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PLESSIMÉTRISME DU CERVEAU ET DE LA MOELLE

ganes autres que l'encéphale et que peuvent causer ou entretenir les lésions dont le névraxe est parfois atteint. S'agit-il, par exemple, de congestions ou d’hémorrhagies encéphaliques, l'appréciation et les proportions de sang contenues dans le corps du malade, appréciation obtenue exactement par le plessimétrisme, est pour le traitement d’une utilité de premier ordre. On en peut dire autant des moyens que donne cette méthode pour apprendre : si le cœur, l'aorte, la veine-cave supérieure sont dilatés ou sténosiés ; si des obstacles à l’entrée de l'air et causant l’hypoxémie sont survenus dans la trachée, les bronches, les poumons; si les viscères refoulés vers l'abdomen et contenant des gaz ou des matières, ne sont pas refoulés vers le thorax, s’ils ne déterminent pas une stase sanguine dans les vaisseaux du cou et du cerveau, etc., etc. Estil question de symptômes cérébraux de cause douteuse, ainsi que l’on en observe dans les collections symptomatiques dites hystérie, épilepsie, etc.? n'est-il pas évident que l’appréciation exacte du volume de la rate peut conduire dans ces affections à faire reconnaître soit le caractère de périodicité du mal, soit une fièvre intermittente pernicieuse, comme je l’ai observé dans un cas de tétanos, lequel guérit promptement par de hautes doses de quinine solubilisée? Ne m’est-il pas plusieurs fois arrivé que le plessimétrisme me faisant découvrir sur des aliénés ou sur des malades qui déliraient, ou sur des enfants atteints de paidenctphalie (fièvre cérébrale) une spléno-mégalie, d’être ainsi conduit à avoir recours au sulfate de quinine ou à l’extrait de berberis, et n’ai-je pas fréquemment vu alors les accidents les plus graves se - dissiper avec promptitude? Est-ce que les résultats du plessimétrisme du ‘corps thyroïde (thyros) obtenus lors des phénomènes cérébraux observables dans ce que l’on a appelé goître exophthalmique, ne m'ont pas fait constater avec une grande utilité diagnosique et même thérapique que la veine-cave supérieure était comprimée par un goître s'étendant au loin dans le thorax, et que de à résultaient les phénomènes encéphaliques observés? N'est-ce pas encore la médio-percussion qui, dans un grand nombre de névralgies du front ou de la face, m'a fait voir que la rate malade était le point de départ de la douleur névrique? et n’ai-je pas fait promptement dissiper le mal en combattant par la quinine solubilisée ou par lextrait de berberis la lésion splénique? N’avonsnous pas vu précédemment (n° 4172 et suiv.) que, dans une multitude de cas de névralgies cervicales, brachiales, intercostales,

lombaires, sciatiques, etc., le plessimétrisme avait fait reconnaître des lésions osseuses du rachis ou du bassin qui avaient occasionné la souffrance névrique? Un grand nombre de malades n’ont-ils pas dû leur guérison à la diagnose exacte de la cause anatomique de telles souffrances, et dans les cas de la non-constatation de ces lésions, n’a-t-on pas dû penser à des affections dites névroses ? etc., etc.

4835. Ainsi, et je le répète à dessein, dans les affections encéphaliques, myéliques, ainsi qu’il en est arrivé dans tant d’autres cas où le plessimétrisme, pratiqué sur la partie où les symptômes morbides se déclarent, ne donne presque aucune application utile , la médio-percussion n’en éclaire pas moins le médecin sur la diagnose et le traitement des lésions existantes, puisqu’il fournit des notions précises sur l’état anatomique des organes dont les lésions influent sur la maladie de FRreRTe que l’on étudie principalement.

1836. La tumeur épicrânienne qui, chez l’enfant, se manifeste lors de l’accouchement , donne à la médio-percussion un son et un tact essentiellement hydriques, tandis qu’à sa circonférence se prononce les jours suivants, alors que l’on percute, une matité sclérosique sèche en rapport avec les incrustations qui se forment à l’entour de cette célie, etc., etc.

8 2, Exploration plessimétrique des sinus frontaux, maxillaires, et des fosses nasales,.

