HISTORIQUE DU PLESSIMÉTRISME DU RACHIS
pression, dans la direction de ces mêmes nerfs, quelques points endoloris, puis on doit marquer avec le crayon le lieu précis où cette souffrance se déclare. De cette sorte, on arrive fréquemment à suivre la douleur jusqu'à une ou plusieurs vertèbres lombaires que le plessimétrisme, dans un nombre considérable de cas, prouve être mégalisées ou atteintes de quelque tumeur.
1141. On procède exactement de la même façon pour les névralgies cubitales, radiales, brachiales, brachio-thoraciques, intercostales, etc., et l’on parvient ainsi à découvrir, par la médio-percussion, telles ou telles affections existantes dans les vertèbres du cou et du dos, affections auxquelles, jusque-là, on n'avait aucunement pensé. L'annotation qui précède est, encore une fois, d'une bien haute importance pratique, etge ne puis assez recommander aux médecins et aux élèves * d'en tenir grand compte. Les faits qui vont suivre prouvent la vérité de la proposition.
$ #. Notions historiques sur le plessimétrisme de la colonne vertébrale,
1142. Il semblerait que tout d’abord on aurait pensé à utiliser le plessisme, et à plus forte raison le plessimétrisme, pour constater l’état matériel du rachis. La matité et la dureté que les vertèbres donnent au doigt qui imprime le choc, la sonorité relative des parties qui entourent ces os sont, en effet, si manifestement distinctes, qu’en théorie l’organographisme doit en être facile; mais on ne songeait pas à mettre en pratique cette vue de l'esprit. En 1827, j'avais bien pensé à appliquer le plessimétrisme à l’exploration du canal médullaire, mais je ne donnai aucune espèce de suite à cette idée; et je ne m'étais en rien servi de cette méthode à l'étude des affections rachidiennes (Percussion médiate, p. 325). Je ne me suis pas davantage livré à des recherches sur ce sujet dans le Procédé opératoire (1837). Il n’en fut pas ainsi en 1850. Dans le Traité de médecine pratique (n° 12473 et suivants), j'ai surtout insisté sur les services que la médio - percussion peut rendre à la diagnose et au thérapisme des lésions rachidiennes. C’était là une conséquence de mes travaux et des observations que j'avais! recueillies à l’hôpital de la Pitié. Un de mes élèves d’alors, qui a fait, sur le plessimétrisme, des mémoires qui ne sont pas sans mérite, mit d’abord publiquement en doute, à ma clinique, les faits Doit que j'annonçais, et qui étaient relatifs à la limitation facile soit chez les gens en santé,
soit chez les rachitiques, soit chez les malheureux atteints de rachisocélies. Je descendis sur-le-champ avec lui dans l’amphithéâtre anatomique, et bientôt quelques aiguilles implantées sur les rebords des vertèbres de plusieurs cadavres firent voir à cet élève et aux assistants combien il avait été léger dans une manifestation qu’il n’aurait pas dû faire. Il renouvela en particulier cette expérience, et fut si bien convaincu de l’exactitude de mes affirmations qu’il me demanda, quelques mois après, la permission de faire un travail sur ce sujet. Je publiai moi-même ce mémoire et je le présentai à l’Académie des sciences. M. Andral fut chargé du rapport qui concernait cet ouvrage, qu’il . égara et dont il ne rendit pas compte. J’ai perdu, de mon côté, le manuscrit, mais heureusement que neuf des quinze ou seize observations qu’il contenait ont été publiées dans le 7raité de médecine pratique (du n° 12473 au n° 12514), et que j'y ai joint, dans ce même recueil, les considérations pratiques qui en avaient été les conséquences. Il est à regretter que ces faits dont il s’agit, aussi utiles à la diagnose qu’à la pratique, n’aient pas été alors connus autant qu’il eût été nécessaire que cela fût, Je vais chercher à les vulgariser davantage (1).
8 5. Observations de rachisocélies améliorées ou guéries par l'emploi du phosphate de chaux, de l’iodure de potassium, etc., publiées dans le Traité de médecine pratique. |
1143. Depuis 1845 jusqu’à 1865, des observations nombreuses, recueillies à l'hôpital et en ville, sont venues se joindre à celles dont il vient d’être parlé, et ont mis au-dessus de toute contestation les propositions établies dans le 7raité de médecine pratique, et qui avaient trait au plessimétrisme de la colonne vertébrale et à l’utilité du phosphate de chaux. Je ne puis me dispenser de faire ici l’énumération rapide des principales observations que je possède sur la diagnose plessimétrique et sur le thérapisme des rachisocélies, et des abcès par congestion dont elles sont les causes organiques. Ces observations, les voici : | ER
1144. 1° Une rachisocélie de cause traumatique, ayant pour symptôme une névralgie sciatique datant de six mois, vue à Bel. leville avec MM. Nacquard et Velpeau; — phosphate de chaux,
(1) Je viens de retrouver les dessins plessimétriques de plusieurs des cas dont il vient d’être parlé. Ils seront représentés à la fin de ce chapitre.
dix doses de potassium, cautères, repos, guérison (Médecine pratique, n° 12503).
1145, 2° Rachisocélie ; ramollissement de l’os; cause syphiosique; vertèbres détruites ; — phosphate de chaux, traitement hydrargyrique, iodure de potassium; — il ne se manifeste pas d’abcès; —— l'électricité calme les douleurs. La guérison a lieu, mais avec destruction de la partie solide de la colonne lombaire ; la moelle est conservée intacte; il n’y eut pas de paralysie des membres inférieurs. Le corps du malade était, en réalité, composé de deux pièces solides, dont l'une n'était autre que la colonne dorsale, la tête, le thorax et les membres supérieurs ; tandis que la seconde était constituée par le sacrum , le bassin et les membres inférieurs. La guérison fut si solide que cet infirme, qui ne pouvait se transporter d’un fauteuil sur un autre qu'avec l’aide de deux Valets, a pu se marier. Bien qu’il fût dans ce triste état et qu’étant en quelque sorte formé de deux parties, sa santé générale était trois ans plus tard parfaitement bonne. (Wéd. pratique.)
1146. 3° Mlle X..., âgée de dix ans, petite fille d’un marin célèbre, avait une constitution robuste; elle fut atteinte d’une sciatico-névralgie à gauche. Le plessimétrisme me fit constater, au niveau de la dernière vertèbre dorsale, une rachisocélie considérable que l’on ne soupçonnait pas. Lisfranc vit cette malade avec moi. La tumeur dépassait beaucoup, du côté gauche, la ligne tracée au niveau des limites du corps des vertèbres. (Repos continu , 30 grammes d’os rapés donnés dans les vingt-quatre + heures, iodure de potassium.) — En deux mois, la tumeur rachidienne diminua de 2 centimètres. Après six mois de traitement, le rachis reprit ses dimensions normales; seulement la dernière vertèbre du dos resta proéminente. Cette jeune personne est actuellement l’épouse de l’un des banquiers de Paris, (Médecine pratique, n° 12505.) |
1147. 4° Mile X..., sa sœur, plus jeune qu’elle de quelques années, fut atteinte, deux ou trois ans plus tard, d’une douleur très-vive de la hanche gauche ; elle fut soignée par un médecin accoucheur, par un homæopathe et par le docteur Laroche. — Le mal dura plusieurs semaines et empira. — Je fus alors appelé. — Je dessinai, par l’organographisme, le trajet de la douleur, laquelle était très-manifeste à la pression. Ce trajet me conduisit à la colonne lombaire; le plessimétrisme y constata la présence d’une rachisocélie considérable, = L’accoucheur ne
voulait pas admettre l’existence de cette tumeur très-volumineuse.
