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CHAPITRE XVL

PLESSIMÉTRISME DE L'ESTOMAC.

1232. Chaque fois que je commence à traiter, dans cet ouvrage du plessimétrisme, d’un nouvel organe, il me semble que les applications de cette méthode au viscère que j’étudie doivent être rangées au nombre des plus utiles, et je dirai même des plus indispensables. Certes , il en est ainsi de celles qui ont trait à l'exploration, par la médio-percussion, de l’estomac et des intestins. C’est ce que démontreront les considérations qui vont suivre. Nous verrons bientôt, en-effet, que des questions pathologiques de la plus haute importance peuvent être élucidées par des recherches plessimétriques, et que le traitement des gastroentéropathies repose très-fréquemment sur des faits que la médiopercussion révèle. Je parlerai d’abord des investigations dirigées vers l’estomac au moyen de la plaque d'ivoire, puis de celles qui ont trait aux autres portions du conduit alimentaire.

1933. Lorsque je commençai la rédaction de la partie de cet ouvrage qui a rapport à exploration de l’angibrôme, ou tube digestif, je relus les chapitres du Traité de la percussion médiate, publié en 1828, qui traitent du même sujet. Il fut pour moi .évident que je n'avais rien à retrancher aux faits qui y étaient exposés ; que plus de trente ans de recherches et d’études n'avaient en rien modifié les propositions que j'avais alors émises, el que je n’avais d’autres additions à y faire, que.de mentionner des applications pratiques du plessimétrisme à la pathogénie et au thérapisme des affections du tube digesüf. Les articles qui vont suivre seront donc, en grande parte , la reproduction exacte de mon travail de 1828. Des guillemets, placés en tête de chaque paragraphe, indiqueront les parties où j'ai transcrit ce qui avait été écrit à cette époque.

8 1. Anatomie normale de l'estomac considéré au point de vue du plessimétrisme.

193%. À l’état de vacuité, lorsqu'il ne contient ni air, hi matières liquides, pâteuses ou solides, l’estomac ne peut guère don-

ner au plessimétrisme des documents utiles pour déterminer sa disposition anatomique. Les membranes dont il est formé ne sont guère susceptibles de donner par elles-mêmes des sons caractéristiques, et l’épaississement qu’elles présentent au pylore est trop peu considérable pour produire à la médio-percussion une matité très-marquée. Tout au plus arrive-t-il que lors de la contraction. très-intense de ses fibres charnues, on éprouve au doigt qui percute un sentiment de dureté plus ou moins prononcé. Ce sont les substances si diverses que le ventricule contient dans des proportions et dans des conditions si variées qui, dans l’étude des gastropathies, et dans la pathologie en général, donnent des résultats d’une extrême importance.

1235. Situé transversalement à la partie supérieure de la cavité abdominale, au-dessous du diaphragme auquel il est fixé par le pourtour de son orifice supérieur, l’estomac est recouvert, à droite et sur la ligne médiane, par la face inférieure du foie qui, dans l’état de vacuité du ventricule, le recouvre dans une grande partie de son étendue, et qui, lorsque des gaz, des aliments ou des boissons ne le distendent pas, le cache de telle façon , qu’à peine quelques centimètres du viscère gastrique dépassent le rebord hépatique, rebord de plus en plus mince, à mesure qu’il devient plus inférieur. Plus à gauche, et par en haut, surtout lorsque le foie est peu volumineux, l’estomac n’est séparé du cœur et du poumon correspondant que par le diaphragme.

1936. Dans l’état de distension, l’estomac s'étend dans une grande partie des régions épigastrique, hépatique, splénique, et même jusqu’au-dessous de l’ombilic. Sa situation n’a donc rien de fixe; elle est subordonnée à la plénitude de ce viscère, et au degré de développement des organes d’alentour. « Le plus souvent, l'estomac, par sa face supérieure et par sa grande courbure, touche aux parois abdominales. Sa grosse extrémité est aussi très-fréquemment en contact avec ces dernières. Sa petite extrémité et l’orifice pylorique sont sous-jacents au foie, et parfois le touchent.

1237. «Il est un assez grand nombre de cas où l'estomac est généralement ou partiellement éloigné des parois. D’abord s’il est tout à fait vide de fluides élastiques, de liquides ou d’aliments, ce viscère peut être situé tout à fait en arrière et être recouvert par le côlon transverse et les intestins gréles. Il peut arriver alors que la paroi gastrique, par aucun point de son étendue, ne touche à

l'enveloppe abdominale. Lorsque le ventricule est distendu par une substance quelconque, il peut se faire qu’il reste en contact avec quelques-uns des points des parois du ventre où ces rapports s’observent ordinairement, tandis que, sur d’autres, il en soit séparé par des anses intestinales. Beaucoup de variations peuvent être observées dans les rapports de l'estomac avec les parois de l’abdomen.

