Les précautions précédentes étant prises, on commence
la médio-percussion sur la partie la plus élevée de la ligne costohépatique à droite, ou de la ligne correspondante à gauche, c’està-dire des deux côtés de la partie inférieure et latérale du cou, et à 2 ou 3 centimètres de la colonne vertébrale. Là, quand la personne à explorer n’a jamais eu d’affections bronchiques ou pulmonaires, on obtient superficiellement un tact et un son gaziques en rapport avec la présence du sommet des poumons sur ce point. Ces caractères sont encore plus manifestes si l’on dirige le choc de haut en bas, et dans le sens du grand diamètre des poumons. On obtient alors des sensations plessiques d’une sonorité et d’une élasticité très-développées. À mesure que l’on descend en percutant en arrière et en inclinant le plessimètre suivant la direction des côtes, ces mêmes caractères, aphé et acouplessiques, se retrouvent; seulement, il arrive très-ordinairement, et même presque constamment, que, vers le point le plus saillant du dos à droite (lequel est déclive dans la supination), on trouve prineipalement le matin, au moment du lever, et particulièrement chez les gens hypérémiques, une légère matité, un son et un tact hyposclérosiques qui sont en rapport avec un certain degré de congestion hypostasique dont il a déjà été parlé. Lorsque la personne à explorer a l’habitude d’incliner dans le décubitus et pendant le sommeil, le corps à gauche, c’est de ce côté que la matité dont je viens de parler existe. Qu'elle soit à droite ou à gauche, il ne faut pas la prendre, quand cette matité est portée à un faible degré, pour un état pathologique; il suffit de quelques inspirations suspirieuses réitérées (hyperpnéisme), pour la faire dissiper, et la station, l’action de parler, la marche, font le plus souvent cesser cette congestion pulmonaire, en quelque sorte normale, et alors les caractères plessimétriques qui la faisaient reconnaitre cessent de se manifester.
636. Si l’on vient à percuter en arrière profondément et fortement à gauche dans la direction de la ligne costo-iliaque et vers sa partie moyenne (fig. 26), si même on dirige l’exploration de la même façon et à la même hauteur sur la ligne médiane du corps, il est facile de constater sur ces points une matilé hyposclérosique due à la présence très-lointaine du cœur, que l’on ne tarde pas, en le limitant, à reconnaître par sa forme : bien entendu que sa pointe est portée à gauche et sa base à droite de la personne explorée. Cette remarque sera largement utilisée lorsqu'il s’agira du plessimétrisme du cœur en arrière. D’ailleurs, à cette hauteur,
et des deux côtés, lorsque les poumons sont sains, la médio-percussion superficielle donne de l’élasticité et de la sonorité qui, par en bas, continue à se trouver presque jusqu’à la dernière côte. De telles sensations sont dues à cette lame mince de poumon dont il a élé parlé plusieurs fois, laquelle est située : à droite, entre le foie et les parois ; à gauche, entre la rate, l’estomac et les.intesüns recouverts par le diaphragme, d’une part, et la paroi thoracique de l’autre. Je ferai bientôt voir, à l’occasion de la diagnose des faibles épanchements pleuriques, combien il est utile de tenir compte de la présence de cette lame de poumon, qui descend peut-être un peu plus bas à gauche qu’à droite. Tout à fait inférieurement, le tact et le son sclérosiques propres au foie et à la rate, obtenus très-superficiellement, indiquent le lieu précis où. les poumons se terminent, ét permettent de tracer le rebord inférieur de ces organes.
657. Le plessimétrisme, sur le trajet des deux lignes arthrovertébrales droite et gauche, donne le moyen d’indiquer exactement la limite interne du rebord épais qui, sonore et élastique, borne les poumons en dedans. — La médio-percussion faite dans la direction des deux lignes omoplato-hépatiques el omoplato-spléniques (fig. 26), donnent lieu à des sensations tactiles et acoustiques de nature essentiellement gazique. Pour bien saisir par en haut et dans la direction de ces mêmes lignes les sensations ‘plessiques données par les poumons, il faut encore ici avoir le soin d’écarter, autant que possible, les épaules des points percutés.
658. Le plessimétrisme des poumons exécuté dans le trajet des lignes axillo-hépatique et axillo-splénique, doit commencer très-haut sous l’aisselle ; et ilest d'autant plus important de tenir compte de cette recommandation, que dans certains cas d’indu-+ rations pulmonaires : phlegmasiques, hémoplastiques, phymiques, etc., le mal correspond exactement à ce point; et que si l’on négligeait de percuter ou d’ausculter sur ce lieu, on ne pourrait constater l’existence de ces mêmes indurations. A l'état normal, la portion des poumons qui correspond à l’espace axillaire donne profondément comme superficiellement des impressions gaziques très-accentuées ,-et celles-ci continuent à être saisies du côté hépatique jusqu'aux points où le foie commence à correspondre, et du côté splénique jusqu’au leu où la rate est placée. Bien entendu qu’il y a encore ici cette décroissance successive de