4837. Les sinus frontaux se dessinent de la manière la plus positive et la plus exacte par le plessimétrisme ; j'ai fait des expériences sur ce sujet, et elles ont été précédemment publiées. L’air contenu dans les sinus du coronal donne lieu, lors de la médio-percussion du feuillet osseux qui les recouvre, à une sonorité et à une élasticité marquées, lesquelles se manifestent alors que le plessimétrisme est assez profondément pratiqué, tandis que si l’on vient à frapper un peu plus superficiellement et plus légèrement, on obtient le son et le tact sclérosiques secs propres aux os compacts. Quelle que soit d’ailleurs la manière dont la percussion soit faite sur les points dont il vient d’être parlé, on obtient toujours les sensations placoplessiques propres au tissu osseux, mais elles y sont combinées avec les impressions plessimétriques que donne l'air contenu dans les sinus; tout à l’entour de cette cavité la médio-percussion donne, au contraire,

des impressions placoplessiques en rapport : en haut et sur les côtés avec le cerveau et le crâne , et en bas avec les cavités nasales pleines d’air, Dans les expériences cadavériques que j'ai faites sur ce sujet, j'ai tracé une ligne noire sur les points où je trouvais les changements de résultats plessimétriques qui viennent d'être indiqués, puis j'ai enlevé avec soin la table osseuse qui recouvrait le sinus, et la section que j'avais faite sur la ligne de circonscription de cette extension des fosses nasales tomba exactement sur la limitation tracée à l'extérieur. En effet, le dessin indiqué sur la peau correspondait exactement à la forme du sinus lui-même.

x Matité du crâne et du cerveau,

Élasticité, sonorité de l’em- AK physème des paupières. |

re à

<æ Sinus frontal,

Sonorité et élasticité des fosses nasales. . , , , 5—

( Figure 91.)

Plessimétriame du crâne, du sinus frontal, du nez, de, Al'aérpthmie des paupières,

1838, Dans deux cas, j'ai constaté, alors qu’il s'agissait: de rhinites fort intenses, une matité hydrique profonde au-dessous du feuillet osseux qui recouvre le sinus frontal, Une vive douleur avec coexistence d’une pentanévralgie se manifestait sur ee point, Le lendemain, les malades rendirent par le nez une proportion assez grande d’un liquide muqueux et puriforme. Le son et le tact gaziques reparurent alors dans la région nazofrontale, et alors la douleur de la cinquième paire de nerfs disparut complétement. On conçoit facilement que d’autres applications pratiques, déduites des considérations et des faits pRAnédanss, pourront ultérieurement être faites.

1839. Le plessimétrisme des sinus maxillairés donne lieu à dés résultats analogues à eeux qui résultent de celui des sinus frontaux. On y:trouve par cette méthode un bruit ostéique superfifellement-obtenu au niveau des os de la pommette, et même,

plus inférieurement, un act et un son gaziques profonds , reconnus derrière ces mêmes os, et cela dans l'étendue et dans la forme connues des sinus maxillaires. On rencontre, au contraire, une matité hydrique manifeste à la place ordinairement sonore, alors que des abcès viennent à se déclarer dans les sinus maxillaires, et cette matité se dissipe après l'évacuation du liquide puriforme contenu dans ces appendices des fosses nasales, Jai vu plusieurs faits de ce genre faciles à constater par la comparaison établie entre les résultats de la médio-percussion pratiquée sur les deux joues. Il y a lieu de croire que l’expérience ultérieure fera connaître de nouvelles applications pratiques du plessimétrisme des cavités maxillaires; et, par exemple, il y a lieu de penser que si des tumeurs de diverses sortes, des polypes mous ou durs, viennent à se former dans les cavités nasaies, dans le nez, dans les sinus dont il vient d’être parlé, la matifé qu’ils donneront sur ces parties ordinairement sonores pourra être, sous le rapport de la diagnose, une souree de doeuments utiles,

8 3, Plessimétrisme des mâchoires et de la bouche.

1840. J'ai été récemment consulté pour une névralgie du menton survenue chez un enfant de dix ans, qui depuis plusieurs semaines souffrait infiniment, sans que l’on fût parvenu à calmer le mal. Le plessimétrisme, pratiqué sur le point douloureux et sur le côté droit de l'os maxillaire inférieur, me f il trouver une matité marquée, laquelle s'étendait fort loin en arrière et à droite. Or, sur le point où le son et le tact de l’os redevenaient normaux, existail une carie profonde de la première grosse molaire; sur ceux où la matité existait, l’os était épaissi. Je fis arracher la dent, el le malade ne souffrait plus dès le lendemain. Jai eu à plusieurs re- prises l’occasion d'observer des faïts de ce genre (1).

