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MANUEL DU PLESSIMÉTRISME DE L'ESTOMAC

gaz, est-ce toujours en bas que la matité se prononce, en haut que la sonorité se trouve.

1997. «On percutera ensuite à travers les parois d’un cadavre, puis sur des hommes vivants, et on fera toutes les expériences indiquées. r

1298. « Pour étudier le tube alimentaire par la percussion, le sujet sera d’abord placé comme pour l’exploration de l’abdomen, il sera à jeûn et n’aura pas bu. On limitera inférieurement les poumons, le cœur, le foie et la rate, On tracera des lignes noires qui correspondront aux rebords de ces viscères. On percutera alors avec soin toute la partie où se trouve ordinairement l’estomac, c’est-à-dire tout l’espace qui s’étend au-dessous du foie, du cœur et de la rate. Si l'estomac, situé sur ces points, ne contient pas d'aliments ou de liquide, il donne un son tympanique dont la nuance plus grave sera plus ou moins différente de celle que fournissent les portions du tube digestif, situées plus bas, mais qui dans quelques cas ne pourront pas en être distinguées. On fera boire alors deux ou trois verrées d’eau au malade, et on le fera coucher successivement sur le côté droit, sur le côté gauche et sur le ventre, en ayant soin d’observer les changements de son et de résistance qui surviendront dans les parties déclives percutées; la matité qui s’y manifestera permettra de circonscrire exactement le viscère.

1299. « Si l'estomac contient des aliments, on limitera le contour de l’espace où la matité se fera reconnaître, et on attendra que la digestion soit faite.pour juger, par le retour de la résonnance, si c’est bien à ce même estomac que le son obscur devait être rapporté. Si l’on fait prendre alors de nouveaux aliments, la matité et la résistance, qui reparaissent, ne laissent pas de doutes sur le siége qu’occupe l’organe.

1300. «Dans le cas au contraire où , après l’ingestion des boissons et des aliments, les sons de la région épigastrique avaient encore le caractère gazique ou’ tympanique, l’estomac ne serait pas sur ce point, et il faudrait le chercher ailleurs et sur quelque point où sa matité le ferait reconnaître. Il pourrait être encore profondément caché au-dessous des intestins qui le recouvriraient, la dépression de ceux-ci par le plessimètre permettrait d'arriver jusqu’à lui. Dans quelques cas où les gros intestins recouvraient l’estomac, je suis arrivé par ce moyen à distinguer le lieu où ilétait placé, et à m’assurer qu’il ne touchait pas les parois.»

Ligne xypho-pubienne.

Ligne oblique ou rayonnée , .æ—

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(Fig. 1.)

8 7. Lignes plessimétriques pour la médio-percussion de l'estomac.

4301. La première ligne qu’il convient de suivre pour percuter l'estomac, s’étend de l’appendice xyphoïde à la symphyse pubienne (ligne xypho-pubienne). Sur son trajet, on trouve, le plus souvent, à sa partie la plus élevée, et par la médio-percussion superficielle , la matité résistante propre au foie, et qui s'étend, Suivant les cas, plus ou moins inférieurement. En haut de cette ligne, la matité dont il s’agit est même obtenue au moyen du ples- Simétrisme profondément pratiqué; car là se trouve situé l’organe hépatique à toute profondeur : au contraire, sur les points où la

