‹ Traité de politique et de science sociale (volume 2)Chapitre 15 sur 40 · Ordonnances ries rois du France^ X. I, p. 583 et · texte numérisé non relu

Ordonnances ries rois du France^ X. I, p. 583 et

dfe universel. L'union de ces deux conditions constitue certainerneqt la base de poomiandement la plus respectable, la souveraineté la plus grande qui puisse appartenir à des hommes ; elle constitue en un mot ce pouvoir auquel on ne peut désobéir sans commettre une faute ou un crime, san$ être coupable aux yeux de tous et aux siens propres.

Ia théorie que je viens d'exposer n est point une pure hypothèse, qui attend le moment de la réalisation ou de la vérification. Elle n'est guère pliis que l'expression analytique ou plutôt qu'une induction tirée des caractères qu'a revêtus la souveraineté à peu près partout et dans tous les temps. Dans toute société, il y a eu un but commun d'activité, et avant tout une religion base de la morale. Ce n'est que dans des temps pareils aux nôtres que l'on sépare la morale de la religion. Le terme de rapport entre les hommes, le terrain de formation de l'autorité souveraine a donc toujours existé, et celle-ci a toujours tiré sa légitimité de la souveraineté absolue. Quant aux rapports de demande et d'acceptation, la théorie que je présente, n'est que l'exposé raisonné, ordonné et régulier de ce qui s'est passé d^une manière plus ou moins obscure, plus ou moips irrégulière, plus ou moins incomplète dans tous les pays, selon qu'ils étaient plus ou moins libres.

11 ne faut excepter que les pays places sous des pouvoirs purement militaires, et gouvernés à la manière des provinces conquises. Encore y a-l«il de la part de l'armée une sorte d'acceptation générale qui donne Tautorilé au pouvoir. La nonacceptation se manifeste par des révoltes. Dans les gouvernements militaires, la liberté consiste seulement à changer de despotes. L'histoire des Césars romains offre un exemple parfait des effets et des conséquences de ce genre de liberté.

206. Âfm de ne pas laisser les afGrmations qui précèdent, complètement sans preuves, je demanderai au lecteur la permission de' lui rappeler quelques faits qu'il a certainement en mémoire. Je suivrai Tordre historique comme le meilleur guide.

Dans les temps primitifs, l'autorité souveraine émanait directement de la religion et de ses commandements dont la partie la plus importante a toujours été la morale. 11 est vrai qu'aU début de l'espèce humaine dans la vie sociale, l'application de cette loi était partielle; elle ne s'adressait qu'à une tribu, à un peuple ou à une caste d'élus et laissait tout le reste des hommes en dehors de sa protection. Il est vrai encore que toute doctrine religieuse a ses conséquences ou ses interprétations théologiques, et qu'un certain nombre de celles-ci furent respectées à l'égal de la morale elle-même.

Chaque nation avait donc son Dieu et sa morale qui était obligatoire dans son propre sein^ mais qui ne lui commandait rien envers les hommes qui n'étaient pas de sa race. C'est pour cela que le christianisme, à sa naissance^ donna à ces dieux le nom de dieux locaux ou de dieux païens. Cependant tout altérée que fût cette morale, tant parce qu'elle était exclusive que parce qu'elle était mélangée avec les interprétations théologiques de religions imparfaites, elle n'en constituait pas moins , pour chaque peuple , le principe de son acceptation et de son obéissance. Les chefs des peuples commandaient au nom d'une loi qui avait été donnée par Dieu lui-même et dont ils n'étaient que les interprètes. Le chef était lui-même le fils d'un dieu ou de race divine comme la plupart des chefs des genos en Grèce ou des génies à Rome. Un dieu était incarné en lui comme dans Rama. 11 commandait, mais la loi divine lui avait imposé ses droits comme des devoirs (code de Manou) .

