D'abord, avant l’ouverture des corps, j'ai tracé sur la
(4) I est très-probable que ce malade était primitivement très-faible et d’une constitution débile., |
360 PLESSIMÉT. DU COŒUR (SUR LE CADAVRE) ve 1826 À 1865.
peau du thorax le dessin linéaire du cœur et de ses diverses pares. Alors, après avoir lié la trachée, Y'ai ouvert la poitrine, et la comparaison établie entre la figure tracée et celle des organes à nu, ne présenta aucune différence ; ailleurs, calquant l’image plessimétrique indiquée sur le tégument, j'ai rapporté directement ce calqué sur les viscères examinés, et la correspondance entre les deux dessins a été exacte. D’autres fois encore, j'ai implanté avant la nécroscopie et sur le trait de limitation du cœur, des oreillettes et des ventricules, de leur cloison, de la base et de la pointe cardiaque , de l’aorte et de l’artère pulmonaire, de nombreuses a1guilles à emballeur ; et ces nombreuses aiguilles avaient pénétré sur les points qui préalablement avaient été annoncés et circonscrivaient nettement les parties examinées. Peés figures d’hypertrophies, de dilatations cardiaques, d’hydropéricardies, tracées sur la poitrine pendant la vie, se sont trouvées semblables à celles que les cadavres ont présentées. —Tantôt, après la mort, le cœur a été percuté à nu pour mieux saisir les caractères de sensations plessimétriques que présentaient ses diverses parties ; tantôt, je le faisais recouvrir par les poumons, et je faisais voir aux élèves que cette médiation n’empêchait en rien d’apprécier par la médiopercussion forte et profonde l’état matériel et la circonscription des ventricules, des oreillettes et des gros vaisseaux. — Aïlleurs, je faisais pereuter le cœur plein ou vide soit de sang, soit d’eau qui y étaient portés par des injections, et cela à l'effet de faire mieux apprécier les sensations que, dans ces divers états, donne le plessimétrisme. :
856. Les élèves répélaient eux-mêmes les expériences préceitées, et ceux qui parmi eux avaient acquis de Phabitude et de la dextérité, ne se trompaient en rien sur la limitation organique. D’honorables médecins, MM. Fabre, Duriau, Cros, Ramond, etc., qui faisaient sous mes yeux des cours de plessimétrisme, arrivaient exactement aux mêmes résultats que les miens. Il en a été ainsi de beaucoup d'élèves de ma clinique à l'Hôtel-Dieu, en 1864 et 1865, et parmi ceux-c1 je citerai M. le docteur Carcassonne, qui a depuis publié un excellent article sur le choléra de Marseille (1), MM. Gouel, Souligoux, Brissaud, le docteur Bouché de Vitray, Peut ÉLc. teic. | :
857. Ces nombreuses recherches et ces fails sur la médio-per-
(1) Courrier médical.
PLESSIMÉT. DU COEUR (SUR LE CADAVRE) pe 4826 à 1865. 361
cussion m'ont permis de lire, en 4863, devant l’Académie impéria® de médecine un mémoire que je reproduirai plus loin (4). J’établissais alors, comme chose positive , la limitation plessimt- trique et exacte des ventricules et des oreilles, et par conséquent celle de la cloison qui sépare ces mêmes ventricules (2), lappréclation de l’épaisseur des parois de ceux-ci, et des proportions du sang rouge contenu dans la cavité ventriculaire gauche. Aucun membre de l’assemblée ne s’éleva contre les propositions et les conclusions de mon travail, et j'ai eu le plaisir de voir, en 4864, M. Germe, élève distingué d’Arras, s'être assez livré expérimentalement aux recherches que je conseillais pour parvenir à limiter, comme je le faisais depuis deux ans, le cœur et ses diverses parles. Il trouvera, je lespère, en France et à l'étranger beaucoup d’imitateurs. Le temps de la vulgarisation du plessimétrisme est enfin arrivé; on sentira que son étude est un devoir de conscience, et le livre que je publie est écrit dans l'intention de faciliter à tel point cette étude, qu’il ne soit plus indispensable dé suivre un enseignement spécial pour acquérir la science et l'art qui constituent le plessimétrisme.
858. Il fautencore ne pas oublier d'explorer quelles sont les sensations plessimétriques que donnent sur les cadavres les parties centrales du ventricule gauche contenant du sang, et celles qui résultent de la médio-percussion des espaces situés en dehors de ce point central et au-dessous desquels se trouvent exclusivement les fibres charhues du cœur, on constate de cette façon que partout où le liquide sanguin correspond, le tact et le son obtenus présentent le caractère hydrique, tandis que sur la circonférence du cœur, lieu où se rencontrent exclusivement des parties solides, on ne trouve queile tact et le son hyposclérosiques. L’étendue dans laquelle celui-ci est constaté, donne la mesure de l’épaisseur de la paroi ventriculaire gauche.
859. De tels résultats sont obtenus par le plessimétrisme pra-
(1) Bulletin de l’Académie impériale de médecine.
