CHAPITRE VE
ÉTUDE PRÉALABLE DU PLESSIMÉTRISME SUR LES OBJETS INANIMÉS ET SUR LES CADAVRES,
S 4. Étude du plessimétrisme sur les objets inanimés.
295. Avant de percuter sur l’homme, # faut s'exercer au plessimétrisme sur divers objets dont la disposition moléculaire représente, autant que possible, celle des divers organes. Un oreiller, un matelas immédiatement percutés, donnent des sensations qui ont de analogie avec celles qui résultent du placoplessisme de poumons plus ou moins sonores et élastiques ; un ballon d’enfant, médiocrement distendu par de l'air, fait entendre par le plessimétrisme des sons tympaniques analogues à ceux qué présentent l’estomac ou le cœcum remplis d’air ou de gaz; un morceau de bois fournit par la médio-pereussion des bruits et des sensations tactiles qui rappellent celles que donnent les os, ete., ete, IT est extrêmement facile de s’exercer à percuter ces corps; et, quand on a pris lPhabitude de le faire, on arrive très-aisément à exécuter le plessimétrisme sur l’homme.
226. Veut-on bien apprendre le manuel de la médio-percussion profonde? veut-on démontrer jusqu’à lévidence aux incrédules que le plessimétrisme donne les moyens d’exactement apprécier la disposition moléculaire d'organes placés au-dessous de couches épaisses de parties moins denses qu’ils ne le sont? Voici ce que l’on peut faire : sous une serviette, sous une nappe pliée en plusieurs doubles, on place des corps solides divers, et l’on percute ensuite médiatement, mais fortement, sur le linge; alors, nonseulement on reconnaît, par des sensations tactiles et acoustiques, le siége et la forme de ces corps profondément situés, mais encore on juge des nuances de sonorité, d’élasticité, de résistance que chacun d’eux présente. Ce que l’on constate si facilement pour les objets dont il vient d’être parlé, alors qu’ils sont recouverts de tissus sonores, épais et élastiques, est exactement ce qui a lieu pour les organes situés au-dessous de parties dont la densité est moins grande que la leur.
72 : ÉTUDE DU PLESSIMÉTRISME 8 2. Étude du plessimétrisme sur les cadavres.
297. Quand on a suffisamment étudié le plessimétrisme sur des objets tels que ceux dont il vient d’être fait mention, on pratique avec un extrême avantage, et comme moyen d’expérimentation préalable, la médio-percussion sur des cadavres. Les élèves qui fréquentent les amphithéâtres ont mainte occasion de se livrer à ces utiles manœuvres (1). Les résultats du plessimétrisme sont en rapport avec des circonstances de structure, et non pas avec la vitalité, avec la vie; ces circonstances existent dans les organes qui ont cessé d’être animés; elles donnent par la médio-percussion des caractères analogues à ceux que présenteraient sur le vivant ces états moléculaires : un foie, une rate, un cœur, un poumon percutés sur les cadavres, produiront les mêmes impressions tactiles et acoustiques qu'ils donneraient si la vie les animait encore. Aussi, est-ce sur de très-nombreuses expériences cadavériques qu’en 1826, 27 et 28 j'ai établi les faits de détail et d’ensemble qui ont été publiés dans le Traité de la percussion médiate. Ces mêmes faits seront reproduits dans cet ouvrage, non plus comme des preuves de la vérité des résultats plessimétriques, vérité qui ne peut être contestée par aucun expérimentateur, mais comme des notions relatives au genre de travaux qu’exige l’étude de la percussion médiatisée.
228. Je ne saurais assez recommander aux médecins et aux élèves, qui veulent connaître à fond le plessimétrisme, de se livrer aux expériences sur le corps humain, s'ils peuvent se procurer des cadavres, et sur les organes des animaux (2), s'ils leur est impossible de mieux faire. Ce genre de documents ne peut laisser aucun doute sur l’exactitude rigoureuse du plessimétrisme; il
(4) « Dans un temps comme le nôtre, alors qu'il est généralement reconnu que le plessimétrisme est l’un des moyens les plus certains de diagnose ; aujourd'hui que le seul inconvénient qu’on lui suppose consiste dans la difficulté et dans la dextérité qu'il exige, on ne conçoit pas comment les élèves laissent passer un corps dans les amphithéâtres de dissection sans le percuter et sans se familiariser avec une méthode qu'ils acquerraient avec quelques mois d'études. » (Traité de médecine pratique, 1842, page 283, n° 682.)
(2) Le résultat du plessimétrisme sur les organes des animaux est différent de ceux qui sont obtenus sur l'homme, et lorsque, pour apprendre la percussion, l’on ne peut pas se procurer des viscères de cadavre, des poumons, des foies, des reins, etc., soit de bœuf, soit de mouton, suffisent pour se faire une idée juste de ce qui doit avoir lieu sur ces mêmes parties étudiées dans l'espèce humaine.