Dans des temps moins anciens, dont l'histoire nous a été à peu près régulièrement transmise, on voit clairement se manifester le système que j'ai montré comme étant celui de la souveraineté. Chez les Athéniens et les Romains, l'acceptation est évidente et le terme de rapport, la majeure du syllogisme n'est pas moins visible. 11 y a l'intérêt

national ou le but d'activité, mais avant tout la religion. Celle-ci préside à tous les actes de la vie politique. Toute assemblée du peuple^ toute délibération, toute élection est précédée par une cérémonie augurale ou religieuse. A Rome^ il suffit d'un accident qui est pris pour un présage défavorable, pour rompre les comices. On ne fonde pas une ville sans consulter les dieux ou le dieu du pays. En Grèce, on ne livre pas im combat sans consulter lés entrailles des victiales^ Ce sont des oracles, des songes, des augures qui décident dans les circonstances les plus graves ^

On n'oseiait pas affirmer que la classe éclairée en Grèce et à Rome eût une foi parfaite dans ces superstitions ; mais on n'oserait pas affirmer non plus qu'elle fut entièrement incrédule. Xénophoh, dans son histoire de la retraite des dix mille^ parle très-sérieusement des oracles, des présages et des sacrifices» Cependant l'école à laquelle Xénophou appartenait, l'école de Socrale^ cherchait à la morale une base plus solide que ces religions qu'elle voyait prêtes à succomber sous le doute et mélangées de tant de superstitions. Platon émit sa théorie des idées absolues, idées qui nous ont été

d. Voyez la Cité antique, par Fustel de CouloDges. Voyez Hérodote, Xéhophon, Arrien , Titte-Lîve, !e Code de Manou, le Rama)^na, les dynasties tartares dans d*Bérbelot.

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données par le Dieu suprême comme une image de sa propre raison. Tout le monde connaît cette doctrine des idées absolues de bien^ de beau^ de juste que Platon considérait comme la base éternelle et immuable de la morale.

Le christianisme ouvrit un terrain nouveau à la souveraineté, aux initiatives et aux acceptations. 11 suffit de rappeler, pour unique preuve, que toutes les nations modernes de l'Europe en ont tiré leurs buts d'activité, et que sous la forme catholique il fut, pendant une suite de siècles, la base principale du droit public européen. Personne aujourd'hui ne nie qu'il ait donné origine à la civilisation moderne. Je ne m'arrêterai donc pas sur l'époque pendant laquelle l'institution catholique ne fut pas contestée. J'ai hâte d'arriver à notre temps*.

La réforme du seizième siècle ne brisa pas seulement l'unité ecclésiastique. Elle proclama la souveraineté de la raison individuelle en matière d'interprétation des livres saints. Je ne veux ici ni discuter ili approfondir cette question. Je n'ai point à examiner si comme première conséquence métaphysique cette affirmation ne posait pas la question

1 . Voyez en outre Européen , 2* série, Cours de polUi^ue progressive^ et aussi dans ia même collection : Ùe la France envisagée co'nï'me instrument des destinées futures 'de VÈïtYope, pai' S. de Boislecomte.

de savoir quelle était cette raison individuelle, si ce n'est pas à celte question que Kant a voulu répondre, et si de la discussion entreprise par ce philosophe plutôt que de la solution qu'il a donnée est sortie cette suite de systèmes qui ont fini dans le néant hégélien. Je n'ai en ce moment à m'occuper que de la marche des idées dans la recherche d'un terrain d'entente commune en politique. En posant la raison individuelle comme juge unique, les réformateurs avaient renversé les anciennes assises du commandement et de l'acceptation ; ils avaient posé un principe réellement anarchique. Aussi furent-ils les premiers à manquer à leur principe ; ils rédigèrent des confessions de foi. Les dissidences trop excessives furent arrêtées par la force; grand nombre de leurs auteurs et de leurs partisans périrent par le glaive.