1938. « L'espace occupé par l'estomac est circonscrit par des organes très-nombreux, et qui, sous le rapport de leur densité, sont très-différents les uns des autres. — En haut et au-dessus du diaphragme, se trouvent les poumons, dont le tissu caverneux est rare et rempli de gaz renfermés dans de petites cel- Jules, et le cœur, muscle d’un tissu consistant et solide ; en haut encore, mais plus à droite, se rencontre le foie, viscère trèsdense et très-pesant. En bas, l’estomac à des rapports avec le . côlon transverse, qui forme une large cavité, remplie le plus souvent de fluides élastiques. Plus bas encore, se rencontrent les intestins grêles qui contiennent aussi des gaz, mais dont la capacité est moins considérable, et qui présentent une proportion de matière solide, plus considérable par rapport aux gaz qu’ils renferment, que cela n’a lieu pour l’estomac et les côlons. A droite, se trouvent le foie et la vésicule du fiel, dont les parois minces contiennent un liquide. À gauche de l’estomac, les intestins grêles, les gros intestins sont souvent placés; tandis que, sur ce côté, mais plus en arrière, la rate, contenant du sang demi-solide, limite le principal organe de la digestion. En arrière, l’aorte et la colonne vertébrale complètent les rapports anatomiques de l’estomac. | | |

1239. « Cet organe lui-même est formé par des parois membraneuses et minces, de sorte que, dans l’état normal, ce sont les substances qui se trouvent renfermées dans le viscère, qui déterminent seules le caractère de son et de tact que l’on obtient dans la percussion de Pestomac. Dans l’état sain, le ventricule contient des gaz qui le distendent, et qui ont sans doute une action mécanique à remplir dans son état de vacuité. La quantité de ces fluides élastiques varie chez les divers sujets; mais en général elle est assez considérable. On se rappelle à ce sujet les faits recueillis par Magendie, sur la dégluütion de l’air. Très-souvent des liquides se trouvent abondamment dans l'estomac ; les uns, tels que les larmes, le mucus nasal et pharyngien, la salive, etc.,

viennent de la portion sus-diaphragmatique du tube digestif; les autres, tels que le mucus gastrique, sont formés par le viscère lui-même ; d’autres enfin, tels que la bile et humeur pancréatique, remontent du duodénum par le pylore. A tous ces fluides, il faut encore joindre les boissons, dont la proportion peut être très-considérable. Ainsi, l'estomac peut contenir , soit exclusivement des gaz, soit seulement des liquides, et le plus souvent il renferme à la fois les uns et les autres. Ce viscère est encore fréquemment rempli d’une substance pâteuse : le chyme, dont la densité est comparable à celle des solides. D’après Magendie, pendant une digestion complétement normale, il n’y a pas de gaz contenu dans l’estomac, qui renfermerait alors exclusivement des boissons et des substances alimentaires; ce qui aurait besoin d’être démontré par les faits plessimétriques.

1940. « Lorsque l’ingestion des aliments dans l'estomac a lieu, cet organe éprouve un déplacement bien signalé par les physiolo= gistes. Il écarte les parties voisines et se met en contact avec une plus grande étendue des parois. L’accumulation des gaz ou des liquides dansle viscère, y donne lieu à des phénomènes du même genre.

1241. « Meckel a cherché à préciser quelles sont les dimensions de l’estomac. Il est évident qu’elles varient beaucoup'trop dans des circonstances nombreuses pour qu’on puisse déterminer son volume d’une manière exacte. Ce que j'ai établi sur son extension dans telle ou telle région, et sur ses rapports dans ses états divers de dilatation, me paraît être ce qu’on peut dire de plus utile sous ce rapport. L’organe par lui-même est très-petit; sa surface, suivant Meckel , est à peine d’un pied carré : ce sont les substances qu'il contient qui lui donnent son volume. Sa capacité n’est pas moins variable. Elle ne peut être mesurée ; car ‘cet organe est élastique, et sa contenance est subordonnée à la quantité de fluides ou de substances qui s’y accumulent. »

La forme des parties de l’estomac en ‘rapport avec les parois abdominales est ordinairement celle d’un corps allongé et conique et creux qui serait recourbé suivant sa longueur, de telle sorte que le corps serait concave en haut (petite courbure), convexe-en bas (grande courbure), très-large à gauche (extrémité gauche), et très-étroit en bas (extrémité droite ou pylorique); il présenterait en haut et à droite une ouverture assez rétrécie, tandis qu’à droite et en bas en existerait une autre également étroite, dite pylore.

S 2. Anatomie anormale de l’estomac considéré au point de vue du plessimétrisme.

12242. « Dans les circonstances pathologiques, la position de l'estomac est, plus que dans l’état normal, susceptible de varier encore. Cependant, elle est plus constante que celle des intestins grêles. Quelquefois, la direction du viscère est perpendiculaire, comme cela a lieu chez le fœtus; et cela doit nécessairement changer les rapports du ventricule avec les organes voisins. ‘Le ventricule peut occuper des régions de l’abdomen différentes de celles où il se rencontre ordinairement, et ne pas être placé sur les points que le plus souvent il occupe. Quelle que soit du reste sa position, ses rapports avec les parois sont tels, que cet organe pathologiquement dilaté, écarte, comme cela avait lieu dans l’état normal, les intestins qui l'entourent, et qu’il est en contact dans une large surface plus ou moins immédiate avec l'enveloppe musculo-membraneuse de l’abdomen. Les organes qui circonscrivent l’estomac ont encore ici un degré de densité ou de capacité différent de celui de cet organe qui est susceptible de former hernie, soit à la ligne blanche, soit à l’ombilic, soit enfin par une ouver ture du diaphragme dans la cavité thoracique .