— L’homæopathe se rendit à l'évidence avec beaucoup de politesse ; il en fut;ainsi du docteur Laroche. Or, sous l’influence du
PMUGNe de chaux, de l’iodure de potassium, continués pendant quelques semaines , d’un repos alternant avec des mouvements modérés, il arriva que, sans cautère et en peu de semaines, Mlle X... guérit; si bien qu’actuellement elle est auprès d’une bien grande dame qui l’honore de toute sa bienveillance. Il est probable que maintenant elle ne pense guère au médecin qui, à l’époque dont je viens de parler, lui a donné des soins si utiles (1). (Méd. pratique.)
1148. 5° Une rachisophymie volumineuse de la région dorsolombaire s’était déclarée chez une fille âgée de trois ans, dont le père, M. B..., est l’artiste vétérinaire qui, depuis de nombreuses années, a ma conflance. La tumeur, qui datait de plusieurs mois, traitée par l’iodure de potassium, le phosphate de chaux et les cautères, se dissipa de telle sorte que la seule trace du mal, qui persistait trois ans après, consistait dans une saillie assez marquée de la dernière vertèbre dorsale.
1149. 6° Une affection absolument semblable s’est développée chez la sœur de la petite malade dont il vient d’être parlé; elle durait depuis dix mois; en peu de temps le même traitement que dans les cas précédents (moins les cautères) en à arrêté le progrès et amené la guérison. La maladie de los paraissait ici héréditaire, car une sœur aînée qui cependant n'était pas née de la même mère, fut atteinte plus tard d’une arthrostéie chronique fémorotibiale qui causa sa mort. (Méd. pratique.)
4150. 7° Une tumeur de la colonne rachidienne au cou s'était développée chez une fille de sept ans, qui déjà portait une fistule de l'intestin, vers la région de laine. De cette fistule s’écoulaient abondamment des matières. Plusieurs os étaient aussi chez cet enfant le siége de phymies ulcérées. — L’affection du rachis avait attaqué la binphiit des vertèbres cervicales jusqu’à la base du crâne. La tumeur était énorme et présentait aussi ure ouverture fistuleuse, Ce malheureux enfant, qui ne pouvait remuer la tête, avait ses membres contracturés. En un an, et sous l'influence de
(1) Le beau-frère de ces deux sœurs, actuellement aussi banquier à Paris, a été, vers la même époque, soigné pär moi ävec le mème bonheur, non pas d’une rachisocélie, mais d’une myélopathie qui lui avait fait perdre presque
complétement le mouvement des membres inférieurs.
l’iodure de potassium, du phosphate de chaux, du sous-carbonate de fer, d’un régime réparateur, l’amélioration fut telle, que la fistule du cou était tarie, et la tumeur réduite d’un tiers. Les membres avaient alors repris leur mouvement, mais la fistule de Pintestin, pour laquelle M. le docteur Jobert fut appelé par moi en consultation, persistait encore. Nous avons depuis perdu de vue cette malheureuse enfant.
4151. 8 Une jeune fille nous fut adressée, par Fun de nos honorables confrères de Melun, pour une vaste célie rachiso-phymique développée dans la région dorso-lombaire. La dimension transversale de la tumeur présentait au moins quinze centimètres. Les jambes étaient affaiblies et la constitution très-détériorée. La jeune malade paraissait vouée à une mort très-prochaine. — Nous lui fimes successivement appliquer plusieurs cautères, et elle nrit à des doses élevées soit du phosphate de chaux porphyrisé, de l’iodure de potassium et de fer, soit une nourriture aussi réparatrice que l’hôpital le comportait. La tumeur, dessinée et mesurée, en quelques semaines diminua de beaucoup. Cinq mois après, elle ne présentait pas la moitié de sa dimension primitive, L'organisme était revenu à des conditions infiniment meilleures, et la jeune fille était si bien, que les parents la reprirent auprès d’eux, et promirent de suivre de point en point une consultation par écrit que je leur donnai, et dans laquelle j’avais conseillé la continuation du même traitement; mais celui-ci fut bientôt abandonné. — Six mois plus tard, la malade rentrait dans la sall Sainte-Geneviève. La célie avait considérablement augmenté de volume , et le plessimétrisme ainsi que la palpation permettaien alors de trouver à quelques pouces au-dessous d’elle, et sur lun des côtés de la région lombaire, une énorme tumeur présentant au doigt et à l'oreille la matité absolue des liquides, et à la main une fluctuation profonde. Je pratiquai une incision à cette tumeur secondaire. Il s’en écoula plusieurs onces de pus. — Le traitement précédent fut repris avec une grande persévérance, et en quelques mois la sonorité de la région lombaire reparut. La plaie extérieure se cicatrisa, et la rachisocélie primitive diminua dans de très-grandes proportions. — La jeune fille se rétablit si bien qu’elle est repartie pour Melun dans un état de santé trèssatisfaisant, et que depuis ce temps je n’ai plus entendu parler d’elle. 1152. 9° Une femme âgée de seize ans, réduite à une extrême indigence, fut apportée par une jeune juive tout aussi pauvre,
mais de cœur et de courage. Celle-ci traversa tout Paris, portant sur ses épaules sa misérable compagne dont les membres étaient contracturés et immobiles, dont le corps était courbé en deux, et qui, d’une extrême maigreur et hypémique au Suprême degré, portait une énorme rachisocélie dorso-lombaire de nature évidemment tuberculeuse. Cette fille est à l’hôpital depuis un an, et un abcès par congestion s’est ouvert à l’aine gauche ; il a donné issue à une assez grande quantité de pus dont la proportion diminue . journellement ; chose remarquable, sous l’influence du traitement : précédent, la tumeur a diminué de plus de moitié, les membres inférieurs ont repris du mouvement , et la constitution s’est infiniment améliorée.
1153. 10° Une sepluagénaire, non moins misérable que la juive dont il vient d’être fait mention, entra vers la même époque qu’elle à la Pitié. Cette malheureuse portait une énorme rachisocélie cervicale, Il semblait que son cou fût soudé avec l’occipital, car il était impossible qu’elle exécutât le moindre mouvement de la tête, et la palpation ne permettait pas de suivre un point de démarcation entre les vertèbres et le crâne. La nuque présentait une forme allongée et arrondie dont la convexité était postérieure. Le cou était évidemment très-allongé, et la tête tout à fait inclinée sur la poitrine. Cette femme se sentait très-affaiblie des extrémités, qui présentaient de la raideur, et quelque difficulté à être étendues. De plus, la sensibilité y était peu marquée, il n’y avait pas d’anervismie cysturique, et la vessie ne se distendait pas par l’urine. — Du reste, cette femme était maigre et hypémique. Aucun symptôme ne se prononçait vers le cœur ou vers le poumon. Je croyais, il faut l’avouer, à une mort prochaine, mais cette croyance ne nous empêcha pas d’avoir recours à l’iodure de potassium, au phosphate de chaux, à l'application de plusieurs cautères à l’entour de la tumeur; la tête fut soutenue avec un bandage approprié. Ma prognose fut heureusement déeue : peu à peu la tumeur décrut sensiblement, le cou se redressa, les douleurs que la malade éprouvait se calmèrent, le mouvement se rétablit du moins en partie, les membres cessèrent d’être raides et contracturés. Le mal se réduisit à une déformation de beaucoup moins marquée que celle qui existait lors de l’entrée. En définitive, elle est restée longtemps dans mon service plutôt à raison de son âge et de sa misère que pour cause de maladie.