Cependant il fallait une idée qui pût servir de moyen d'entente non-seulement entre protestants de la même secte, mais encore entre protestants de toute secte et entre protestants et catholiques. C'est alors que naquit la doctrine du droit de la nature et des gens. Ce droit, faute de mieux, a servi à l'Europe. Il fut d'autant plus facilement accepté que, d'une part, les tendances qu'il prétendait naturelles à l'homme étaient déduites de l'observation d'hommes façonnés par le christia-

nisme et se trouvaient par conséquent conformes aux sentiments réels des populations^ pendant que d'autre part les affirmations sociales , déduites également de l'observation, coïncidaient parfaitement avec les habitudes politiques déjà établies. Mais ce droit était insuffisant. D'abord il sanctionnait des conséquences contradictoires. Il y avait, en effet, contradiction entre les usages politiques établis et l'idéal d'un état de nature ou de tendances naturelles déduit du christianisme. En outre, il n'était pas plus obligatoire pour la conscience que toute autre espèce de déduction scientifique qui est toujours contestable. C'est à ces difficultés que voulut répondre J. J. Rousseau par son Contrat social. C'est dans ce livre aussi qu'il proclama la souveraineté du peuple ou le peuple souverain. L'idée, sans doute, n'était pas absolument neuve; elle était dans beaucoup d'esprits; elle avait été proposée et étudiée dans des traités de théologie ; mais personne ne Tavait exposée d'une manière aussi nette, avec autant d'autorité et sous forme d'un système unique et complet. A Rousseau donc l'honneur de cette formule!

La définition du souverain donnée par Rousseau parait une réminiscence de la définition que l'Église catholique donnait de sa propre souveraineté; elle en diffère en ce que Rousseau ne jusli-

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fie d'auGuiie manière Tautorité qa'il attribue à son souverain. Il dit que la volonté générale ne peut se tromper y sans dire pourquoi et comment elle ne peut se tronaper. Il la dit obligatoire et absolue, sans lui donner d'autres motifs que lin-* térét général. 11 remarque bien que tous les peuples ne se ressemblent pa$; mai3 il ne dit point ce que c'est qu'un peuple. 1^ doctrine de Rousseau a été expérimentée sous la Convention et par la Convention elle-méi|ie. Elle a peut*être sauvé l'indépendance nationale et notre avenir social ; mais elle n'a pu convenir qu'à un temps exceptionnel de guerres extérieures et de guerres civiles, tel que celui de 1 793 et 1 794. Il est resté, contre elle, le souvenir de toutes les exagérations, de toutes les sévérités, de toutes les colères, de toutes les mesures despotiques qui furent le malheur et la nécessité de cette époque terrible. La seule doctrine de la souveraineté du peuple a survécu, parce qu'elle était la seule vraie dans tout le système. ÇUe est aussi celle de ce livre. Eu effet, si on donne au peuple le double critérium de la morale et de la nîjitionalité^ on ne voit pas comment la volonté générale pourrait se tromper et ne serait pas obligatoire, Pour admettre le contraire, il faudrait supposer qu'elle y fût infidèle soit par ignorance, Sioit sciemment . L' ignorance n'est pas adipi^sibfe puisque, piar cela seul, le peuple ne

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serait pas souverain ; il ne serait plus une nation, mais seulement une masse d'hommes. Quant à une infidélité volontaire, elle n'est pas davantage admissible de la part d'une nation tout entière. La résistance à la vérité vient ordinairement d'un intérêt personnel ou d'une erreur de passion. Or, dans un très-grand nombre d'hommes, beaucoup d'abord n'ont pas un intérêt ou une passion contraire à la morale et à la nationalité. Pour les autres, la diversité et la contradiction de leure sentiments particuliers sont telles qu'ils s'anéantissent en quelque sorte les uns 'par les autres et s'imposent réciproquement silence. Il n'y a place que pour les sentiments généraux. Au reste, dans tous les cas, c'est le double critérium qui est le juge défînitif.