1243. « Les parois de l’estomac peuvent s’épaissir et devenir le siége de tumeurs variées qui occupent sa partie postérieure ou sa surface antérieure. Dans le premier cas, les substances contenues dans ce viscère se trouvent situées entre la gastrocélie ét la paroi antérieure de l’abdomen; dans le second, celle-ci est en contact avec ces mêmestparois. Des tumeurs peuvent encore occuper les orifices et les extrémités de l’organe : elles sont surtout fréquentes au pylore. L’amincissement de l’estomac et de sa membrane muqueuse a été fréquemment observé; et l’on sait que cette altération est parfois portée jusqu’à la perforation.

L’estomac est quelquefois distendu par une grande quantité de matières ‘alimentaires. Les sucs qui, dans l’état normal, se trouvent dans cexviscère, tels que la salive, le mucus, la bile, peuvent, dans les circonstances pathologiques, s’y accumuler en trèsgrande proportion. Les inconvénients dont leur présence est alors accompagnée ont été exagérés par les médecins des derniers siècles; mais les modernes n’y ont peut-être pas toujours attaché assez d'importance. Les altérations qu'éprouvent ces fluides peu-

vent les rendre très-irritants ; Orfila a constaté, pour la bile, la vérité de cette assertion. Parfois, une grande quantité de sang est accumulée dans Festomac. Des corps étrangers solides, soit qu’ils aient été avalés, soit que leur développement ait été spontané, peuvent être contenus dans la cavité gastrique. Les cas de tympanite stomacale (aéro ou gazogastrie) ne sont pas rares. Des gaz distendant habituellement l’estomac de certains hommes, des douleurs vives en sont souvent la conséquence; et elles sont fréquemment dues à la contraction des fibres de la membrane musculaire du ventricule. On ne voit pas en effet pourquoi la distension de l’estomac par des gaz ne déterminerait pas des accidents, comme cela a lieu pour la vessie, à la suite de l’accumulation de l’urine. Des fluides élastiques, des liquides, des substances pâteuses, des poisons divers, peuvent se trouver réumis dans l’estomac, et cela dans des proportions variables.

Foie. , , 5—

<—æ Estomac rempli d'aliments ou de liquides.

<—& Lignes représentant divers degrés de dilatation de l'estomac.

(Fig. 68.)

Estomac rempli de liquides ou d'aliments (hydro ou bromogastrasie).

1244. « L’estomac est quelquefois énorme : on l’a trouvé occu-

PLESSIMÉTRISME DE L'ESTOMAC; EXPÉRIENCES. 54l

pant une grande partie de la cavité abdominale, et s'étendant jusque dans les régions iliaque et vésicale. Dans ces cas, il contenait une grande quantité des substances qui viennent d’être énumérées. C’est surtout dans les observations de polyphagie que l’on a observé cet accroissement énorme dans le volume de lestomac. On cite, à ce sujet, des faits dans lesquels la grande dimension de ce viscère correspondait à l’extrême voracité des sujets qui offraient cette lésion. L’estomac ainsi dilaté a quelquefois été la cause d'erreurs graves dans le diagnostic. D’autres fois, au contraire, cet organe est vide et revenu sur lui-même ; profondément caché dans les régions que d'ordinaire il occupe, il à présenté parfois alors un volume à peine supérieur à celui d’un intestin grêle. Ces cas ont quelquefois lieu à la suite de l’abstinence, dans l’inflammation chronique de l'estomac, et surtout dans celle qui est la suite de l’empoisonnement. »

S 3. Expériences et recherches sur l'estomac dans l’état normal et anormal faites en 1824 (1).

1245. « 1° £'xpériences cadavériques. 4°° Exp. Le cadavre d’une vieille femme présenta, au-dessous du foie, dans les régions hépato-gastrique et colique moyenne, un espace large comme deux fois la paume de la main, où se faisait entendre une résonnance tympanique très-pure et partout égale. Autour de cet espace, on trouvait en bas le bruit gazique, et en haut le son propre au foie. On annonça sur le point où le son était tympanique une grande cavité remplie de gaz. Le siége qu’occupait celle-ci, et surtout étendue qui lui correspondait, firent admettre qu’il s'agissait plutôt de l’estomac que des gros intestins. Des carrelets furent introduits sur quatre points de la circonférence de l’espace où, à l’ouverture, lestomac se trouva placé entre les quatre aiguilles (MM. van Puyfelick, de Valletti).

1246. «2° Exp. Sur un cadavre médiocrement putréfié, et dont le ventre était peu saillant, M. Jules de Dervieu et moi nous trouvâmes des faits analogues aux précédents. La même expérience fut faite, et elle nous conduisit aux mêmes résultats. Les aïi-

guilles avaient circonscrit l'estomac avec une exactitude extrême.

(1) Dans l'exposé des expériences qui vont suivre, quand le mot son est employé, ajoutez-y toujours : et Ze tact.

1947. « Ces expériences ont.cté plusieurs fois réitérées avec succès.

