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INTRODUCTION

Uîi Traité de Polarimétne peut être conçu comme l'étude ■ de tous les phénomènes dans lesquels intervient la polarisation de la lumière. Il paraît pourtant plus naturel, dans une collection comme celle que publie la Reme d'Optique, de détacher de la Polarimétrip ce qui constitue plus particulièrement l'optique cristalline, pour en faire l'objet d'un traité spécial, et de ne faire entrer d?ns le cadre du traité de Polarimétrie que l'étude des biréfringences accidentelles : les procédés d'analyse de la lumière elliptique qui leur correspondent s'apparentent en effet plus aux méthodes polarimétriqucs proprement dites qu'aux procédés de mesures optiques de la cristallographie. De même, on peut rattacher aux méthodes de mesures polnrimétriques les méthodes d'étude de la lumière partiellement polarisée ■et l'étude des diverses polarisations par émission, j3n y comprenant la polarisation des raies spectrales dans l'effet Zeeman et dans l'effet Stark. Ces derniers 'phénomènes appartiennent plutôt, il est vrai, au domaine de la spuctroscopie; il n'en reste pas moins qu'un traité de Polarimétrie complet devrait tontenîr, d'une part, l'étude de la lumière elliptique et de ses applications (phénomène de Kcrr, biréfringence magnétique des liquides purs et ,-dcs' solutions colloïdales, ellipticité . par réflexion métallique ou vitreuse, hiréfringcrice par déformation et ses applications industrielles), d'autre part, l'étude de la lumière partiellement polansée (polarisation partielle par réflexion ou par diffusion, diffusion par les gaz et les liquides et ses applications à l'étude de l'anisotropie moléculairûj polarisation des rayonnements de résonance et do fluorescence, applications à la physique du globe — lumière diffusée par l'atmosphère —.et à' l'astrophysique — lumière des planètes, des comètes, de la couronne solaire).

' , Un ■ouvrage conçu sur un tel plan, et dains lequel les sujets seraient,, non seulement effleurés, mais , réellement étudiés, dépasserait largement le .'cadro d'un volume et prendrait la proportion d'une encyclopédie : aussi est-il apparu très vite, une fois la rédaction commencée, qu'il était nécessaire de limiter plus étroitement le sujet, et de laisser de côté les questions de lumière elliptique et de lumièr.e partiellement polarisée ; il est d'ailleurs , dans l'int6ii.tion de la Sociétéde la Revne d'Optique d'éditer d'autres ouvrages, qui compléteront utilement celui-ci.

J'ai donc (défini le sujet du Traité de Polarimétrie comme étant l'étude . des phénomènes de polarisation rotàtoire et des appareils qui servent à ■ les nïesùrer.' Cette définition conduit tout naturellement .à diviser le' livre :

XII i INTRODUCTION

en deux parties, d'importance à peu près égale, la première eonsurrée à la description des appareils et de leur mode d'emploi, la sect^nde eonsaeréu à l'étude des phénomènes. Il m'a semble qu'il était impossible de 'séparer l'étude de la polarisation rotatoire présentée par les cristaux.de celle de la polarisation rotatoire des corps isotropes; qu'il était également impassible, de ne pas rapprocher de la polarisation rotatoire naturelle la polarisfitiou' rotatoire magnétique : le livre se termine par deux chapitres consacrés à ces phénomènes, mais tout le reste est relatif aux procédés de mesure et aux résultats relatifs à la polarisation rotatoire naturelle des corps isotropes. Il ne s'y agit donc constamment que de la rotation du plan de polarisation d'une lumière polarisée rectilignement. Toutefois, il m'a paru absolument nécessaire d'étudier, en même temps que la polarisation rotatoire naturelle au voisinage des bandes d'absorption, ou que l'effet Farfulay des lames minces de fer, les phénomènes de dichroïsnie circulaire qui leur sont intimement liés. J'ai ainsi été conduit à ajouter, à la .fin de la première partie, un chapitre (chapitre VI) relatif aux méthodes de mesure de ce dichroïsnie, et à y donner quelques notions sur les vibrations elliptiques; on n'y cherchera pas de, renseignements sur les jjroeédés généraux d'étude de ces vibrations, les indications données ayant été volontairement limitées' à celles qui sont réellement utiles dans le cas particulier dos ellipticités; ducs au dichroïsnie circulaire. Je suis d'ailleurs particulièrement heureux d'avoir entrepris la rédaction de ce chapitre, qui m'a donné l'occasion de faire; lUi effort personnel pour faciliter aux, chimistes, par la construction d'un ai)p{).reil approprié, l'exécution de ces mesures, que j'estime indispensables dans le cas des corps colorés.

Les phénomènes de polarisation rotatoire intéressent dos personnes " de préoccupations fort différentes. Comme tout phénomène d'ordre physique, ils intéressent* les physiciens qui cherchent à en établir les lois et à les rat- ■ tacher aux théories générales de b propagation de lu lumière dans les ■ milieux matériels. Ils intéressent les chimistes des laboratoires de recherches, , qui les utilisent constamment pour le contrôle de la séparation et de la ' pureté de leurs j^roduits, qui leur demandent surtout des renseignements ; sur la structure et la symétrie des molécules. Ils intéressent enfin les chi- ' mistes des laboratoires industriels, auxquels ils fournissent des méthodes i de dosage extrêmement commode^Kit extrêmement sûres, dont l'emploi est fondamental dans l'industrie sucrière. J'ai cherché à faire un livre qui puisse rendre service à ces différentes catégories de lecteurs : les physiciens me pardonneront si j'ai cru devoir débuter par le rappel de notions qui leur paraîtront particuhcrement simples et banales, parce qu'ils penseront avec

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