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CHAPITRE XXIIL

PLESSIMÉTRISME\ DES OVAIRES.

46641, Il semblerait, au premier coup d’æil, que la médio-percussion des ovaires à l’état normal doit être difficile et incertaine dans ses résultats ; c’est parce que j'ai longtemps eu moi-même cette opinion, que j'ai longtemps: négligé d'y insister. J’avais

d'autant moins raison de penser ainsi, que M. le docteur Raci-

borsky s'était déà occupé de ce sujet. En 1848, dans le Traité de médecine pratique, j'étais encore loin d'attribuer au plessimétrisme ovarique toute l’importance qu'il mérite, el voiei comment je m’exprimais #ors à cetle occasion :

1662. « Les ovaires, dans l’état normal, ont peu de volume ; ce sont de petits corps dans lesquels la proportion des solides est considérable, et le peu de liquides qui s’y trouvent n’est pas contenu dans une cavité vaste et unique. Or, ces circonstances font que le plessimétrisme donne des résultats bien plus difficiles à saisir que s'il s'agissait de fluides renfermés dans des parois membraneñses et minces. À dimensions égales et à poids sem-

blable, vous découvririez bien mieux, au moyen de la médio-percussion, l’aorte contenant du sang, la vésicule du fiel remplie de bile, qu’un organe qui serait constitué par un tissu solide. La raison de ceci est facile à saisir; un corps dur forme, pour les parties sous-jacentes, une sorte de plessimètre qui fait vibrer ces parties, tandis que les liquides renfermés dans une cavité amortissent le choc, et donnent lieu à une matité absolue. Aussi, quand les ovaires sont augmentés de volume, et lorsque surtout ils contiennent des liquides, ils sont très-reconnaissables au moyen du plessimétrisme, par la matité et par le défaut d’élasticité qu’ils donnent dans le lieu qu ‘ils occupent. » (Traité de méd. pratique, n° 9963.)

1663. Certes, les réflexions précédentes sont justes, et en grande partie conformes aux faits; mais grâce aux progrès de la médio-pereussion, l’exploration plessimétrique des ovaires est devenue, pour ceux. qui l’ont étudiée avec soin, non-seulement possible, mais encore assez facile.

8 1. Anatomie normale et anormale des ovaires au point de vue du plessimétrisme. |

1664. Les ovaires, dans l’état normal, occupent la partie inférieure et latérale de l’abdomen, et sont situés à quelques centimètres au-devant du rebord-iliaque; comme leur siége n’est pas complétement fixe, on ne peut préciser davantage leur position, Leur volume constaté sur le cadavre a été étudié par M. ji

D'après des recherches suivies, cet anatomiste a trouvé, m’a-t-il dit, que leur grand diamètre était ordinairement de 3 centimètres dans le sens de leur longueur, et de 2 dans celui de leur largeur; cependant il y a, suivant lui, de grandes variations à cel égard. Malheureusement les faits ériqus ne peuvent donner une juste idée du volume que ces corps présentent pendant la vie, et il en arrive ainsi à cause des proportions de sang plus considérables qu’ils peuvent présenter avant la mort qu'après le décès. En général, on peut dire qu’ils ont une forme allongée, élliptique, et une faible épaisseur. Ils sont, tous les vingt- -huit jours et à l’époque menstruelle, le siége d’une congestion qui augmente leur dimension; ce fait a été constaté par lexploration plessimétrique que j'ai Bratiquébie à diverses époques de la men-

struation, | j

1665, Pour l'intelligence des considérations qui vont suivre, il faut se rappeler les faits que voici, et dont la connaissance est due, soit à de Graaf, soit à MM. Négrier, Montgommery et à M, Raciborsky : une des vésicules de Graaf, contenue dans les ovaires, se développe successivement dans l’intervalle des règles; à l'époque menstruelle, et sans fécondation préalable, une couche granuleuse, d’une couleur jaune chez la femme, d’une autre coloration chez divers animaux, se forme à la surface du corps ovarique, et y constitue une membrane accidentelle, En même temps a lieu une telle congestion de l’ovaire (ovarêmie) du côté où ces phénomènes se passent, qu'il augmente parfois, en deux ou trois jours, du double de son volume habituel. L'autre ovaire conserve ses dimensions ordinaires. En même temps, l’ovule augmente, et