4248. « 3° Exp. Suï un cadavre assez gras, MM. Jules de Dervieu, Lamorier et moi, après avoir exactement limité par en haut le son mat appartenant ‘au foie, nous trouvâmes au-dessous de cet organe et dans la région épigastrique, un bruit tympanique dont la nuance était plus claire que celle qu’on obtenait par la percussion de la région. colique moyenne. Ces différences de son étaient plus sensibles quand le sujet était placé dans l’attitude assise que dans toute autre position. L’œæsophage fut mis à découvert au cou; un demi-litre d’eau y fut injecté. Le son de la, région épigastrique prit soudain, un autre caractère, tandis que. celui de la région colique moyenne conservait le même lim bre. Le cadavre fut ensuite placé sur le côté droit. Nous trouvâmes alors tout à fait en bas, au-dessous du rebord du foie, un son moins mat que celui de cet organe et moins clair que la résonnance de l'intestin. L'espace où ce bruit était entendu s’élevait dans la région épigastrique, et la couche inférieure de cet espace était disposée, dans l'étendue de l'estomac, sur une ligne de niveau qui. donnait lieu au bruit hydraérique. Au-dessus s’entendait un son gazique. Un. nouveau demi-litre d’eau fut injecté;le niveau s’éleva de plus d’un pouce. Une ponction faite au-dessus avec un trois-quarts ne fit sortir que des gaz; mais, pratiquée au-dessous, elle donna issue au fluide injecté. L’ouver-" ture du cadavre démontra que ce liquide était dans Festomac, et. que dans ce viscère se trouvaient aussi des, fluides élastiques." C'était donc cet organe, dans différents états de plénitude ets contenant des liquides et des gaz, qui avait donné lieu aux nuances de son variées qui, dans cette expérience, avaient, élé obtenues. É

1949. « 4° Exp. Un cadavre d’un. embonpoint médiocre, ex ploré par M. Jules de Dervieu et par moi, présentait, dans la région épigastrique une résonnance stomacale. Une pinte d'eau fut injectée dans l’æsophage; le son changea de caractère et. prit un timbre métallique qu'il n'avait pas auparavant. Le sus jet-fut ensuite couché sur le côté droit : alors nous obtinmes. à droite, dans l’épigastre, un son gazique, tandis qu’à gauche la ré sonnance stomacale continuait à avoir lieu. Le cadavre fut alors incliné sur le côté gauche, et on observa le même phénomène, mais dans un sens opposé. On indiqua, par une incision; le point,

où la différence de son avait été remarquée. La région colique moyenne donnait toujours un bruit tympanique différent de celui qui était observé dans la région épigastrique. À louverture, on trouva que la hauteur du liquide contenu dans l'estomac avait été bien appréciée ; que ce liquide avait donné lieu au bruit plus mat qui avait été observé dans les parties déclives de l’épigastre, et que le côlon transverse correspondait à la résonnance claire obtenue dans la région colique moyenne.

1250. « 5° Exp. La percussion médiate d’un cadavre assez maigre, et. dont le ventre était distendu par une médiocre quantité de gaz, donna, dans la parte droite de la région épigastrique, un son sclérosique, et à gauche, une résonnance tympanique. Le bruit sclérosique ne changeait pas de position en raison des attitudes variées du sujet, et se continuait par en haut dans.un espace correspondant aux dimensions ordinaires du foie ; on en conclut que ce viscère était cause de la matité. Une pinte et demie d’eau fut alors injectée dans l’œsophage; un son hydrique se prononça à gauche lorsque le sujet fut couché sur ce côté, et à droite lorsqu'il fut incliné dans ce dernier sens. La nuance de son hydrique occupait, lorsque le cadavre était placé sur le côté, un espace supérieur à celui où le bruit sclérosique avait été trouvé avant l'injection. |

1951. « Le cadavre élant assis, on trouva le son hydrique dans toute la partie inférieure de la région épigastrique, el audessus était encore un petit espace où se rencontrait la résonhance tympanique. Au- dessous ,,on oblenail un son gazique qui occupait la région colique moyenne. |

1252. « Dans les changements de position du sujet, il fut toujours possible d'apprécier le niveau du liquide. On observa que ce niveau, sur lequel se trouvait le bruit hydraérique, était beaucoup moins élevé dans l’épigastre lorsque le sujet était couché Sur le côté gauche, que cela n'avait lieu quand le cadavre était incliné à droite. On se rend raison de cette différence par celle qui existe sous le rapport de la capacité entre la grosse et la petite extrémité de l'estomac. L'ouverture cadavérique fil trouver le bord du foie à droite, sur le lieu où il avait été reconnu; le. côlon transverse limitait l’estomac par en bas, et ce dernier organe contenait des liquides et des gaz dans une quantité et à,une hauteur qui correspondaient aux différences de son observées avant que l’abdomen:n’eût été incisé (Jules de Dervieu).

1953. « Des expériences analogues ont été plusieurs fois réitérées avec succès.