1154. Les faits précédents de rachisocélies, publiés dans le
Traité de médecine, n°° 12508, n’ont pas été choisis, en 1850, dans un très-grand nombre d’autres, et ceux qui se sont présentés dans mon service en dehors des précédents, se rapportent à des gens entrés dans un tel état qu’il n’y avait presque rien à espérer, et qui ont promptement succombé. Je me rappelle même trois cas dans lesquels les malades qui avaient pris très-longtemps de très-fortes doses d’iodure de potassium et de phosphate de chaux, sont restés près de dix-huit mois dans ma salle, et sont sortis dans un état moins fâcheux que celui qu’ils présentaient lors de leur entrée. Une femme qui périt avec la moelle coupée par une rachisomalaxie et par un abcès, vécut ainsi, contre toute croyance, pendant près de deux ans. (Note du raté de médecine pratique, n° 11964.)
4155. Obs, 11 et 12. J’ai été appelé deux fois près de Troye, à Plancy, par mon excellent confrère et ami M. le docteur Patenotre, pour deux gens âgés, l’un du sexe masculin, l’autre du sexe féminin, qui étaient paralysés des extrémités inférieures et étaient atteints de sciatico-névralgie. Chez l’un et chez l’autre, nous trouvâmes, mon confrère et moi, une rachisocélie dorsolombaire considérable, et la femme portait un abcès par congestion. L’un et l’autre furent soumis au traitement par le phosphate de chaux et l’iodure de potassium ; M. Patenotre injecta avec persévérance de l’iodure de potassium au tiers dans la pyoïe; en quelques mois, sous l’influence de ces moyens, les malades dont il s’agit furent rendus à la santé.
1156. Depuis la publication, dans le 7raité de médecine pratique, en 1845, des observations qui précèdent, j'ai vu un grand nombre de faits du même genre, dont quelques-uns ont été recueillis par M. Ramond, et insérés dans la Gazette des hôpitaux et dans le Courrier médical.
1157. 43° J. P., âgé de quarante-cinq ans, cordonnier, reçut en 1864, dans une rixe, un coup violent dans la région lombaire ; trois mois plus tard, il se laissa tomber du haut des fortifications de Paris, et resta sur place sans mouvement et sans connaissance, Depuis ce temps, il n’a cessé de ressentir des douleurs dans la région des reins, et depuis six mois il marcha difficilement et fut forcé de garder le ht.
1158. 14 Entré à la Clinique le 18 Sri 4 1864, il éprouvait dans la région lombaire des douleurs intenses. Les membres inférieurs étaient insensibles et presque paralysés, La médio-per-
OBSERVATIONS DE RACHISOCÉLIES ; THAITEMENT UTILE, 503
cussion fit trouver au niveau de la partie douleureuse du rachis une matité anormale s'étendant de 5 centimètres en hauteur sur 6 centimètres 5 mill. de largeur; les corps des vertèbres tuméfiées donnaient au doigt la sensation de ramollissement, La limitation de la tumeur fut faite par l’azotate d’argent, Il en fut ainsi de la circonscription des reins portés plus en dehors de la colonne : rachidienne que cela n'est ordinaire. — Le traitement fut celui-ci : repos alternant avec le plus d'exercice possible; phosphate de chaux porphyrisé à la dose de 10 grammes matin et soir ; iodure de potassium; — alimentation réparatrice; — propreté extrême, Six mois après, J. P. rétabli, reprit les travaux de sa profession.
1159. 15° La femme F, B., âgée de trente ans, éprouva, en soulevant un meuble, un craquement dans la région lombaire ; aussitôt elle ne put marcher, et quinze jours après elle ressentit un engourdissement dans les jambes, puis de la difficulté et presque de l'impossibilité à évacuer l’urine et les scories : ces accidents persistèrent trois ans après l’accident. M, Piorry constata par le plessimétrisme une célie rachidienne à la région lombaire ; cette tumeur avait 5 centimètres de diamètre sur une hauteur à . peu près semblable, Pendant trois mois, cette malade prit par jour 10 grammes de phosphate de chaux porphyrisé, 4 gramme d’iodure de potassium matin et soir; le régime réparateur, le repos et les autres moyens indiqués précédemment furent employés pendant trois mois ; la tumeur diminua très-promptement d’étendue et de matité. La femme F, D., alors rendue à la santé et à ses travaux, sortit de l'hôpital de la Charité.
1160. 16° Me X, fut frappée avec force par un fagot qui lui tomba sur la nuque ; des douleurs névriques violentes se déclarèrent au coû, s’étendirent au bras, persistèrent pendant huit mois, ainsi qu’une notable difficulté à respirer. M, Piorry, alors consulté, constata l’existence d’une rachisocélie considérable occupant le cou et les premières vertèbres du dos; le rachis était sur ces points légèrement dévié; la colonne présentait sur le lieu malade près de 2 centimètres de plus que dans le mHieu du dos. Le même traitement que dans les cas précédents, continué pendant deux mois, et de plus des frictions avec la teinture d’iode étendue de neuf parties d’eau, faites matin et soir sur la rachisocélie, ramenèrent en deux mois la malade à la santé et firent cesser les douleurs.
4161. 17 M. Gr., de Pontoise, âgé de trente-neuf ans, exerce
une profession qui l’oblige à rester debout la plus grande partie du jour. Pendant quinze ans, il a très-bien supporté la position droite du corps; mais, depuis une année, des douleurs ont apparu dans la région lombaire et se sont prononcées avec d'autant plus de force que la station a été plus prolongée; alors, leur intensité est allée toujours en croissant ; les membres se sont affaiblis, et depuis deux mois le malade se tient très-péniblement debout. Les douleurs ont leur siége à la région lombaire, et leur “apparition a lieu quand M. Gr. se tient sur ses jambes, tandis qu’elles cessent lorsqu'il est assis. Au niveau des dernières vertèbres dorsales, le rachis, mesuré avec le plessimètre, présente une largeur de 4 centimètres ; si on le dessine dans la région lombaire, il paraît manifestement augmenté de volume dans une hauteur de 7 centimètres 1/2; la tumeur mesurée transversalement présente au milieu le diamètre de 6 centimètres ; le rachis a donc sur ce point une augmentation de 2 centimètres 5 mill. Les douleurs ont leur siége précis au niveau de la tumeur, et ne montent pas plus haut; elles s’irradient suivant la direction des nerfs lombaires. Les prescriptions qui ont été mises à exécution ont été les mêmes que dans les cas précédents et, en quelques semaines, ont amené la curation du mal.
