‹ Traité de politique et de science sociale (volume 3)Chapitre 3 sur 54 · Rossi, Traité du droit pénal · texte numérisé non relu

Rossi, Traité du droit pénal

D'abord il n'exclut aucun des niolifs précédemment énumérés; il les comprend au contraire, mais en même temps il les limite et n'en accepte que ce qui est moralement légitime. En outre, il leur donne Tautorité la plus grande qui puisse exister devant la conscience humaine.

L*autoritéy lorsqu'elle commande^ est d'autant plus sûre de l'obéissance qu'elle-même montre davantage que le commandement n'est de sa part qu'un acte d'obéissance envers une autorité supérieure ou envers le devoir qui doit commander à tout le monde. Par la même raison, la contrainte ou la peine ne sont réellement efficaces que lorsque celui qui les subit est non-seulement con* vaincu de leur justice, mais encore les accepte comme moralement commandées à ceux qui les lui appliquent. Qu'est-ce, en effet, aux yeux d'un individu, s'il ne croit pas au devoir social, que l'intérêt général? 11 lui préférera toujours son intérêt particulier, et en cela il croira avoir droit et raison. Que lui fait le besoin de la défense quand c'est contre lui-même que la société a intérêt à se défendre? Que lui importe enfin le contrat social? Il ne l'a pas fait lui-même; il ne s'est engagé à rien. 11 en' est autrement lorsque le devoir est posé comme principe. L'individu qui résiste se sent coupable; il obéit dans sa conscience» même lorsqu'il se dérobe à ce devoir.

ik TRAITÉ OË POLITIQUE.

On comprend d'ailleurs que rincérét, même général ou public, oe conseille pas tonjours les choses les plus conformes k la justice. La défense, soit directe, soit indirecte, peut dépasser la limite du droit. Dans un contrat même positif, et k plus forte raison lorsqu'il est hypothétique comme celui de J.*J. Rousseau, oo peut aller au delà de ce qui est moralement permis. Oi peut de plus l'interpréter, selon les circonstances, dans un sens mâiuvais. L'histoire nous otfre, sous ce rapport, des exemples de toutes les sortes d'exagération. La théorie du contrat social a conduit la Convention au despotisme de la Terreur.

Celle-ci fut sans doute une nécessité du temps; Hiai& il n'en est pas moins vrai que la doctrine dont il s'agit l'autorisait et la légitimait. Le droit de défense a été exagéré à ce point que des peuples ont dans cet unique but détruit d'autres peuples. Ainsi fit RoEoe à l'égard de Cartbagé. Dans d'au* très circonstances et sous le même prétexte, un peuple nuit, autant qu'il peut, soit à la prospérité, soit à l'action bienfaisante d'un autre qu'il prend pour rival. Telle fut trop souvent la conduite de l'Angleterre à l'égard de la France. Les tribus germaines, et gauloises, pour assurer leur sécurité, faisaient oHeux encore : elles faisaient mi désert autour d'elle».

Quant à l'intérêt, il n'est pas un meilleur conseil^

\er. Ed 1 807, le gouvenienwnl: anglais trouva utile de s emparer de la flotte danoise ou au moins de la détruire. L'occasion était favorable. C^tte flotte, en grande partie* désarmée, était tout entière réunie dans le port de Copenhague. Une escadre britsmiâque se présenta hrusqnement devant la ville. La «urprise fut complète et le succès égate* onroit. La flotte et Tarsonal furent iiM^endiés; mais la moitié d'une viUe de cent mille âmes fut écrasée sQm ks bombes. Cet attentat souleva l'npinion dans toute l'Europe et même en Angleterre. Il eut pour résultat de jeter le Danemark dans une al* liance^ intime avec la France, et d'en fermer les ports au commerce anglais. Peu de temps après, Napoléon, ne consultant également que l'intérêt, se, donna un tort pareil. Sa faute dépassa la pre* mière et la fit oublier. Je veux parler de l'invasion de l'Espagne dans Thiver de t807-1808. On raconl^ que Thémistocle eut une idée utile du ménie genre au profit des Athéniens. Le peuple voulut qu'il la; confiât à Aristide. Celui-ci ayant anncmcé que rien ne pouvait être plus utile,, mais que rien ne serait plus injuste, le peuple ne voulut pas en entendre davantage, ce qui prouve qu'une assemblée publique n'est pas incapable de mieux choisir qu'un minière aristocratique et même un grand empereur.

L'histoire de la colonisation de l'Amérique nous

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