à la désinfection. A de faciliter les opérations et d'abréger leur durée, on a essay d'établir dans les éluves à air chaud et à vapeur sans pressio une pression de ok,i correspondant à une température dç mais ces éluves étant en général de forme rectangulaire
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s planes et minces ne peuvent sans déformation supporter pression «le 1000 kilogr. par mètre carré et, de plus, les
l«*urs portes sont difficilement étancle - étuves .1 vapeur surchauffée n'offrent pas plus d*ai La vapeur étant, sous une pression donnée, porter h une ture supérieure à celle qui correspond à son point de alioiK se comporte à peu près comme Fair chaud. Ladésinn peut alors rester incomplète el ces étuves donnent même de sécurité que les précédentes, étuves à courant de vapeur 1 roo* sont préférables ans dentés, mais, comme le montrenl les expériences que nous rappelées, elles sont inférieure! aux étuves à vapeur sous on. Par exemple, « il suffit d'obtenir, dans IVduve de Geneste et Herscher, la température de to6*G.f ce qui <>m nr tuer sûrement, même au sein d'un matelas, tous les pathogènes éprouvés ». (Rapport officiel du Comité Itatif d'hygiène publique de France.) Cet appareil est disir permettre de faire varier, à volonté, la pression de o*,5 l la pression atmosphérique, ce qui facilite L'imprégnation comdes objets en quinze minutes.
1006- Étuves à gaz. — Elles sont, en général, formées chambre cylindrique ou rectangulaire dans laquelle on ibjets -i désinfecter. À la base île celle chambre disposées une prise d'air et plusieurs rampes à gaz munies e d'un petit jet d'allumage appelé allumeur* (les rampes t au chauffage de l'étuve et au sommet «le celle-ci est le une cheminée d'évacuation pourvue d'un registre. Opérations s'effectuent comme suit : on ouvre d'abord binets îles petites conduites qui desservent les allumeurs enflamme ceux-ci. On ferme la porte de l'étuve ainsi que (h* la cheminée, puis on ouvre les robinets des cônes qui alimentent les brûleurs, et h s rampes s'allument sur
leur longueur. On laisse la combustion s'effectuer jusqu'au
nt où le thermomètre placé à l'intérieur de la chambre
ue une température de rao à i ïoy C, On introduit alors
matelas et les vêtements ou linges à purifier. On règle les
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robinets des rampes et au besoin on on ferme quelq de façon a maintenir 11 température de iao*, pendant le tel nécessaire à l'épuration. Il faut cinq à six heures pour gue nti température s'établisse au cœur d'an matelas; la du chauffage es! d'environ une heure à une heure et demie po les vêlements et linges, a moins que les paquets ne BOtenl volumineux.
On lit la température sur un thermomètre et on ne lai» pas celle-ci dépasser iaof lorsqo Ym épure 1rs étoffes de lain et l3o° lorsqu'on traite des tissus de coton. Quand la lempén lure s'élève au delà de v^> limites, les objets subissent or nairemenl «1rs détériorations.
Afm d'éviter les chances d'incendie pouvant résulter de chute d'un tissu sur les brûleurs a ga/M on dispose à un» hauteur au-dessus des rampes un grillage arrêtant 1» qui tombent quelquefois pendant les opérations.
1007, Dans d'autres étuves, les rampes à gaz. au liei placées directement au-dessous des objets à traiter, sont dis sées dans deux gaines latérales débouchant près «lu plafond la chambre d'épuration (fig. S78). Des prises d'air permettent d'entretenir la combustion des ramp« chauds se rendent au sommet de Tétuve. Us descendent OOSt progressivement et peuvent être évacués par des <»riii« vés à la hase de létuve et communiquant avec une • d'appel. Toutefois, pour réduire les pertes de chaleur si suite la dépense de gaz, on fait repasser, pendant toute la <lu de la désinfection. Les gaz chauds de l'étuve au cou rampes et on n'introduit que la quantité d'air neuf n pour entretenir la combustion*
L'opération a Heu comme dans le cas précédent : on comme par chauffer l'étuve; des que la température de i2<> on introduit les objets à purifier qu'on a préalablement à un châssis glissant sur des rails établis près du plafond* chambre d'épuration et se prolongeant en dehors d*u tité suffisante. Les portes étant refermées, on continue fag** en s attachant à maintenir les températures de
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la nature des objets, Pour empêcher que, en cas d'inai-
foD «lu chauffeur, la température ne dépasse les limites
|fi ce qui pourrait amener la détérioration des objets soumis
jpuration, on se sert de régulateurs de température permet»
trier automatiquement l** débii du gaz, o'esl-à-
modérer ou d'activer la combustion selon les besoins.
ion est terminée, on éteint les brûleurs et on
lirectemenl lea gaz chauds par un conduit spécial muni
et mettant en communication le haut tic létuve et
nation On retire les objets désinfectés el on
er une nouvelle opération.