PLACOPLESSISME DES CORPS MOUS OÙ LIQUIDES
mine, huile, solution très-concentrée de sulfate de magnésie, vin, eau de seltz, alcool à 36°, éther sulfurique et lait. Ces liquides ont été examinés dans l’amphithéâtre ou dans la salle Sainte- Agnès, et des médecins ou des élèves réitérèrent encore plusieurs fois les recherches qui se rapportaient au plessisme des liquides dont il s’agit.
35. Dans les expériences ultérieures, faites aussi à la Clinique, j'ai rempli des bocaux, analogues aux précédents, avec du pus, du sang liquide et du sang coagulé. Le pus a présenté, par le plessisme de ces vases, une matité tactile et acoustique extrême. Il en a été à peu près ainsi du sang liquide; mais le sang coagulé a été moins mat à l'oreille et au doigt que les deux autres substances.
36. Les faits qui viennent d’être signalés me paraissent avoir quelque importance pour la pratique, et, d’abord, ils prouvent de la manière la plus incontestable : 1° que la percussion médiate est applicable aux liquides comme aux solides; 2 qu’il doit y avoir autant de nuances de matité et d’élasticité à l'oreille et au doigt qu'il y a de variations dans la densité, dans la composition et dans la structure des corps ; 3° que la matité perçue n’est pas une chose simple et unique, telle qu’on l’admet en général, mais un phénomène variable dans ses caractères, et cela dans des ‘proportions infinies ; qu’il n’est pas aussi difficile que beaucoup de personnes le croient, de saisir, d'apprécier les diverses qualités de sons ou de sensations tactiles données par la percussion de corps divers, puisque les liquides étant moins accessibles au placoplessisme que les solides, 1l est cependant très-facile de juger par ce moyen d'exploration du timbre et de la résistance de ces mêmes liquides, etc.
37. Les applications cliniques des données pod te peuvent se présenter, et, certes, il serait bien important de pouvoir reconnaître par le plessimétrisme si, dans le cas d’un épanchement survenu dans la plèvre, dans le‘péritoine, dans un kyste, ce serait de la sérosité, du pus, du sang, des matières épaissies qui y sont renfermés, et il est probable qu’un résultat aussi heureux pourra être quelquefois obtenu.
38. Au point de vue des considérations précédentes, quelques réflexions utiles peuvent déjà être faites : 4° les liquides séreux, contenus même en abondance dans le tissu cellulaire, donnent au placoplessisme un son plus clair et une sensation tactile moins
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mate que ne le font du sang, du pus, renfermés dans une cavité close ; 2° une artère pleine de sang, surtout lorsqu'elle est dilatée, produit au placoplessisme une matité hydrique des plus facile à saisir, phénomène qui permet de signaler parfaitement le vaisseau (1); 3° les hémoplasties (coagulation du sang) qui ont lieu dans les poumons à la suite des pneumonémies, donnent aussi lieu à une obscurité de son et à une résistance au doigt assez développées ; 4° le pus contenu dans un abcès sous-cutané, quelque peu étendu qu’il soit, présente une matité extrêmement marquée, signe d’une extrême importance pratique dans les cas où la fluctuation ne peut être que difficilement obtenue.
39, C’est du reste à Pexpérimentation, à l’étude clinique qu’il appartient de décider du degré d'utilité diagnostique dont le placoplessisme des liquides est susceptible. Avec l’habitude, soutenue par la patience et le bon vouloir, on peut aller bien loin, alors qu'il s’agit de recherches qui reposent sur l’observation.
40. Ilest probable que l’industrie tirera quelque parti de la connaissance des faits relatifs aux divers sons, aux sensations variées que donne le placoplessime de liquides différents; et, par exemple, quand il s’agit de déterminer si dans un tonneau c’est de l’alcool, du vin, des huilés qui y sont déposés, peut-être la percussion aurait-elle de Putihité. Jusqu’à présent les faits ne sont pas venus donner leur sanction à ces points de vue théoriques.
S 3. Percussion médiatisée ou placoplessisme des gaz, des vapeurs et des corps solides placés au-dessous d'eux.
41. Le placoplessisme des corps gazeux ou vaporeux, dans les conditions de pression atmosphérique et de température ordinaire, donne lieu à une élasticité et à une sonorité ressenties par le tact et par l'oreille, Le degré auquel ces phénomènes sont portés correspond à la densité de ces fluides élastiques.
42. Une membrane en parchemin, en caoutchouc, etc., recouvrant l’ouverture d’un eylindre creux ou d’un ballon en verre, comme le fait la peau dont on se sert pour construire un tam-
(4) Ce fait a été très-utilement constaté dans un cas d’anévrysme de l'artère crurale, heureusement traité par mon collègue M. Denonvilliers, et par moi,
par la compression. Ce même fait a été publié dans le Courrier médical,