1162, 18°. M. C., israélite, a fait la campagne de Crimée; à la prise de Malakoff, il mérita et obtint la décoration. Agé de trente ans, sa constitution était excellente. Il se livra avec emportement aux excès vénériens ; bientôt, il éprouva une vive douleur dans les régions lombaire et sacrée ; survint ensuite une anervismie complète. Plusieurs médecins consultés crurent à l'existence d’une simple myèlite, qu’ils traitèrent par des évacuations sanguines locales, des cautères et des vésicatoires. Ces moyens furent complétement inutiles; des escarrhes se déclarèrent au sacrum ; la vessie, distendue par l'urine qui y séjournait, fut atteinte d’une phlegmasie de la membrane muqueuse, avec sécrétion pyoïde (catarrhe vésical). Le cas paraissait être au-dessus des ressources de l’art. Il n’en fut pas ainsi. M. Piorry, appelé après plusieurs mois de maladie, examina avec un soin extrême la colonne rachidienne. Il constata au'niveau de la dernière ver- 4èbre dorsale et de la première lombaire une tumeur considérable du corps et des masses apophysaires de ces os; de là partait une douleur vive qui s’irradiait à la partie supérieure des nerfs sciatiques. La moelle souffrait donc consécutivement à la célie rachi-
dienne; lésion dont on détermina la circonscription, et dont le dessin fut recueilli : l’anervismie de la moitié inférieure du corps, celle de la vessie, du rectum, suivies elles-mêmes de l’excrétion de l’urine par regorgement et de l’évacuation involontaire des scories, étaient les effets de cette tumeur. La santé générale du malade n’était en rien altérée, mais les escarrhes à la région sacrée prenaient du développement. Le traitement de ce malheureux fut d'abord le même que dans les cas précédents ; mais il fallut combattre les nombreuses organies coïncidantes ou consécutives à la rachisopathie. On vida la vessie plusieurs fois par jour, et l’on prit le soin d’évacuer par les injections le pus qui y séjournait ; le rectum fut lavé par des lavements aqueux et stimulé par des purgatifs (séné et sirop de nerprun); des soins de propreté extrême furent pris du malade ; on pansa les escarrhes avec l'alcool, le sel marin et la . créosote ; puis on recouvrit les parties mortifiées de diachylum étendu sur la soie; on donna des boissons à hautes doses pour rendre l’urine moins excitante. Le régime fut réparateur ; on insista surtout sur le phosphate de chaux et l’iodure de potassium ; des mouvements furent provoqués dans les membres inférieurs ; on dirigea fréquemment un courant d'électricité par induction du rachis aux nerfs des pieds. Or, il y eut ici un succès inespéré, et que la reconnaissance du malade ne couronna pas. En huit jours, la tumeur diminua de plusieurs centimètres et les os durcirent ; en un mois, la colonne avait presque repris son volume normal; en même temps, et peu à peu, les membres inférieurs, la vessie, récupérèrent leur sensibilité et leur mouvement ; le rectum ne reprit son action que plusieurs semaines après; le catarrhe vésical dis- : parut ; les organes génitaux eux-mêmes purent fonctionner ; la dermopathie sacro-coccygienne guérit; bientôt le malade parvint à marcher avec des béquilles, puis avec une canne, et bientôt M. Piorry le rencontra sur la place de la Bourse, se promenant sans soutien aucun. Cette observation me paraît être un des cas les plus remarquables de guérison que possède la science. à
1163. 19 Une petite fille âgée de sept mois perdait ses forces, ne se tenait plus sur ses jambes , était pâle et souffrante. La mère consulta M. Piorry, qui fit entrer en 1864 ces deux malheureuses personnes à l’Hôtel-Dieu, dans la salle Saint-Bernard, n° 42 de la crèche. Les chairs de l’enfant étaient flasques, la peau blafarde ; cependant les organes thoraciques et abdominaux ne pré-
‘ sentaient aucune trace de lésion ; mais à la région dorsale de l’épine, près des lombes, on voyait une tumeur très-saillante, remarquable par son étendue, sa matité et son épaisseur considérable. On dessina et l’on mesura la célie. L'enfant prit par jour, pendant plusieurs semaines, de 5 à 40 grammes de phosphate de chaux porphyrisé et de l’iodure de potassium. Dans les quatre ou cinq jours qui suivirent la première prescription de ces moyens, il y eut une diminution de plus de 4 centimètre dans la largeur et la hauteur de la rachisomégalie. L’enfant se tint bientôt beaucoup mieux sur ses jambes; il devint moins criard, et après un mois de traitement, à peine la saillie existant en arrière existaitelle, Le rachis avait repris, ainsi que les mouvements, les conditions de l’état normal, — La mère et l’enfant sont rentrés un an après à l'hôpital pour une maladie de cette femme. La paralysie de l'enfant n'existait plus; sa santé était excellente ; on ne voyait qu’une saillie médiocre de deux épines des vertèbres dorsales qui avaient été malades.
1164. 20° La femme R., âgée d’à peu près trente ans, entra le 22 octobre 1862 à la clinique de l’hôpital de la Charité. Elle était atteinte d’une rachisocélie de la région dorsale qui fut traitée par le phosphate de chaux, l’iodure de potassium et le repos; l’électricité par induction fut en même temps dirigée chaque jour de la colonne vertébrale vers les membres inférieurs qui étaient paralysés, En quelques semaines, la tumeur de los et lanervismie disparurent. Depuis cette époque, jusqu’en 1866, la femme R, se porta assez bien pour se livrer aux occupations de son ménage et à ses travaux de couture. Après avoir éprouvé de mauvais traitements, avoir souffert de la misère et reçu un coup violent dans la région de la colonne vertébrale, correspondante à celle où la tumeur avait existé, la paralysie récidiva, à ce point que les mouvements des jambes étaient presque impossibles. La malade entra presque immédiatement à l’Hôtel-Dieu, dans le service du médecin qui l'avait guérie à la Charité (salle Sainte-Agnès, n° 6). Le professeur Piorry, ne constatant pas d'autre lésion de l’os qu’une légère saillie des apophyses épineuses des vertèbres autrefois malades, ne trouvant pas par le plessimétrisme d’augmentation ni dans la largeur ni dans l’épaisseur des points assez douloureux où le coup avait été porté et où autrefois avait existé le mal, admit que les os n'étaient pas malades; qu’il s'agissait seulement d’une lésion de la moelle, et en conséquence il se borna
à prescrire des frictions, des cataplasmes et Pimmobilité de la colonne vertébrale. En quelques jours, la paralysie se dissipa en partie, ainsi que la douleur.