8 4. Plessimétrisme des paupières ef de lapophyse mastoïde.

1841. J'ai parlé précédemment (n° 415) de lemphysème des paupières donnant lieu, par le plessimétrisme, à de, la sonorilé et à de l’élasticité, circonstances qui firent reconnaître à mes ho-

(1) Depuis un temps immémorial, les dentistes pereutent utilement; ils reconnaissent par la sonorité de la partie malade la carie existante, les dents qui paraissent saines, mais où ils Ma eee ie une cavité Han avec un

corps dur.

norables collègues MM. Richer (dans un cas) et Jarjavay (dans un autre fait), une fracture de l’os unguis; j’ai vu une perforation des voies lacrymales, survenue à la suite de l’action de se moucher avec violence, déterminer brusquement A à blépharique (emphysème palpébral).

1842. On serait de prime abord fort peu disposé à penser qu’il fût possible de tirer quelque parti du plessimétrisme dans les lésions dont les apophyses mastoïdes peuvent être le siége. Avec un peu de réflexion on comprendra que cette méthode d’exploration est ici complétement applicable. Sans doute les protubérances dont il s’agit sont, comme le reste du crâne, de nature osseuse ; mais elle sont en quelque sorte criblées d’un nombre considérable de cellules contenant de l’air qui leur parvient par l'oreille moyenne et qui constituent un moyen de renforcement pour les sons ; elles sont, d’un autre côté, de véritables sinus, des vésicules aériennes et respiratoires à parois osseuses ; aussi, lorsque l’on vient à percuter médiatement les apophyses mastoïdes et que l’on compare les résultats obtenus sur ce point, par la médio-percussion, avec ceux que donne le reste du crâne (exception faite de la bosse frontale), on trouve sur cette apophyse et par le plessimétrisme, un mélange de sensations sclérosiques et gaziques fort différent de la matité sclérosique propre au crâne, et dès lors la nuance malaxique que donne le cerveau est très-facilement disunguee de cette dernière.

1843. Ces considérations théoriques et expérimentales sur les os sont tellement applicables, que, dans un cas, elles m'ont conduit à un fait pratique du plus haut intérêt, et que j’ai déjà publié, sans que je puisse me ressouvenir er quel temps et en quel lieu.

1844. Un fondeur en caractères, âgé d’un peu plus de vingt ans, éprouvait une douleur vive dans la région mastoïdienne droite; il avait eu précédemment une rhinite grave. La souffrance était bornée précisément à l’apophyse mastoïde, légèrement tuméfiée. Je comparai la forme et le volume de cette protubérance à ceux de l’autre apophyse mastoïde, et c’est de cette façon que je constatai la légère saillie existante. . Ainsi que je l'avais fait à plusieurs reprises, je percutai médiatement des deux côtés, et je trouvai sur l’apophyse mastoïde droite le son et le tact de la matité hydrique combinée avec le son sclérosique de los. A ce fait si curieux à noter je réunis les résultats de l’auscultation :

[42] lors du moucher exécuté avec force, on entendait, par le stéthoscopisme, un ronchus fin et humide qui avait lieu dans les cellules de l'os, et qui contribua à prouver l'existence d’une lésion grave de lapophyse. Des liquides y étaient à coup sûr contenus, et il y abordait encore de lair; je pensai qu’un abcès s’était formé; j'attendis quelques jours ; l’os se ramollit; je plongeai un trois. quart dans la tumeur qu’il formait ; il s’'écoula en abondance un pus jaunâtre; j'injectai plusieurs jours de suite dans l’abcès de la teinture d’iode iodurée au tiers, et j’eus le bonheur de voir la guérison suivre bientôt ce traitement éminemment rationnel.

1845. Jusqu'à présent ce fait est unique dans la science. Il y a tout lieu de penser que, dans l’avenir, d’autres cas du même genre se présenteront, et que d’autres applications pratiques de la médiopercussion aux maladies du crâne et de la face seront tôt ou tard observées,

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