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CHAPITRE XIV

S 1. Plessimétrisme du bassin où pelvis.

1185. Le plessimétrisme des os du bassin est fort peu connu, et, en conséquence, il est à peine entré dans la pratique. Je n’en ai presque pas parlé dans mes précédents ouvrages. Il eût été cependant utile de le faire, car pour juger par la médio-percussion, de l’état matériel des parties qui y sont contenues (telles que la vessie, le rectum, l’utérus, les produits de la conception, les tumeurs de différentes sortes, des liquides ou des gaz variés), il faut, de toute nécessité, savoir quels sont les résultats que donnent normalement et anormalement les os et les muscles pelviens.

1186. Certes, je n’entrerai pas ici dans les détails très-étendus auxquels pourrait m'entraîner ce sujet fort intéressant, cela me conduirait trop loin. Je me bornerai à émettre quelques propositions qui sont les résultats de recherches longtemps continuées et d'observations nombreuses.

1187. 1° Par la même raison que le sternum sert de plessimètre pour l’exploration du cœur, des gros vaisseaux, des poumons, etc., sa présence n'empêche en rien de saisir les sensations aphé et acouplessiques en rapport avec l’état matériel de ces mêmes organes; non-seulement il en est ainsi pour des os très-minces, tels que la lame solide qui sert de cloison aux fosses ilaques externes et internes, mais le même fait peut être constaté au niveau du pubis, du rebord pelvien et de l’ischion. Il suffit de percuter médiatement ces parties osseuses alors que le tube intestinal est rempli de gaz, et ensuite lorsqu'il contient des matières, pour avoir la preuve de l'exactitude de cette assertion.

1188. 2° Il en est même ainsi du sacrum. Tout ce qui a été dit du plessimétrisme de la colonne vertébrale est applicable à la médio-percussion de ces os. Bientôt nous verrons qu’à travers son épaisseur, si grande par en haut, si mince à son extrémité inférieure constituée par le coccyx, il est facile de mesurer lutérus par l’espace mat qu'il présente, ou encore le rectum distendu par les matières ou les gaz qui y sont accumulés.

1189. 3° Lors de l'étude des résultats diagnosiques obtenus

PLESSIMÉTRISME DU BASSIN. 521

par la médio-percussion de la région anale, nous aurons à constater des faits du même genre.

1190. 4° Le plessimétrisme du pubis, os assez mince, donne des documents très-utiles dans la diagnose de ’embry LIRE et cela en faisant reconnaître l’étendue et la forme de l’espace mat occupé par la matrice.

1191. 5° La même considération est à plus forte raison applicable à la vessie, aux tumeurs utérines, ovariques ou autres développées dans le bassin.

1192. 6° J'ai vu à la Charité, et plus tard à l'Hôtel-Dieu, en 1865, des matités circonscrites dues à des abcès développés en dehors du bassin, et qui étaient les résultats tantôt d’un abcès par congestion, dont une rachisopathie était le point de départ, tantôt d’une pyoïe péri-utérine (n° 1133, fig. 60, 61, 62, 63). Ces collecüons purulentes étaient reconnaissables à la maté hyperhydrique à laquelle elles donnaient profondément lieu, à leur trajet depuis le point primitivement malade jusqu’à celui où le pus s'était accumulé.

1193. 7° Aïlleurs, des eo développées dans le bassin étaient reconnaissables à travers les os des iles par leur matité, leur forme, etc. Plus tard, ces abcès s’ouvraient à l’extérieur et confirmaient la diagnose. On trouvera plus loin des observations de ce genre, qui me paraissent présenter beaucoup d'intérêt. Dans un cas, un abcès autour de l’ischion fut promptement reconnu ; cette collection purulente s’ouvrit les jours suivants près de l’anus. Le stylet boutonné permit de constater l’ulcération de l'os. Sous l'influence du phosphate de chaux et des préparations iodiques, ce malade, qui portait cependant des indurations phymiques au sommet du poumon gauche, se rétablit si bien que, depuis deux ans, il est dans un excellent état.

1194. 8° Lorsque l’on veut appliquer le plessimétrisme aux os du bassin, il faut appliquer très-profondément et maintenir parfaitement la plaque d’ivoire sur les surfaces osseuses, déprimer les muscles et percuter tantôt avec force, tantôt avec légèreté, et rechercher, d’une part, quel est le degré d’épaisseur et'de dureté du sacrum, de Pos des iles, de lischion et du pubis, puis, bien constater ensuite les Pres acou et aphéplessiques que donnent les organes profonds.

4193. 9° Dans les cas d’épanchements aqueux, sanguins ou purulents, dans les cavités péritonéales et pelviennes, il ne faut

pas oublier de constater, par la médio-percussion, dans diverses attitudes du corps, si l’épanchement supposé se déplace dans le bassin.

