PLACOPLESSISME DES GAZ ET DES LIQUIDES
bour, est un placoplesse fort simple et très-apte à donner une idée des sensations, et peut produire la percussion médiate des gaz et des vapeurs.
43. Quand on dispose une semblable membrane sur lorifice d’un vase contenant de l’air, et cela de façon à empêcher toute pénétration de ce fluide élastique dans la cavité de ce vase, voici ce que l’on observe :
44. La membrane dont il s’agit est-elle sèche et médiocrement tendue, on obtient, en la percutant directement, le son et la sensation tactile qui lui sont propres et, de plus, une sonorité et une élasticité ressentie par le doigt, et dont les caractères sont en rapport, soit avec les vibrations et l’impulsion communiquée à l'air contenu dans le récipient, soit avec la capacité de celui-ci, soit encore avec la matière dont ce récipient est formé, soit, enfin, avec les corps sur lesquels il est placé, etc.
45. Lorsque cette membrane est mouillée, elle cesse d’être tendue, et sa consistance se rapproche de celle d’un corps mou. Alors le choc qu’on lui imprime directement donne à peine lieu à des impressions tactiles et acoustiques. Vient-on alors à fortement appliquer sur elle un placoplesse de bois, d'ivoire, de métal, etc., puis à le percuter, on produit d’une manière très-nelte des sensations acou et aphéplessiques en rapport avec la masse d'air qui, remplissant le vase, se trouve située au-dessous de la membrane.
46. Plus cette membrane est tendue, et plus aussi les sensaons dont il s’agit sont développées.
41. Si le vase dont la membrane oblitère l’ouverture est le récipient d’une machine pneumatique ou de la ventouse à pompe dont on se sert en médecine (bdellomètre de Sarlandière), si l’on raréfie l’air que ce vase contient, la membrane se distend et devient concave ; or, à mesure que le fluide élastique diminue de densité, la Ce produite par le plessisme décroît, el alors le tact éprouve plutôt, lors de la percussion, les caractères sensorlaux de la résistance et du plein que des sans ions en rapport avec l’élasticité et le vide (1).
48. S'il arrive au contraire que l’on insuffle avec force dans le récipient de la ventouse à pompe foulante ou aspirante, recou-
(4) I paraît, d’après les expériences de M. Morin, aide de physique à la Faculté, que les tons musicaux s'élèvent à mesure que, par l'aspiration, la membrane qui recouvre le vase est plus tendue.
16 PERCUSSION MÉDIATISÉE.
verte de la membrane dont il s’agit, et cela de manière à accumuler au-dessous de celle-ci le gaz atmosphérique, et à le condenser sous une pression considérable ; si l’on ferme ensuite hermétiquement l’ouverture du robinet de la pompe de façon à ce que l’air du dehors ne puisse pas sortir du récipient, on distend, et l’on tient distendue la membrane précédente; celle-ci fait alors saillie, tandis que, tout à l’heure , elle était tendue et déprimée en sens inverse. Si, dans ces circonstances, on percute avec la médiation d’une plaque solide la membrane obturatrice dont la forme est devenue bombée, les sensations aphé et accouplessiques qui en résultent présentent au plus haut degré possible les caractères de sonorité et d’élasticité propres aux gaz.
49. Quand les parois du récipient sont partout solides, les résultats du placoplessisme ne sont plus les mêmes que dans les cas précédents; si l’on vient à percuter ces parois contenant de l’air condensé, on obtient de la matité au doigt, mais de la sonorité à l’oreille ; c’est ce qui a lieu lors de la percussion d’une barrique pleine d’air.
50. Si l’on insuffle fortement un ballon en caoutchouc ou une simple vessie, comme l’a fait M. Skoda, et cela de manière à distendre extrêmement les parois de ces sphères creuses ; si l’on applique sur les parois de celle-ci une plaque d’ivoire de façon à ce que ce placoplesse ne déprime pas la membrane au-dessous de sa surface arrondie, on obtient un résultat auquel on était loin de s'attendre. Alors, en effet, on ressent une matité tactile prononcée, une résistance marquée , une absence de sonorité et d’élasticité qui ne sont nullement en rapport avec les sensations que des gaz condensés devraient produire. Ce fait remarquable, très-bien vu par lhabile praticien de Vienne, semble être en désaccord avec un grand nombre de phénomènes de percussion médiatisée. On observe cependant quelque chose de semblable alors que l’on frappe avec le doigt une bouteille qui ne contient que de l'air ; alors, en effet, les sensations tactiles qui sont obtenues sont les conséquences des vibrations du cylindre de verre que l’on percute, et non pas celles qui résultent des oscillations communiquées par le choc au fluide élastique contenu dans le récipient.
51. S'il arrive qu'après avoir appliqué le placoplesse ou une lame solide sur les parois de la sphère membraneuse extrêmement distendue par de air, sphère dont il vient d’être parlé; et