‹ Traite de PolarimetrieChapitre 48 sur 104 · DISPERSION DES MÉLANGES · texte numérisé non relu

DISPERSION DES MÉLANGES

L'hydrogénation des pinènes naturels extraits des essences de térébenthine donne des hydrures dont le pouvoir rotatoire varie de + 22**, 7 à — 220 7, mais qui ont même rapport de dispersion [498] : tous ces hydrures appartiennent à la même espèce chimique, et les deux pinènes a et p ne diffèrent que par la place de la double liaison.

On a décrit pendant vingt ans, dans les traités de Chimie, une me^ithone gauche et une mènthone droite, ayant des pouvoirs rotatoires à peu près égaux en valeur absolue, qu'on considérait généralement comme des inverses optiques. Tschugaeff a montré [499] qu'elles ont des rapports de dispersion différents, ce qui prouve définitivement que ce ne sont pas des inverses optiques.

145. Diagramme de Darmols.- — Considérons maintenant un mélange de deux corps différents présentant, pour une certaine radiation, les pouvoirs rotatoires spécifiques [a'] et [a"], et soient a; et l — « les titres. Lo ^ pouvoir rotatoire spécifique apparent du mélange est :

Il est compris entre [a'] et [a"], et l'on a :

Traçons (fig. 198) les courbes de dispersion rotatoire des deux cons- [«]

( FJff. 198. '

tituants et du mélange et soient A, B, C les points où elles coupent une moine ordonnée : les quantités [a'] — [a] et [a].— [a"] sont représentées par les longueurs C A et C B,. et la relation que nous venons d'obtenir exprime que le rapjport CA/CBne dépend que. de x et est indépendant de

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la longueur d'onde X. Les trois courbes partagent toutes les ordonnées dans le même rapport] l'application de cette règle permet de construire toutes les courbes de la série correspondant à toutes les valeurs possibles de x, à partir de deux quelconques d'entre elles. De même, si, au cours de séparations par distillation ou cristallisation fractionnées, un mélange se résout en fractions dont les courbes de dispersion présentent entre elles la relation ci-dessus, il y aura de fortes chances pour qu'il ne contienne que deux constituants.

Darmois d'une part [497], Armstrong et Walker d'autre part [500], ont donné à cette relation géométrique une forme plus simple; nous ne décrirons que le diagramme de Darmois, dont la construction est plus naturelle. Considérons (fig. 198) deux ordonnées correspondant aux deux longueurs d'onde X^ et Xg : l'égalité des rapports C-^A-^jC^-^ et CgAa/CgBg exprime que les trois droites AiAg, B^Bg et CiCg sont concourantes. Pour représenter les différents mélanges, on porte sur deux droites parallèles Oj^j, 02^2 (fig- 199). tracées à une distance quelconque l'une de l'autre, leurs

Fig- 199-

pouvoirs rotatoires spécifiques apparents pour deux radiations différentes : à un mélange quelconque correspond une droite C^ Cg passant parle point de rencontre des deux droites Aj Ag, B^ Bg qui correspondent aux deux corps purs, Vensemble de tous les mélanges possibles de ces deux corps est représenté par un faisceau de droites concourantes.

146. Applicjations du diagramme de Darmois. — La considération de tels diagrammes a permis à Darmois de montrer, que toutes les fractions: obtenues en distillant, une essence de térébenthine sont des mélanges de deux . constituants, un constituant droit, le pinène a, et un constituant' gauche, le pinène p. Aux trois essences de térébenthine des Landes, d'Ame-

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