1954. « 6° Exp. Le cadavre d’une femme portait une tumeur volumineuse au-dessous du foie. On distinguait très-bien par des résultats plessimétriques différents ce viscère et la production morbide. Un son tympanique se rencontrait en effet entre les espaces où l’organe d’une part ef la partie malade de l’autre donnaient lieu à une matité remarquable. Dans une grande étendue . de la région épigastrique, il était facile de reconnaître une résonnance stomacale. Dans les points déclives de cette région, qui variaient en raison des diverses attitudes du sujet, on trouvait un son hydrique : ce bruit se rencontrait à droite si le corps reposait sur le côté droit; à gauche, si le coucher avait lieu sur le côté gauche ; en bas, lorsque le cadavre était assis. On trouvait une rcsonnance tympanique dans les points de la région épigastrique qui, par suite du changement d’atütude, devenaient supérieurs. Une ligne de niveau bien marquée présentant le bruit hydraérique séparait le lieu où la matité était observée de celui où l’on entendait un son hypergazique. On crut en conséquence devoir. annoncer que l’estomac était très-volumineux ; que des liquides s’y rencontraient en abondance et que des gaz y étaient aussi contenus en grande proportion. La nécroscopie vérifia ce diagnostic : des fluides assez clairs, mais filants et colorés par bile, se trouvaient dans l’estomac, qui avait un grand volume et qui contenaits des fluides élastiques. |

4955. « Il est une erreur dont il faut se Re dans les expériences de Ja nature de celles que je viens de citer. C’est que le“ foie peut présenter de la mobilité, se porter d’un côté à l’autre, et. imiter le déplacement d’un liquide dans l’estomac. Cette trèsgrande mobilité du foie, à cause du relâchement du diaphragme, n’a peut-être lieu que chez les cadavres. C’est surtout lorsque la poitrine a été ouverte avant qu’on expérimente sur l’estomac, que cette erreur est à craindre, Dans un cas semblable, je l’ai commise une fois. Il suffit d'indiquer sa possibilité pour qu’elle ne puisse plus avoir lleu. |

1956. « Des expériences de ce genre, répétées un assez grand nombre de fois sur des corps privés de vie, ont (à l'exception du seul fait négatif que je viens de citer) donné toujours lieu à des résultats positifs. Bien plus, il est arrivé que, malgré l’existence d’épanchements naturels où arüficiels dans le péritoine, on a pu

encore reconnaître l’estomac, dessiner exactement le lieu qu’il occupait, et déterminer, avant l'ouverture du cadavre, la présence de liquides dans la cavité de cet organe.

4257. «7° Exp. Sur le corps d’une femme grasse, couchée sur le côté gauche, et dont l’abdomen présentait les nuances de son propres à l’état normal, on injecta dans le péritoine un litre d’eau, puis deux litres ; il fut facile d'obtenir alors les résultats qui seront signalés à l’occasion de létude de l’hydropéritonie. Une résonnance très-tympanique, partout égale, existant sur une large surface, faisait soupçonner la présence de l’estomac dans la région épigastrique. On injecta alors un demi-litre, puis un litre d’eau dans l’œsophage. Le son tympanique précédemment observé changea subitement de nature; il devint mat et participa du caractère hydraérique. Au-dessous du niveau de lhydropéritonie, on pouvait reconnaître la matité du liquide contenu dans le péritoine lui-même (Jules de Dervieu).

1958. «8° Exp. L'expérience précédente, réitérée devant MM. Villermé et Manec, a donné lieu au même résultat ; et des ponctions ont prouvé que le niveau du liquide abdominal et celui du fluide contenu dans l’estomac avaient été exactement appréciés, On remarqua dans ce cas, comme dans les observations précédentes, que le liquide s’élevait plus haut dans l'estomac lorsque le sujet était couché sur le côté droit, que lorsque ds corps reposait sur le côté gauche.

1259. « 9° Exp. Sur le corps d’une vieille femme portant une hydropéritonie, et chez laquelle la percussion donnait lieu à des résultats du même genre que ceux qui ont été énumérés ailleurs, plusieurs litres de sérosité étaient contenus dans l’abdomen. La percussion médiate fit reconnaître sur ce sujet un espace large, occupant les régions épigastrique et colique moyenne, et sur lequel un son très-tympanique était obtenu. Une résonnance gazi : que beaucoup moins claire entourait les points dont il s’agit. On admit comme chose probable que lestomac correspondait à l’espace où le son était très-clair. Des aiguilles servirent alors à limiter le lieu où l’on soupçonnait la présence du ventricule. A l’ouverture, l’estomac, dilaté et rempls de gaz, se trouvait nettement circonscrit par Les aiguilles (MM. Manec, Hureau, Van Puyfelick, Harisson).

4960. « 2 Expériences sur l'homme vivant. 10° Exp. Sur un épi-

leptique qui ne présentait aucun Sighe physique ou fonctionel | 39

d’une souffrance de l’estomac, on trouva au-dessous du son mat du foie et dans les régions épigastriques un son tympanique très- prononcé. Au-dessous'de celui-ci se rencontrait, dans la région colique moyenne, une autre nuance de résonnance gazique. Cet individu prit alors un potage d’à peu près une livre : le son devint mat sur les points où le son tympanique avait été entendu quelques moments auparavant.

1961: « 11° Exp. J’ai plusieurs fois réitéré cette expérience sur moi-même , et 1l m'a été facile de trouver la place de l’estomac. Le changement survenu dans le son auquel 1l donnait lieu, lorsqu'il était successivement percuté dans l’état de plénitude et dans celui de vacuité, prouvait incontestablement que le viscère occupait tel ou tel point de l’abdomen. La dimension de l’espace où le son mat était obtenu correspondait constamment à la quantité d'aliments dont j'avais fait usage.