glande biliaire commence à s’amincir, on trouve, en percutant avec force, les caractères plessimétriques propres à l’estomac, ca- : ractères qui varient suivant que les matières contenues dans celui-ci sont pâteuses, liquides ou gaziques, ou encore que des tumeurs sclérosiques (gastro-carciniques ou autres) existent en cet endroit, Ces mêmes résultats deviennent évidents, par la médiopercussion super ficrelle, tout aussitôt que le rebord hépatique cesse de correspondre au point percuté. En général, même alors que la digestion s’accomplit d’une manière presque régulière, la partie de l'estomac située par en haut donne un son gazique, parce que des fluides élastiques s’y trouvent placés. Sur les autres régions de l’organe, et en descendant dans le pubis, on rencontre, par la médio-percussion superficielle et profonde des impressions soit gaziques, soit hydriques ou malaxiques, et cela suivant la nature des substances contenues dans le viscère gastrique. Plus bas encore, et à une distance plus ou moins grande suivant le degré de réplétion dont l’estomac est le siége, on rencontre presque toujours (car les scories s'accumulent rarement dans le côlon transverse) un son et un tact gaziques ou hypergaziques, mais présentant un autre timbre et un autre caractère que celui qui est propre au ventricule, alors même que celui-ci est plein de gaz. Le lieu où cette transition de sensations existe, est la limite exacte de lestomac par en bas, comme le point où l’on commence à constater la présence profonde de la sonorité et de l’élasticité gastriques au-dessous du foie, est l’indice précis des points où l’estomac commence à correspondre par en haut.

1302. Il faut tracer avec le crayon, ou avec l’azotate d’argent, les limitations de l’estomac dont il vient d’être parlé.

1303. La seconde ligne plessimétrique qu’il faut suivre pour percuter l’estomac, est transversale à la première; elle mérite le nom d’hépato-splénique, et passe précisément au milieu de l’espace où l'estomac est limité, en haut et en bas, par les deux marques que l’on a faites. Cette ligne, hépato-splénique, passe, à droite, sur le foie ou sur le côlon ascendant, au milieu sur le viscère gastrique , à gauche, sur le côlon descendant ou la rate, et l’on obtient, sur les divers points de l'étendue de cette seconde ligne, des sensations aphé et acouplessiques en rapport avec les organes dont 1l vient d’être parlé, et avec les matières qu’ils contiennent, |

1304. On doit encore marquer les points de limitation de l’estomac sur le trajet de cette ligne, comme on l’avait fait pour la ligne xypho-pubienne.

1305. C’est encore de la même façon que l’on doit s’y prendre pour étudier les résultats que la médio-percussion de l'estomac peut donner sur deux autres lignes rayonnées qui, partant du centre où se réunissent les lignes xypho-pubienne et hépato-splénique, se portent à égale distance de ces dernières jusque vers la circonférence gastrique.

1306. Le point où ces lignes rayonnées Le la circonférence de l’estomac doit être encore indiqué avec une ligne noire.

1307. Pour avoir alors l’image et la dimension exactes de Ll’estomac, 4 n'y a plus qu'a limiter, par le plessimétrisme, et à dessiner le pourtour de cet organe entre les points où les lignes dont il vient d'être parlé touchent à la surface qui circonscrit le même viscère.

1308. Après avoir ainsi dessiné l’estomac dans son ensemble, il convient d'étudier plessimétriquement tous les points de sa surface, et c’est de cette façon que l’on déterminera, par des sensations aphé et acouplessiques, s’il contient des gaz, des liquides, à la fois des gaz et des liquides, des substances pâteuses, et que l’on constatera quelle est leur proportion respective, ou leur niveau dans l’étendue de l’organe. C’est encore ainsi que l’on pourra découvrir, par leur matité et par le dessin de leur forme, certaines tumeurs gastriques, et qu’il sera possible de déterminer les rapports existants entre l’estomac et les viscères qui l’entoureront.

$ 8. Applications du plessimétrisme de l’estomac à la pathologie et au thérapisme des gastropathies et des organies en général.

1309. Quand on entend des médecins, souvent fort instruits, des hommes de travail et de concours, entraînés par l’esprit du temps, esprit si peu enclin à analyser les collections symptomatiques, dites maladies, parler sans cesse de dyspepsie, et la traiter comme une unité morbide, alors qu’il est si facile de déterminer, par les recherches plessimétriques, que cette dyspepsie, ces digestions difficiles, peuvent être les résulats des circonstances anatomiques des plus dissemblables, et doivent être combattues par des moyens très-variés, on se demande si le progrès a subi un temps d'arrêt, et si les déplorables doctrines

qui ont régné comme une épidémie morale dans ces dernières années ont entravé, ou au moins détourné de la voie de la raison, la marche de la science !

