‹ Traité de plessimétrisme et d'organographismeChapitre 36 sur 207 · SUR LES OBJETS INANIMÉS ET LES CADAVRES · texte numérisé non relu

SUR LES OBJETS INANIMÉS ET LES CADAVRES

sert à l’étude de cet utile moyen; il donne l’habileté nécessaire, et il évite pour les malades de douloureux apprentissages (n° 233),

229. Pour bien étudier sur les cadavres les faits plessimétriques, il est certaines précautions à prendre qu’il est très -utile de signaler 101.

230. D'abord, on se sert avec avantage de longues aiguilles dites carrelets (1), qui, introduites sur les points où l’on a limité les organes recouverts par lés téguments, prouvent que l’on ne s’est en rien trompé sur la circonscription de ces viscères. On constate, en effet, lors de l’ouverture des cavités, que ces aiguilles entourent très-exactement les parties que l’on avait dessinées à l’extérieur. Faute de pratiquer ce mode d’expérimentation, on s’expose à porter des jugements très-faux sur le degré de certitude des résultats plessimétriques. St, par exemple, on limite sur le thorax d'un cadavre le cœur et le foie, et si l’on met alors à découvert des poumons qui contiennent peu ou point d'écume bronchique, ces organes s'affaissent, le foie s'élève au-dessus des limites tracées, et le cœur se déplace en se portant en arrière et en haut. C’est ce qui arriva dans une expérience qu'en 1826 je fis devant Magendie, à la Salpétrière. Le cœur, lors de l'ouverture du thorax, ne correspondait point à la place que le plessimétrisme lur avait assignée; et certes, si l'on eût fait usage des aiguilles à expérimentation, on eût tout d'abord reconnu que la médio-percussion avait donné des indications on ne peut pas plus exactes. C’est ce même fait qui donna lieu à cette fable ridicule et fabriquée de toutes pièces, dans laquelle on prétendait que j'avais cru limiter le cœur d'un cadavre, tandis que Magendie l'avait enlevé par avance et à mon insu. L'illustre physiologiste m'a écrit à ce sujet une lettre que j'ai conservée, et dans laquelle il déclare que le fait dont 1! s'agit est entièrement faux, et qu'il n'a jamais eu connaissance de rien de pareil (2). J’ignorais alors

(1) On doit surtout, en expérimentant ainsi, éviter les piqûres que l’on peut se faire aux doigts avec des aiguilles et surtout des épingles dont on se sert pour vérifier des limites d'organes. M. le docteur Péter a été atteint par cette cause d’une septico dactylite très-grave. (Courrier médical, janvier 1865.)

(2) Voici les termes de cette lettre.

« J'affirme que depuis huit ans, et qu'avant le Traité de percussion médiate, je n'ai été témoin d'aucune erreur commise par M. Piorry à la Salpétrière ou ailleurs sur la percussion médiate, et que dans les expériences que j'ai vues, je n'ai point fait enlever le cœur à des sujets chez lesquels M. Piorry aurait cru ensuite le trouver par la percussion. J’affirme encore qu'il ne s’est pas non plus trouvé des sujets qui fussent atteints d'une transposition de viscère que M. Piorry

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