ET DES TISSUS ADIPEUX ET CELLULAIRE SOUS-JACENTS
viscères très-variables au point de vue de leur constitution physique et de la nature des substances qu’ils contiennent,
312. Le tissu cellulaire sous-cutané ou pariétal est trop mince, trop peu résistant pour que, dans l’état normal, il donne lieu par le plessimétrisme à des impressions tactiles ou acoustiques.
313. Dans l’état normal, le derme peut être épaissi, aminci, ramolli, infiltré, endurci, dénudé, ulcéré. Ses vaisseaux sont parfois dilatés par du sang. Il s’y développe souvent des tumeurs nettement ou irrégulièrement enkystées et susceptibles de contenir des substances liquides, molles, pâteuses ; l’induration du tégument est quelquefois portée jusqu’à la fermeté, et à la résistance que présentent les carülages et les os. Le tissu cellulaire renferme parfois des gaz (emphysème, gazethmasie), qui y pénètrent en petite quantité ou en abondance, et c’est ce qui arrive alors qu’une ouverture accidentelle le fait communiquer avec l'atmosphère ou avec des cavités contenant des fluides élastiques. Cet accident n’a guère lieu du reste que dans les cas où une impulsion plus ou moins forte injecte en quelque sorte les gaz dans ce même tissu :ellulaire. Trop souvent, cet élément organique est pénétré d’une proportion plus ou moins grande de sérosité qui s’y infiltre, se porte facilement dans diverses régions du corps, et, sous l’influence d’une pression extérieure, se déplace en glissant dans la trame de ce même tissu. Ailleurs, du sang, du pus s’y déposent ou s’y infiltrent, et des productions fibreuses, phymiques, squirreuses, encéphaloïdiques , carülagineuses ou ostéides, etc., s’y développent, et tantôt ces productions sont entourées par une membrane variable en épaisseur, qui leur donne une forme sphéroïde, tandis que d’autres fois elles sont mal limitées et paraissent en quelque sorte diffuses.
374. Considéré au point de vue du plessimétrisme, le tissu adipeux chez l’homme présente comme consistance, le milieu entre les corps solides et les corps liquides, il est assez élastique et, par une pression extérieure, il se laisse déprimer avec facilité. La graisse qu’il contient s’affaisse sans se déplacer. Dans les diverses régions du corps et à des époques différentes de la vie, il est plus ou moins solide. Le tissu adipeux, chez certains individus et dans diverses parties du corps, est disposé au-dessous du derme en couches très-minces, tandis que chez d’autres, et
par exemple vers les régions mammaires, abdominales, fessières,
temporales, ete., il forme des masses très-épaisses qui souvent mettent obstacle à l'emploi du plessisme; parfois encore la graisse s’accumule dans les acinies qui la contiennent, et forment ainsi des kystes dont les parois varient d'épaisseur.
S 3. Plessimétrisme du tégument, du tissu cellulaire et adipeux sous-cutané, applicable aux états morbides qu'ils peuvent présenter.
375. Le plessisme ou percussion directe de la peau et des tissus cellulaire et adipeux, situés au-dessous d’elle, ne donne aucun résultat utile et pratique. Il n’en est pas ainsi de la percussion médialisée.
376. Si l’on applique d’une manière exacte le plessimètre sur le tégument, sans déprimer fortement celui-ci, et si l’on percule cette plaque d’une manière légère, en l’effleurant pour ainsi dire, c’est-à-dire dans une direction oblique par rapport à sa surface, on obtient, dans l’élat normal, une sonorité et une élasticité marquées. Ces résullals de percussion varient de caractères et de timbre, en raison du degré d'épaisseur de la peau, Plus la couche dermique est mince, et plus l’impulsion doit être dirigée suivant une ligne oblique et presque parallèle au plan que présente la superficie de la peau. S'il s’agit d'apprécier l’état d’une couche plus ou moins épaisse de graisse siluée au-dessous du derme, le plessimètre doit déprimer davantage le tégument, et la ligne suivant laquelle l’impulsion du doigt est portée doit être moins oblique. En frappant aussi perpendiculairement, en appuyant peu le plessimètre, mais en employant peu de force, on obtient encore des sensations en rapport plutôt avec la peau qu'avec les parties qu’elle recouvre.
311. Si l’on veut juger de la disposition des organes situés audessous des éléments organiques précédents, il faut, en déprimant la peau, appuyer très-fortement le plessimètre et percuter dans une direclion d'autant plus rapprochée de la perpendiculaire, par rapport à l’axe du corps ou du membre, et donner un choc d’autant plus fort que la partie qu’il s’agit d'explorer est plus profondément placée.
3178. La dépression du tégument est d’une utilité extrême en percussion ; le placoplessisme seul permet de pratiquer convenablement cette dépression; de là vient, alors qu’il s’agit de l’exploralion des organes profondément placés, que le plessisme ou
percussion directe d’Avenbrugger, ne donne en général que des résultats très-insuffisants.
S 4: Plessimétrisme dans les indurations, les épanchements, les infiltrations, etc., de la peau, et des tissus cellulaire et adipeux.
Le plessimétrisme pratiqué dans les états anormaux que la peau, les tissus adipeux et cellulaire peuvent présenter, donne des documents aussi utiles que variés.
319. La peau, le tissu adipeux qui lui est sous-jacent, sont-ils épaissis et indurés, le tissu cellulaire sous-cutané par suite de diverses lésions contient-il des éléments qui augmentent de beaucoup son volume et sa solidité, ces parties donnent alors au plessimétrisme des sensations qui présentent les caractères malaxiques ou sclérosiques à des degrés qui correspondent aux éondilions nouvelles de texture que ces éléments organiques ont pris. C’est ce que l’on observe dans les hypertrophies cutanées, suite ou non: de phlegmasies, de Paction de divers virus, d’ulcérations entrelenues par des causes variées, Si Pinduration de ces organes est portée au plus haut degré, le caractère sclérosique est extrèmement prononcé et peut avoir même de la sécheresse : c’est ce qui est observé dans certains cas de scirhostes, d'encéphaloïdies non ramollies, et dans ces derniers cas, on ressent au doigt et à Poreille, un certain degré d’élasticité.
380. Tout au contraire, si des liquides sont déposés dans le tégument, dans le tissu cellulaire ou adipeux situés au-dessous du derme, comme cela a lieu dans l’œdème (hydrethmie), dans les infiltrations purulentes. Certains ramollissements de la peau présentent bien de la matité, mais l’élasticité plessimétrique est alors diminuée dans des proportions qui sont en rapport avec la quantilé de liquides contenus dans les lissus malades.
381. Que si des liquides aqueux distendent des cavités développées dans le derme, dans le tissu cellulaire où adipeux, alors les sons et les sensations tactiles que de telles célies produiront par le plessimétrisme auront le caractère hydrique (matité avec défaut d’élasticité), et celui-ci sera d'autant plus prononcé que la membrane qui entourera la tumeur sera plus distendue et plus molle. Lorsque du pus, du sang liquide seront contenus dans la cavité morbide, ce même caractère hydrique sera encore porté à un plus haut degré que si elle renfermait soit un COFPS aquiforme, soit du sang coagulé ou même de la graisse molle,