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DIAGNOSE ; FORME DES RACHISOCÉLIES

l’espace allongé où la série du corps des vertèbres est tracée par l'explorateur, y présente une dimension plus grande de 1, de 2, de 3 ou même de 6 centimètres que dans l’état normal ; d’ailleurs les points malades présentent une matité supérieure à celle des autres parties du rachis. Il n’en peut être autremeut, puisque les os y sont plus qu'ailleurs épais et rapprochés de la peau qui recouvre la paroi postérieure du tronc. — Si l’on vient même à percuter sur les apophyses épineuses, on trouve que les points affectés donnent un son plus obscur que les autres régions de la colonne vertébrale, Il y a, comme on le pense bien, de très-grandes variétés dans le volume et dans la configuration de cette même colonne. Le plus souvent elles ont une disposition fusiforme représentée en haut et en bas par le dessin que lon a figuré des portions saines des vertèbres, et au milieu par l’étendue transversale des os malades. — Assez fréquemment le développement que l’on trouve à la tumeur est inégal, de telle sorte que de Fun des côtés elle fait une très-grande saillie, tandis que de l’autre elle dépasse à peine la ligne indiquant le bord correspondant des vertèbres. — Du reste, la limitation de la rachisocélie se fait plus facilement sur les points au voisinage et derrière lesquels se trouvent placés des organes contenant des gaz, et partant sonores (les poumons, l’angibrôme), que sur ceux qui correspondent au foie, à la rate ou aux reins.

1130. Lorsque l’on a tracé avec exactitude le dessin plessimétrique de la rachisocélie, et que l’on s’est servi de nitrate d’argent ou de chlorure d’or (à l’aide d’un ingénieux instrument employé par l’un de nos bons élèves, M. Hutin), pour rendre pendant quelque temps cette marque indélébile, on constate les jours suivants si, sous l’influence du traitement employé, la tumeur diminue ou si elle prend du développement.

1131. C’est en suivant de telles précautions, c’est en explorant attentivement le rachis tuméfié, que nous avons, dans maintes circonstances, reconnu des tumeurs de la colonne vertébrale dont. on ne se doutait pas, puis constaté, à la suite d’un traitement convenable, leur diminution et enfin leur disparition.

1132. Quelques caractères de sensations aphé et acouplessiques, certaines modifications dans les formes des dessins plessimétriques, peuvent donner des documents d’une certaine valeur sur le siége, la structure, la disposition des tumeurs’ vertébrales; exemples : 4° Un élargissement peu considérable et fusiforme du

RACIHISOCÉLIES ; PYOIES ÉTIORACHISIQUES. 491

rachis, dans l’étendue de quelques vertèbres, est en général en rapport avec une ostéite ou une périostéite, de cause traumatique ou syphiosique, 2 Des célies arrondies, plus ou moins volumineuses, et dures avec saillie des apophyses épineuses et sclérosie très-marquée au doigt et à l'oreille, doit correspondre à une masse tuberculeuse profonde, entourée d’un tissu très-dur.

3° Lorsqu’au contraire la matité d’une tumeur de même forme présente à un haut degré le caractère hydrique, on peut penser qu'un abcès est formé dans le corps de la vertèbre, et si l’on voit ensuite les épines faire une saillie de plus en plus prononcée et le rachis se courber fortement sur ce point, on doit croire qu’une pyoïe s’est formée et que le corps de l'os s’est affaissé. 4° Le dessin organographique fait-il voir, sur un homme atteint d’hémitarthrite, qu’il se développe latéralement aux vertèbres et sur les points correspondants aux articulations, des tumeurs trèsdouloureuses, on est porté à admettre qu’il s’agit d’une hydrarthrite aiguë du rachis. 5° Aïlleurs,'à la suite d’une rachisocélie, on trouve par le dessin plessimétrique qu’une tumeur à son et à tact hydriques se forme sur le côté de la colonne vertébrale ; puis, les jours suivants, on voit cette tumeur se propager latéralement, suivre, soit en dehors, soit en dedans du bassin (1), des trajets variables sous les rapports du siége, de la largeur et de l’étendue, et aller former au loin : à l’aine, à l’entour de l’anus, à la cuisse,

des pyoïes reconnaissables à leur matité hydrique, à leur forme,

à leur saillie, à la fluctuation que l’on y constate, etc., etc. Voici quelques figures qui représentent des lésions de FA nature de celles dont il vient d’être parlé (voir les figures 60, 61, 62 et 63, placées aux pages 492, 493, 494 et 495).