4310. Il est impossible à ceux qui étudient l'estomac avec le” même soin que les médecins, cherchant à déterminer, de nos jours, l’état materiel des poumons et du cœur ; à ceux qui savent voir, en quelque sorte, par la médio-percussion, les altérations si diverses et si nombreuses que le viscère gastrique éprouve dans les collections symptomatiques dont la dyspepsie est le symptôme ; il est impossible à ceux-là, dis-je, de ne pas tenir infiniment plus de compte de la lésion qui donne lieu à celui-ci, que des troubles de digestion que cette lésion produit. A de tels médecins , l’honneur et la satisfaction de guérir souvent les malades atteints de ces états morbides; aux hommes légers et aux empiristes irréfléchis, l'administration, guidée par le hasard, de médicaments inutiles, inactifs ou dangereux. Les applications suivantes du plessimétrisme aux gastropathies, et même à la pathologie des autres maladies, prouvera surabondamment combien sont justes les réflexions qui précèdent.

1314. 1° Une douleur profonde existe à l’épigastre; elle est augmentée par la pression. On hésite tellement à reconnaitre quel est l’organe qui souffre, et à dire si l’estomac, le côlon transverse, le foie, la rate, sont le siége de la souffrance, que de dix personnes interrogées sur la question de savoir quelle est la partie malade, il y en a neuf, et souvent dix, qui, par les moyens généraux de diagnose physiques ou fonctionnels, n’osent pas affirmer où le mal a son siége. Or, le plessimètre fait trouver que le foie et la rate sont situés loin du point douloureux ; qu’un son et un tact gaziques ou tympaniques se manifestent sur le lieu endolori : on fait prendre une ou deux verrées d’eau au malade, tout d’abord le son devient mat et change de position dans la limite de l’espace où l’estomac doit être placé, espace qui a la forme de ce viscère; donc la souffrance a pour siége l’organe gastrique, et il est impossible d'établir des doutes à ce sujet.

1312. 2° S'il existe en même temps qu’une douleur d’estomac, nettement circonscrite par le plessimétrisme, des symptômes a1gus, dits inflammatoires, des vomissements, de la fièvre, et cela sans que d’autres états pathologiques donnent la raison de ces phénomènes, il y a tout lieu d’admettre l'existence d’une gastrite.

4313. 3° Si l’on pensait à pratiquer quelque opération sur

PLESSIMÉT. DE L'ESTOMAC; APPLICATIONS PRATIQUES. 561 l’estomac, el, par exemple, si (ce que je ne voudrais pas faire sans m'aider de l’avis de confrères aussi habiles que prudents), on voulait ouvrir ce viscère sur des malheureux qui périraient d’inanition à la suite d’une pyloristénosie, l'utilité du plessimétrisme de Pestomac, pour préciser le lieu où l’on devrait opérer, ne pourrail, en aucune manière, être contestée.

1314. La dilatation de l'estomac (gastrasie), ou son rélrécissement (gastrosténosie), peuvent bien ètre soupçonnées, mais ne sont guère susceptibles d’être démontrées que par l’organographisme plessimétrique, et c’est exclusivement cette méthode qui permet de déterminer à l’extérieur la forme de l’organe. Or, des indications de premier ordre ressortent de l'appréciation exacte de ces états anatomiques. L’estomac est-il très-volumineux, ce qui se voit dans les cas de polyphagie, ou lorsque les aliments v séjournent longtemps, il convient de chercher à diminuer sa distension par un régime convenable, par l'emploi de la glace et des médicaments que l’on croit être des astringents : l’organe.a-t-1l une dimension trop petite, ainsi que je l'ai vu plusieurs fois, il est indiqué de donner peu d'aliments à là fois, de faire manger fréquemment, et d'augmenter chaque jour, mais très-lentement, la proportion des substances ingérées, etc.