1165. 21° R., âgé de quarante-deux ans, d’une bonne constitution, n'offre rien dans ses antécédents qui puisse se rattacher à l'affection actuelle qui date de deux ans. Dans l’été, à la suite d’un bain de rivière, dans lequel il s’était endormi pendant quelques instants, il ressentit, presque aussitôt après sa sortie du bain, un engourdissement de la jambe gauche qui avait été en augmentant jusqu’au commencement de l’hiver suivant, époque à laquelle son pied gauche devint complétement insensible. Il avait ordinairement la main blanche, et à mesure, a-t-il dit, que l’insensibilité du pied se développa davantage, la main devint rosée, Cependant, le malade, pendant les quatorze mois qui suivirent le bain à la suite duquel avait débuté son affection, put ne pas interrompre ses occupations. Au bout de ce temps, l’anestésie s’était étendue à toute la jambe gauche; il fut forcé de prendre des occupations sédentaires. Mais sa situation s’aggravant de plus en plus et se compliquant d’une incontinence d’urine et de matières fécales de plus en plus prononcée, il dut renoncer à tout travail et, ne pouvant plus du tout marcher, se condamner à un repos absolu. C’est après deux mois de cet état qu'il fut admis à l’hôpital de la Charité.
Ce malade n’éprouvait aucune douleur dans la région lombaire; cependant, le plessimétrisme fit constater une matité exagérée à la hauteur des deux dernières vertèbres. dorsales ; cette matité comprenait un espace de 6 centimètres de hauteur sur 5 de large. Au niveau de la matité, il y avait augmentation de volume et ramollissement des corps vertébraux. Toutes les autres fonctions s’exécutaient bien ; le malade avait de l’appétit, du sommeil, la respiration et la circulation étaient normales,
On le soumit à l’usage du phosphate de chaux, on employa la faradisation pour combattre la paraplégie, Le malade, après un laps de temps assez court, commença à sentir le frottement de sa chaussure sur les orteils. Depuis, amélioration progressa d’une manière continue ; le rachis reprit ses dimensions normales, et les symptômes du mal finirent bientôt par disparaître complétement.
1166. 22° B., d’une constitution robuste, âgée de vingt-neuf ans, a ressenti pour la première fois, 1l y a six mois, dans la ré-
gion des reins, des engourdissements et des picotements, les jambes, surtout la gauche, lui parurent plus pesantes qu’à lordinaire ; la marche devint, en outre, difficile. L’inspection du rachis fit constater, vers la deuxième et la troisième vertèbre lombaire, une saillie assez apparente des apophyses épineuses, tandis que les épines, au-dessus et au-dessous, ne présentaient pas d’apparence semblable. Le plessimétrisme, pratiqué exactement sur le point correspondant, y trouve une matité et un défaut d’élasticité plus évident que dans les parties supérieures et inférieures des vertèbres. M. Piorry ayant dessiné avec un soin extrême, à l’aide de la médio-percussion, le rachis au niveau de cette région, il a été possible de constater que les points où les apophyses épineuses faisaient saillie présentaient une largeur de près de 4 centimètre de plus qu’au-dessus et qu’au-dessous de ces parties. Les autres vertèbres ne présentaient aucune augmentation de volume. Or, précisément sur la partie du rachis dont il s’agit, il y avait au palper et au plessimétrisme, et cela dans l’étendue de 6 à 7 centimètres, une augmentation marquée dans la sensibilité et une douleur assez vive. Quand on percutait directement sur cet espace, il se manifestait des mouvements spasmodiques qui, suivant la malade, la faisaient sauter, surtout dans les extrémités inférieures et principalement à gauche.
Les jambes étaient très-faibles. À peine la malade pouvait-elle exécuter quelques pas et était incapable de se soutenir.
Les autres organes étaient exempts de toute lésion appréciable.
Le traitement que M. Piorry prescrivit fut le suivant : iodure de potassium, phosphate de chaux, repos et régime réparateur.
Après quinze jours de traitement, tous les symptômes se dissipèrent peu à peu, et au bout de deux mois les accidents éprouvés par la malade disparurent, (Cette observation a été re- cueïllie en détail par M. Léonce Souligoux.) |
1167. 23° Les deux faits suivants viennent d’être recueillis dans mon service par deux élèves externes studieux qui remplissent à la clinique les fonctions d’internes. Ces cas ne se rapportent pas comme les précédents et comme ceux qui les suivront à la guérison des rachisocélies; mais ils constituent des exemples fort remarquables de l’influence que la percussion des épines ‘ vertébrales exerce : soit sur les mouvements involontaires des . membres inférieurs ; soit sur la névralgie du grand et du peut
sciatique. Le dernier fait voir qu’une lésion existant sur l’un des côtés du rachis déterminé une sciatico-névralgie du même côté.
1168. 24° « Esch., âgé de trente-cinq ans, d’une constitution assez robuste, travaillait dans les égoûts de Paris; le 4 janvier 1860, il entra à l’Hôtel-Dieu, dans le service de M. le professeur Piorry. Interrogé sur la cause de son mal, cet homme me dit qu’il ne pouvait pas se tenir debout, qu’il ressentait depuis près de quinze jours une forte douleur dans la région lombaire, douleur que la pression exagérait; souvent, il avait les pieds plongés dans l’eau froide, pendant que son corps était baigné de sueur. Je crus un instant que notre malade avait un lumbago, produit par la cause froide humide.
«Je fis part de mon diagnostic au professeur, qui, après avoir fait coucher le malade sur le ventre, pratiqua la percussion immédiate ou directe le long des épines de la colonne vertébrale, et pria le malade de lui indiquer le moment où la douleur se ferait sentir.
Alors, M. Piorry percuta d’abord les vertèbres dorsales, puis la première et ensuite la deuxième lombaire ; le malade accusa par un cri sa souffrance, alors que le maître frappa la troisième lombaire. Aussitôt se montra un phénomène inattendu : les muscles fessiers de droite et de gauche se mirent à tressaillir, à osciller, produisant ainsi ce symptôme que le professeur appelle myosipallie ; phénomène qui se reproduisit plusieurs fois le même jour et les jours suivants. |
M. Piorry, prenant alors de plus amples informations, nous apprîimes par la bouche même du malade que seule la station trop prolongée et la courbure du corps avait été la cause du mal. En effet, E... nous raconte qu’il travaille dix heures par jour ; que pendant tout ce temps il reste debout, et que parfois, position bien plus fatigante encore, il est obligé de passer une demi-journée en ayant la partie supérieure du corps inclinée en avant, et cela afin de pouvoir passer dans les basses et étroites branches latérales de l’égoût pour en chasser les immondices.
Le diagnostic du professeur était donc vrai; et, par du repos au lit, des bains prolongés pendant trois heures, le malade fut dans le cas, quinze jours après, de sortir de l’Hôtel-Dieu complétement guéri. (Obs. recueillie par M. Paul Decoux.)
