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À gauche de la réunion des deux ventricules, on trouve

(1) Cest encore une fois l’espace dont il s’agit dans lequel j'ai maintes fois, depuis dix ans, introduit sur le cadavre une aiguille à emballeur, pour. prouver que l’on reconnaissait, au moyen du plessimétrisme, les points de jonction des deux ventricules que M. Germe appelle la cloison du cœur, Cet élève distingué n’a donc fait iei rien de nouveau, mais, au grand étonnement des personnes

LIGNES PLESSIMÉTRIQUES DU COUR. 365 par la percussion forte et d'autant plus profonde que Pon explore plus à gauche, une matité sclérosique très-marquée, et qui, dans l'étendue de 4 centimètres, indique la présence de la pointe du cœur, lequel est d'autant plus épais que l’on explore plus en dehors, entre le ventricule à sang rouge et les parois.

865. Par delà le heu où cette sensation sclérosique est reconnue, le son et le tact gaziques obtenus par le plessimétrisme pratiqué profondément permet de constater que le poumon seul est placé dans le thorax. 7 fut se rappeler à cette occasion que, dans les cas

d’épanchements pleurétiques et de pneumosclérosie, la limitation du . cœur à gauche est plus difficile à établir. On doit encore ajouter qu'il en est ainsi alors que la rate est mégalisée et, par conséquent, très-rapprochée du ventricule à sang rouge. |

864. La seconde ligne, plessimétrique qu’il faut suivre pour exploration du cœur est située à 3 centimètres de la première, el suit exactement et parallèlement la même direction ; on trouve sur son trajet les mêmes parties que l’on reconnaît et que l’on limite.de la même façon, et des caractères plessimétriques analogues. L’oreillette droite présente à cette hauteur une étendue semblable à celle qu’elle affecte plus bas ; les points où commence le ventricule droit sont cependant un peu plus à gauche que sur la première ligne, ce qui provient de la forme arrondie de la base du cœur. L’étendue de l’espace qui correspond superficiellement au ventricule à sang noir à une dimension de 1 centimètre plus courte que dans la première mesure, ce qui provient de la direction oblique de la cloison cardiaque ; et le ventricule artériel, quoique plus volumineux en haut qu’en bas, cesse au niveau de la seconde ligne plutôt qu’à la hauteur de la première, parce que son augmentation de grosseur s’étend au-dessous du ventricule droit,

865. La troisième ligne plessimétrique du cœur part à peu près de l’apophyse coracoïde gauche, se dirige obliquement vers la partie moyenne de cet organe déjà limité horizontalement ; elle le traverse dans cette même direction oblique, et vient se terminer sur le foie. On commence par percuter profondément le poumon et sans tenir compte des très-légères nuances de matité qui, au-dessous de cet organe, correspondent aux vaisseaux qui, à gauche, se rendent du cœur aux aréoles pulmonaires ; matité qui avaient jugé convenable de rester sourdes et aveugles quand il s'agissait de médio-percussion, il à fait publiquement, sur mes ouvrages, des expériences qui ont utilement vulgarisé Le fait dont il est ici question.

sur laquelle je reviendrai dans le chapitre suivant. On trouve par une percussion profonde et vers la quatrième ou la cinquième côte un son et un tact selérosiques qui, pour être éloignés de la surface, n’en sont pas moins très-distincts. Ils sont obtenus au-dessous d’une sonorité et d’une élasticité superficielles, et se prononcent dans une limite très-nettement dessinée. C’est là que commence le ventricule gauche. La matité de celui-ci devient d’autant plus marquée et semble se rapprocher davantage des parois thoraciques, à mesure que l’on descend et en même temps la sonorité gazique devient si superficielle qu’elle finit, à quelques cen-, imètres plus bas, par disparaître complétement. C’est là que le poumon cesse de correspondre, et alors le cœur est en rapport direct avec les parois de la poitrine.

866. À peu près sur ce même point, on obtient par le plessimétrisme superficiel, en descendant toujours et en inclinant un peu à droite, un tact et un son hypo-hydriques en rapport avec la présence du ventricule droit, tandis qu’en percutant profondément, sur le même point existent les caractères sclérosiques du ventricule gauche, lieu qui correspond à la cloison inter-ventriculaire. Un peu plus loin, dans la même direction, une matité hydrique existe à toute profondeur, et c’est là l'endroit où le ventricule droit existe seul; mais bientôt se rencontrent à distance un son et un tact sclérosiques qui, dus à la présence du foie au-dessous du cœur, limitent très-bien le pointoù ce dernier organe coms mence à correspondre. Enfin, en percutant superficiellement audessous de la limite précédente, la matité propre au ventricule à sang noir ne se rencontre plus, tandis que le son et le tact pro= pres aux acinies hépatiques sont seuls obtenus. Le lieu où ces chan gements de sensations ont lieu est précisément celui où le cœur ne se rencontre plus au-devant du foie.