4962. « 42° Exp. Un grand nombre d'individus que j'ai explorés avec le plessimètre présentaient un son gazique au-dessous du foie et dans la région qu’occupe l’estomac. Il fut facile de savoir si c’étaient les intestins ou bien le ventricule qui étaient situés sur ce point. Quand ce dernier organe y correspondait, et lorsque je faisais boire au malade une ou deux verrées d’eau, le son changeait bientôt de caractère et prenait quelque chose du tümbre hydraérique. Lorsque les intestins étaient situés dans cet espace, le bruit continuait à être le même, soit avant, soit après l’ingestion des liquides.

1263. « 13° Exp. MM. Briançon, Coudret et moi, après avoir reconnu sur un malade les sons que donne l’estomac lorsqu'il est plein de gaz, nous fimes boire deux verrées d’eau à cet individu, qui fut ensuite couché sur le côté gauche. Le bruit hydraérique se manifesta dans la région gastrique ; il se trouvait au niveau d’une ligne quiséparait un son tympanique observé en haut d’une résonnance hydrique qu’on rencontrait en bas.

1964. « 14° Exp. L'expérience précédente a été répétée un grand nombre de fois sur l’homme vivant et sain, et le plus souvent avec les mêmes résultats que sur les cadavres. Dans tous les cas où l’estomac était voisin des parois, et par conséquent accessible à la percussion, le son mat des liquides occupait la partie déclive de ce viscère. Une ligne de niveau correspondait à la couche supérieure du fluide et donnait le bruit hydraérique ; audessus de ce niveau, le son tympanique se rencontrait. Ces résul-

tats étaient obtenus soit que le coucher eût lieu à gauche ou à droite, soit que le corps fût placé dans l'attitude assise. Toutefois, dans cette dernière position, pour que les phénomènes devinssent évidents, #/ fallait que le corps füt en même temps incliné en avant. Chez les individus qui faisaient le sujet de ces expériences, les intestins, reconnaissables à la nuance de son gazique qu’ils fournissaient, étaient inférieurement en rapport avec l'estomac.

4265. « Plusieurs faits de la nature des précédents ont été observés sur l’homme malade : |

1966. « 15° Exp. Dans plusieurs cas où une grande quantité de gaz était contenue dans l’estomac, celui-ci donnait un son très-clair dans une très-vaste étendue ; la préhension de quelques boissons permettait de trouver le liquide à la partie déclive, et démontrait jusqu’à lévidence que le son clair qui avait été obtenu correspondait à lestomac. Souvent, chez ces individus, quelques éructations étaient suivies d’un soulagement marqué.

1267. « 16° Exp. Sur deux malades qui éprouvaient de graves accidents gastriques et qui venaient de prendre des aliments, le plessimètre trouvait un son très-mat dans une grande étendue, et cela sur les points où l’estomac est ordinairement situé. Le vomissement provoqué fit sortir beaucoup de substances à demidigérées. La clarté du son fut en partie rétablie, mais non d’une manière complète; ce ne fut que dans les heures suivantes que le son tympanique reparut complétement.

1268. « 17° Exp. Un homme fut trouvé sans connaissance. Il: portait sur lui une bouteille remplie d’une substance très-stimulante et enivrante (élixir de longue vie) ; il était important, dans ce cas, de savoir si lestomac contenait des liquides. Nous trouvâmes un son tympanique sur les points qui correspondaient à l’épigastre. Quelle que fût la position du malade, et bien qu’il fût fortement incliné en avant pendant qu’il était assis, la région épigastrique donnait une résonnance hyper -gazique. Quand cet homme fut revenu à lui, on obtint encore le même résultat de la percussion médiate. On fit boire alors deux verrées d’eau. La résonnance hydraérique et la matité à la partie déclive se manifestèrent sur les points où le son avait été tympanique. Il n’y avait done, avant la préhension de cette boisson, que peu ou pe de uides dans la cavité de estomac.

1269. « 18° Exp. Une femme éprouvait depuis ché se-maines des accidents gastriques, et prétendait rendre chaque

jour, par le vomissement, une très-grande quantité de liquide. La percussion médiate de tous les points où l’estomac est voisin des parois abdominales donna partout lieu, quelle que fût l’attitude du sujet, à une résonnance tympanique ; la malade but alors deux verrées d’eau, et la percussion médiate, de nouveau pratiquée, produisit sur ces régions des bruits qui étaient en rapport avec la présence de la boisson. Vers la partie déclive du viscère, un son mat se fit observer, et la résonnance hydrique se manifesta sur les points du liquide en contact avec les gaz. Il devenait dès lors évident que l’estomac correspondait aux points où l’on avait cru le trouver ; et qu'avant l’abord de l’eau ingérée, ce viscère ne. contenait que des fluides élastiques.

1270. « Des renseignements, recueillis avec plus de soin, prouvèrent bientôt que cette malade avait fort mal expliqué les accidents qu’elle éprouvait ; que ce n’était pas de vomissements qu’elle était atteinte, mais qu’elle rendait, par expuition, une énorme quantité de salive. Les deux incisives moyennes inférieures manquaient, et laissaient une ouverture par laquelle le liquide s’échappait en abondance. De là les symptômes gastriques, les mauvaises digestions dont cette femme était tourmentée. Ce fait, joint à un bien grand nombre d’autres, prouve combien il faut être en garde contre la manière dont les malades racontent leurs souffrances. Il rappelle aussi qu’il faut quelquefois tenir compte de l’état de la mastication et de la salivation, pour apprécier la nature des troubles survenus dans la digestion stomacale. »

$ 4. Expériences plessimétriques sur l’estomac, postérieures à 1836.