finit par rompre sa membrane d’enveloppe, et cela à la partie qui est la plus saillante à la surface ovarique ; le liquide contenu autour de cet ovule s’échappe. Après sa sortie, les débris, les portions de kystes qui en résultent contiennent un caillot, et bientôt se présente, sous l’apparence d’une tache jaune (corpus luteum), une couche granuleuse jaunâtre, Le moment où la vésicule est très-développée et sur le point de se détacher est celui où la fécondation est la plus facile. La congestion sanguine ovarique peut être portée jusqu’à l’hémorrhagie, Celle-ei a liau dans le point même où la vésieule se sépare, — à l’entour d'elle, ou même dans les autres régions de l’organe. Des ovarites sont parfois les conséquences de ce travail, En même temps que de tels phénomènes se passent dans les ovaires, les trompes se congestionnent, l’utérus s’hypérèmie et devient le siége d’un hémorrhagisme , lui-même accompagné de la turgescence san: guine du tissu éréctile propre au chtoris et aux divers points du vagin, | |

1666. Les ovaires sont susceptibles d’une infinité de lésions, parmi lesquelles il faut citer les congestions sanguines et les phlegmasies, lesquelles augmentent souvent momentanément leur volume; mais ce sont particulièrement les tumeurs dont ils peuvent être le siége qui sont intéressantes au point de vue du plessimétrisme, |

1667, « Pour comprendre la nature des lésions nombreuses réunies sous le nom de tumeurs des ovaires, il faut, avant tout, se rappeler la disposition anatomique et les fonctions départies à ces organes. Constiluant la partie principale de l’angiove, ils

sont, comme leur nom l’indique, les agents de formation ou du moins de conservation, et de primitif développement des œufs non fécondés. Formés par un tissu spécial, par une sorte de blastême, ils sont similaires aux autres tissus de l’organisme, et par conséquent susceptibles d’éprouver les mêmes modifications, les mêmes hétérotrophies que les autres parties du corps humain, Mais dans ce tissu mêrne se trouvent des kystes élémen- taires et organisés, des cellules (si. l’on adopte les opinions des micrographes modernes), qui, vivant en quelque sorte de leur vie propre, indépendants jusqu’à un certain point du reste de l’économie, peuvent en conséquence être atteints de lésions isolées ; l’influence de ces affections sur l’organisme en général doit être, à cause de l’isolement dont il s’agit, bien moins marquée que s’il s'agissait d’altérations d'organes faisant partie des ensembles nutrifs (vie organique) et de relation (vie animale). Les rudiments des œufs, et surtout des œufs fécondés, peuvent être considérés comme des êtres à part, comme une sorte de gemmule qui n’attend que le moment, que l’occasion de son développement, et qui, dans toutes les phases de son existence, n’est pas absolument lié au reste de l’économie. Peut-être pourrait-on comparer les ovules à des entes animales plutôt qu’à des parties essentielles à individu qui les porte. » |

$ 2. Nécrographie des ovaro-mégalies considérées en général.

1668, Les ovaires sont souvent le siége de mégalies, de célies et d’hétérotrophies de toutes sortes, — Les tumeurs ovariques présentent, dans quelques cas, une dimension telle qu’elles remplissent toute la cavité abdominale, refoulent les viscères vers le thorax , simulent la grossesse à terme, ou dépassent même de beaucoup le volume de la matrice, même développée par le produit de la conception. On en a vu qui pesaient dix, quinze kilogrammes et plus, Entre cette extrême dimension de Fovaromégalie et les proportions de l’état normal, les ovaires sont susceptibles de présenter tous les degrés possibles de tuméfaction.

4669. « Le siége de ces tumeurs est primitivement dans les régions iliaques ou dans l’hypogastre, c’est-à-dire sur les points où, dans l’état normal, les organes dont il s’agit se trouvent habituellement placés, A mesure qu’elles se développent, les ovaromégalies viennent se placer dans d’autres points de l’abdomen, On les

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