PLACOPLESSISME DES SOLIDES A TRAVERS DES GAZ
par rapport à la surface percutée, le son et la sensation tactiles d'élasticité qui sont propres, soit à elle-même, soit à l'air qu'elle renferme. |
61. S'il arrive, au contraire, que le choc qu'on imprime à cette boîte est plus fort et dirigé plus perpendiculairement, et si le doigt qui frappe est maintenu appliqué un instant après la percussion, on sent et l’on entend parfaitement des résultats placoplessiques en rapport avec les divers corps sous-jacents à la boîte.
62. Il résulte clairement de ce qui précède, que l’interposition. d’une couche gazeuse, peu épaisse, située entre un placoplesse et des corps divers, n'empêche pas de ressentir des impressions tactiles et acoustiques en rapport avec la présence de ces corps.
. Nous aurons bien souvent, dans la suite de cet ouvrage, à revenir sur ce fait important, dont la diagnose anatomique tire un très-grand parti.
63. Les conditions physiques, la disposition moléculaire des corps qui sont situés autour de l’air ou du gaz que l’on percute médiatement, influent sur le volume et le timbre des sons produits. C’est en raison de ce fait, que certains salons font, beaucoup mieux que certains autres, valoir la voix des chanteurs ou de la musique instrumentale; que des vases creux, que des substances dures et sonores, placés dans les salles de spectacle, augmentent, par l’écho auquel ils donnent lieu, les effets d’acoustique produits. C’est encore ainsi, qu’en percutant une lame d'ivoire placée sur l’ouverture d’un vase rempli de gaz, on obtient un son, et l’on éprouve des sensations tactiles très-différentes de celles qui se manifesteraient si la même expérience était faite sur un autre vase dont la forme et la capacité seraient différentes. Des lames de sapin, ou de tout autre bois mince et sonore, disposées de manière à être libres dans une grande partie de leur étendue, augmentent aussi de beaucoup l'intensité dans les sons produits par des corps que l’on percutent non loin d'elles (1).
S 4. Percussion médiatisée (placoplessisme) des liquides contenus dans des solides.
64. Tout liquide contenu dans un corps solide, et que l’on percute sur un placoplesse, donne lieu à une matité, à un défaut d’élasticité très-appréciable par le tact et par l’oreille. Ces sensations
(1) Le hasard m'a fait utiliser un appareil de ce genre, qui a singulièrement
20 PERCUSSION MÉDIATISÉE.
sont tout à fait spéciales. Il semble à l’observateur que le choc qu’il imprime au corps qu’il frappe soit entièrement amorti par le liquide et, de telle sorte, que ce liquide ne rende pas au doigt le mouvement qu’il a reçu. C’est ici un phénomène d'absorption, d'interruption des vibrations sonores et tactiles qui rappellent la manière dont les rayons lumineux se perdent en quelque sorte dans un corps noir.
65. Il y a ici deux circonstances dont il est très-utile de tenir compte :
1° Lorsque la paroi qui entoure un liquide est très-solide et cylindrique, comme cela a lieu pour une bouteille en verre, un vase en faïence., etc, on obtient à peine des sensations qui se rapportent au liquide contenu, tandis que l’on ressent les impressions de dureté, de résistance, qui sont les résultats de la percussion des parois cylindriques du vase. C’est le même fait que celui qui a été mentionné lorsque l’on vient à percuter un ballon membraneux très-distendu par de l'air (n° 50); 2° quand, au contraire, les parois du récipient contenant un liquide sont plus ou moins membraneuses et flexibles, et lorsqu'on les percute sur un placoplesse, alors les sensations acoustiques et tactiles donnent lieu à des nuances de matité dont les caractères correspondent à la disposition et à la nature des liquides renfermés dans le récipient.
66. Quand le corps solide présente des aréoles, des vacuoles nombreuses, et que des liquides y sont contenus en grandes proporüons, sans qu'il y ait de gaz interposés ou mélangés avec ces liquides, ensemble de circonstances qui a lieu lorsqu'une éponge vient d’être trempée dans l’eau, on obtient, par le placoplessisme de ce corps, des caractères de sonorité et de tact à peu près semblables à ceux qui résultent de la percussion des corps mous; et ces caractères diffèrent fort peu de ceux qui sont en rapport avec la présence des liquides.
67. Si dans l’épaisseur d’un corps imbibé d’eau existait une collection de liquides contenus dans une grande cavité, probable-
augmenté la sonorité musicale d’un salon ; cet appareil est composé de planchettes minces, larges, placées au-dessus des enfoncements de plusieurs portes. Il remplit l'office des tables d'harmonie que l’on dispose dans les instruments à cordes. Employé dans un but de simple ornementation, il a notablement augmenté le volume de la voix et le son des instruments. Peut-étre pourrait-on utiliser ce fait dans la construction des salles de spectacles.
