PLESSIMÉTRISME DE L'AORTE DESCENDANTE
colonne vertébrale, une tumeur de forme arrondie et appréciable par le son mat que donnait le plessimétrisme, Son diamètre était bien de huit centimètres, et je la limitai très-exactement. On y entendait des battements artériels, que la main appliquée sur le point mat faisait également sentir; les jours suivants, la circonférence de l’anévrysme s’étendit promptement. Le malade ne tarda pas à périr, et l’on constata, lors de la nécroscopie, l’exactitude extrème de la mensuration plessimétrique.
Aortasie en arrière,
952. La percussion médiate de l’aorte abdominale exige dans son emploi les mêmes règles que la palpation médiate de ce vaisseau (voyez le Traité de diagnostic, 476 et suivants). Lorsqu'on aura bien déterminé le siége, l’étendue, la forme du foie et de la rate, et qu’en déprimant fortement les intestins, on trou= vera, dans la direction connue de l’aorte, de la matité existant dans une assez large étendue, et sur un point où les battemenis se feront sentir au doigt et à l’oreille, on sera porté à croire que l'artère est dilatée sur ce même point, La dimension de l’espace où la matité se trouvera pourra, dans certains cas, donner des notions utiles sur la dimension de l’anévrysme. D’un autre côté ;
PLESSIMÉTRISME DE L'AORTE DESCENDANTE, #il
la médio-percussion m’a bien plus souvent conduit à reconnaître que l’aorte n’était pas dilatée, plutôt, dis-je, qu’elle ne m'a fait rencontrer son ectasie. C’est: ainsi que sur plusieurs malades de la Salpêtrière on avait cru, depuis longtemps, à des dilatations de l’aorte ventrale, parce que dans le trajet qui suit cette artère, on ressentait des battements sensibles à la main. Tantôt, en effet, la percussion, prouvant que le foie ou tout autre corps solide était situé au devant de l’aorte, éloignait l’idée de la présence d’un anévrysme. D’autres fois, le plessimétrisme rencontrant superticiellement et à une très-grande profondeur de la sonorité dans l’abdomen sur le trajet de ce vaisseau , et, de plus, la mensuralion pratiquée d'avant en arrière, démontrant qu'il n’y avait, entre le point où la malité était observée et la saillie de lé épine dorsale , que l’étendue normale due à l’épaisseur des vertèbres et de l’aorte, il était certain que sur les dur explorés 1l n’y avait pas d’anévrysme, au moins volumineux.
953. Les dilatations de l’aorte abdominale sont très-rares ; les battements observés dans l'abdomen sont fréquents. Il est bon, pour se mettre en garde contre les méprises que l’on pourrait commettre, d’être prévenu de cette double circonstance (4). (Traité de or. n° 476, 471.)
« Du reste, la diagnose des aortasies abdominales exige beaucoup d’attention et de circonspection; il faut se donner garde d'admettre avec légèreté leur existence.
« On à vu des hommes fort habiles prendre pour une artérasie abdominale soit une fumeur mobile qui donnait lieu parfois à des pulsations, soit un lobe du foie situé au devant du vaisseau, lobe du foie qui n'avait pas été bien limité par la médio-percussion, » { Traité de diagnostie, n° ATT.)
(1) Voici un caractère de ‘médio-palpation qui me paraît avoir quelque utis lité pour obtenir la mensuration exacte de l'aorte abdominale, « Un corps s0lide et plane, tel que le plessimètre, déprimant les parois abdominales, peut être placé sur les viscères qu’il applique ainsi sur le vaisseau. Ces organes communiquent à la plaque le mouvement que l'aorte leur imprime; or, si l'on appuie légèrement le doigt sur le plessimètre tenu fixé et en contact médiat avec l’arère, on trouve bientôt sur un certain espace qui correspond exactement au grand conduit à sang rouge, un sentiment spécial de battement, de frémissement . qui ne dépasse pas l'étendue de cet espace; latéralement à celui-ci, et sur le lieu ou l’aorte cesse d’être située au-dessous du doïgt, ou ne ressent plus qu'un soulèvement général imprimé à la plaque d'ivoire. (Traité de diagnostic, n° 464.)