867. La quatrième ligne plessimétrique du cœur part de la clavis éule gauche, et, près de l'articulation cléido-sternale, elle tombe verticalement sur le cœur. J’indiquerai dans le chapitre suivant quels sont les vaisseaux que l’on trouve sur son passage ; mais je noterai seulement ici que 3 centimètres à peu près au-dessus du niveau du point où l’on a commencé à constater, sur la troisième ligne, la matité profonde du ventricule gauche, on trouve d’abord l'obscurité de son et de tact correspondant aux gros vaisseaux qui, à gauche, pärtent du cœur pour se rendre äu poumon gauche, puis au-dessous une matité plus märquéé, en rapport avec Poreils

lette gauche, et enfin, plus bas et profondément, le ventricule à sang rouge, reconnaissable par le son et le tact qu'il donne, et qui est bientôt recouvert par le poumon donnant lieu à un son gazique superficiel, Dans le reste de cette ligne, les résultats du plessimétrisme sont à peu près les mêmes que ceux qui ont été indiqués lors de l'étude de la médio-percussion sur la troisième ligne.

868. Chaque fois que l’on saisit une transition accentuée entre les caractères plessimétriques que donne une partie du cœur, et ceux qui sont produits par une autre partie du même organe, ou encore par la présence du poumon ou du foie, on marque la limite de cette transition, puis on étudie de la même manière tous les points intermédiaires où de semblables modifications de tact et de son ont lieu, et on les indique de la même façon ; c’est en s'y prenant ainsi qu'on obtient avec une extrême facilité, nonseulement la figure de l’ensemble du cœur, mais encore : 4° celle de chacune de ses parties considérées dans leurs rapports ; 2° celle de la mutation du poumon au-devant du cœur; 3° celle du rebord du foie au-dessous du ventricule droit ; 4° la forme et Pétendue de ce ventricule à l'extérieur de la glande hépatique.

869. Ces tracés intermédiaires qui sont destinés : soit à rallier les diverses marques indicatives des limites des nuances de son obtenues sur chacune des lignes verticales, soit à dessiner la forme du cœur, servent encore à vérifier l’exactitude des résultats obtenus sur chacune des lignes plessimétriques précédentes; car si le dessin d’ensemble que l’on a tracé n’est pas en rapport sur quelque point avec celui que l’on à cru devoir indiquer sur d’autres, on est conduit à percuter de nouveau, à l'effet de savoir si quelque erreur n'aurait pas été primitivement commise.

. 870. « On juge approximativement de l'épaisseur du cœur par le degré de matité et de résistance au doigt que donne cet organe. Mais il est un autre moyen d'apprécier plus positivement lépaisseur du cœur, considéré dans sa totalité d’avant en arrière. Voici en quoi ce procédé consiste :

. 871. « On fait coucher sur le dos la personne que l’on veut exa+ huner, puis, sur le point du thorax où l’on a bien constaté que la

Surface du cœur touche aux parois et que des lames de‘poumon ne sont päs interposées, on place une règle sur ce point, parallèlement à cette surface et perpendiculairement à l’axe du corps.

: De cette sorte, la règle se trouve être de niveau avec le plan anté:

rieur de la poitrine, et elle doit être posée de telle sorte qu’elle

dépasse le côté gauche du thorax de plusieurs centimètres. On a ainsi la mesure de la limite la plus élevée du cœur en avant (en haut dans cette position du corps); on percute ensuite latéralement et profondément dans une direction parallèle à celle où la première règle a été placée, et l’on détermine alors le point précis où sur le côté le cœur cesse de correspondre en arrière (en bas lorsque le ma: lade est couché sur le dos). Fixant alors sur ce point et par l’une de ses extrémités une seconde règle, et tenant celle-ci dans la dhrection que l'on a imprimée au doigt qui a percuté, ny a plus qu'à mesurer létendue de l’espace qui existe entre les règles, pour avoir l’épaisseur du cœur d'avant en arrière, déduction faite de celle des parois. |

872. On peut simplifier ce procédé de la manière suivante : Le malade étant couché sur le côté droit, Pexplorateur se place derrière lui en lui faisant élever le bras, alors il pratique d’arrière en avant, sur le côté gauche, le plessimétrisme profond, et ne tarde pas à saisir le point exact où la surface postérieure du cœur commence à faire sentir le son et le tact sclérosiques que donne le. ventricule gauche. Dès lors, mesurant l’espace qui existe entre le même point mdiqué avec le crayon et la surface du thorax où le cœur est en contact direct avec les parois, il apprécie ainsi la dimension du cœur.