1169. 25° « Gatelier, tourneur en os, se tenant habituellement
Rachisocélie dessinée par M. Mevyers.
debout, est âgé de quarante ans; tout à coup, il a ressenti, e 4% janvier 1866, et au moment où il faisait des efforts pour mettre des bottines, une très-vive douleur dans la fesse et dans tout le membre inférieur gauche. Une souffrance du même genre, mais plus légère, était survenue il y a trois ans du même côté et sans cause connue ; l’électricité, des douches sur le trajet des nerfs sciatiques, des injections sous-cutanées, etc., furent prescrites Trois mois après, le malade était sorti de l’Hôtel-Dieu, ne con: servant qu’une légère faiblesse du membre douloureux. A la suite de l’accident dont il vient d’être parlé, la douleur sciatique de la cuisse, de la jambe gauche et de la fesse reparut avec violence. Entré à l’Hôtel-Dieu le 45 janvier 1866, Gatelier, examiné par MM. Paul Decoux et Blet, était atteint d’une souffrance vive que provoquait la percussion, et qui commençait à la hauteur de la dixième vertèbre dorsale et devenait très-vive au niveau de la douzième, Cette souffrance se prolongeait à gauche, vers la fesse, la cuisse et jusqu’au pied. Chose remarquable, toutes les fois que l'on percutait sur les points endoloris, il se manifestait, dans presque toute l'étendue du membre inférieur gauche, une myosipallie ou une contraction spasmodique involontaire et brusque. On reconnaissait par l'inspection et le toucher une saillie à gauche de l’apophyse épineuse de la douzième vertèbre dorsale. Le plessimétrisme démontra bientôt que le rachis présentait un élargissement et un épaisissement du corps de cette même vertèbre. Le trai-
tement par le phosphate de chaux et l’iodure de potassium a été sur-le-champ commencé. On ignore quels seront ses résultats, Ce fait est surtout intéressant au point de vue de l’existence d’une rachisocélie à gauche que l’on avait prise d’abord pour une névralgie simple des nerfs grands et petits sciatiques, du même côté pour l'influence de la station prolongée (la profession de cet homme exigeait qu’il fût constamment debout), et surtout pour l'influence que la percussion du rachis et de la moelle avait sur les mouvements convulsifs du membre où la douleur avait son siége. Le dessin plessimétrique du mal que voici (fig. 64) a été dessiné avec autant d’exactitude par M. Meyers, que ce jeune homme met d’empressement à s’instruire.
1170. Indépendamment des jeunes enfants cités dans le 7raité de médecine pratique, et dont il a été parlé dans les paragraphes précédents n° 1146, 1147, 1148, 1149 et 1150, j'en ai soigné plusieurs dont l’histoire détaillée présenterait de l’intérêt si ce n’était qu’elle serait une répétition des faits dont j'ai donné ici l’analyse. Je ne ferai que les indiquer.
Obs. 26. Celui d’un enfant de quatre ans atteint d’une rachisocélie, qui me fut adressé par un layetier dont j'avais soigné heureusement la femme pour un cas semblable, et qui fut en quelques semaines rendu à la santé. — Obs. 27. La fille d’un relieur de la rue Pierre-Sarrasin, qui entra deux fois à l’hôpital de la Charité pour une rachisocélie d’abord lombaire, puis dorsale, et pour des abcès par congestion , la rachisopathie et les pyoïes, ainsi que d’une carie de l’un des poignets, survenue ultérieurement, furent guéris par de l’iodure de potassium, du phosphate de chaux et des injections faites dans les abcès avec la teinture d’iode iodurée. — Obs. 28. Le très-jeune fils de M. Duroy, pharmacien, soigné avec succès par M. le docteur Forget et par moi,
pour une tumeur lombaire, dite mal de Pott et un abcès par con-
gestion, fait qui conduisit ce même M. Duroy à faire ses recherches Sur l’iode. — Obs. 29. Le pauvre enfant d’un garçon limonadier,
rue de la Chaussée-d’Antin, qui présentait les mêmes accidents,
auquel M. Ramond prodigua pendant huit mois les soins les plus assidus, et chez lequel un abcès guérit comme la maladie des ver-
tèbres qui en était la source. — Obs. 30. Une petite fille demeu-
rant rue de Chabrol, qui n’avait qu’une rachisocélie lombaire
. sans abcès, et dont la curation fut tout à fait complète. — Obs 31. Un enfant de M° R..., d'Orléans, âgé de six ans, atteint d’une
rachisocélie cervicale, qui mettait obstacle aux mouvements de latéralité de la tête. Sous l’inffuence du phosphate de chaux, la tumeur, en quelques semaines, avait diminué de moitié, les mouvements étaient devenus faciles. Tout à coup survint une paidencéphalie (fièvre cérébrale des enfants), et qui fit périr le petit malade, dont l'intelligence était très-développée. — Obs. 32. Un jeune Américain vu en consultation avec M. le docteur Reis, qui administra avec un tel succès le phosphate de chaux et l’iodure de potassium , qu’en huit jours, lors d’une seconde consultation, une rachisocélie semblable aux précédentes avait diminué de 1 centimètre de largeur et de hauteur. — Obs. 33. Le jeune Bogh.…, Égyptien que je vis avec M. le docteur Desrivières; nous améliorâmes infiniment son état par l’emploi du même traitement, qui, du reste, ne fut pas assez de temps continué, etc., etc. 41171. Que s’il s’agit d'ajouter à l’énumération précédente d’autres faits de guérison ou au moins d’amélioration de tumeurs vertébrales survenues chez des adultes par l’emploi des mêmes moyens, je citerais (Osb. 34 et 35) le cas d’un crémier atteint de tumeur vertébrale (rue Sainte-Anne), et de sa sœur, laquelle avait été atteinte d’une rachisocélie et d’un abcès étiostéique. La curation de ces deux malades fut on ne peut pas plus rapide. — Obs. 36. Le fait de M. BL., qui, âgé de plus de vingt-cinq ans, fut, atteint d’une rachisocélie suivie d'énormes pyoïes par congestion. M. BL. fut promptement guéri une première fois. Huit ans plus tard, dans la ville d’Aleñçon, les mêmes accidents récidivèrent, et le succès, à la suite d’un même traitement dirigé par le docteur Re fut tout aussi complet. — Obs. 37. Le fils du directeur de l’un de nos plus grandes fabriques de glaces. Ce jeune homme très-excitable fut soigné par M. le docteur Moussette et par moi, pour une rachisocélie qui causait d’atroces douleurs. Il se rétablit, quoique lentement. — Obs. 38. Une commerçante, qui avait été sœur de charité, et qui s'était mariée; elle était atteinte d’une rachisocélie lombaire. La tumeur, traitée par le phosphate de chaux et par l’iodure de potassium, diminua d’abord considérablement ; mais le mal resta ensuite stationnaire, puis, après quelques mois, prit de nouveau de l’accroissement, et la malade succomba d’une manière rapide. — Obs. 39. Une dame demeurant rue de l’Échiquier, considérée comme atteinte de névralgie et qui, paralysée des membres inférieurs, me fit appeler. Je constatal l'existence d’une rachisocélie considérable qui, sous l’influence
du phosphate de chaux, de l’iodure de potassium et du repos, se dissipa, ainsi que l’anervismie consécutive, en quelques se- ‘maines, et cela bien que le mal datât de longtemps. — Obs. 40. Une dame de Montluçon, qui éprouva des accidents du même genre, et chez laquelle le succès fut. aussi complet (obs. recueillie. et publiée par M. Ramond, qui l’a consignée dans la Gazette des hôpitaux (avril 1861). — Obs. 41. Une jeune couturière qui, l’année dernière (1865), entra dans mon service à l’Hôtel-Dieu ; on la croyait seulement atteinte de névralgie des lombes et des membres inférieurs. Je constatai devant les élèves l'existence d’une rachisocélie que je dessinai. En très-peu de jours, la tumeur diminua et les douleurs se dissipèrent sous l'influence du phosphate de chaux, de Piodure de potassium et du repos. — Obs. 42. Un employé de l’une des mairies de Paris qui vint récemment me consulter, et chez lequel le même traitement détermina en huit jours une diminution très-sensible de la tumeur. — Obs. 43. La père de l’un de mes bons élèves, lequel sait aussi bien écrire qu’6tudier ; chez ce monsieur, âgé de plus de soixante-six ans, atteint d’une rachisocélie cervicale, et qui, à cause de la tumeur, portait la tête courbée en avant, on avait admis qu’il existait seulement des névralgies cervico-brachiales. Le plessimétrisme démontra qu’il s'agissait d’une tumeur considérable des vertèbres du cou. Le même traitement vient d’être institué; ses résultats sont encore très-incertains et le succès très-douteux. — Obs. 44, Un malade de l’hôpital de la Charité, et qui était dans la force de l’âge. Ce malheureux était aussi atteint d’une énorme rachisocélie lombaire; la tumeur diminua d’abord sous l’influence des mêmes moyens; mais un abcès par congestion se déclara. Au moyen du plessimétrisme et de l’organographisme, on en dessina successivement et jour par jour le trajet : aux lombes d’abord ; puis dans le bassin, au rectum et à l’aine ; on fit les incisions indiquées ; une énorme proportion de pus s’écoula ; la teinture d’iode ne parvint pas à tarir la source du pus; la septicopyémie termina les jours du malade qui était resté plusieurs mois danstes salles. La nécroscopie fut faite; plusieurs vertèbres formaient les parois d’un foyer purulent dans lequel une esquille considérable se trouvait placée et avait entretenu le mal. — La diagnose positive est le flambeau du thérapisme ; si l’on avait pu savoir à priori qu’une esquille était renfermée dans le kyste pyoîque formé par les vertèbres malades, peut-être aurait-on pu pénétrer jusqu’au foyer,
enlever le corps devenu étranger, remédier à la cause matérielle qui entretenait les accidents, et il n’est pas impossible que le malade eût guéri, etc., etc. (1). ,
8 6. Applications pratiques du plessimétrisme relatives aux rachisomalaxies.
