Stuart MilI, itpre cité, p
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dit-il, incline vers la médiocrité collective et cette tendance est accrue par toutes les réductions et tbiites les exclusions du droit électoral ; leur effet étant de |)lacer le pouvoir principal entre les mains dé personnes de plus en plus inrérieures au ilivèàu le plus élievé de TinstriicUon dans la conitiiuhàulé.... Dans la faussé démocratie qui^ au liieii de doHnéi* là représentation à tous, la donne seulement aux majorités locales, là voix de la mitlbrité ihstruite JDëut n'avoir pas d*orgàne dans tout le corps représentatif. C'est un fait reconnu que, dans la démocratie américaine, qui est construite sûr ce rhaiivàis modèle, les membres trèscititivés de la cr)mmuilàuté , excepté ceux d'entreëux (jUisorit dis^iosés à sacrifier leurs opinions eî h devenir les organes serviles de leurs inférieurs en savoir, ne se présentent même jjas au congrès ou aux législations d'État, tant il est certain qu'ils n'ont aucune cbâhcë d'être nommés. SI, par bonheur, un plan, comme celui de M. Hare s était présenté âùt fondateurs éclaires et désintéressés de la république américaine, les assemblées fédérales et les âsseniblées d'État auraient contenu un grand notiibre de ces hommes distingués, et la drniock'àtie âiiiait évité le pliis grand rèproclieque Ton puisse liii faire et liii dé ses bialix lés plus formidables... Les représentants de la majorité, outre (juils seraient améliorés elix-mèines |>ir lef-
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fet dii système, n'auraient plus désormais tout le champ à eiix seuls.... Leurs propres esprits seraient élevés insensiblement par l'influence des esprits ^vec lesquels ils se troiivëtaient eti coniàct el même en liittë.!.. Les irangs adverses se rencontreraient face a (acej nlain à indiri, et il y aurait lihe comparaison loyale de leur force inteltëctuêlle ëii présence dii |)kys^ t)n découvrirait bieiStot si rb|)inion qui rem|)ortë par le hbnilirë; l'emporte aiissi \Â)r le poids. . . .
« Cette portion de l'assemblée (la biîhbrué) serait aussi rbrg^né [iiropire d'une grande lonctiôn sociale pour laquelle ôb n'a pris àiicuiië pirécaùtioh uaiis les déniocràtiës existaiités, qîii cependant, si elle demeure inaccomplie dans uii goûverneinëiit, condainne a coup sur ce gouvernement à dégénérer et à périr. On peut l'appeler là fôncilon d'àtitagonîsme. lians tout gouveriiement, il y à un pouvoir plus fort que tout lé reste, e pouvoir qui est le plus fort, tend perpétuellement a dëveiiir le seul |)OtiVoir. Moitié avec intention, mbiiie sans s'en douter, il s'efforce toujours de faire céder tout devant lui, et il n'est pas satisfait tant qu'il y a quelque chose qui lui irésiste, quelque influence qui n'est pas d'accord avec son esprit. iNéànnibins s'il réussit à supprimer toute influence rivale, à mouler toutes choses d'après lui-même, le progrès est à son terme dans. ce pays
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et le déclin commence. Le progrès humain est le produit de facteurs nombreux et nul pouvoir constitué jusqu'ici parmi les hommeS ne les renferme tous.... Aucune communauté n'a été longtemps progressive que là où il y avait lutte entre le pouvoir le plus fort dans la communauté et quelque autre pouvoir rival, entre les autorités spirituelles et les autorités temporelles, entre les autorités militaires ou territoriales et les classes laborieuses, entre le roi et le peuple, entre les orthodoxes et les réformateurs religieux. Quand la victoire d'un côté ou de l'autre a été assez complète pour mettre fin a la lutte, et qu'aucune autre dispute ne s'est élevée à la place, il y a d'abord stagnation, puis déclin \ »
Après avoir exposé, ainsi que nous venons de le voir, les dangers du règne absolu des majorités et Futilité des minorités, l'auteur passe aux objections opposées au système de M. Hare. Elles reposent sur les difficultés d'exécution et particulièrement sur la possibilité d'erreurs volontaires ou involontaires dans la vérification et le compte des votes. On devine quels sont les arguments sur lesquels se fondent ces objections, et quelles sont les réponses. Aussi je ne m'y arrêterai pas.