1315. 4° L’estomac est-il vide de gaz, d’eau, d'aliments où de boissons ? Contient-il, séparément ou simultanément, des fluides élastiques, des liquides, de la nourriture? C’est presque exclusivement le plessimétrisme qui peut faire reconnaitre de tels faits, et une telle constatation est d’une importance si grande en pratiqué , et conduit à déterminer d’une manière si absolue à indiquer le genre de médication à employer, qu’il est impossible dé diriger convenablement le traitement, dans une foule d’affections, si lon ne parvient pas à l’établir.

1316. 5° Un homme est atteint d’une encéphalémie ou d’une hèmie encéphalique; mais, voici que le médecin instruit percute l’estomac, le trouve très-distendu par des substances pâteuses qui : remplissent touté la partie supérieure du ventre, où l’on dessine sa circonférence et sa forme au moyen des sensations tactiles et acoustiques que provoque le plessimètre; il est donc évident : que l'estomac est rempli d’aliments et de boissons ; que les substances qu’il contient le distendent outre mesure, et donnent lieu, par suite de leur absorption, aux symptômes qui se manifestent; il faut donc faire vomir le malade, ce qué l’on obtient par la titillation de la

luette, par de l’eau liède, ou par des médicaments. Alors la douleur et les phénomènes encéphaliques se dissipent avec la’ plus grande promptitude. Des faits de ce genre ne sont pas des conceptions hypothétiques ; j'ai eu bien des fois l’occasion d'en observer d’analogues, et dans les cas dont il s’agit, c’est au plessimétrisme qu’il fallait rapporter l'honneur de la diagnose et d’une guérison rapide. (n° 4243, fig. 68.)

1317. 6° Ailleurs, un (ed souffre de l'estomac, et cela dix, douze, vingt-quatre heures après avoir pris des aliments; on ignore la cause qui produit la douleur; le plessimétrisme dé: montre que organe gastrique contient encore la nourriture qui a élé ingérée ; on a dès lors recours à un émétique où au vomissement provoqué par la tiäillation de la luette, et la souffrance est à l’instant même dissipée.

1318. Sur tel autre individu, voici que l'estomac, quelque ‘lemps après lingestion des aliments, ou même à jeûn, est on ne peut plus douloureux, la médio- norte fait constater

«3 Estomac rempli dé gaz et douloureux.

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des,

Fu

Sstomac rempli de gaz et intestins vides de fluide élastique.

( Figure 72. )

que, dans toute étendue de l’espace où le ventricule est placé, et dans la forme ordinaire que celui-ci présente, existent des gaz reconnaissables au son et au tact tympanique qu’ils produisent, Des frictions sur l’épigastre font bientôt évacuer les fluides élastiques, et le malade cesse de souffrir. (n° 4275, fig. 69.)

1319. 8 Mais voici que sur un autre malade, atteint aussi d’une douleur vive à l’épigastre, on trouve superficiellement, au niveau des muscles abdominaux, une rnatité résistante, tandis que, profondément, existe une sonorité extrême; 1l devient évi- : dent que des gaz distendent ün viscère creux qui, très-probablement, n’est autre que Pestomac, et que les muscles des parois abdominales se contractent sur eux. De là une médication appropriée à ces états pathologiques, telle que : d’une part, des applications de cataplasmes, des frictions ; et de l’autre, l'introduction d’une plume ou du doigt dans le pharynx, destinés à solliciter Pévacuation des fluides élastiques qui causent le mal.

