PLESSIMÉTRISME DANS LES CAS D'OEDÈME
données fournies par la palpation (aphéisme) que j’ai reconnu des collections séreuses, de cause inflammatoire ou non, développées dans les capsules sous-cutanées situées au-devant du cartilage thyroïde (1), de la rotule, etc. |
402. L’hydrethmie (æœdème) portée à un certain degré est une des circonstances anatomo-pathologiques qui gênent le plus l’exploration des organes profonds. Pour pratiquer dans le cas d’infiltration séreuse le plessimétrisme de ces viscères, il faut avant tout déprimer peu à peu, mais à la fin avec énergie, les points du tégument qui les recouvrent. D'abord on exécute cette manœuvre avec la main, puis avec la plaque d'ivoire, de sorte que cet instrument, déplaçant le liquide, soit appliqué sur les os, les muscles, etc., tout aussi exactement que s’il n’existait pas d’ædème. Une couche de tissu cellulaire infiltré, de 2 ou 3 centimètres d'épaisseur, peut être ainsi déprimée de façon à ce que l’on puisse mettre en contact le plessimètre avec les tissus qui recouvrent directement les parties profondes. Ces annotations sont particulièrement utiles à indiquer : dans des cas d’œdème de la région lombaire, alors qu'il s’agit de limiter la colonne vertébrale; dans l’albuminurrhée, quand on veut apprécier le volume des reins ; lorsque dans l’hydropéritonie, les parois du ventre sont infiltrées et qu’on a lintention de déterminer la hauteur du liquide que contient l’abdomen, etc.
403. L’accumulation de la graisse dans le tissu adipeux donne lieu par le plessimétrisme à des sensations malaxiques très-différentes de celles qui sont produites par les infiltrations séreuses ou par le dépôt, de sang liquide ou de pus, dans le tissu cellulaire (sensations hydriques). Ici la perte d’élasticité est loim d’être complète, et le tissu graisseux renvoie encore au doigt une parte du mouvement qu’il a reçu; en effet, mdépendamment de la substance grasse dont la matité est absolue, il y a encore ici un corps solide constitué par les vésicules qui sécrètent cette substance. C’est en vain que l’on chercherait à rendre très-mince, par la pression qu’exerce le plessimètre, le corps adipeux disposé en couche épaisse, on ne ferait pas traverser le liquide qu’il contient
(4) Dernièrement encore j'ai eu l’occasion de recueillir à l'Hôtel-Dieu, salle Saint-Bernard, un fait remarquable, dans lequel il a été facile de reconnaître et de dessiner par le plessimétrisme et l’organographisme un abcès séro-purulent développé dans la capsule préthyroïdienne, capsule que je crois avoir le premier décrite. |
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d’une cellule dans une autre, puisque ces vésicules sont closes et ne communiquent pas entre elles. |
404. On doit donc se borner à appliquer l’instrument avec assez de force pour que la pression qu’il exerce condense le tissu adipeux de manière à l’identifier, d’un côté, avec la plaque d’ivoire, et de l’autre, avec les parois qui recouvrent les organes profonds,
405. Les accumulations considérables de graisse localement accumulées et formant ainsi des masses épaisses, d'apparence kystoïde, donnent, surtout au placoplessisme, les sensations malaxiques dont il a été parlé (n° 402), et celles-c1 sont obtenues à une profondeur plus ou moins grande en raison de l’épaisseur des couches graisseuses qui leur donnent lieu; ces considérations sont particulièrement applicables aux dépôts abondants de graisse qui, chez certaines personnes, se font dans l’abdomen, sur la poitrine, vers le bassin, ou qui entourent les membres inférieurs, etc. Notons enfin que, dans les cas où l’on a pris les précautions indiquées précédemment (n° 403) et lorsque le corps adipeux a été bien déprimé par le plessimètre, on parvient trèsfacilement à déterminer, par la percussion, quelles sont les conditions physiques que présentent les organes sous-jacents. Du temps d’Avenbrugger, de Corvisart, de Mérat, etc., alors que le plessisme seul était connu, on ne tirait, chez les gens obèses, aucun parti de la percussion, tandis qu'aujourd'hui, grâce au placoplessisme, les organes de ces personnes sont aussi bien explorés, au moyen du plessimétrisme, que ceux des individus les plus maigres.
8 9. Plessimétrisme des tumeurs sous-cutanées.
406. Les diverses tumeurs qui se développent au-dessous de la peau, ou même dans les cavités qu’elle recouvre, donnent lieu à des sensations aphé et acouplessiques qui correspondent à la Structure de ces productions anormales. Lorsque ces tumeurs sont formées par une membrane contenant un liquide, on y conslate le son et le tact hydriques, et si le kyste est très-distendu, on y trouve une matité sclérosique laquelle est encore plus marquée, alors que l’enveloppe de ce kyste est épaisse et dure. Cette membrane est-elle de consistance scirrhosique, cartilagineuse ou osseuse, les sensations que donne le plessimétrisme présenteront suivant les cas les caractères : sclérosique , hypersclérosique
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ou Sclérosique séc, caractères dont les degrés pourront être représentés encore par les signes + ou + +=, etc. Les tumeurs, dont les éléments constituants seront mous, donneront lieu au son et au tact malaxiques (n° 127), et cela aussi avec des varlantes en plus où en moins. Lorsque des hydatides à enveloppe gélatiniforme, et, en quelque sorte tremblante, seront renfermées dans un vaste kyste, on pourra percevoir, en les percutant, la sensation à laquelle j'ai donné le nom de pallique (n° 136). Il va sans dire que si de l’air, des gaz, étaient contenus dans les célies dont il vient d’être parlé, l’on obtiendrait par le plessimétrisme des sons et des impressions, soit tactiles, soit gaziques, soit tympaniques (n° 1433) à des degrés correspondants aux proportions de fluides élastiques renfermés dans les tumeurs dont il est ici question.
407. Les célies peuvent être composées de plusieurs parlies différentes entre elles sous le rapport de leurs éléments composans, de telle sorte que sur tel point existe un tissu dur; ailleurs une substance molle ou une cavité contenant soit des liquides, soit des gaz. Dès lors, sur les diverses régions des tumeurs où ces éléments organiques se seront formés, on obtiendra des sen- Salions acou et aphéplessiques différentes entre elles et toujours en rapport avec la structure des parties explorées.
408. Or, pour se faire une idée juste du siége, du volume et de la composition de tumeurs qui sont tellement variables sous le rapport de leur structure et de leur composition, certaines règles plessimétriques doivent être suivies, et il faut avoir recours au dessin, soit de leur ensemble, soit des éléments variés qui les constituent,
409. En général, il faut déprimer fortement avec Le plessimètre le tégument qui recouvre la tumeur explorée (n° 405), et suivre en percutant quatre lignes qui, se croisant sur le centre de la masse malade, se prolongent par delà ses limites; percutant successivement, millimètre par millimètre, dans toute l'étendue de ces quatre lignes (qui forment huit rayons), on marque avec le crayon et sur chacune d’elles les points précis ou le son et le tact propres à la tumeur cessent de se manifester et sont remplacés par les sensations plessimétriques que donnent les organes situés autour de la masse malade. A l’aide de ces mesures, rien n’est plus facile que de circonscrire par le dessin la célie en général, ainsi que les contours présentés par sa circonférence,