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SENSATIONS QUE DONNE LA PERCUSSION

8. Le plus souvent, l’impression que les doigts éprouvent dans le cas précédent et celle que l’oreille ressent, se confondent, pour ainsi dire, en une perception commune, de sorte que l’observateur qui percute obtient des résultats plessimétriques bien plus nets et bien plus positifs que celui qui écoute ; c’est qu'entre le toucher et l’ouïe, il y a beaucoup de rapports, et que l'audition est en général le toucher d’un fluide élastique en vibration, tandis que le tact donne des impressions qui résultent de vibralions ayant pour siége un solide (1).

9. Le plus souvent, les sensations tactiles et acoustiques qui se développent alors que le doigt imprime un choc à tel ou tel corps, semblent tellement se confondre qu’il est, pour l’observateur, assez difficile en pratique de distinguer au juste ce qui appartient aux unes de ce qui est en rapport avec les autres.

Il y a tout lieu de penser qu'avec une très-grande habitude, en percutant avec le doigt un corps susceptible de produire du son, un observateur atteint de surdité, parviendrait à obtenir une sensation tactile qui, correspondant à ce même son, pourrait le remplacer comme moyen d'exploration.

40. Les réflexions précédentes portent à croire que, sous le rapport du mécanisme et de la nature des diverses sensations données par le tact et par l’ouïe, 1l y a sinon identité du moins très-grande analogie (2). (N° 126, 130, 132, 134, 138, 147.)

(1) La nécessité de percuter soi-même, pour mieux apprécier les faits plessimétriques, a été l’une des principales causes qui ont fait douter de l'excellence des résultats de la percussion. Les simples auditeurs ne jugeant pas des sons en rapport avec l’état matériel des parties explorées, aussi bien que la personne qui percutait ; étant, d’ailleurs, privés des sensations tactiles produites en même temps, étaient portés à se défier de l'exactitude et de la valeur des résultats obtenus. D'ailleurs, s’il arrivait qu'ils percutassent ensuite, comme ils n’employaient pas le plessimétrisme avec toute l’exactitude qu'il comporte et avec la dextérité qu'il exige, ils supposaient que ceux qui se livraient avec zèle à la pratique de la percussion s’en exagéraient de beaucoup l'importance. À cette accusation d’exagération, il n’y a qu’une seule réponse à faire : c'est que, depuis plus de vingt ans, les propositions établies sur l'utilité de cette méthode sont souvent restées au-dessous de la vérité, et que l’expérience générale n'a démenti aucune d'elles. (Traité de médecine pratique, t. 1er, 1842, p. 219, n° 613.)

(2) Cette concordance entre deux ordres de sensations provient, à coup sûr, de ce que les phénomènes propres à chacune d'elles sont, au fond, de mème nature, et de ce qu'ils tiennent à quelques lois générales, à quelques phénomènes primitifs et analogues, peut-être à quelques vibrations intimes de la matière et de l’organisme. (Voyez l’article Névropallies dans le Traité de médecine pratique, et la page 456 de l'ouvrage pratique intitulé : Médecine du bon sens.) Cette analogie,

A1. La sensation tactile, perçue alors que l'on percute, n'a pas reçu de nom spécial. Celle que donne l'ouïe n'a pas été suffi isamment désignée par un terme particulier. Ce défaut d'expressions techniques a été l'une des principales causes qui ont fait confondre ces deux ordres de phénomènes. Il faut absolument des termes nouveaux pour les désigner.

12. L’impulsion tactile que donne la percussion, peut : être appelée esthéso-plessisme (de aisénoux sensation, et de rhëx, percussion), ou mieux encore aphéplessisme, (de an, tact), tandis que la sensation donnée par cette méthode, et qui se rapporte à l’ouie, est convenablement dénommée par les termes : acouplessisme où échoplessisme (d’äxon, ouie, et de rAñëu, percussion).

43. De ce que l’on n’a pas jusqu’à présent distingué P'ün de l’autre l’aphé-plessisme et l’acou-plessisme, il en est résulté dans la diagnose clinique de très-grande erreurs pratiques. Ce n’est

cette concordance de sensations, est surtout marquée alors qu’il s’agit des impressions que donne la percussion, impressions mises en parallèle avec les résultats du tact et de l’auscultation. Telle condition anatomophysiologique qui donne lieu à une sensation tactile déterminée produit, par la percussion, un son, ou, par l’auscultation, un bruit qui, l’un et l’autre, sont en rapport avec cette même condition organique et physiologique. Ces impressions, en apparence diverses, sont, en réalité, analogues entre elles. Tantôt, lorsque l’on se livre à l'étude de la diagnose, ces mêmes impressions se suppléent; tantôt elles se combinent; ailleurs, enfin, elles fortifient, en se manifestant concurremment, les inductions que l’on avait tirées de leur constatation isolée. Voici quelques exemples à l’appui des propositions qui précèdent : — Le frémissement cataire donné par le tact, lorsqu'existent des concrétions péricarditiques, est de même nature et tient aux mêmes conditions physiques que le bruit de râpe de Laennec, et l’un et l’autre conduisent aussi à faire reconnaître ces mêmes concrétions. — La matité résistante du poumon induré, obtenue par la percussion, est due au même ordre de causes physiques que la respiration et que la voix dites tubaire de l’auscultation, et donne les mêmes indications diagnosiques. — La sonorité, l’élasticité ee de des cellules pulmonaires sont les analogues de la respiration vésiculaire du stéthoscopisme et de la sensation d’un corps élastique reçue par la main appuyée sur la poitrine d’un homme sain. — Enfin, le bruit hydraérique de l'intestin que fait trouver la percussion est de même nature que le ronchus muqueux de Laennec, ou'que le gargouillement que l’on observe quand on applique la main sur la trachée ou sur une caverne remplie en partie de liquides et en partie de gaz. Ce sont toujours, dans tous ces cas, des circonstances physiques du méme genre qui donnent lieu à des phénomènes analogues, et qui conduisent naturellement à rattacher aux mêmes faits primordiaux des sensations en apparence très-difjérentes les unes des autres. À vrai dire, dans l'auscultation, ce sont: l air, le sang, etc., qui percutent les or ‘ganes qu'ils touchent en les traversant et en produisant ainsi les vibrations sonores que l’on entend.

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