AVANT-PROPOS. XIII
praticiens ne tenant pas infiniment à la précision en diagnose, croyant en savoir assez par l'étude des symptômes et de l’auscultation pour soigner des malades; séduits d’ailleurs par la facilité qu’ils trouvaient à se servir du doigt comme d’un moyen de médiation, et par les affirmations tout à fait décevantes de maitres habiles, mais qui avaient mal étudié, se sont contentés du dactyloplessisme, que J'ai proposé, mais qui est incapable de leur donner des résultats suffisants sur les faits pratiques innombrables que révèle le plessimétrisme. Ils étaient encouragés dans celte voie par la possibilité de se passer du stéthoscope, employé pour pratiquer l’auscultation, ce qui m'arrive si souvent à moi-même, à moi qui ai modifié le cylindre embarrassant de Laënnec, en le remplaçant par l'instrument commode qui est entre les mains de tous les médecins de notre temps !
Ajoutez à ceci qu'au moment où la toque universitaire à décoré la tête du docteur, 1l se soucie peu en général d’apprendre ce qu'il ignore, de fréquenter les hôpitaux et les amphithéâtres et d’expérimenter sur les cadavres; les bibliothèques lui plaisent mieux, et encore les livres vraiment scientifiques sont-ils peu de son goût; il dénigre par ignorance plutôt que par mauvais vouloir ou par envie; tandis qu’il sera encore capable de s'endormir, le soir, sur les œuvres d’Hippocrate qu’il ne comprendra guère, ou sur des élucubrations théoriques auxquelles on s’élève à perte de vue sur les épidémies ; on le verra outrageant le cercueil de Laënnec et attaquant l’honneur de ceux qui marchent dans les voies de ce grand maitre; appeler jonglerie l'usage du stéthoscope, du plessimètre et du marteau de M. Barry et de ses imitateurs
Ailleurs encore, c’est le défaut de confiance en soi-même
ke AVANT-PROPOS.
qui empêche de croïre que l’on ne pourra parvenir à acquérir l’habileté que l’on croit voir chez les autres ; en même temps qu’on médit de tel ou tel homme, on lui suppose une disposition innée, une sorte de génie au petit pied que l’on ne pourra jamais posséder : en l’élevant ainsi d’une manière ridicule , on le calomniera en l’accusant d’exagération et en quelque sorte d’hallucination, tout en le proclamant logique, trop logique; on vantera la certitude de sa diagnose, mais on évitera de lire ses écrits et de s'exercer aux méthodes qui lui ont donné l'habitude nécessaire pour utilement pratiquer le plessimétrisme ; enfin, le détestable esprit de routine qui, s’opposant à tout progrès qui sort de la voie commune, s’opposera avec acharnement à une étude dont la conscience du médecin honnète devrait lui imposer le devoir.
Il suffit en effet de parcourir, dans l'ouvrage que je publie les nombreuses pages, consacrées aux applications pratiques de la médio-percussion, à la diagnose et au thérapisme des lésions de chaqueorgane, pour ètre convaincu que l'étude des symptômes, et même que celle de l’auscultation sont loin de suffire pour déterminer les états pathologiques, et pour fixer les indications curatives qui ressortent de leur étude. Je suis donc persuadé que ce livre modifiera l’opinion et la pratique de ceux qui voudront bien le lire et l’étudier , et que les jeunes hommes qui, en France, aiment le progrès scientifique et humanitaire , se livreront dorénavañit, avec zèle et persévérance, à l’étude de la médio-percussion, et qu'ils seront bientôt convaincus que l’objet principal de leurs études, que la base principale de leurs convictions thérapiques doit reposer sûr une diagnose sévère et sur un positivisme absolu.
La marche que j'ai suivie dans le traité que je publie,