207. Notre temps rappelle jusqu'à un certain point celui de Socrale, de Platon et d'Arislote en Grèce. Nous avons nos philosophes et nos sophistes*. Il y a entre cette époque et la nôtre autant de ressemblances qu'il peut en exister lorsque les religions et les civilisations sont si différentes. Nous sommes bien plus avancés que les Grecs; mais les phénomènes intellectuels généraux sont jusqu'à un certain point analogues. Chez nous comme chez eux, une partie des classes éclairées^

i , Voyez Les sophistes et la critique^ par À, Gratry

d'abord minime, mais qui est devenue de plus en plus considérable depuis environ deux siècles en Europe, s'est détachée de la religion , y est devenue indifférente ou hostile. Le scepticisme moderne, comme autrefois le pyrrhonisme, a tout mis en doute, tout attaqué, ou au moins tout me* nacé. La morale ayant perdu l'appui et les sanctions religieuses, semble aussi avoir perduquel* que chose de son autorité. La philosophie a entrepris un travail analogue à celui de Socrate^ de Platon et d'A^ristote. Elle a voulu, comme eux, combattre et réduire à néant les exagérations et les sophismes des sceptiques, en démontrant qu'il y a des certitudes inniables, évidentes, en toutes choses et particulièrement en morale. Descartes commença; après lui vinrent Thomas Reid et l'école écossaise. C'est un travail pareil que Kant a entrepris en Allemagne. L'école éclectique française, dont M . Cousin est le fondateur et le maître, a été l'héritière de tous ces travaux ; elle les a combinés et en a tiré une doctrine qui est trop connue pour que j'en entretienne le lecteur.

Je n'ai fait Ténumération de ces écoles que pour arriver à dire qu'aucune de leurs conclusions morales n'est contradictoire aux principes de souveraineté qui viennent d'être exposés, même lorsqu'elles admettent que nous possédons l'absolu dans la connaissance ou que nous pensons en lui^

ainsi que le soutenait Malebranche. Seulement notre école éclectique me paraît avoir eu le tort de ne pas apercevoir ce que Kaiit lui-même avait vu : que les idées de bien, de beau, de juste, tout antérieures à Texpérience, tout absolues qu'on les reconnaisse, ont besoin d'être définies. Elle n'a pas aperçu non plus que cette loi des actes devait être extérieure à nous ou objective, pour parler le langage de l'école, et cela précisément parce qu'elle s'adressait à des êtres libres et qu'elle devait conserver libres. Il est certain que, par le fait des nécessités logiques inhérentes à notre constitution intellectuelle, nous avons forcément les notions de juste et d'injuste, de bien et de mal ; mais si, au lieu de notions générales de ce genre, nous avions l'instinct de chacun des actes qui peuvent par exemple être classés sous le titre de juste ou de bien, exactement comme nous avons l'appétit du boire et du manger, nous y satisferions certainement à notre heure , comme nous satisfaisons notre besoin de boire et de manger, mais nous ne choisirions plus, nous ne serions plus libres. Par suite de cette erreur, l'école éclectique n'a pas reconnu que si la croyance religieuse sert de sanction à la morale , la morale à sou tour affirme la religion avec autant et peut-être plus de puissance que l'ordre et la prévoyance qui rçgnent dans l'ensemble universel, brut ou vivant.

Je ne connais que deux doctrines philosophiques qui soient, en principe, contradictoires à la théorie de la souveraineté qui vient d'être présentée dans les paragraphes précédents : c'est le matérialisme et le panthéisme^ soit que celui-ci considère seulement Thomme comme participant de la substance absolue ou divine, soit qu'il le considère, avec Hegel, comme une idée ou une image dans laquelle Dieu se manifeste à luimême. *Nous avons vu pourquoi le matérialisme, s'il était conséquent^ ne pourrait admettre und doctrine de liberté. 11 ne reconnaît pas à Thomme de libre arbitre. Selon lui, nous sommes mus quand nous croyons nous mouvoir; toutes nos volontés sont les effets de causes indépendantes de nous. Le monde intellectuel et moral, comme le monde physique, n'est qu^un enchaînement nécessaire de phénomènes ou de mouvements qui se commandent les uns les autres, où toute cause est un effet de ce qui précède et tout effet cause de ce qui le suit. Tout est fatal dans un monde ainsi ordonné ; la liberté n'y est qu'une apparence.

