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LIMITATION DU COEUR DANS L'HYDROPLEURIE

deux, de quatreet cinq centimètres et plus que les viscères refoulés peuvent dépasser la limite normale de leur siége; ajoutons surtout que, d’un jour à l’autre, si l’accumulation des liquides intra-pleurétiques diminue, on voit la ligne de limitation qui circonserivait ces parties reculer du côté de l’épanchement dans la proportion d'un centimètre et plus par jour. Que de fois n’ai-je pas vu, sous l'influence de la privation des boissons, des vésicatoires hydrorhéïques larges et épais, les organes qui étaient refoulés se rapprocher d’un ou de deux centimètres vers le lieu où normalement ils auraient dû être placés. Trop souvent aussi j'ai constaté que sous l'influence de médications peu actives, ou lorsque l’on abandonnnait le mal à l’organisme (la nature), la déviation des parties augmentait par suite d’un accroissement survenu dans la proportion des liquides ou de l’air épanché.

767. « La conséquence logique de ce qui précède est qu'il faut considérer comme chose indispensable de dessiner par l’organographisme plessimétrique et par des lignes qui restent tracées sur la peau la limite et la forme des parties qui sont le siége du refoulement. C’est en procédant de cette sorte que l’on mesure autant qu’il est nécessaire de le faire le degré d'augmentation ou de diminulion du mal, son état stationnaire, etc. Partout où la mesure peut être portée, partout la science positive remplace l’empirisme, et l’action des médicaments ne peut-être appréciée à sa juste valeur qu'autant que leurs effets sont reconnus certains et qu'ils sont soumis à la mesure et au caleul. »

768. Des considérations du même genre sont entièrement ap: plicables , dans les cas d’hydro, d’hémo et de pyopleurie, à la fixation absolue de la hauteur du niveau de lépanchement. Jai déjà émis cette idée, mais elle est d’une telle importance que je ne crains pas d’y revenir encore.

769. Les faits énoncés sur le déplacement du cœur vers le côté gauche dans les épanchements pleurétiques à droite, me conduit ici à parler d’une annotation qui, sous le rapport de la diagnose, n’est pas dénuée d'intérêt. Bientôt j’indiquerai les lignes plessi-. métriques qui doivent guider le praticien quand il s’agit de limiter le cœur à gauche; actuellement qu'il me suffise de dire qu’il y a une telle différence entre les caractères hyposclérosiques donnés par le cœur placé au-dessous des aréoles pulmonaires, et la sonorité et l’élasticité de ces aréoles obtenus à toute profondeur par delà le ventricule gauche, que rien n’est plus facile que d’indiquer

ÉTAT DU POUMON DANS L'HYDROPLEURIE (1834). 319 le point où les deux organes dont il s’agit cessent d’être en contact, Or, quand existe une hydro, une pyo, une plasticopleurie à gauche, il n’en est plus ainsi et la limitation de l’un et de l’autre de ces viscères devient assez difficile. Dès lors, lorsqu'il arrive qu'étudiant le cœur par la médio-percussion on ne parvient qu'avec difficulté à dessiner celui-ci du côté gauche et à pouvoir préciser positivement les points où le poumon gauche se trouve correspondre, 1l y a lieu de soupçonner l’existence d’une lésion qui, existant dans les poumons ou dans la plèvre de ce côté, met obstacle à la limitation du ventricule artériel. C’est donc alors qu'il faut étudier avec plus de soin que jamais l’état de la membrane pleurétique de ce côté, à l’effet de savoir à quoi s’en tenir sur ce sujet. C’est de cette façon que, dans bien des cas où j'étais Join de soupçonner l’existence d’une pleurésie, j'ai pu en constater et en démontrer plessimétriquement l'existence.

$ 4. Constatations de la sonorité et de l’élasticité du poumon sain alors qu'il est refoulé par un épanchement pleurétique.

710. Déjà j'ai parlé de l’exagération de sonorité et d’élasticité que présentent les poumons refoulés par un épanchement dans la plèvre. J'ai insisté tout d’abord sur ce fait, lequel vu par moi, dès les premiers temps de la médio-percussion, prouve qu’il était aussi déplacé qu’injuste de donner le nom de M. le professeur Skoda à un tel bruit qui n’est autre que le son et le tact hypergazique. Je déclare cependant que lon doit savoir gré à lillustre médecin de Vienne d’avoir étudié ce phénomène avec beaucoup de soin. On observe dans les cas où il existe une hydro où une pyopleurie considérable. Alors les sensations plessimétriques que l’on obtient pourraient faire croire, tant la sonorité et l’élasticité sont grandes, qu’il s’agit de l’existence d’une aéropleurie ou d’une très-vaste caverne; un tel symptôme est la conséquence de la compression qu'éprouvent les aréoles pulmonaires au niveau de l’épanchement, compression qui refoule l'air jusqu’au sommet des poumons et y cause une aéropneumonasie considérable. De la présence de celle-ci résulte que les proportions de gaz contenues dans les vésicules refoulées par en haut, sont proportionnellement de beaucoup supérieures à la masse du tissu pulmonaire interposé entre ces mêmes vésicules aériennes. La présence des sensalions hypergaziques données par le plessimé-

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