ANATOMIE DU PÉRICARDE (ÉTAT ANORMAL
recouvre le cœur : des coagulations blanchâtres, jaunâtres, de nature fibrineuse, et analogues, quant à leur nature, à celles qui se forment dans lendocardite, la pleurite, et dans d’autres affections dites inflammatoires ; seulement l’apparence de ces coagulations est très-différente des fausses membranes pleurétiques; elles sont inégales à leur surface, parfois mamelonnées; elles présentent même souvent une série de petites dépressions, séparées les unes des autres par de légères saillies. Cette disposition est due aux frottements que les feuillets contigus du péricardé exécutent VPun sur l’autre par l’effet des mouvements violents que le cœur exécute sans cesse. Ce fait est plus important à noter au point de vue de l’auscultation que du plessimétrisme, parce qu’il donne une théorie rationnelle de la nature des bruits que, dans la péricardite, le stéthoscope fait entendre. Plus tard, les couches couenneuses se convertissent en des plaques blanches, assez minces, mais dont la surface reste presque toujours inégale. Quelque épaisses que soient les concrétions péricarditiques, 1l est bien cfficile, sinon impossible, que cette épaisseur soit portée au point de pouvoir être appréciée par le plessimétrisme.
970. Ailleurs, et dans des cas beaucoup plus rares, du sang et même du pus sont accumulés dans la cavité que circonserit l’enveloppe du cœur (hémo et pyopéricardie), lhémorrhagie intrapéricardique (et je n’appelle pas ainsi une simple coloration en rouge de la sérosité péricardique) est presque toujours le résul- : tat de quelques lésions traumaltiques des poumons, du cœur, des gros vaisseaux, ou d’une aortasie rompue; cas dans lesquels la membrane d’enveloppe du cœur a été intéressée. La pyopéricardie est, très-ordinairement, due à des abcès du médiastin, et surtout à des phymies pulmonaires ouvertes dans la plèvre; dans ces derniers cas, il arrive parfois que de l’air pénètre dans le péricarde en même temps que les liquides purulents, ou ptovenant de tubercules, C’est dans un cas de ce genre que M. Bricheteau a entendu, le premier, un bruit particulier qu’il a comparé au tic-tac d’un moulin.
971. Les liquides que contient anormalement le péricarde varient en consistance, depuis celle du sérum jusqu’à la viscosité de la lymphe couenneuse; et à la densité du sang, du pus et de la matière tuberculeuse ramollie. Je suis loin d’être sûr qu'il soit possible d’apprécier, dans les épanchements péricardiques, de telles variantes de densité.