1172. Très-ordinairement, on ne s'aperçoit de la rachisomalaxie et des déviations de la colonne vertébrale qu’à une époque avancée de leur développement ; la marche de cette déformation est lente, obscure. Les douleurs cervicales, dorsales ou lombaires, les névralgies qui se déclarent, sont par les médecins légers rapportées au complaisant rhumatisme. Des gens d’un organisme détérioré, des vieillards, ne voient pas d’abord que leur rachis se courbe ou s'incline, alors qu’il est très-facile de remédier aux premières incurvations qui ont heu. Les parents eux-mêmes ne s’aperçoivent pas que le rachis de leurs enfants se dévie. Que de fois, ainsi qu’il a été dit précédemment (n° 1126), n’ai-je pas reconnu par le plessimétrisme une courbure cu une rotation des vertèbres, alors que j'étais consulté pour une pneumo-phymie réelle on supposée! Quel service n’ai-je pas rendu à ces personnes en constatant l’existence de rachisomalaxies à l’état initial, et en constatant que, malgré la toux ou la dyspnée, les poumons étaient sains, et que les symptômes pouvaient être hés à l’incurvation des vertèbreset aux déviations consécutives survenues dans les organes voisins? Le traitement devenait dès lors rationnel; il devait être établi sur le fait plessimétrique de la présence de la colonne vertébrale déviée sur des points du thorax, où des médecins peu exercés à la médio-percussion avaient cru trouver, par cette méthode, l’existence de productions tuberculeuses, et avaient, en conséquence, prescrit des médications plus ou moins inu-
tiles.
“4473. Le plessimétrisme permettant de dessiner une figure exacte du rachis, on parvient facilement à démontrer, par l’organographisme, que sous l'influence d’un mouvement volontaire des muscles situés dans les goutiières vertébrales, mouvement semblable à celui que l’on exécuterait, alors que l’on cherches
(1) Des vieillards, dont les artères et le cœur seraient: parfaitement sains, pourraient, dans l'intention d'éviter la courbure du tronc en avant, prendre utilement du phosphate de chaux; mais ils devraient surtout éviter de se laisser aller à la tendance naturelle qui les porte à fléchir la tête sur la poitrine.
à simuler une déviation saïllante du côté opposé. Par cette ma. nœuvre, on ramène. dans les cas légers , le corps des vertèbres sur la ligne médiane. Or, s’il arrive qu’une personne ainsi conformée ait assez de persévérance pour s’accoutumer à exécuter, d’une façon habituelle, le mouvement dont il s’agit , le redressement de la colonne finit, à la longue, par s’opérer. Encore une fois, j'ai, sur un grand nombre de jeunes personnes , obtenu un heureux résultat. (Des petits moyens en thérapeutique, n° 392, 186) (1).
1174. Le plessimétrisme sert aussi à prouver que des bandages très-simples, tels que-des brassières , ou même des bretelles portées sur une seule épaule, contribuent au redressement du rachis (ibud., p. 394), et que plus d’un appareil fort dispendieux, employé par certains orthopédistes, ont parfois, pour opérér ce même redressement, fort peu d'utilité.
A175. Le plessimétrisme ‘étant le principal moyen matériel d'apprécier le degré de compacité des os en général (n° 469), et la palpation ne pouvant faire reconnaître la consistance du corps des vertèbres, toujours placées à une grande profondeur au-dessous des muscles et des côtes, lesquelles ‘sont tout à fait inflexibles, 1il'en résulte que la dureté et la mollesse du rachis ne sont distinguées que par la médio-percussion. C’est donc à cette méthode que l’on est redevable de pouvoir déterminer, sur un malade, le degré de sclérosie ou de malaxie de la colonne vertébrale. Dès lors, c’est au plessimétrisme qu'il faut rapporter la connaissance de la rapidité, souvent si grande, avec laquelle les os, en général, et le rachis, en particulier, se solidifient , alors que l’on a administré du phosphate de chaux et prescrit un régime réparateur. (Traité de médecine pratique, n°12490.) Ces réflexions sont applicables à la mollesse des os chez les femmes enceintes et chez les enfants d’un organisme développé.
1176. Lorsqu'on s’est assuré, par la médio-percussion, qu’un semblable traitement, joint, bien entendu, à d’autres moyens hygiéniques, remédie fréquemment à la mollesse, et, par suite, à la déviation de la colonne vertébrale, ou même à celle$ des os des membres, on ne prie plus à l’existence supposée d’une maladie
(1) Relativement à l'influence du phosphate de chaux sur la curation des maladies des os, je prie le lecteur de vouloir bien consulter les nos 471, 472, 1143 et suivants de cet ouvrage, et de comparer les faits qui y sont énumérés, ainsi que les réflexions qui y sont jointes, aux cas de see à dont il vient d’être parlé.
générale, dite rachitisme (1) ; et l’on voit qu’il suffit de rendre à l’organisme des éléments qui lui font défaut, pour augmenter la consistance des parties dures. (Wédecine pratique, n° 42490.)