1496. 10° Dans les accumulations de scories ou d’hydroscories, il faut s’enquérir aussi de la question de savoir si sous l'influence d’un changement dans la position du corps du malade, et de pressions faites sur le trajet des intestins, la matité ne se déplace pas et ne s’étend pas dans le bassin, etc., ete., etc.

S 2. Plessimétrisme des parois abdominales.

4197. Il serait encore de quelque utilité, avant de s’occuper du plessimétrisme de l’abdomen, de faire quelques annotations sur les parois de cette cavité; mais ces annotations seront établies à l’occasion de la médio-percussion des différents viscères contenus dans le ventre. Un très-petit nombre de remarques sur ce sujet trouveront donc ici leur place, et, d’ailleurs, je renvoie, pour plus de détails, aux chapitres qui ont traité du plessimétrisme du tégument et des muscles (n° 365,416) ; je me bornerai aux réflexions suivantes :

1198. 4° Sur la ligne médiane est la ligne blanche, qui, trèsmince, permet de rapprocher la plaque d'ivoire des viscères situés … derrière elle. Elle est très-large sur certains individus, et moins sur d’autres. Sur l’espace où elle existe, le plessimétrisme est on ne peut pas plus facile. C’est sur elle que, lorsque lon fait placer le malade presque sur le ventre, on peut surtout trouver la maté hydrique d’une hydro-péritonie.

1499. 2° Il en est ainsi à l’aine, au-dessus du rebord pelvien. Entre ce point et les parties charnues des muscles grands et petits obliques, le plessimètre peut être placé tout à fait au voisinage des viscères sous-jacents, ce qui, dans quelques cas, peut présenter de lavantage.

1200. 3° Les muscles sterno-pubiens, au contraire, sont fort . épais; quand ils sont contractés, ils donnent lieu à une telle maüté et à une résistance si grande qu’ils en imposeraient facilement pour la présence d’un corps dur (n° 424). On verra à la page 493 une figure qui représente la forme de la matité donnée par les muscles sternopubiens.

1201. 4° Il faut bien prendre garde, en percutant, de ne pas prendre les muscles droits abdominaux contractés pour quelque

lésion profonde. Ce sont surtout les masses charnues supérieures qui peuvent en imposer pour l'existence d’une tumeur. Pour éviter cette grave erreur, il faut d’abord faire placer le malade dans une position telle que les sterno-pubiens soient relâchés, et déprimer assez fortement avec la plaque d'ivoire pour que l’on perçoive les sensations aphé et acouplessiques qui sont propres aux parties sous-jacentes. |

1202. 5° C’est particulièrement lorsque l’estomac est douloureux où même seulement malade que ces contractions de la masse : charnue: supérieure des muscles sterno-pubiens gênent infiniment l’exploration: plessimétrique.

1203. 6° Les muscles de la région lombaire, bien que: trèsépais, n’empêchent pas de saisir les nuances de son. et de tact en rapport avec les gros intestins, le duodénum, les intestins grêles et même l’estomac, organes qui, dans le coucher sur le dos, sont situés au-dessous de ces masses charnues. Il en est ainsi des sons fournis par les reins, le pancréas et les capsules surrénales. Il faut encore ici, pour percuter d’une manière convenable, déprimer très-fortement avec la plaque d'ivoire ces muscles mis dans le relâchement, et percuter ensuite.

1904. 7° Des considérations analogues sont applicables aux muscles carrés des lombes.

1205. 8% Les altérations de structure, les lésions dont les parois abdominales sont susceptibles, présentent des caractères parliculiers de plessimétrisme qui rentrent complétement dans ce qui à été dit sur les abeès, les tumeurs de la peau (n° 3), sur les collections.de liquides ou gazeuses, dont le tissu cellulaire sous-cutané est le siége. Faisons seulement ici quelques remarques, qui ne sont peut-être pas sans importance. La première, c’est que, chez les gens obèses, le tissu adipeux des parois du ventre est trèsépais; que, chez les œdémateux ou les emphysémateux, on ne peut obtenir les sons et les sensations tactiles propres aux viscères qu'en déprimant très-fortement l’enveloppe abdominale avec le plessimètre, et en percutant ensuite, et suivant les cas, tantôt avec force, tantôt avec légèreté. Sans ces précautions, on prendrait infailliblement pour des résultats de percussion propres aux organes profondément placés, ceux qui seraient donnés par la: peau, les tissus adipeux ou cellulaires contenant de la graisse, de; la sérosité où des gaz. Des considérations du même genre sont applicables aux abcès des: parois du ventre. Lorsque ces

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