1271. Depuis que les expériences précédentes ont été faites, une multitude de faits en harmonie avec elles ont été observés. Je citerai seulement quelques-uns d’entre eux. — Un homme, soigné par M. Scelle de Montdezert, présentait une énorme dilatation de l’estomac par des aliments, qui fut reconnue au moyen du plessimétrisme; ce qui permit à ce médecin d'établir des indications thérapiques en rapport avec l’état pathologique qu’il avait constaté (Procédé opérat., n° 308). — M. le docteur Debay voit à Choisyle-Roï un homme atteint d’accidents nombreux ; la médio-percussion fait constater que l’estomac donne un son mat (hydrique) dans une grande partie de l’abdomen, Des vomissements sont provoqués par la stimulation du voile du palais, à l’aide d’une

plume ; une énorme quantité de chyme est rejetée au dehors; le son tympanique reparaît dans la région épigsstrique ; les accidents se dissipent spontanément (ibid., n° 310); j'ai eu l’occasion de voir plusieurs faits analogues aux précédents. — Dans un très-grand nombre de cas observés à la Salpêtrière, à la Pitié ou à l’Hôtel-Dieu, une douleur dans le côté gauche s’était déclarée sur des malades. On aurait pu croire que les nerfs intercostaux, les plèvres ou la rate en étaient le siége; le plessimétrisme fit trouver un son et un tact tympaniques sur le lieu où la . souffrance avait son siége. Les malades prirent des boissons ou des aliments ; la matité, à la médio-percussion, se déclara immédiatement sur le même lieu. Il était donc évident que lestomac touchait aux parois thoraciques à gauche, et était le siége de la douleur qui, parfois, se dissipait après l’évacuation de quelques gaz (ibid., n° 314). — Bientôt, à l’occasion des applications du plessimétrisme de l’estomac à la pratique, j’aurai l’occasion de mentonner un grand nombre de faits du même genre que les précédents. Je me borneraï à dire ici que depuis plus de trente ans j’ai eu un nombre très-considérable de fois l’occasion de retrouver sur les malades, soit à la Pitié, soit à la Charité ou à l’'Hôtel-Dieu, des malades chez lesquels j’ai pu réitérer, dans l’intérêt de leur santé, les expériences faites en 1896 ; qu’elles ont été souvent renouvelées sur les cadavres, et que dans tous ces cas les résultats ont toujours été les mêmes.

S 5. Conclusions des expériences et des faits précédents.

1272. Des expériences qui précèdent on peut déduire les conclusions suivantes, qui sont au-dessus de toute contestation :

1273. « 1° La percussion médiate, sur le vivant comme sur le cadavre, peut faire juger du A de l’étendue et des rapports de l’estomac.

1974. « 2 Fréquemment, elle fait reconnaître la présence dans cet organe des fluides élastiques, des liquides ou des aliments.

1275. « 3° Si, lorsque le sujet est à jeûn, on trouve dans une large surface, et dans la région épigastrique, une résonnance gazique ou tympanique ; si ce bruit a partout le même timbre, et s’il diffère de celui que présentent les autres points de l’abdomen, il est probable que l’estomac rempli de gaz est situé dans l’espace dont il s’agit. (Voyez la fig. 69 ci-après.) |

- <-# Estomac plein de gaz.

<—æ Intestin vide de gaz ou contenant des scories. |

Estomac contenant des gaz ou des aliments.

(Fig. 69.

19276. « 4° Si les résultats précédents sont obtenus, et qu’il arrive en outre qu’un bruit hydrique se joigne au son tympanique, il est présumable que ces résonnances compliquées doivent être

attribuées, d’une part, à une certaine quantité de liquide contenue dans l’estomac, et de l’autre, à des gaz qui ont des rapports avec ce liquide.

4977. « 5° Si, le sujet étant couché sur le côté droit, la partie droite de l’espace qu’occupe l’estomac donne un son dont la matité se rapproche de celle qui résulte de la percussion d’un kyste (son et tact hydriques) ; si le lieu où ce bruit est produit présente supérieurement une couche de niveau, on est fortement porté à croire que cette matité est due à la présence de liquides contenus dans le ventricule.

1278. « 6° Si la même épreuve réitérée du côté opposé donne

- lieu, en sens inverse, au même résultat, le cas sera beaucoup plus évident. On peut même, pour plus de certitude, faire ‘asseoir le

sujet : la partie déclive de l’espace où l’on a cru reconnaître l’es.. tomac produit-elle alors, lorsqu'elle est percutée, une matité qu’elle n’offrait pas auparavant, il deviendra presque certain que c’est bien le ventricule rempli de liquide qui correspond à lespace dont il s’agit.

19279. « 7° Le malade étant couché sur le ventre, s’il arrive que les régions qui d'ordinaire correspondent antérieurement à l'estomac fournissent un son obscur ; si ces espaces donnent une résonnance hydraérique lors du coucher en supination, il n’est . presque plus douteux que lestomac ne soit situé sur ces points, et qu’il ne contienne des liquides.