1177. Le plessimétrisme, pratiqué avec soin dans les cas de dysorthorachisie sur les divers organes , permet de préciser les déviations survenues dans la position des viscères, de limiter ceux-ci, d’en déterminer les modifications de formes, de rapports, et d'établir ainsi le pathogénisme de certains symptômes observés chez les gens dits rachitiques.
4178. Mais c’est pour le thérapisme des rachisocélies que 1 médio-percussion a été d’une utilité incontestable, Comment auraiton pu combattre utilement les tumeurs de la colonne vertébrale, alors que la science n’avait pas à sa disposition de moyens propres à les faire reconnaitre à leur début, et lorsque le mal ne consistait encore que dans une simple intumescence fusiforme de l'os ? Certes, la douleur existant au niveau du point malade, rapprochée des troubles fonctionnels, donne des documents utiles pour mettre le praticien sur la voie d’une diagnose approximative du mal, dit de Pott; mais t'est à la limitation exacte, à appréciation de la forme, de l’épaisseur, de la densité d’une rachisocélie, que l’on peut arriver à constater le mal d’une manière positive, et à le traiter convenablement. C’est le plessimétrisme, seul, qui peut donner de tels documents ; c’est lui qui a fait voir que l’on peut, sans inconvénients, épargner aux malades atteints du mal de Pott les douleurs, les dangers auxquels les soumettent les vésicatoires à demeure, les cautères, les sétons, les moxas, et les autres moyens, prétendus dérivatifs (2) qui, infligeant aux patients une véritable torture, ne Géterminent en rien une diminution appréciable de la tumeur; tandis que sans leur emploi, et par le repos alternant avec quelques mouvements, par l'usage du phosphate de chaux, de l’iodure de potassium et d’un régime réparateur, on voit très-promptement décroître la rachisocélie. Cette promptitude est parfois si grande, que dès le cinquième ou le sixième jour, à partir du commencement de la curation, la diminution dont il s'agit est, au moyen de la limitation plessimétrique, etc., facile à démontrer!
(1) Par une logomachie démesurément fréquente en médecine, on à appliqué le mot rachitisme à l'ostéomalaxie en général, quand il est évident qu'il ne doit se rapporter qu’à la colonne vertébrale,
(2) Voyez dans le Bulletin de l'Académie mon mémoire sur la dérivation et la révulsion.
4179. Puisque certaines formes des tumeurs du rachis sont plutôt en rapport avec des phymies, des abcès, avec des arthrites des vertèbres que d’autres configurations de la partie malade, il en faut déduire avec assurance que le plessimétrisme peut conduire, dans de tels cas, à établir un traitement rationnel en rapport avec chacun des états pathologiques dont il vient d’être parlé. Seulement, il convient de remarquer ici que dans la plupart des rachisocélies, et quelle que soit leur nature, le phosphate de
chaux, administré à la dose de 5 à 20 grammes par jour, détermine promptement en général la diminution de la tumeur. Il en est particulièrement ainsi des tumeurs vertébrales, qui sont considérées comme en rapport avec des phymies. (Médecine pratique, n° 12493 et suivants.) C’est le fait remarquable que je viens de noter, qui m'a surtout conduit à prescrire le sel en question à un assez grand nombre de pneumo-phymiques, et cela dans l’intention de favoriser ainsi la solidification des tubercules.
1180. Remarquez encore un fait dont l’importance est extrême : c’est que l’on peut reconnaître par le plessimétrisme, dès les premiers temps de leur apparition, les abcès par congestion (pyoïes étiostéiques, ou étiorachisiques) qui se forment sur les côtés de la colonne vertébrale enflammée, ulcérée, ou tuberculeuse; c’est que l’on en suit le trajet dans les lombes, le bassin, les aines, les régions crurale et anale, dans la cuisse elle-même, ou dans toute autre partie du corps. L’on parvient même ainsi à en saisir le volume, l’étendue, les rapports, l'accroissement, etc,, et dès lors on est conduit à diriger le trois-quarts ou le bistour1, dès les premiers temps de son apparition, sur la collection purulente, et cela sur les points superficiels ou profonds où elle s’est formée. Dans plusieurs des observations précédemment relatées, des faits de ce genre ont été cités, et les figures représentées ns 4133 et suivants, indiquent le siége, l’étendue et la configuration de pyoïes étiostéiques variées. |
1181. Ce qui est vrai de la diagnose plessimétrique des abcès - par congestion, dont la cause anatomique est une lésion des vertèbres , l’est également de ceux qui sont le résultat de caries du bassin, et particulièrement de celles dont le sacrum, la tubérosité de l’ischion, les os iliaques, profondément altérés, peuvent être le siége. Dans le courant des deux dernières années, j’ai eu l’occasion d'observer des faits de ce genre ; j’en ai encore un sous les yeux, chez une jeune femme qui m'a été recommandée par ma-
dame la duchesse de L... F..., et, dans plusieurs de ces cas, la guérison à suivi la diagnose positive qui avait été portée,
1189. J’ajouterai, enfin, que l’étude du plessimétrisme: de la colonne vertébrale m’ayant conduit à constater l'utilité de: Pemploi du phosphate de chaux. dans la rachisomalaxie eb dans les rachisocélies, j'ai été naturellement porté, comme il a été dit, à utiliser ce médicament dans les exostoses et les ramollissements des.os, soit chez les syphiosiques, soit chez chez les femmes enceintes, soit encore chez les: malades affaiblis, et que des succès nombreux ont été pour moi les conséquences de cette pratique.
1183. Une dernière réflexion, à laquelle conduisent un grand nombre des observations qui précèdent, est indispensable; c’est que les sciatico-névralgies et les névralgies-crurales ne sont trèsfréquemment que les conséquences de rachisopathiès ou de myélies, et que toutes les fois que lon est appelé pour combattre une sciatique ou une douleur vive de la cuisse, le premier soin: à prendre, surtout lorsque le mal existe des deux côtés, est d'étudier plessi- | métriquement eb par tous les moyens connus de diagnose l’état du rachis et de la moelle à larégion dorso-lombaire. Des considérations du même genre: sont applicables à la portion de la colonne vertébrale, au cou, dans les névralgies des extrémités supérieures. Alors, on ne commettra pas la faute si commune de placer un vésicatoire à la cuisse ou au bras, pour remédier à une affection myélique.
118%, J’ai eu l’occasion de voir en 486%, avec M. le docteur Tamin-Despalles, un cas des plus remarquables de névralgies du grand et du petit nerfs sciatiques qui existait chez M. de S.., négocrant de premier'ordre à la Havane. Cette névralgie était consécutive à une rachisocélie ayant pour siége aussi le côté droit de la colonne vertébrale. La cause des douleurs, qui étaient intolérables et qui ne laissaient pas un moment de repos au malade, avait été pendant très-longtemps inconnue. Le plessimétrisme | fit constater l’existence de la tumeur, qui fut traitée par mon con- . frère et par moi par le phosphate de chaux et l’iodure de potasstum, -— Après quelques semaines, les vertèbres revinrent à leur | dimension normale; alors là souffrance se calma; il devint possible à M. de S... de marcher; il partit pour l'Espagne, fut dans état le plus satisfaisant; mais atteint plus tard par l’épidémie cholérique, il succomba. J’avais oublié de citer dans le relevé précédent ce fait si remarquable, et plusieurs autres du même