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La manifestation de ce bruit plessimétrique (je dis ce

bruit, car c’est exclusivement l'oreille qui éprouve la sensation dont il s’agit), indique constamment que dans une ou plusieurs cavités pulmonaires, phymiques, pyoïques, nécrosiques, pleurétiques, ou même que dans des bronches très-dilatées, se trouvent des gaz et des liquides en communication avec le conduit aérien. Ce sont, encore une fois, les cavités de source tuberculeuse, qui donnent le plus souvent naissance au tintement hydrogazique, dont la manifestation, par la percussion, est un des caractères les plus positifs des spéies phymiques.

714. Le bruit hydrogazique ou aérique ne se retrouve pas, d’une manière constante et à tous les moments, chez le même malade. Comme 1l faut certaines circonstances physiques pour le faire naître (présence de liquides et d’air dans des proportions diverses, degré varié de fluidité, etc.), il en résulte que ces circonstances , variant d’un instant à l’autre , tantôt le bruit dont il s’agit est produit, et tantôt on ne peut lobtenir (1). Il faut même avouer que c’est là un caractère plessimétrique assez rare à trouver, et que l’on peut explorer un très-grand nombre de pneumophymiques, sans l’observer une seule fois.

715. Le son hypergazique que donnent les vastes spéies phymiques, non-seulement est plus développé, plus tympanique que celui des vésicules aériennes, mais encore il diffère de celui-ci par un timbre différent qui permet de mieux circonserire ces cavernes. Ce timbre peut être la conséquence, d’une part, de petites proportlons de liquides humectant les parois de ces cavités, et, de l’autre, de la présence des tissus indurés qui circonscrivent presque toujours ces spéies. Celle dernière réflexion mérite que jy insiste davantage.

116. Presque toujours entre la surface thoracique et les spéies pulmonaires, surtout alors qu’elles sont de nature tuberculeuse, se trouvent situés des tissus très-denses, des productions phymiques où phlegmasiques, qui donnent au plessimétrisme les caractères sclérosiques dont il a été précédemment parlé. Or, derrière ces tissus, ou dans les masses qu’ils forment, se trouvent des cavités remplies d'air, ou encore d’air et de liquides. Dans de telles circonstances, la médio- percussion des parties ainsi altérées, donne superficiellement le tact et le son sclérosiques, plus

(1) Pour obtenir ce bruit, il est bon, lorsque l'on percute, de faire largement ouvrir la bouche de la personne explorée.

IMPORTANCE DU PLESSIMÉTRISME DES POUMONS. 21 profondément, les sensations que lon peut appeler scléro-gaziques ou aériques (mélange de la résonnance et de la sensation sclérosiques avec le caractère gazique, (n° 140), et plus profondément encore des résultats plessimétriques presque tympaniques. Cette réunion de sensations aphé et acouplessiques dans une même masse malade permet, dans beaucoup de cas, de rendre presque évidente à Pextérieur la structure de la partie affectée. Il est même possible d’y dessiner, par la percussion profonde, les limites d’une caverne à son hypergazique, située au milieu d’une couche indurée donnant lieu, par la percussion superficielle, à un tact el à un son sclérosiques.

$S 18. Réflexions ultimes sur l'importance de bien connaître et de bien pratiquer le plessimétrisme des poumons.

Les considérations pratiques qui précèdent, et qui, certes, ne sont pas les seules auxquelles l’examen plessimétrique des poumons sains et malades puisse sé prêter, prouvent que c’est un devoir de conscience pour le médecin d'étudier avec un soin extrême la médio-percussion des organes respiratoires. Il est pour moi de toute évidence qu’il est impossible de reconnaitre et de lraiter convenablement les pneumopathies, et de se faire une juste idée de leur prognose et de l’influence que les diverses méthodes thérapiques ont sur elles, si l’on n’est pas très-versé dans l'étude du plessimétrisme. C’est parce que j'ai pu m’assurer avec certitude, par les résultats de ce moyen d'exploration, que les saignées améliorent rapidement les congestions et les phlegmasies pulmonaires que j'ai continué, dans des cas pareils, et malgré la manie antiphlébotomique de notre temps, à insister, dans des cas semblables, sur les évacuations sanguines ; c’est parce que j'ai constaté mille fois, par la médio-percussion, l’influence heureuse et presque immédiate de Phyperpnéisme, si souvent suivi d’un prompt retour de la sonorité et de lélasticité dans des poumons congestionnés ou récemment enflammés, que j'ai pu faire entrer dans la science ce moyen si uüle de thérapisme ; c’est en constatant plessimétriquement l'influence si avantageuse d’une position élévée des parties de poumons hypérémiées, que j'ai fait voir l’utilité de tenir compte des lois de la pesanteur dans le traitement des affections pulmonaires, et notamment dans celui de la pneumonémie hypostasique ; c’est en-

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core par les améliorations si remarquables survenues à la suite des inspirations iodiques et alco-iodiques, constatées maintes fois par la médio-percussion dans les engorgements, les indurations, les cavernes des poumons tuberculeux , que j'ai pu démontrer aux plus incrédules qu’il ne faut pas se décourager dans le traitement des pneumo-phymiques; c’est encore le plessimétrisme qui ayant prouvé que chaque jour une pneumonémie diminuait spontanément, qu’alors je m'en suis souvent rapporté à l'organisme pour amenér la guérison; C’est enfin cette inéthode qui m'a fait voir : 1° que dans les pnéumorhémies, riême peu abondantes, il y a presque toujours des foyers sanguins; 2° que ces foyers sé vident au moyen de l’expectoration d’un sang noir ; 3° que ce sang reste trop souvent dans les poumons; 4° qu'il est d’une utilité extrême de le faire évacuer Par des expirations forcées, et par des moyens pharmaceutiques propres à déterminer lexpectoration, et 5° que, dans les Cas malheureux, les coagulations hémoplastiques réstent dans les vésicules pulmonaires, lesquelles continuent alors à donnér de la matité à la percussion, tandis que l’auscultation fait enténdre des ronchus humides, et que les crachats éontiénnent des matières puriformes qui, t6p souvent, annoncént qu'un travail de tuberculisation se fait dans la partie malade, ete., ete., etc. J’ai donc mille fois raison de dire et dé répéter que le médecin et l’élève consciencieux doivent étudier le plessimétrismé dés poumons avec un soin éxtrème; car il ne s’agit pas ici de théories aventureuses, de spéculations sans portée pratique, mais bien de faits de premier ordre et qui éclairent la diagnose, sans laquelle un thérapisme rationnel et utile ne peut être établi.

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