PLACOPLESSISME DES CORPS CONTENANT DES GAZ. 21 ment les sensations données par la percussion de ces liquides accumulés seraient différentes de celles que produirait le reste du corps que l’eau aurait imbibé.
$ 5. Percussion médiatisée (placoplessisme) des corps solides contenant des gaz entre leurs éléments constitutifs.
68. Nous avons déjà vu ce qui arrive à des corps solides peu compressibles, alors qu’ils contiennent de l’air. Lorsque ces corps solides sont souples, membraneux, médiocrement tendus, et qu'ils renferment des gaz dans leur cavité, la sonorité, lélasticité qu’ils donnent par le placoplessisme sont en rapport avec la proportion, la densité, etc., de ces gaz. S'il arrive qu’un corps solide contienne un ensemble de petites cavités remplies de fluides élastiques, ou si la matière solide très-ténue, formant une sorte de feutrage, pénétré de gaz ou d’air (une éponge sèche contenant de l’air, une masse de crin, de laine ou de plumes renfermée ou non dans un tissu), alors le placoplessisme donne lieu à une sonorité et à une élasticité très-marquées et dont les degrés varient en raison, soit de la proportion respective des solides et des fluides élastiques, soit de la dimension et de la densité du corps percuté. |
69. Dans les conditions précédentes, et lors de la percussion médiatisée, les parties solides contenant dans leur trame aréolaire des fluides élastiques communiquent, mieux que ne le feraient des gaz distendant une sphère creuse, les sensations tactiles et acoustiques en rapport avec le plessisme des substances situées au-dessous de ces corps. Ainsi, un coussin, un matelas, etc., percutés fortement sur un placoplesse appliqué sur eux, permettront de mieux entendre le son obscur donné par une planche placée au-dessous de ces corps que ne le ferait une membrane de même volume et de même forme contenant des gaz dans une cavité unique. |
70. Si une cavité remplie d’air est contenue dans un corps s0lide, il arrivera que sur les points de ce corps où elle correspondra, le placoplessisme fera obtenir une sonorité et une élasticité très-marquées, tandis que, sur les parties de ce même corps qui ne seront pas en rapport avec la cavité, on trouvera des caractères de percussion qui varieront en raison de la composition et de la densité des portions de ce corps qui sont frappées.
29 PERCUSSION MÉDIATISÉE.
8 6. Percussion médiatisée (placoplessisme) des corps solides contenant, dans une même cavité, des liquides et de l'air,
71. Si l’on percute directement, où avec Pintermédiaire d’un placoplesse, un ballon ou un vase en verre très-mince, à moitié rempli d’eau et à moitié plein d’air, on trouve que la partie de ce ballon ou de ce vase qui contient le liquide donne lieu à une matité, à une diminution d’élasticité, et cela d’une façon d’autant plus marquée que le choc a lieu sur des régions du vase plus inférieurement placées.
72. Si l’on pratique le plessisme ou le placoplessisme sur les parties du récipient où des gaz correspondent, on obtient à un haut degré de la sonorité et de l’élasticité.
73. Vers les points qui séparent la couche d’eau inférieurement placée de la masse gazeuse située au-dessus, points qui, suivant les lois de la pesanteur, sont disposés sur une ligne de niveau, on entend un bruit particulier, une vibration spéciale à timbre métallique, et dont le summum se rencontre à l’endroit où les gaz et les liquides sont en contact. Cependant, un peu audessus et un peu au-dessous de la ligne de niveau dont 1 vient d’être parlé, on trouve encore, à des degrés divers, la même résonnance métallique. | (
74. Les phénomènes dont il s’agit sont surtout évidents alors que le récipient des gaz et des liquides que l’on pereute est membraneux et souple, C’est ce qui arrive pour une vessie ou un ballon en caoutchouc médiocrement tendus, et contenant à la fois des corps aqueux et des fluides élastiques.
15. S'il arrive que l’on change la position du vase, du ballon ou de la poche membraneuse, remplie en partie de liquide et de gaz dont il vient d’être parlé, le lieu qu’occupent le liquide et les fluides élastiques est modifié d’une telle façon, qu’en vertu des lois de la pesanteur, le liquide tombe à la partie déclive, tandis que les corps gazeux se placent au-dessus. Une ligne de niveau sépare encore 101 la couche aériforme de la surface aqueuse et à la bauteur de cette nouvelle ligne de niveau, se déclarent encore des vibrations à timbre métallique.
16. Autant de fois que survient un changement de position du vase contenant à la fois des liquides et des gaz, autant de fois aussi se manifestent des variations analogues aux précédentes