‹ Traité de plessimétrisme et d'organographismeChapitre 104 sur 207 · PLESSIMÉTRISME DE LA VÉSICULE DU FIEL · texte numérisé non relu

PLESSIMÉTRISME DE LA VÉSICULE DU FIEL

corollaires que j'en ai déduits alors. Ces faits sont tout aussi applicables maintenant qu’ils l'ont été alors et qu’ils le seront plus tard.

Désirant d'abord constater que la vésieule remplie de liquide et touchant à des intestins pleins de gaz donnait lieu, par la percussion médiate, au bruit hydrogazique ou aérique, je tentai l'expérience suivante : Une portion d'intestin grêle, médiocrement pleine de gaz, fut extraite de l'abdomen d’un cadavre, Le son que le plessimètre percuté en obtint, était tout à fait tympanique et sans aucun mélange de résonnance humorique. D’un autre côté, la vésicule du cadavre, distendue par quelques onces de bile et percutée séparément, produisit un son assez mat, mais pur. Mettant alors en contact l'intestin et le réservoir biliaire, et pratiquant la percussion médiate sur les points où ces organes se touchaient, la résonnance prit, d’une manière très-manifeste, le caractère hydratrique.

J'ai réitéré depuis cette expérience avec succès.

2e Expérience. Sur le cadavre d’un jeune homme, dont l'abdomen était peu sonore, les régions hépatique et sous-hépatique fournissaient un son mat assez marqué pour qu'il fût très-facile de limiter le foie inférieurement,. Celui-ci faisait une saillie d'un pouce au-dessous du rebord des côtes. On percuta les parois abdominales avec beaucoup d’attention. A trois centimètres à peu près de Ja région colique moyenne et dans la région sous-hépatique, immédiatement audessous du rebord inférieur du foie, on obtint un résultat remarquable : R, dans la largeur d’un pouce et demi, on trouva un son plus clair que celui du foie, et moins tympanique que celui des intestins el de l'estomac. Autour de ce petit espace, ces derniers viscères étaient facilement reconnus par des sons caractéristiques. Le bruit qui avait lieu sur le point dont il s’agit, présentait très-évidemment la résonnance hydraérique. On enfonça une aiguille sur le centre de l’espace où ce bruit se faisait entendre : à l'ouverture, la bile était épanchée dans l'abdomen, et la vésieule, qui en contenait encore beaucoup et qui dépassait le foie, était perforte d'outre en outre à sa partie moyenne (Jules de Dervieu, Manec). | |

3e Expérience. Sur le cadavre d’une vieille femme, dont la putréfaction était avancée, on obtint des résultats absolument analogues aux précédents. Le son hydraérique était surtout manifeste et avait lieu dans une plus large surface, lorsque le cadavre était couché sur le côté droit et en même temps un peu incliné en avant, que dans tout autre position du sujet. Une incision, pratiquée sur la partie moyenne de l’espace où s’entendait le bruit dont il s’agit, tomba sur le fond de la vésicule, qui renfermait une assez grande quantité de bile, et qui, ouverte sous l’eau, ne contenait pas de gaz : le côlon transverse et l’estomac, remplis de fluides élastiques, entouraient la vésicule (MM, Jules de Dervieu, Damorier). |

M. Van Puvyfelick m'a communiqué un fait absolument semblable aux précédents. La vésicule était beaucoup plus dilatée que dans les cas qui viennent d'être cités; elle contenait plus de trois onces de bile.

4e Expérience. Sur plusieurs individus vivants, nous avons trouvé le bruit hydro-aérique sur le même point, se manifestant dans la même étendue et présentant des caractères absolument analogues à ceux qui ont été observés sur les cadavres précédents, Dans aucun des eas qui viennent d'étre signalés, la palpa-

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tion n'indiquait la présence de la vésicule biliaire. Ces faits paraïtraient concluants, mais les expériences cadavériques ne sont pas assez nombreuses pour lever tous les doutes. La théorie porte, d'ailleurs, à penser que la petite extrémité de l'estomac, ou que le duodénum lui-même, à moitié remplis de gaz et de liquides, se trouvant sur le point où l’on rencontre d'ordinaire la vésicule, donneraient également lieu au bruit hydro-aérique. Ce bruit ne différerait pas de celui que fournit le réservoir de la bile, lorsque l'estomac et les intestins, pleins de gaz, sont situés autour de lui. Un fait de ce genre a été recueilli par moi l’année dernière.

5e Expérience. Le cadavre d’une femme dont le foie, assez volumineux, débordait les fausses côtes, présentait, sur la région qu'’occupe ordinairement la vésicule , un espace de deux pouces carrés où le bruit hydro-aérique se faisait entendre. Au-dessus, le foie était reconnaissable au son mat qui lui est propre. Au-dessous se trouvait un bruit tympanique pur; une aiguille, introduite sur ce point, fit reconnaître, à l'ouverture, que l'extrémité pylorique de l’estomae, et non la vésicule, correspondait à cet espace : le réservoir biliaire était vide, on n'avait pas changé la position du cadavre pendant l'expérience,

Corollaires déduits des faits précédents.

10 Lorsqu'immédiatement au-dessous du niveau du bord inférieur du foie on trouve, dans une largeur variable et à un pouce et demi de la région omhilicale, un son plus mat que celui des intestins, on peut en conclure qu'un corps plus dense que ne le serait un viscère rempli de gaz correspond à cet espace.

20 Lorsque ce bruit sera réuni au son hydraérique, on ne pourra attribuer cette dernière résonnance qu'aux intestins ou à l'estomac remplis de gaz et de liquides, ou encore à la vésicule entourée par des viscères creux que distendent des fluides élastiques.

3° Si le bruit hydraérique existant sur un espace qui touche immédiatement au foie est toujours le même, quelle que soit l'attitude du sujet, il est à peu près sûr qu'il s’agit de la vésicule biliaire. En effet, dans la position du malade sur le côté gauche, les liquides contenus soit dans l’estomae, soit dans les intestins, gagneraient la partie déclive de ces viscères; il est done douteux que, dans cette dernière situation du sujet, les conditions nécessaires pour donner lieu au son humorique puissent, au niveau du bord inférieur du foie, continuer à se trouver réunies.

40 Si le malade, soumis d’ailleurs à l’abstinence momentanée des aliments et des boissons, et observé de nouveau quelques heures plus tard, présentait toujours le même bruit sur le mème point, la certitude serait encore plus grande. Il est difficile d'admettre, en effet, que les rapports des gaz et des liquides dans l'estomac et les intestins, rapports variables en raison de l'absorption et de beaucoup d’autres causes, puissent continuer plusieurs heures de suite à être dans les conditions nécessaires à la production du bruit hydro-aérique.

5o L'étendue de l’espace où se trouvent, au-dessous du rebord du foie, le son mat et le bruit hydraérique, pourrait faire juger peut-être du degré de distension de la vésicule biliaire, Lorsque le malade est incliné sur le côté droit et en avant, arrive-t-il que le prolongement du son mat où du bruit humorique au-dessous du bord inférieur du foie n'existe que dans une petite étendue, on a des raisons pour croire que la vésicule ne contient pas beaucoup de bile, ou qu’elle n’est pas distendue par des corps étrange: volumineux,

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