1133. Il est utile, alors que l’on a percuté et dessiné la colonne vertébrale dans toute son étendue, de pratiquer le plessimétrisme dans la direction d’une ligne ere située à À ou 2 centimètres en dehors de la limitation du corps des vertèbres. On recherche alors, en pratiquant cette manœuvre, si l’on ne rencontrerait pas, dans l’étendue de la ligne dont il vient d’être parlé, une maltité qui pourrait conduire à s’enquérir si, sur le point où elle aurait son siége, il n’existerait pas quelque tumeur du rachis, quelque abcès à l’état initial, ou quelque autre lésion. C’est en procédant de cette façon que dans plusieurs cas j’ai reconnu des

(1) J'ai vu des exemples de ces deux cas.

——æ Tumeur cervicale du rachis.

<æ Tumeur de la colonne vertébrale; déviation du rein droit ; abcès.

<gAbcès par congestion au niveau de la fosse iliaque.

(Figure 60.)

Rachisocélies-pyoies étiostéiques.

(Voyez pour l'explication de cette figure le n° 1132.)

pyoïes commençantes, que sans cette précaution je n’aurais même pas soupçonnées

4134. Que l’on n’aille pas confondre avec des rachisocélies certains points de la colonne vertébrale où, dans l’état normal, se rencontre une matité prononcée.

4135. Le premier de ces espaces correspond à la septième vertèbre du cou et à la première dorsale. C’est dans l’étendue de ces os que le son et le tact sclérosiques se manifestent à un assez haut degré, on évite toute erreur alors que, percutant à droite et à gauche le rachis, on voit qu’il n’est pas plus large sur cette région qu’au-dessus et au-dessous.

<—« Tumeur cervicale du rachis.

<—& Tumeur rachidienne dorsale à gauche.

<—æ Tumeur rachidienne refoulant le foie.

<—& Rachisocélie péri-néphrique ; abcès autour des reins.

<æ Trajet purulent et abcès à la partie postérieure de la cuisse.

( Figure 61.)

” Rachisocélies ; abcès par congestion et son trajet dans la fesse. (Voyez pour l'explication de cette figure le n° 1232.)

1136. Le second point de la colonne où l’on serait facilement porté à croire à une matité morbide est celui où la première vertèbre lombaire fait suite à la dernière dorsale; à celle-ci correspond au loin le poumon; derrière celle-là se trouve le foie, et c’est à ces circonstances qu’il faut rapporter de telles modifications de tact et de sonorité. Ici encore, la vertèbre que l’on croit trouver plus dure et plus épaisse n’est pas plus large que les vertèbres qui la touchent, ce qui fait voir qu'il ne s’agit pas d’un état pathologique. |

4137. Mais c’est surtout au niveau du pancréas qu’existe sur le rachis , ainsi qu’il sera dit plus loin, une matité très - marquée

<# Tumeur lombaire du rachis; abcès.

<—” Abcès par congestion à la fesse et à l’anus; gaz au centre de l’abcès anal.

(Figure 62.)

Rachisocélies-pyoïes étiorachitiques, ou abcès par congestion. : (Voyez pour l'explication de cette figure le n° 1132.)

- et qui a lieu verticalement dans étendue de 3 centimètres à peu près. En général, les rachisocélies ont une dimension de beaucoup supérieure à celle dont je viens de parler; mais il est un caractère plus positif qui empêche de prendre pour une tumeur rachidienne la glande sur laquelle M. CI Bernard a fait de si remarquables travaux : c’est qu’à droite et à gauche de la colonne, on trouve à la même hauteur un espace mat qui s'étend latéralement, et dont la circonscription dessine la forme du pancréas. :

1138. Enfin, nous verrons plus loin que dans létendue ver ticale et transversale de 4 centimètres, on rencontre par la médio-

5 YMPTOMES INDIQUANT DES RACHISOCÉLIES,.

CS Le) [4

Matité des muscles grands droits abdominaux contractés. . . &—

<—4 Abcès par congestion , suite d’une rachisocélie.

(Figure 63.)

Abcès à laine, suite de rachisopathie. — Matité des muscles sterno-pubiens. (Voyez pour l'explication de cette figure le n° 4132.)

percussion du sacrum (lorsque la femme n’est pas enceinte) un son hypo-sclérosique dû à la présence de l’utérus. |

1139. Avant de terminer ce qui a trait à l’examen plessimétrique des rachisocélies, il est on ne peut plus utile d’insister sur la remarque suivante :

1140. Toutes les fois qu’un malade se plaint d’éprouver : soit une névralgqie sciatique double, soit des fourmillements, des troubles de sensibilité ou de motilité dans les pieds, les jambes, dans les cuisses, soit des douleurs, des névropathies s'étendant de haut en bas, ou remontant vers le tronc et suivant le trajet des nerfs sciatiques ou cruraux, à faut absolument rechercher si l’on ne trouve pas par la

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