‹ Traité de plessimétrisme et d'organographismeChapitre 6 sur 207 · AVANT-PROPOS, XI · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS, XI

densité , la contenance des organes sains ou malades ? Com ment s’occupent-ils si peu de la mensuration, et sont-ils inhabiles à tracer la limite exacte du cœur, du foie, de la rate, des reins, du tube digestif, etce.? Comment un accoucheur distingué, un critique éminent, peut-il connaître si imparfaitement la médio-percussion, qu’il nie l’utilité de ses applications à l’étude de la grossesse et de ses suites? Comment est-il possible qu'un lauréat des hôpitaux ne mentionne même pas, dans les observations nombreuses de pneumones qu’il donne, les résultats, je ne dirai pas du plessimétrisme, mais ceux de la percussion, telle que la pratiquaient Avenbrugger et Laënnec? Comment un des professeurs les plus honorables et les plus instruits du Royaume- Uni, dont le nom fait justement autorité, connait-1l si peu la médio-percussion, qu’il traite de la pneumonie comme d’une unité morbide$ qu'il la soumet à une statistique d’ensemble, qu’il n’en étudie pas les nombreuses variétés, ce qui le conduit à croire qu’il guérit dans des cas si divers. presque tous les malades en leur donnant, comme je le fais depuis 1828 ou 1830, du vin et quelques aliments réparateurs? Comment arrive-t-il encore que des médecins, en parlant du plessimétrisme , des dessins organographiques et de leur utilité, puissent encore trouver des incrédules ou des gens de mauvais vouloir ? Comment est-il possible que l'élite des jeunes travailleurs soient souvent, dans les concours, si faibles en diagnose; que des élèves de l’Hôtel-Dieu savent beaucoup mieux reconnaître et limiter les états organiques et les lésions les plus étendues, que ces médecins distingués peuvent le faire, etc., ete.? La véritable réponse à de telles questions, la voici :

La pratique du plessimétrisme a ses difficultés ; on les exa-

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gère; mais elles n’en sont pas moins réelles. Gelte pratique ne s’improvise pas, il faut l’étudier et s’y exercer. Certaines règles fixes et bien établies la dirigent. Pour se conformer à ces règles, il faut les connaître, et pour posséder cette connaissance, du temps, des expérimentations et de la persévérance, sont indispensables.

La médio-percussion est une science et un art.

Cette science est constituée : par l’étude des faits physiques qui lui servent de base; par les données anatomiques , physiologiques, pathologiques et thérapiques sur lesquelles elle est fondée ou qu’elle tend à élucider ; par l’appréciation des règles pratiques qui doivent diriger son manuel; par la théorie des résultats obtenus au moyen de cette méthode, et surtout par la connaissance des applications pratiques auxquelles elle conduit.

L'art du plessimétrisme n’est autre que l’habileté obtenue soit par l'habitude de l'employer, soit par l’observation in- .telligente des règles pratiques que la science a tracées; c’est une sorte d'adresse, qu'à moins d’être frappé d’anesthésie des doigts, de surdité, de paralysie musculaire, chacun peut acquérir, et qui n’est en rien le privilége d’un homme plus que d'un autre. Sans doute il y a ici, comme ailleurs, des aptitudes qui sont variées pour chaque homme; mais avec l’expérimentation réitérée, et avec le désir persévérant de corriger ses imperfections ou ses fautes, on surmonte à la longue les difficultés ; — Paganini n’est arrivé à son immense talent que par suite d’un exercice soutenu ; le ft fabricando faber ést, en médio-percussion, une loi à laquelle toute la facilité, toute l'aptitude possible, n’échapperont pas.

Or, qu’est-il arrivé dans l’histoire du plessimétrisme? c’est que des médecins d’une instruction consommée, des

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