1320. 9° Maïs on fait prendre du bicarbonate de soude en dissolution concentrée, à un homme que l’on soupçonne être atteint d’une oxigastrie (acides dans l’estomac blessant cet organe), etun instant après l’ingestion de ce sel, le plessimétrisme démontre par le son et le tact gaziques qui se manifestent, que des fluides élastiques (ou plutôt de acide carbonique) se dégagent en abondance; bientôt des éructations gazeuses abondantes surviennent, le malade ne souffre plus ; il est donc évident que le sel sodique a agi sur les acides gastriques ; qu’il a formé des composés inoffensifs, et que la médio-percussion a démontré ce fait d’une haute portée utilitaire. |

4321. 10° Dès l’époque la plus reculée, on a attribué à la chologastrie (bile dans l’estomac}), aux saburres, à lembarras gastrique, tout un cortége symptomatique, et l’on n'avait oublié que de constater si les états matériels de l’estomac dont il est ici queslion , existaient en effet. On croyait voir, il est vrai, dans les enduits de la langue, l’image de lemphraxie gastrique, mais les faits et de nombreuses expériences ont prouvé que cette image

prétendue était un miroir tout à fait infidèle (1). 1322. Or, faute de documents positifs, on s'était perdu dans des hypothèses insoutenables sur l’état saburral ou bilieux de lestomac, sur les fièvres bilieuses, la polycholie, etc. De grands

(4) Voyez mon Mémoire sur les enduits de la langue considérés comme Moyens de diagnose, les Traités de diagnostic, de médecine pratique, ete.

observateurs, tels que Stoll, oubliant : que l'on ne peut vomir sans que de la bile soit exprimée de la vésicule, et remonte par le pylore dans l'estomac, puis soit rejetée au dehors, et qu'il suffit d'une proportion minime de ce liquide pour colorer et rendre amère beaucoup d’eau avalée, ou de mucosités gastriques, ont émis des théories illusoires sur un grand nombre d’aflections dans lesquelles la bile n’était en rien la cause des symptômes. La pathogénie d’une foule de maladies est devenue, par suite de ces théories, tellement obscure, 'qu’en vérité, si l’on n’avait pas eu des moyens diagnosiques de démontrer le peu de fondement de ces hypothèses, il eût été impossible de débrouiller Pinextricable chaos de la pathologie polycholique.

1323. Or, ces moyens diagnosiques qui donnent des résullals si positifs, sont ceux que fournit le plessimétrisme. Dans limmense majorité des cas, en effet, où de nos jours encore, certains médecins admettent l’existence de maladies bilieuses, lestomac, percuté le matin et avant que le malade ait bu, ne conent, vers la région pylorique, alors que le malade est couché sur le côté droit, presque aucun liquide : le foie chez ces individus présente un volume médiocre, et la vésicule elle-même est peu distendue; eh bien! cette donnée renverse la plupart des raisonnements que l’on a émis sur les affections dites bilieuses, et quand on se rappelle que la cholémie, ou ictère, non-seulement n'est pas accompagnée de fièvre, mais qu’elle ralentit le pouls, on ne peut admettre l'existence de pyrexies produites par la bile.

132%. 11° Quand des emphraxies gastriques sont produites par des débris d'aliments, par des liquides altérés qui séjournent dans le ventricule, encore une fois, ce n’est pas l’examen de la langue, mais c’est bien la constatation d’un son malaxique ou hydrique à la partie déclive de l’estomac, qui en démontrent la présence et qui conduisent naturellement à en solliciter l’évacuation. (n° 1283, fig. 70.)

1325. 12° Lorsque des poisons liquides ont été avalés et sont contenus dans l'estomac, on peut constater, par le plessimétrisme, qu’ils sont encore présents, soit en totalité, soit en partie dans le ventricule, et alors on agit selon des indications pratiques qu’il n’est pas besoin de formuler.

