PLESSIMÉTRISME DANS LES MALADIES DU FOIE (HÉPATHIES
482. Avant la découverte du plessimétrisme, on n'avait en aucune façon appliqué cette méthode à la connaissance des lésions dont le foie est susceptible. « M. Rostan ne comprend pas la percussion parmi les moyens de mesurer la dimension du foie ou de la rate. A l’époque où M. Andral dit à la page 43 du tome IV de la Clinique : « La percussion de la partie inférieure droite du thorax ne doit pas être négligée lorsqu'il s’agit de découvrir le volume du foie, » mes recherches sur le plessimétrisme
étaient publiées et lui étaient alors connues ; seulement, il n’en a pas autrement parlé, et dans aucune des observations de son ouvrage il ne fait mention du plessisme de cette glande. C’est parce que la percussion directe ne pouvait fournir que très-peu de documents sur la disposition de l'organe biliaire que, ni Avenbrugger, ni Corvisart ne l’ont pas appliquée à là pathologie hépatique. Pour juger de ce que l'inspection, là palpation, lauscultation, etc., pouvaient et peuvent apprendre de positif sur l'état matériel que présente la glande biliaire, il suffit de transcrire le relevé des trente-huit observations consignées dans la Clinique médicale de M. Andral, tel qu'il a été établi dans mon 7raité de la percussion médiate 18927, page 212 (1).
483. Il résulte de ce relevé que la palpation, pratiquée avant 1826 par un médecin très-instruit et très-versé dans la! pratique, n’a été presque jamais suffisante pour établir une diagnose certaine sur le volume du foie, L’hÿpertrophie en hauteur, si l’on se contente de la mesurer seulement par la saillie du bord inférieur de l’organe, ne peut être précisée, car j'ai vu celui-ci déborder les côtes de trois centimètres, et cependant n'avoir qu’un volume
(1) «Dans douze observations (les 4re, 2e, 4e, 5e, Ge, Te, 150, 24e, 32e, 35e, 36e, 39e), la saillie du bord inférieur du foie au-dessous du rebord costal a fait reconnaître une hypertrophie de haut en bas; mais dans aücun de ces cas, on n'a apprécié la dimension exacte de l'organe, car, nulle part, il n’est fait mention de la hauteur à laquelle s'élevait la convexité de la glande biliaire.
Dans neuf autres faits d'hypertrophie, les résultats sont incomplets ; iei le viscère augmenté de volume, est circonscrit d'une manière imparfaite (3e, 22e, 95e); là, on distingue une tumeur de l'estomac, mais on ne mentionne pas une hépatomégalie existant de haut en bas (27°); aïlleurs, on sent bien des tumeurs, mais non l'organe hépatique lui-même, qui, cependant, est très-volumineux (33e); quatre fois la coexistence de l’ascite et d'une hypertrophie du foie rend le diagnostic obseur (14e, 16e, 47e, 3%e), Dans neuf cas où le volume de la glande hépatique est naturel, on n’a aucun moyen de le démontrer pendant la vie, car, de ce que le foie ne dépasse pas les côtes, ce n’est pas une raison pour qu'il ne soit pas volumineux; et, d’ailleurs, il est important de savoir si l'organe n'est pas atrophié (8e, 9e, 13e, 230, 26€, 29, 30e, 31€ et 38e obs.).
Dans cinq cas, on ne peut juger de Fatrophie du foie. Felles sont trois observations d’ascite, la 48e, la 19e et la 37e, et deux autres d’atrophié sans ascite.
Dans troïs faits, on ne reconnaît pas l'hypértrophie du foie, soit en largeur (14e, 12e obs.), soit en hauteur (10e). On trouve dans celle-ci une lésion que rien n'avait pu faire soupçonner pendant la vie : le foie dépassait d’un bon tra vers de doigt le rebord cartilagineux des côtes.
Enfin, dans un cas, on prend une hépatite pour une pleurésie (25e obs.); ce n'est que huit jours après, lorsque le foie déborde les côtes, que le diagnostic devient plus éxaet. '