1980. « 8° Mais 1l pourrait encore se faire que le gros intestin, très-dilaté, contenant des liquides, donnât lieu à ces phénomènes. Cette supposition ne doit être applicable qu’à bien peu de cas ; en effet, rarement le côlon est-il assez distendu pour imiter l’estomac; plus rarement encore renferme-t-il assez de mucosités ou d’autres humeurs pour fournir les signes dont il s’agit; mais dans l’hypothèse où cela pourrait avoir lieu, il serait possible d’éviter la méprise. Il faudrait, après avoir constaté la présence du son gazique ou hypergazique sur le lieu que l’on croit correspondre à l’estomac, faire boire au malade une ou deux verrées d’eau. On ferait ensuite coucher le sujet successivement dans la pronation et/dans la supination ; sur le côté droit, puis sur le côté gauche ; on ie ferait asseoir, et l’on percuterait, dans ces attitudes variées, les régions qu’on veut explorer. On trouverait alors, si le viscère était effectivement placé sur les points où on le suppose, que le son mat occuperait les parties déclives de ces mêmes points, et que le bruit ÉUAES se rencontrerait surtout à la surface du liquide.

1281. « 9° Si les intestins sont les organes qui nt le son gazique observé à l’épigastre, Pingestion des boissons dans l’estomac n’altérera pas le bruit que cette région fournit, et la même nuance de résonnance continuera à s’y manifester.

1982. « 10° Pour ne pas commettre d’erreurs relativement au diagnostic du siége et de l’état matériel de l'estomac, il faut tenir compte sur le cadavre du déplacement que le foie peut, dans le coucher latéral, présenter d’un côté à l’autre. Il est encore utile de se rappeler que la glande biliaire envahit souvent une étendue considérable de l’épigastre, et qu’elle cache alors une grande partie du ventricule. Dans des cas pareils, c’est principalement

sur le côté gauche que les épreuves indiquées précédemment doivent être tentées.

1283. « 41° Ilest possible de mesurer approximativement la quantité du liquide renfermé dans l'estomac; cela aura surtout lieu lorsque cet organe contiendra en même temps de l’eau et des fluides élastiques. D’une part, en effet, on peut apprécier dans beaucoup de cas la hauteur des boissons accumulées dans ce viscère, en reconnaître le niveau et trouver le bruit hydraérique à la surface de celui-ci. D’une autre part, on sait que l’estomac est étroit à droite et large à gauche : calculant donc, et comparant la hauteur différente à laquelle s’élève le son mat de l’un et de l’autre côté, tenant compte de la différence de capacité qui existe entre les deux extrémités de l’organe, on pourra arriver à une somme de probabilités très-grande sur la proportion de liquide contenue dans le viscère.

<—& Estomac à moitié rempli de gaz et d’aliments.

Estomac à moitié rempli de gaz et de liquides.

1284. « 42° Lorsque cette quantité sera très-petite, on pourra apprécier encore en faisant coucher le malade sur le ventre et

en percutant, sur les régions auxquelles l'estomac correspond, la paroi antérieure de l’abdomen devenue déclive. Peut-être aussi sera-t-il possible, avec de l’habitude, de reconnaître ces petites quantités en faisant placer le malade sur le côté droit, et en explorant l’espace où se trouve ordinairement l'extrémité pylorique.

1285. « 13° Lorsque la proportion des liquides contenus dans l'estomac sera très-considérable, et lorsque ce viscère ne contiendra pas de fluides élastiques , l'étendue de l’espace occupé par le son hydrique , correspondant à l'organe, pourra seule faire juger du . siége de celui-ci. L’estomac présente, dans ce cas, la même disposition physique qu’une tumeur enkystée à parois minces, ou que la vessie pleine d'urine : les sons auxquels donne lieu sa percussion doivent avoir, par conséquent , le même caractère que ceux qui sont obtenus dans ces dernières circonstances.

1286. « 14° Lorsque l'estomac contient des aliments et qu’il ne renferme pas de gaz, le son produit par la percussion médiate de ce viscère est très-mat ou malaxique ; il a un caractère voisin, mais différent de celui auquel donne lieu le foie percuté.

1287. « 15° Il est facile de distinguer, à l’aide du plessimètre, le foie ou la rate de l’estomac contenant seulement des gaz, ou renfermant à la fois des gaz et des liquides. Il n’en est pas tout à fait ainsi lorsque ce dernier viscère contient exclusivement des aliments, ou lorsqu'il est entièrement plein de boissons.

1288. « 16° Si l’estomac est le siége d’une tumeur épaisse, il sera possible d’obtenir de l’emploi de la percussion médiate des renseignements précieux sur le siége de cette affection. Cela aura lieu surtout si l’on joint à l’emploi de cette méthode l’usage de la palpation. Ici, comme ailleurs, ces deux moyens de diagnose se prêtent un mutuel et utile secours et se corroborent l’un par l’autre. |

1289. «17° Le plessimètre peut faire reconnaître que la tumeur occupe la paroi antérieure ou postérieure de l’organe. Pour cela, il faut d’abord déterminer, à l’aide des expériences précédentes (ns 3, 4, 5, etc.), si le ventricule est bien situé sur le point où Von croit le trouver. |

4290. « 18° Lorsque le fait est suffisamment établi, il faut percuter en appliquant légèrement la plaque d'ivoire et percuter superficiellement. Si le son est mat, la lésion est superficiellement placée : le degré de la matité correspondra à l’épaisseur de la

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