1326. 13° Malgré les progrès récents de la diagnose, il se trouve encore plus d’un cas dans lequel on pourrait hésiter sur la question de savoir si le sang rendu par la bouche provient de

l’angiaire ou de estomac. Or si, après avoir percuté cet organe, et trouvé un son et un tact hydriques ou malaxiques dans le ventricule, une nouvelle hémoptysie est suivie de la constatation plessimétrique de sonorité et d’élasticité dans la région épigastrique, il est de toute évidence que le ventricule a été le siége de la rhémie. S'il survient ensuite de la matité hydrique dans l’estomac, il y a tout lieu de penser que du sang y est de nouveau contenu. De là des indications thérapiques de premier ordre, el que les praticiens comprendront facilement. |

1327. 14° Sagit-il de savoir si un rétrécissement existe au pylore; si, par suite de la sténosie, les aliments, ou même les boissons, séjournent longtemps dans l’estomac, à part les vomissements provoqués, il n’est qu’un moyen de le savoir et de mesurer jusqu'à quel point le passage des matières endogastriques peut ou non s’exécuter, et ce moyen est l’organographisme plessimétrique de l’estomac, et la constatation de la distension de celui-ci par les substances qu’il contient.

1328. 15° Un rétrécissement à l’orifice cardiogastrique exislet-1l à un tel degré que les liquides et les gaz ne peuvent le traverser, alors, comme je l’ai déjà dit, le ventricule cesse de donner lieu, suivant les cas, aux sons et aux tacts gaziques, tympaniques, hydriques et malaxiques, alors que l’on vient de faire prendre des aliments ou des boissons qui sont tout aussitôt rejetés par la régurgitalion, on trouve l’estomac vide (n° 4229). Or, c’est le plessimétrisme qui établit positivement si l’estomac est entièrement vide, ou si quelques gaz, quelques liquides, ou des parcelles d’aliments , y pénètrent encore. Il n’est en rien nécessaire d’exposer les indications pratiques qui peuvent être déduites de ces faits, Je me contenterai de faire remarquer que des opérations chirurgicales , propres à dilater les orifices gastriques rétrécis, deviennent possibles, alors que le plessimétrisme permet de déterminer le siége et la forme de l’estomac et de ses diverses parties.

1329. 16° Dans une foule de cas, la diagnose des tumeurs gastriques est, par l’inspection et la palpation, on ne peut plus difficile ; et, bien que la contraction permanente des muscles abdominaux (que l’on diminue par l’action d’un bain tiède prolongé) empêche souvent de pratiquer avec avantage la médio-percussion, toujours est-il que, dans une multitude de cas, elle fait reconnaître le siége, la forme, la profondeur, le volume, la consistance, la composition des gastrocélies, lesquelles sont ordinai-

rement rencontrées à droite de l'estomac, alors qu’elles appartiennent au pylore; toutefois, dans bien des cas, on trouve, par le plessimétrisme, des pylorosténosies dans la région ombilicale. 1330. 17° Les tumeurs, souvent volumineuses , développées à l’épigastre, ont-elles pour siége l’estomac, le foie et la rate ? Envahissent-elles simultanément, ou isolément, ces organes ? C’est ce que, fréquemment, le plessimétrisme démontre, puisqu'il fait fait reconnaître les rapports que ces viscères ont entre eux. 1331. 18° Que de fois accuse-t-on de névropathiques, des vomissements qu'il.faut bién rapporter à des lésions organiques, tandis que le plessimétrisme démontre que des gastrocélies sont les causes anatomiques de ces symptômes, ou encore qu'il y a coexistence de lésions hépatiques, utérines ou‘ovariques, qui ont déterminé les accidents observés ? On ne peut quère admettre comme vomissements nerveux qué ceux qui se déclarent, alors qu'il est 1mpossible de constater chez le malade qui en est atteint, des états organopathiques propres à les produrre. | | 1332. 19° Enfin, l’estomac étant si fréquemment influencé dans une multitude d’affections variées, et le plessimétrisme don: nant des documents de la plus haute importance dans la diagnose et la pathogénie de celles-ci, ilen résulte que la médio-percussion est encore, à ce point de vue, d’une très-grande utilité pralique, surtout lors qu’il s’agit d’élucider les questions pathogéniques et thérapiques relatives aux gastropathies, à la dyspepsie, à la pathologie en général.

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