Quant au panthéisme, les effets moraux sont différents, mais non pas plus favorables à l'institution d'une souveraineté quelconque. Pour le matérialisme, le pouvoir est un accident, un fait fatalement produit; aux yeux du panthéiste, il ne

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peut être jamais qu'une prétention. £n eff^, tin Individu qui aurait véritablement foi dans §a participation à la substance divine, serait fort peu disposé à croire à un pouvoir autre que le sien, à un critérium extérieur, à une k>i morale ense^ée, à un but commun d'activité, à une démonstration quelconque, en nn mot, à quoi que ce soit qui lui viendrait de l'extérieur. Ce serait un individu fort peu sociable, une sorte d'aliéné incurable qui, pour échapper à la contradiction des choses, serait réduit à s'enfermer en lui-même et à s'isoler du monde comme les faquirs bouddhistes. Mais une telle philosophie ne résiste pas au contact de l'expérience; elle ne satisfait aucune des néces* sites de la vie et elle les contredit toutes. Aussi, dans les pays même où elle est devenue une religion , la masse des hommes raisonne et agit, comme partout ailleurs, selon les principes du sens commun. Ceux qui, comme les faquirs, conforment leur conduite à leufô principes, sont des exceptions.

On s'étonne qu'une erreur pareille ait pu se » reproduire et se propager dans un temps comme le nôtre, lorsque tout ce que nous avons acquis nous prouve plus que jamais la vérité de cette parole de Socrate : a Ce que je sais le mieux y c'est que je ne sais rien. » En effet, les limite» de notre connaissance sont psff tout évidentes ; nous savons à

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peine quelque chose du passé et du présent ; nous ne possédons pas un mot de ravenir, et en tout le commencement, le fond^ la fin et le lien des choses nous échappent. Quant à notre action sur le monde extérieur , elle est impossible sans effort et sans lutte; nous ne pouvons rien engendrer ni rien produire que dans certaines conditions que nous ne saurions changer. En un mot^ nous sommes partout dépendants, partout bornés, partout finis. La raison, Tintelligence, le libre ar* bitre, qui forment notre gi*andeur, qui nous distinguent de tous les êtres vivant autour de nous, et qui d'ailleurs constituent la contradiction la plus sensible avec notre prétendue union substantielle avec Dieu ou avec le tout, ces facultés sont en réalité, pour nous, de nouvelles causes de faiblesse. Nous sommes les maîtres de notre avenir; mais c'est à cause de cela même qu'il nous faut des guides, que nous avons besoin de prévoir, et pour prévoir, de connaître. D'un autre côté, nous ne pouvons rien si nous ne sommes volontairement unis, non-seulement dans le présent, mais encore avec le passé et l'avenir, unis par le même but, par la croyance à une même loi des actes, par les mêmes travaux, par la mémoire des faits accomplis, en un mot par un héritage capable d'accroître incessamment notre expérience, notre savoir et notre prévoyance. TXous sommes évidem-

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ment des individus séparés les uns des autres. Aussi, pour que toutes ces choses fussent et soient possibles, il nous a fallu et il nous faut un point de ralliement solide et durable. Ce point de ralliement , c'est la souveraineté. Mais cette souveraineté doit être celle qui convient à des êtres tels que nous, c'est-à-dire à des êtres moraux, intelligents et libres. Telle est celle dont on a présenté la théorie dans ce chapitre.

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