PERCUSSION AVEC LA MÉDIATION D'UN CORPS SOLIDE, OU PLACOPLESSISME
22. L'étude des phénomènes dont l'exposition va suivre est bien autrement compliquée et bien plus difficile que celle du plessisme proprement dit.
23. Quand une membrane mince est tendue sur une caisse fermée contenant de l’air ou des gaz, il arrive, alors qu'on la frappe avec une baguette ou avec un marteau, qu’il se manifeste un bruit dont le timbre ou la nature sont en rapport avec la configuration, la dimension, la structure, etc., de cette caisse, et avec la densité et les autres propriétés physiques de cet air ou de ces gaz. L’intensité et la sécheresse du bruit dont il s’agit, le nombre de vibrations qu'il présente, correspondent en grande pare au degré de tension de la membrane et à la capacité de ce tambour, C’est là un premier exemple des résultats de la percussion médiatisée ou, si l’on veut, du placoplessisme.
24. La membrane dont il vient d’être parlé, variant de densité et de dureté en raison de sa tension, il en résulte qu’elle s’éloigne d'autant plus des conditions physiques propres aux corp$ mous,
(4) De mixé, plaque, et de rare, percussion.
PLACOPLESSISME DES SOLIDES. 9
et qu’elle se rapproche d’autant plus de la disposition des solides qu’elle est tendue davantage ; ce fait est analogue à celui qui a lieu dans la corde d’un instrument, alors que, tirée en deux sens opposés, elle vibre avec d’autant plus de fréquence que sa distension est plus grande.
25. Quand on vient à appliquer une musique d’horlogerie sur une lame de verre ou de cristal, les sons qu’elles produit acquièrent une force et un volume beaucoup plus marqués qu’auparavant. Cette augmentation d'intensité est due à ce que les vibrations de cette petite mécanique se communiquent au verre ou au cristal et à ce que la sensation éprouvée par l’observateur se compose de l’impression qui résulte des oscillations primitives et des phénomènes sensitifs en rapport avec les vibrations secondaires qui ont lieu presque en même temps. C’est là un exemple remarquable du renforcement des sons par le contact d’un GFps solide et vibrant, avec un corps élastique et sonore.
Les bruits que donnent, quand on les frappe : la membrane tendue qui recouvre une caisse remplie de fluide élastique, les parois d’une barrique vide ou un violon contenant de Pair, etc., sont les résultats de la percussion de corps solides, et ces corps solides sont : la membrane tendue du tambour, les parois de la barrique, le coffre du violon, etc., interposés entre l’agent de percussion et l’air contenu dans les divers corps qui viennent d’être énumérés.
$ 4. Percussion médiatisée (placoplessisme) des corps solides.
26. Si l’on applique exactement une plaque solide et sonore sur la surface de corps consistants et si l’on vient à la percuter, il en résulte un son et une impression tactile qui, comme dans la percussion directe, varient en raison de la disposition moléculaire de chacun d’eux (1). Pour les corps secs et consistants, et sonores
(4) On conçoit difficilement comment M. le professeur Skoda, de Vienne, qui, du reste, a rendu de très-grands services alors qu'il a vulgarisé, en Allemagne, la percussion médiatisée, a commis l'étrange erreur d'affirmer que tous les corps solides percutés produisent un son mat identique ; et, par exemple, que la cuisse, le foie, la rate, etc., résonnent tous de la même façon. (Traduction du Traité de percussion de M. Skoda, par M. Aran, page 5.) M. Skoda ne s’est pas rappelé que le bois d’ébène ne retentit pas comme le sapin ; que chaque métal présente, alors qu’on le frappe, un son qui lui est spécial, et que chaque solide donne des vibrations sonores différentes de celles de tout autre corps. Pourquoi