INTESTINS GRÊLES; EXPÉRIENCES PLESSIMÉTRIQUES
sieurs fois, et qui, moins retentissants que ceux du cæcum et de l'estomac, étaient beaucoup plus clairs et plus élastiques que le son et le tact fournis par la percussion du foie et de la rate.
1400. «J'ai observé quelques variations dans les sons obtenus par la percussion médiate des intestins grêles : ainsi, la résonnance était très-claire quand il y avait beaucoup de gaz dans cés viscères, et obscure, au contraire, lorsque ces organes étaient contractés , et surtout lorsqu'ils contenaient des matières chymeuses abondantes. Quand celles-ci étaient très-molles, quand des liquides se trouvaient dans l'intestin, et lorsque celui-ci renfermait aussi des gaz, le bruit hydraérique avait quelquefois lieu ; mais dans le jéjunum et liléon, je n’ai observé que très-rarement la résonnance dont il s’agit. Dans certains cas, le bruit fourni par la percussion des intestins grêles n’était pas beaucoup plus clair, . lors du coucher sur le dos, que celui auquel donne lieu l’exploralion plessimétrique de l’hydropéritonie ; mais alors on ne rencontrait point de matité dans les régions colique droite et gauche, ni dans l’espace qui correspond au cæcum. Sur ces régions, au contraire, se faisait entendre une résonnance Lympanique très-remarquable. Enfin les nuances d’un son plus clair, qui se faisaient remarquer au-dessus de l’espace où se prononçait la matité des intestins grêles, n’étaient point séparées de cette malté par une ligne de niveau.
1401. «Lorsque le corps du malade reposait sur l’un ou l’autre côté, la résonnance tympanique des régions correspondantes aux gros intestins ne variait pas. Le cœcum, les côlons ascendant et descendant, présentaient encore leur sonorité normale. Ces faits étaient complétement opposés à ce qui avait été observé dans les cas d’hydropéritonie. |
1402. «Ce n’est pas que, dans quelques circonstances, lorsque l'intestin contenait des matières chymeuses, et lorsque le sujet était incliné sur le côté gauche, il n’y eût des changements de son et de tact qu’il était important de noter. Alors des points de la région intestinale où la résonnance avait été claire dans le coucher sur le dos, devenaient peu à peu le siége d’un certain degré de maté. Mais ce changement n'avait lieu que très-lentement, après une minute par exemple; tandis que, dans les épanchements libres de sérosité dans le péritoine, la matité de la partie déclive très-promptement. D'ailleurs, dans ces cas, le bruit était toujours moins sourd que celui auquel donne lieu la
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percussion du fluide de l’hydropéritonie; le niveau supérieur ne se rencontrait pas; le côlon descendant donnait tout à fait en bas les sons gazique où tympanique; enfin 1l suffisait de faire placer le sujet sur le côté droit et de percuter ensuite pour éviter toute erreur.
1403. «Des recherches du même genre faites sur l’homme vivant ont conduit à des résultats analogues à ceux qui avaient été obtenus sur les cadavres. Jai eu l’occasion de remarquer pendant la vie que quatre ou cinq heures après l’ingestion des aliments, la percussion médiate des intestins grêles donne beaucoup moins de son que dans le cas où la personné explorée est à jeûn.
1404. «Sur plusieurs sujets qui pendant la vie ou après la mort portaient des épanchements séreux et libres dans le péritoine, Je désirais avoir un moyen de découvrir si les intestins gréles ou les gros intestins plongeant dans le liquide étaient rapprochés ou éloignés de la paroi abdominale. Pour parvenir à cette connaissance, j'appliquai très-légèrement le plessimètre sur l’abdomen el je le percutai ensuite : lorsque, sur le point que j’explorais, les intestins touchaient à l’enveloppe abdominale, une résonnance gazique se faisait entendre; lorsqu'une couche de liquide était placée entre l'organe exploré et les parois, le bruit était semblable à celui que donne la sérosité de l’hydro-péritonie. Arrivait-il que cette couche fût mince? il suffisait de déprimer la surface abdominale avec le plessimètre pour écarter la sérosité, pour mettre en rapport Pinstrument avec le viscère et donner lieu à la production d’un son tympanique. La masse du fluide interposé élait-elle considérable, je n’obtenais la résonnance intestinale qu’en portant le plessimètre très-profondément. Le liquide enfin remplissait-il seul la partie de la cavité que j'examinais, le son était mat, à quelque distance que l’on déprimât les parois du ventre.
4405. « Pour qu'il ne restât pas de doute sur ce sujet, je mis partiellement à découvert, sur plusieurs cadavres d’hydropiques, la paroi antérieure de l’abdomen. Üne anse d’intestin pleine de gaz fut alternativement rapprochée et éloignée d’une partie des parois sous-jacente au liquide. Ce même point était en même temps percuté. Des résultats confirmatifs des expériences précédentes furent alors obtenus : le son était tympanique quand lintestin touchait à l’enveloppe abdominale; il devenait hydrique ou hydraérique quand le viscère était écarté des parois par une certaine quantité de liquide. » (Percussion médiate, 1827.)