RÉSUMÉ DES CARACTÈRES PLESSIMÉTRIQUES
Poumon sain.
Niveau.
Hydropleurie.
Bord supérieur du foie.
Rebord costal.
( Figure 39.)
Hydropleurie. Niveau dans l'attitude assise.
Poumon. 5—
Ligne de niveau. #—
Hydropleurie, æ—
(Figure 40.)
Déplacement et niveau du liquide lorsque le corps est incliné en avant.
189. Des caractères plessimétriques du même genre se repropuisent aussi quand on explore le malade sur le côté. Lorsque la plèvre est entièrement remplie par le liquide le déplacement ne
RÉSUMÉ; DÉPLACEMENT; ADHÉRENCES. 328 peut plus s’opérer ; dans les cas extrêmes, toute la poitrine et même l’espace sus-claviculaire, donnent un son mat; le refoulement du foie en bas, celui du cœur latéralement, la matité de l’épanchement s’étendant sous le sternum et par-delà cet os et du côté opposé à l’hydropleurie (le tout reconnu par le plessimétrisme), sont des caractères précieux de l’hydropisie des plèvres ; — quand sur les limites tracées d’un épanchement pleurétique le son redevient clair, quand la ligne de niveau s’abaisse, quand le foie et le cœur se rapprochent de leur position normale, quand la matité et la résistance au doigt paraissent moins marquées, alors lhydropleurie diminue ; le contraire a lieu dans une circonstance opposée.
/ . | 4 __----.\Adhérences marquées en blanc.
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eee + Rebord du foie.
| Sréeninete de Foie au-dessous de l’épanchement.
Rebord costal et foie qui le dépasse.
(Figure #.)
Hydropleurie, — Le déplacement du liquide n'a pas lieu sur les points où les adhérences ont lieu.
790. Quand des adhérences fixent le poumon sur une partie des parois thoraciques, alors le liquide ne peut plus se trouver sur ces points; dès lors le son reste clair dans cel endroit, quelle que soit
326 RÉSUMÉ; HYDRAËÉROPLEURIE.
d’ailleurs la position du malade; et le changement de position du liquide en rapport avec de nouvelles attitudes que lon fait prendre, n'a plus lieu que dans les parties de la membrane où 1l n’y a pas d’adhérences; — si une portion de la plèvre est de toutes parts circonscrite par des coagulations fibrineuses, c’est seulement dans l’étendue de cette portion que le déplacement de la matité pourra être observé.
191. Les principaux signes anatomiques de la pleurite ne sont autres que ceux de l’épanchement dont elle est accompagnée, de sorte que la plupart des considérations qui s’v rapportent ont été exposées lors de l’étude de Phydropleurie (Traité de médecine prafique, n° 7247). C’est, en effet, la réunion des-caractères physiques de la présence des liquides dans la plèvre, avec les symptômes fonctionnels de la phlegmasie de cette membrane, qui permet d'établir l'existence de celle-ci.
$ 9. Diagnose plessimétrique dans l'aéropleurie.
792. Le plessimctrisme, dans les cas d’aéropleurie simple, fait trouver une sonorité et une élasticité extrêmes sur toute l’étendue de l’espace qui correspond à la plèvre ou aux plèvres malades. S'il y a des adhérences sur quelques points entre les parois et les poumons, là se rencontrent un peu moins de résonnance et un peu plus de dureté; sur ce même point, Fauscultation fait reconnaitre des bruits en rapport avec la manière dont la respira- Uon s’y accomplit. Le son de l’aéropleurie diffère de celui du tube digesüf plein de gaz en ce qu'il est plus hypergazique, plus tympanique, et en ce que son timbre est différent. Si c’est à droite qu’existe une collection d’air considérable, cet air écarte les lames de la plèvre qui recouvrent le foie, de sorte que celui-ci est éloigné des parois et que le plessimétrisme ne fait que très-difficilement trouver le son mat et la résistance au doigt qui sont propres à l’organe hépatique. Il arrive même parfois que le diaphragme seul sépare l’aéropleurie; du tube digestif rempli de gaz, el que la transition des sons propres à chacune de ces parties est, sur la hgne qui les limite, assez difficile à reconnaitre (1). Les mêmes choses peuvent avoir lieu à gauche pour la rate, pour l'estomac ét pour l'intestin; de plus, le cœur est souvent refoulé du côté
(1) Cependant, le timbre des sons donnés par les divers organes présentent toujours des différences appréciables,
RÉSUMÉ; HYDRAÉROPLEURIE. 327 opposé à l’épanchement d'air; d’autres fois, sa circonscription plessimétrique est assez difficile à établir, parce que cet organe est porté plus ou moins en arrière.
193. Quand la fistule pulmonaire est libre et lorsqu'il existe une communication très-facile entre la plèvre et les bronches, il se peut faire que les poumons s’affaissent, que peu d’air se trouve dans la poitrine, qui alors se trouve en partie remplie par les viscères abdominaux dont les caractères plessimétriques deviennent distincts.
194, Si une hydropleurie coexiste avec Pépanchement d'air, alors le plessimétrisme trouve d’une manière encore plus manifeste que dans tout autre cas : 1° la matité de l’hydropleurie à la partie déclive ; 2° la ligne supérieure de niveau; 3° le déplacement du lieu occupé par la matté et par cette ligne, en raison des changements de position des malades, et de plus se manifeste alors et principalement vers la couche supérieure du liquide une vibration spéciale , un bruit hydraérique assez semblables à ceux des cavernes. Souvent même toute l’étendue de Pespace où se trouve l’air donne un son tympanique, lequel présente un caracère assez marqué du tintement dont 1l s’agit.
