PLACOPLESSISME DES GAZ DISTENDANT UNE MEMBRANE
si, après avoir obtenu de cette façon la matité, la résistance, le défaut de sonorité et d’élasüicité précédemment indiqués, si, dis-je, on appuie alors fortement le placoplesse de mamière à ce que la portion de la paroi qui le supporte soit portée bien au-dessous du plan de la circonférence de la membrane sphérique et creuse, les phénomènes qui se manifestent par le placoplessisme sont bien différents de ceux dont il vient d’être question. Alors, en effet, la percussion médiatisée donnera lieu à une sonorité et à une élasticité extrêmes, qui rappelleront exactement les sensations tactiles et acoustiques obtenues alors que l’on percute sur une lame solide et sonore une membrane tendue et placée au-dessus d’une cloche contenant de l’air condensé (n° 48).
52. Il résulte manifestement de ce dernier fait que la matité et le défaut d’élasticité qui sont ressentes, alors que l’on percute sur un placoplesse la surface d’une sphère membraneuse trèsdistendue par l’insufflation, sont en rapport avec les parois que cette insufflation rend solides, et qui offrent par eux-mêmes de la résistance , soit dans toute l’étendue de leur circonférence, soit sur le point diamétralement opposé à celui ou la percussion médiate est pratiquée.
53. Lorsqu’au contraire la plaque de médiation a déprimé lenveloppe membraneuse, et quand la surface tendue n’est plus, sur le point percuté, placée sur le même plan que le reste de la paroi sphérique, c’est l’air contenu dans le ballon qui entre en vibration et qui produit une sonorité et une élasticité extrêmes.
54. Si l’on fixe solidement entre les doigts une lame mince d'ivoire, de manière à ce qu’en recevant un choc, elle ne puisse tomber; si on la place successivement à 2, 4, 6 et même 8 ou 10 centimètres au-dessus de la surface de corps variables en densité (métal, bois, eau, etc.), si l’on fait encore en sorte que la plaque dont 1l s’agit n’appuie en aucune façon sur ces corps, on obtient sans doute des sensations dues à la présence du gaz atmosphérique interposé; mais on éprouve en outre des impressions tactiles et acoustiques dont le caractère correspond à la disposition moléculaire des substances sous-jacentes à ce même air.
55. Vient-on à donner à la plaque de médiation la forme d’une sâche de serrure (1), pose-t-on les deux extrémités de cette gâche,
(1) Par exemple, un plessimètre ordinaire que l’on appuie, par ses deux auricules, sur la surface dont il s’agit.
18 PERCUSSION MÉDIATISÉE.
du côté de sa concavité, sur la surface que l’on veut faire vibrer, et la percute-t-on ? alors on obtient encore, à travers une couche d’air dont l’épaisseur correspond à la concavité de ce placoplessegâche, à distance des sensations tactiles et acoustiques tout à fait en rapport avec la disposition de la substance sur laquelle les extrémités de l’instrument sont placées. Nous reviendrons bientôt sur ce fait.
56. Bien plus, si l’on dispose, au-dessous de la lame dont il s’agit, une série de corps dont la consistance varie, la percussion de cette lame détermine, sur les points qui leur correspondent, des sensations variées, en raison de leur densité et de leur structure moléculaire.
57. Un ballon de verre contenant de l’air, est-il tenu de deux côtés par les mains d’un aide qui le fixent de façon à ce qu’il n’y ait derrière ce ballon aucun autre corps que l’atmosphère; vienton alors à le percuter à la partie moyenne de l’espace qui sépare les mains qui le maintiennent? on ressent au doigt et à l’oreille un degré marqué d’élasticité et de sonorité, et celles-ci diminuent manifestement si l’on a raréfié par aspiration Pair contenu dans le ballon. Les mêmes faits sont observés, alors que l’on percute médiatement une vessie pleine de gaz suspendue dans Pespace au moyen d’un cordon. (Expérience de M. Morin, aide de physique à la Faculté.) l
58. Vient-on à recouvrir l’une des extrémités d’un cylindre creux, avec une membrane disposée comme la peau d’un tambour, tandis que l’autre extrémité de ce cylindre reste libre, et est placée sur un corps solide; pratique-t-on alors, d’une manière assez forte, le placoplessisme sur la membrane dont il s’agit? #/ en résulle un son et une tmpression tactiles en rapport avec le degré de densité de ce même corps solide.
59. Si l’on place, au contraire, le cylindre horizontalement et d’une manière telle, que l'extrémité libre du cylindre soit en rapport avec l’atmosphère, et si l’on percute alors la membrane tendue, on obtient une sonorité et une élasticité extrêmes qui sont dues à la présence de l'air situé derrière le cylindre. |
60. Des phénomènes analogues se manifestent alors que l’on expérimente de la même façon avec une boîte pleine d’air, et ayant les dimensions et la forme d’une tabatière. Place-t-on cette boîte sur des corps de densité et de consistance différentes, elle donne, alors qu'on la frappe avec le doigt doucement et obliquement,