PLESSIMÉTRISME DES INFILTRATIONS GAZEUSES
d'apprécier, par la profondeur à laquelle il faudra porter le plessimètre pour obtenir ces derniers caractères de percussion, la proportion de gaz contenus sur les points où ie son gazique a été reconnu.
412. L'importance pratique du plessimétrisme pour la diagnose de l’emphysème peut-être mise en lumière par l'exposé des faits suivants :
413. Un malade de mon service à l’hôpital de la Pitié fut atteint d’un abcès au scrotum, qui était très-tuméfié à la région supérieure de cette partie; au-dessus du lieu où une matité hydrique était manifeste se trouvait un espace où se rencontraient une sonorité et une élasticité extrêmes et on ne peut pas plus superficielles ; il était évident qu'il s'agissait dans ce cas de gaz qui avaient pénétré sous le tégument sur plusieurs points de la tumeur. Par le plessimétrisme, on suivait l’emphysême jusque vers le périnée, tandis qu’il ne s’étendait pas vers les anneaux qui livrent passage, l’un au cordon des vaisseaux, l’autre à l’artère crurale, J’admis, en conséquence, que les gaz provenaient du rectum, et qu’il fallait, pour prévenir la nécrosie, pratiquer sur-le-champ une incision, Un chirurgien d’un grand mérite, et que la science eut bientôt après à regretter, n’adopla pas cette mamière de voir, et, se fondant sur l’obstacle que pouvait mettre l’aponévrose périnéale à la pénétration des gaz et du pus de l’anus au scrotum, fut d’un avis opposé au mien. Le lendemain, 1l fallut bien ouvrir cette collection gazo-purulente. Les désordres locaux avaient augmenté d’une manière rapide; des symptômes de septicémie s’y étaient joints ; il s’écoula par la plaie des flots de pus et de gaz infects. Le malade mourut le jour d’après, et nous constatâmes tous qu’une perforation du rectum avait été le point de départ de l’emphysème et de l’abcès.
414. Dans plusieurs cas de dermo-nécrosie, survenue à la suite de la dermite qui se déclare à la région sacrée (Traité de médecine pratique, n° 11,378), 1l arriva fréquemment, dans les services qui successivement m'ont été confiés dans divers hôpitaux, que le plessimétrisme pratiqué sur les téguments des fesses y fit constater la présence de gaz accumulés en abondance dans le tissu cellulaire. Des incisions furent faites sur ces points; des fluides élastiques, d’une odeur horriblement putride, s’exhalèrent, et l’on trouva des escarrhes en putrilage qui, situées au-dessous d’une peau saine en apparence, tapissaient le fond des cavités où les