195. Si l’on éprouvait à gauche quelque difficulté à distinguer le son donné par la plèvre de celui du tube digestif, on pourrait, comme nous le dirons à l’occasion des maladies de celui-ci, faire prendre des boissons ou administrer des injections dans le rectum et déterminer, par les changements de son qu'ils produiraient, quelle est la partie en rapport avec les points percutés.
196. C’est dans l’hydraéropleurie, et non pas dans les: simples hydropisies de la plèvre, que l’on entend, lorsqu'on vient à secouer vivement le corps du malade, ce bruit de flot spécial, résullat de la succussion qui avait été déjà noté par Hippocrate et sur lequel Laennec a insisté avec raison. Il faut prendre garde cependant de confondre un tel phénomène avec celui du même genre qui a lieu lorsqu'on vient à imprimer quelque mouvement brusque à une personne dont l’estomac contient à la fois eten abondance des gaz et des liquides. L’auscultation pratiquée sur la plèvre et sur la région épigastrique servira à déterminer exactement le lieu où ce bruit prend sa source, Il est à croire que les anciens, privés qu'ils étaient des moyens modernes d’exploration, ont plus d’une fois attribué à des épanchements pleurétiques le flot de la succussion produit dans l’estomac.
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797. Quand on veut constater sur le cadavre l’existence d’une aéropleurie, il faut faire l’ouverture du thorax sous l’eau. On prend un large tube de verre ouvert à ses deux extrémités, on applique fortement une de celles-ci sur les parois, de manière à ce que l’eau dont on remplit ce cylindre ne s’échappe pas, puis on fait une ponction dans la cavité pleurale, et si de lair s'échappe alors à travers le liquide, il a existé à coup sûr une aéropleurie. Faute de cette précaution, on pourrait, dans maintes circonstances, croire à l’existence dans la plèvre, d’un épanchement d'air qui à l’ouverture ne sy trouverait pas. En effet, lorsqu'il n’y a pas de liquide dans les bronches ni d’induration pulmonaire, les poumons s’affaissent, l’air entre dans les plèvres, et l’on pourrait supposer à tort qu’il y était antérieurement à l’in- ‘cision. Il faut encore noter l’état de putréfaction des cadavres, car bien que ce ne soit pas dans les plèvres que les gaz résultant de la décomposition ont le plus de tendance à s’accumuler, cependant, à la rigueur, si cette décomposition était très-avancée, des fluides élastiques pourraient s’être dégagés dans ces enveloppes des poumons.
7198. Dans l’aéropleurie simple et récente, la plèvre est saine; pour peu qu’elle ait duré, il y a coexistence d’une pleurite et d’un épanchement séro-purulent, parfois teint de sang ; s’il y a perforation d’une caverne phymique, on y rencontre aussi de la maüère tuberculeuse; ces liquides, dont la consistance varie, sont souvent mélangés de bulles d'air, circonstances qui prouvent que les gaz avaient été accumulés dans la plèvre avant l’ouverture.
199. "Pour constater encore sur les cadavres l’état de la plèvre dans les cas d’aéropleurie présumée, il faut ouvrir le thorax avec précaution, prendre bien garde de déchirer ou d’inciser les poumons, et faire pratiquer une forte insufflation par les voies de Pair à l’effet de savoir s’il n’existerait pas une fistule pulmonaire à travers laquelle se serait échappé le fluide élastique. |
800. Ces fistules sont le plus ordinairement ies conséquences de phymies malaxiées qui se sont ouvertes dans la plèvre; parfois elles résultent de pneumonécrosies, et fort rarement de pneumonitopyites ou de déchirures produites par des contusions, ou encore d’une pleuritopyite ouverte dans les bronches; l’aspect et la disposition de ces fistules varient comme les circonstances anatomiques qui leur donnent naissance; plus ou moins larges, elles ont un siége différent dans des cas divers, et il faut surtout remarquer,
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OBSERVATION D'HYDRAËROPLEURIE (ACADÉMIE). 329
sous le rapport de leurs signes et des accidents brusques dont elles sont suivies, que, tantôt.elles sont situées au-dessous du niveau de l’hydropleurie, et que tantôt elles existent au-dessus de lui. Les fistules dont il s’agit ont pour caractères communs de communiquer avec la plèvre et de s’ouvrir dans les cavités anormales des poumons et dans les bronches.
801. Les gaz contenus dans la cavité pleurale à la suite d’une fistule pulmonaire ne peuvent être autres que l’air atmosphérique. Il doit arriver cependant que l'oxygène ne tarde pas à diminuer (Davy) et que des fluides élastiques, produits de la putréfacton des liquides contenus dans la plèvre, viennent à se mêler à l'air que renferme celle-ci. Du reste, les proportions respectives des gaz et des liquides pleurétiques varient tellement que, parfois, il n’y a que de l’air, et que, d’autres fois, à peine en trouvet-on quelques centlitres mélangés avec une grande quantité de sérosité purulente.
S 10. Applications pratiques du plessimétrisme à l'étude des pleuropathies.
802. Pour prouver jusqu’à quel point l’étude du plessimétrisme est utile, je dirai même indispensable, dans la diagnose et le thérapisme des états pathologiques dont les plèvres sont susceptibles, je crois qu’il sera suffisant de reproduire ici le discours que j'ai prononcé à l’Académie au mois d'avril 1865 sur un cas très-remarquable d’hydropyopleurie : | |
Mémoire relatif à un cas de fistule pulmonaire, suivi d'aéropyopleurie (épanchement d'air et de pus dans la plèvre), et à une nouvelle méthode de thoracotomie ou thoracentèse, par M. le professeur PIORRY.