‹ Traité de plessimétrisme et d'organographismeChapitre 155 sur 207 · FONCTIONS PRÉSUMÉES DE LA RATE · texte numérisé non relu

FONCTIONS PRÉSUMÉES DE LA RATE

térés ne pénètrent pas dans la circulation; c’est ce que lon voit arriver pour les sucs putrides résorbés; c’est ce qui, d’après l’observalion journalière, a lieu pour du pus septique ; c’est probablement à ce fait qu’on doit rapporter le défaut d'infection vénérienne à la suite de ganglioleucites syphiosiques. 11 semble dans tous ces cas que la fonction principale du ganglion soit de s’opposer à la pénétration rapide dans le sang des substances délétères absorhées. Au mois d'août 1844, je fais placer sur le derme de la paume dé la main atteint d’une phlegmasie chronique, accompagnée de petites fissures, et dont le caractère syphiosique n’était pas douteux, un large vésicatoire (1) : une heure après, les lymphatiques de lavant-bras et du bras sont enflammés jusqu’à l’aisselle ; là quelques ganglions s’engorgent et deviennent très-douloureux ; le mal ne dépasse pas cette limite, et il ne se manifeste aucun signe d'intoxication cantharidique (2). Certes, dans ce cas, le poison avait été en quelque sorte arrêté par le ganglion. Des exemples de ce genre assez nombreux pourraient être rapprochés de ce cas intéressant qui m'a donné une grave leçon : c’est de ne plus porter de cantharides sur une surface dénudée et non recouverte de la membrane des bourgeons charnus.

« Certes, si l’absorption, dans le cas qui précède, se fût opérée par des veines, une toxémie spéciale en eût été la conséquence ; les reins, la vessie, etc., eussent donné lieu à des symp- : {ômes morbides, car il n’y aurait pas eu de ganglions sur le trajet de la circulation veineuse qui eût retenu dans ses plexus les substances délétères introduites.

« Or, il me semble que la rate exerce, tt aux miIasmes paludéens et peut-être à d’autres miasmes , une action analogue à celle dont il vient d’être parlé. Sans doute elle n’est pas placée comme un ganglion lymphatique sur le trajet d’un système de vaisseaux par lesquels absorption s'opère, mais une énorme quantité du sang chargé des substances inhalées y passe dans un temps donné. or, on voit la rate grossir brusquement sous l’in-

(4) J'ai parfois réussi dans les in tes chroniques, en employant cette médication.

(2) Je fis enlever, dès que je fus averti de ce qui était arrivé, l’emplâtre vésicatoire; un manuluve tiède fut prescrit pendant plusieurs heures. Mon but était de faire traverser les vaisseaux enflammés par une grande quantité d’eau. De cette façon, j'avais l'espérance d'étendre le poison et de remédier à la phlegmasie. Le soir même, le mal était calmé, et le lendemain, il était complétement dissipé.

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