8173. Pour examiner le cœur en arrière, le malade doit être couché sur le ventre; cependant il peut aussi être assis, et, dans ce dernier cas, le médecin se place derrière lui, comme s’il s'agissait du plessimètrisme des poumons en arrière, et les lignes qu’il convient de suivre pour l’exploration des ventricules cardiaques sont les mêmes que celles qui doivent guider alors que l’on veut plessimétriser postérieurement les poumons (n° 654, fig. 26). On percutera sur ces lignes de haut en bas, et d’un côté à l’autre le thorax sur les points qui correspondront à la place que le cœur occupe en avant, et l’on parviendra ainsi à le limiter d’une manière suffisante pour se faire une juste idée de son siége, de sa forme, de son volume et de ses rapports avec les parties voisines, et l’on arrivera à obtenir ce résultat sur les points où il correspond à la colonné vertébrale qui servira en quelque sorte ici d’un second plessis mètre, et communiquera très-bien les impressions aphé et acous plessiques données par le principal organe de la circulation. Sans doute on n’aura que bien peu d'occasions d'utiliser le plessimétrisme du cœur en arrière ; mais enfin ces occasions peuvent se

PLESSIMÉT. XPPLIQUÉ À LA TRANSPOSITION DES VISCÈRES. 369 présenter, el par exemple il se peut faire que des tumeurs, touchant cel organe, font varier son siége et altèrent ses fonctions. Dans de tels cas, on tirerait quelque parti de la médio-percussion du cœur en arrière.

$ 8. Applications pratiques du plessimétrisme du cœur.

874. Lorsque j'ai consacré un grand nombre de pages de cet ouvrage à l'étude du plessimétrisme du cœur; lorsque je n’ai pas craint de faire quelques répétitions à l'effet de mieux exposer les règles pratiques de cette méthode d'exploration, et que je suis entré dans les plus grands détails sur la limitation des oreillettes et des ventricules, c’est parce qu'il est certain que les applications de la médio-percussion cardiaque à la pathologie, sont d’une importance extrême. Il ne s’agit pas seulement ici des cardiopathies, mais de l’étude générale de l’organisme sain et malade. Le médecin qui connaîtra mieux qu'un autre le plessimétrisme du cœur aura, au point de vue de la diagnose et du traitement des maladies, un avantage que personne ne peut mettre en doute.

875. D'abord les anomotopies, l’hypo, l’hÿper, l’'anomotrophie, les ectasies cardiaques générales où partielles ne peuvent être reconnues, distinguées, mesurées avec certitude qu’au moyen de lorganographisme plessimétrique : lauscultation elle-même, cette méthode si précieuse, dont la découverte a immortalisé son auleur, est incapable de donner sur ces états pathologiques des résultats aussi utiles et aussi précis que la médio-percussion. Îl serait superflu de revenir avec détail sur les considérations étendues qui ont été établies sur ces sujets dans l'ensemble de ce cha pitre. On trouvera d’ailleurs, Traité de Médecine pratique, tome deuxième , aux articles biorganographies, des études très-étendues sur les applications du plessimétrisme aux diverses cardiopathies. Je me bornerai à citer ici certains cas et à établir quelques considérations qui ne me paraissent pas dénués d’intérêt et

qui sont relatifs au sujet dont il est ici question.

S 9. Applications du plessimétrisme à la transposition des viscères.

876. 1° Dès 1820, par conséquent six ans avant la découverte du plessimétrisme, j'avais reconnu, conjointement avec Nac-

quard, au moyen de la percussion directe, un cas très-remar-

310 PLESSIMÉT. APPLIQUÉ À LA TRANSPOSITION DES VISCÈRES. quable el très-délaillé de transposition du cœur et des autres viscères, L'observation dont il s'agit a élé luë par moi à la Société de médecine, le 20 juin de cette même année (Journal de médecine, juillet 1820, p. 48).

« Un enfant très-faible, âgé de six ans, fut atteint d'une laryngite blenplastique (croup), inutilement traitée par les sangsues et l’émétique. La poitrine était sonore, et surtout dans les points où le cœur est ordinairement placé; une matité marquée existait constamment à droite. Nous remarquâmes que la pointe du cœur venait frapper entre la sixième et la septième côte droite. On sentait aussi, dans l'abdomen et à gauche, un corps solide qui paraissait être le foie. La mort eut lieu trois jours après,

