NÉCESSITÉ DE BIEN MAINTENIR LE PLACOPLESSE
aussi, quelle que soit la force avec laquelle on cherche à maintenir ce moyen médiateur, il ne présente pas assez de solidité et de résistance pour empêcher le choc qu'il reçoit d’être communiqué aux organes sous-jacents.
166. M. le docteur Thelmier a présenté. à l’Académie de médecine un placoplesse dont la disposition est. très - Ingénieuse. Cet instrument, dont la plaque ne diffère pas de celle qui constitue la partie principale du plessimètre ordinaire, dont la description va bientôt être donnée, est d’une forme ovalaire, présente une tige droite, de 10 centimètres, qui est articulée avec la lame d'ivoire. Cette articulation permet d’incliner à volonté cette lame sur le manche dont 1l s’agit, et cela suivant des angles ouverts de 45 à 89 degrés. Un mécanisme très-simple sert à maintenir la plaque dans la direction que l’on a jugé utile de lui donner. C’est ce degré d’inchnaison variable à volonté, c’est cette manière de fixer l’instrument qui seule constitue une innovation. Celle-ci peut avoir quelquefois d’utiles applications. Ce n’est pas une chose nouvelle que de placer un placoplesse à l’extrémité d’une tige. Le premier moyen de ce genre que j'ai employé à été figuré dans le Traité de la percussion médiate (figure 7 de la 1*° planche); 1l consiste en une plaque de sapin supportée par un manche recourbé (1). Elle fut exécutée le lendemain même de la découverte du plessimètre. Il m'arrive même encore, alors que je n’ai pas un placoplesse meilleur sous la main, de me servir, comme instrument médiateur, d’un simple couteau à papier en bois ou en ivoire. Ces moyens de médiation sont toujours très-insuffisants ; aucun d'eux ne peut être bien maintenu. L'avantage réel que présenterait le placoplesse de M. le docteur Thelmier serait de pouvoir être plus facilement que d’autres appliqué sur certaines parties du COrps. |
167. Une petite boite creuse, semblable à une tabaüère, pourrait, à la rigueur, servir de placoplesse; et Laennec m'avait proposé, sans doute dans l'intention de renforcer les sons, de me servir d’un instrument de ce genre (percussion médiale, p. 15). Ce petit appareil n’a aucun avantage sur le plessimètre ordinaire.
168. J’ai employé en 1835 (Procédé opératoire, p. 19, n° 2), dans l'espoir d'augmenter l’intensité des sons, un plessimètre qui semblait devoir être utile, et que l'expérience m'a fait bientôt aban-
(1) Plus tard, Récamier se servit d’une plaque de même substance et dont la tige était droite.
DESCRIPTION DU PLESSIMÈTRE. 53 donner, Voici en quoi il consistait : la plaque circulaire de bois ou d'ivoire qui constitue le plessimètre était circulairement entourée d’un tuyau creux, rempli de gaz, recouvert de parchemin par sa face libre, et remplissant assez bien les conditions d’un tambour. Je croyais que le son produit par cet instrument devait s’accroître dans les mêmes proportions que le fait le bruit de ce tambour mis en communication avec un corps sonore. La percussion pratiquée avec ce plessimètre a bien donné un peu plus de son, mais les différences entre les bruits produits par les divers organes sous-jacents n’en sont pas devenues pour cela plus sensibles (1).