(2) Cette cloison est dirigée obliquement de haut en bas et de droite à gauche. - elle présente sa face correspondante au sang noir en avant et sa face opposée en arrière. Sa largeur est celle d’une grande partie de la surface antérieure du cœur de sorte qu’en ponetionnant celle-ci vers le centre de l’image de ce viscère, on est bien sûr de transpercer la cloison; ce qui se fait constamment avec facilité. Si l’on voulait implanter une aiguille dans l'épaisseur de cette cloison, il faudrait la porter de gauche à droite, et de bas en haut à partir de la pointe du cœur et la diriger vers la partie supérieure de la base de cet organe,
tiqué pendant la vie, et dans la crainte de répétition, je ne reviendrai pas plus tard sur ce sujet.
La figure suivante représente les différents résultats plessimétriques que l’on obtient par l'exploration du cœur, des gros vaisseaux, des bronches et du foie à l’état normal.
GA DOURE NN - PIORRY, DEL.
(Fig, 31,)
S 7. Lignes et figures piessimétriques du cœur. Exploration des diverses parties de cet organe qui se trouvent dans le trajet de ces lignes.
860. Dès les premiers temps de la percussion médiate (1826), puis dans le Procédé opératoire et dans le Traité de diagnostic, j'ai cherché à établir des moyens propres à étudier par le plessimétrisme la mesure du cœur et de ses diverses parties. Dans Patlas | du Traité de médecine pratique, des lignes ont été tracées sur des figures gravées, elles m'ont paru et me paraissent encore trèsconvenables pour guider les expérimentations et les études des médecins et des élèves. On peut lire dans une note du Traité de médecine pratique (n° 1719), le caractère des sensations plessimétriques qui sont perçues sur les divers points de la surface du cœur, je vais reproduire ici ces travaux auxquels j’attache une
extrême importance et dont j’exposerai les résultats avec plus de précision que jamais. J'aurai le soin de donner les dimensions du cœur et de ses diverses parties sur chacune dés lignes dont il s’agit. Avant tout, il convient de présenter aux yeux un dessin représentant ces mêmes lignes.
4e ligne de 8 c. 5 m. à 9.
TEE 4e lig.. de 8 €. 5 m, à —. LE 9 centimètres, a — 2e ligne.
jre ligne.
2e lie. de 10 ©, 1/2 à 42 cent,
, de 10 centim.
42 centimètres.
<æ Rebord costal,
4e'ligne,
(Figure 44.)
Lignes plessimélriques et dimensions du cœur à l'état normal. Ces dimensions varient suivant les âges, les constitutions diverses, et les proportions de sang existant dans l'organisme,
La première ligne du plessimétrisme du cœur doit être tirée à partir du côté droit du thorax à deux centimètres au-dessus de la limite supérieure du foie recouvert par le poumon droit; elle est obliquement dirigée et suit la courbure que présente la voûte du diaphragme. Voici les variantes de médio-percussion qu’il conviént de mettre en pratique sur le trajet de cette ligne ; les parties auxquelles successivement cette ligne correspond de droite à gauche et les sensations que l’on y obtient ainsi que les dimensions approximatives de chacune de ces parties : F
4° D'abord, tout à fait à droite, on trouve par la percussion forte et profonde un lact et un son gaziques en rapport avec la présence du poumon de ce côté ;
2° Plus à gauche, près du bord droit du sternum, ou sur les
articulations costo-sternales, on constate au-dessous d’une lamelle pulmonaire une matité hypohydrique que l’on reconnaît seulement par une médio-percussion médiocrement forte; espace dans lequel on la rencontre correspond à l'oreillette a sang noir. Cet espace chez un homme adulte et bien portant dont la respiration s'exécute avec facilité présente en général sur la première ligne. l'étendue d’un centimètre 5 millimètres à 2 centimètres de droite à gauche; mais elle peut être portée à 3 et 4 centimètres, lorsque existent dans les poumons ou dans le cœur, des obstacles au cours du sang.
IT suffit de faire retenir longtemps la respiration au sujet de l'exploration, pour que la diminution de l'espace dont il s'agit soit portée transversalement à près de trois centimètres ;
3° Ce même espace est nettement séparé de celui qui plus à droite correspond au ventricule droit par une transition de son et de tact très-marquée et qui consiste dans une matité plus accentuée que la précédente et toujours un peu hydrique. Le lieu précis où cette transition s'opère, indique l’espace où se trouve l'orifice auriculo-ventriculaire à sang noir.
A partir du point précis où la transition dont il vient d’être. parlé est observée, on suit, en ayant recours à une percussion superficielle, la matité indiquée en dernier lieu, jusqu’à une distance de six centimètres à peu près sur le cœur. Tout cet espace est en rapport avec le ventricule droit qui touche en très-grande partie à la paroi thoracique et qui recouvre dans sa partie gauche le ventricule à sang rouge, Situé au-dessous de lui.
861. Percute-t-on profondément à 3 ou 4 centimètres à gauche du lieu où l’on a obtenu la-transition de son due à la réunion de l'oreillette et du ventricule droits? On saisit facilement un son et un tact sclérosiques qui indiquent parfaitement /es points où le ventricule gauche, situé au-dessous du droit, commence à corres : pondre. C’est entre cette limite et celle qui, plus à gauche, existe superficiellement entre le cœur droit et le cœur gauche qu’existe: la cloison du cœur (1). | ë