« L'œsophage était sain et incliné encore beaucoup plus à droite qu'à gauche; il correspondait plus bas à la partie antérieure et droite des premières vertèbres dorsales, puis à la partie antérieure et gauche des cinquième, sixième, septième et huitième; et il se courbait à droite et en avant pour traverser le diaphragme

et s'unir à l'estomac. — Ce dernier viscère avait sa grosse extrémité à droite, son extrémité pylorique à gauche... Les courbures du duodénum étaient, à

gauche, en sens inverse de ce qu'elles sont ordinairement à droite. La masse des intestins grèles était à droite; le cœcum à gauche, le côlon ascendant également à gauche, le côlon ascendant et ls iliaque à droite... Le foie et la vésicule du fiel étaient à gauche ce qu'ils sont habituellement à droite. La rate occupait, dans l’hypochondre droit, une position analogue à celle qu'elle affecte ordinairement à gauche... Les poumons étaient transposés; celui qui présente deux lobes était à droite, et celui qui est formé par trois lobes occupait la partie gauche du thorax... L'appareil circulatoire ne présentait d'autre désordre qu'une transposition générale; la pointe du cœur était dirigée en bas en avant et à droite, et sa base en haut, en arrière et à gauche... La crosse de l'aorte était, ainsi que l'aorte pectorale et abdominale, en sens inverse de ce qu'elles sont sur les autres sujets (1). »

877. Le second cas de transposition générale des viscères que j'ai vu se rapporte à M. X., jeune conscrit, qui vint, il y a deux ou rois ans, me demander s’il portait quelque lésion qui pût être pour lui un motif d’exemption. Je lexaminai avec assez d’attention pour reconnaitre tout d’abord le cas dont il est ici question ; car ce jeune homme, d’ailleurs bien portant, présentait de la manière la plus évidente tous les caractères d’une transposition des organes. Je donnai à ce jeune homme une consultation détaillée sur ce sujet, et cela après avoir limité avec l’azotate d'argent les

(1) En 1842, je n'avais vu qüe cette seule fois l’inversion générale des orÿanes, et six ans avant la découverte du plessimétrisme : c'est la seule réponse que je puisse faire à une absurde calomnie relative à une prétendue transposition des viscères sur laquelle je me serais grossièrement mépris. Ce dernier mot me rapp'ile ce que méritent éeux qui ont inventé celte fable;

PLESSIMÉÈT. APPLIQUÉ À LA TRANSPOSITION DES VISCÈRES. 371 lignes des viscères. Il se présenta les jours suivants au conseil de révision. Mes honorables confrères, qui étaient chargés de l’examen de.ce conscrit, vérifièrent l'exactitude des lignes tracées et de l’opinion que j'avais émise; et, comme le cœur était un peu volumineux, ils déclarèrent le jeune X. impropre au service militaire.

878. Le troisième cas que j'ai observé a été recueilli par M. Ramond, à hôpital de la Charité ; et, dans ma clientèle particulière, la malade m'avait été adressée par M. le docteur Gachet, qui avait déjà reconnu linversion générale des organes.

« Une femme âgée de vingt-deux ans, d'une taille élevée et d'une constilution assez forte en apparence, se présenta, en 1862, à l'hôpital de la Charité, pour y être examinée par M. le professeur Piorry, à l'effet de savoir s’il existait chez cette jeune personne une transposition des viscères.

« La nommée Ernestine Élie vint done à l'hôpital et occupa momentanément le n° 6 de la salle Sainte-Anne. À la visite du matin, M. Piorry procéda à l'examen attentif des organes, et, dans moins de cinq minutes, il put, à l’aide du plessimétrisme, reconnaître chez cette jeune femme la transposition des organes. Le dessin de chacun d'eux fut fait sur la chemise, et les traits linéaires furent rendus momentanément ineffaçables à l’aide du crayon d’azotate d'argent. Ce vêtement fut soigneusement conservé par Élie, qui se faisait gloire de le montrer à divers médecins, et le dessin qui y était tracé fut même présenté à plusieurs membres de l’Académie impériale de médecine. »

879. « T'els sont les détails les plus circonstanciés que j'ai eu le soin de recueillir sur ce cas intéressant. Cette femme revint à plusieurs reprises à hôpital de la Charité, où M. Piorry vérifia chaque fois le même fait; une dernière fois, il n’eût pas assez de temps pour réitérer son examen, qui eût exigé une exploration attentive ; il la confia à ses élèves, et ce fut alors que M. Cros re- cueillit observation qu’il a publiée avec des détails qui m'ont paru être loin d’avoir une rigoureuse exactitude. Ce n’était pas “avec un plessimètre étroit (4) que, maintes fois, M. Piorry avail dessiné et limité le cœur transposé, mais bien avec le plessimètre ordinaire.

880. L’utilité pratique de l'étude plessimétrique de la transposition des viscères est, d’après les faits précédents, tout à fait évidente ; mais elle l’est encore plus au point de vue de la diawnose ; car, si cette disposition anatomique n’étail pas reconnue, la présence du foie à gauche pourrait être prise pour une hydro-

(1) Tel que M: Piorry l'avait employé en 1829:

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