‹ Traité de plessimétrisme et d'organographismeChapitre 16 sur 207 · PERCUSSION MÉDIATISÉE · texte numérisé non relu

PERCUSSION MÉDIATISÉE

par eux-mêmes, linterposition d’une plaque solide augmente les sensations acoustiques et aphéplessiques que donne la percussion, et, par exemple : place-t-on une lame mince d'ivoire sur un morceau de sapin, de chêne, étc., et percute-t-on perpendiculaïrement cette même lame, on obtient des impressions tactiles et acoustiques à peu près semblables à celles qui seraient produites sur le sapin ou le chêne que lon frapperait directement. Seulement on distingue alors en plus un son propre à l'instrument médiateur interposé ; mais ce son et la sensation tactile qui ont lieu diffèrent à peine des phénomènes auxquels la percussion directe donnerait naissance.

27. Cependant, si le corps solide percuté présente peu de densité ; s’il se rapproche, par sa consistance, des substances molles (le drap, le linge pliés en plusieurs doubles); si, d’un autre côté, le placoplesse (d'ivoire, de bois, de métal, etc.) présente de meilleures conditions de vibratilité que le corps solide; sil arrive enfin que lon frappe d’abord directement, puis médiatement ce même corps, voilà ce que l’on observe : le son et la résistance obtenus par le doigt qui pratique la percussion directe, sont de beaucoup moins marqués que ceux qui retentissent alors que lon percute avec la médiation de la plaque d'ivoire, de bois ou de métal ; notez bien que ce n’est pas principalement le son du placoplesse que l’on entend ici, mais bien celui qui se produit dans les corps solides situés au-dessous de l'instrument. :

28. Quand un corps mou et de peu d'épaisseur récouvre un solide, la percussion directe pratiquée sur ce corps mou donne des sensations plessiques beaucoup moins prononcées que celles qui ont lieu alors que l’on percute avec la médiation d’un placoplesse, mais si l’on déprime fortement cette plaque de facon à l'appliquer exactement sur le corps solide, on obtient par la percussion des résultats presque semblables à ceux auxquels donne . lieu le placoplessisme des corps consistants.

29. La connaissance des phénomènes qui viennent d’être exposés est de la plus haute portée pour comprendre les faits dont il sera parlé plus tard.

ce fait si positif dans les corps inanimés nes erait-il pas aussi exact pour les organes de l’homme, organes dont la structure est si variée? Les faits les plus incontestables et les plus nombreux prouvent qu'il en est ainsi.

PLACOPLESSISME DES CORPS MOUS OÙ LIQUIDES. Il

$ 2. Percussion médiatisée (placoplessisme) des corps mous ou liquides.

30. Si les corps solides percutés peuvent par eux-mêmes résonner et donner lieu à des sensations tactiles, il n’en est plus ainsi, comme nous l’avons vu; des substances liquides ou molles. Or, si l’on recouvre ces dernières d’un placoplesse que lon frappe, il en résulte des sensations acou et aphéplessiques variées et qui correspondent à la disposition moléculaire propre à ces corps mous ou liquides.

31. En 1863 j'avais déjà fait quelques expériences sur la percussion médiate des liquides et des substances molles. Ayent recouvert de tels corps d’un plessimètre, ayant maintenu suffisamment celui-e1 et le pércutant, il en résulta pour les observateurs des sensations tactiles et acoustiques qui correspondaient à la disposition de ces mêmes corps. L’éther, l'alcool, l’eau ordinaire, l’eau distillée, le sirop, le beurre, la graisse pure, l’axonge mélangé et agité avec de l’eau, le savon demi-hiquide ou assez dur, les fruits charnus, donnent lieu par la percussion médiate à des sensations de l'oreille et du fact qui sont différentes pour chacun des corps dont il vient d’être parlé.

Récemment, des observations nouvelles publiquement recueillies à la clinique de l’'Hôtel-Dieu (février 4865), sont venues étendre et utiliser ces premières notions.

32. J'ai introduit dans plusieurs fragments d’intestins de bœuf (1), et séparés les uns des autres par des liens cireulaires, de l’eau distillée, de l’eau ordinaire (contenant de l'air), de l’eau de seltz, de l'alcool, du vin, du vin mousseux, de l’eau albumineuse, du lait, de l’huile, de la graisse liquide, de la graisse demi-solide, de la graisse solide, etc. J'ai veillé avec le plus grand soin à ce que le degré de pression des liquides dans ces sortes de poches fût dans tous ces cas à peu près le même et que les conditions de chaleur fussent identiques. Or, j'ai placé ces diverses parties de l'intestin, semblables dans leur structure et différant seulement

(4) Ces substances membraneuses ont le très-grand inconvénient de laisser filtrer les liquides ; de sorte qu'après un temps assez court les enveloppes qui les renferment sont moins distendues, et qu'il pourrait en résulter des erreurs. Depuis, et dans mes expérimentations publiques à l’'Hôtel-Dieu, je me suis servi, pour ces expériences, de petits tubes el de petites sphères creuses en caoutchouc,. |

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