Le plan proposé est évidemment applicable. Il
i . Loc^ cit.^ p. 1 72 et suiv.
peut d*ai]leurs être modifie de diverses maiûères, selon les besoins. Il est applicable, avec certaines modifications, au suflrage à deux degrés, aussi bien qu'au sufTrage direct) en restant tel qu'il est. Il faut remarquer qu'il a été conçu particulièrement du point de vue du suffrage direct, tel qu'il existe en Angleterre et aux États-Unis. L'élection à deux degrés n'offre pas les mêmes dangers. L'expérience le prouve. Dans notre révolution, en France, nous avons eu une suite d'assemblées, composées d'un très-grand nombre de membres, nommées au suffrage à deux degrés, qui ont toutes été également remarquables par le mérite et le caractère des hommes qui les composaient. C'est à ce point qu'on s'étonne qu'on ait pu trouver, dans un seul pays, un nombre pareil d'hommes aussi distingués. C'est que l'élection à deux degrés, au lieu d'abaisser le niveau de l'intelligence, le relève au contraire. En effet, les électeurs primaires choisissent pour les représenter comme électeurs du second degré bu définitifs, des hommes qui déjà se distinguent parmi eux et ceux-ci également choisissent des députés qui leur sont supérieurs; car il faut une raison aux choix; il faut une raison pour qu'on préfère celui-ci à celui-là. Les électeurs du second degré ne peuvent jamais être assez nombreux pour ne pas s'entendre entre eux, et pour ne pas entrer en
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communication avec les candidats. Ils pourront donc les apprécier et prononcer en connaissance dé cause. Si un candidat a quelque idée nouvelle qui sVIève au-dessus du commun, ce sera un bobheur pour lui 'j ce sera une chance de succès^ C'est au moins ainsi que lèsclioséssé sont passées en France lorsque le système à deux degrés était eh usage.
Sans doute il y aura un courant d'opinion publique auquel participeront les électeurs du second comme du preiiiîer degré; niais s'il y a quelque idée qui, sâiis y être opposée, s'en distingue, il n'y aura aucun motif pour qu'elle ne soit pas admise ei plusieurs pour qu'elle le soit. Piarmi ces nioiits, ie ne compte pas îih sentiment qii'brî oe peut biiolier et qui devra toujours subsister dans lin pays où l'éducation et l'instruction civique seront convenablement garanties, le sentinïenf du devoir et de la nationalité; mais je veux indiquer le désir que les électeurs auront de se distinguer aux yeux dé leurs commettants, Thonneur qu'ils recueilleront un joîir d'avoir ouvert la carrière à un homme utile ou illustre. D'ailleurs ces mêmes électeui's, précisément parce qu'ils seront du second degré, se trouveront en quelque sorte plus rapprochés du gouvernement, ils en verront mieux les dinficultés; et parce qu'ils serolit eh petit noml>î*e^i!s seniiit moins sujets aux eiihainemehts de
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ro^inion courante. En outre, parce qu'ils pourront délibérer, parce qu'ils devront se commutiiquer leurs pensées et les motiver, ils siércJnt âriiehés à peser et à aj^préciêr cette opinion coUiailte. Sans doute ils lui donneront satisfaction; ihais comme le collège aura plusieurs députés à nommer, à'ils en accordent un ou deux à Topinibn, ils en accorderont un autre à quelque idée en dehors de celles de la majorité; et dans tous les cas c'est aux plus méritants qu'ils décerneront leurs suffrages.
Par toutes ces raisons, le suffrage à delix degrés ne me parait pas offrir les datigers ^i bien dé- > montrés par Staàrt Mill dans le suffrage direct. Cet auteur le reconnaît lui-même. Aussi se demancle-ton pourquoi il préfère rélectidn directe à rélection à deux degrés? Petli-étrè par habitude, pour ne pas trop déroger aux coutuiiiés anglaises; mais sa raison principale c'est qu'il comprehd la démocratie à là manière âméHcainé ou, en d'autres termes, à la ttianière dé Béntham, ainsi que le remarque M. Dupont White, c'est-à-dire comme une forme de gouvernement où tout partde l'individu pour lui revenir, où l'indlvidualisitie est tout, origine et fin. En un mot, atix yeux de Stuart Mill, il s'agit de représenter i*iiidividu et noii lecitoyén.Telle n'est pas la doctririéHecèlîvre. Nous croyons que le citoyen est pluis qu'un simple
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individu; car il y a deux sentiments qui sont étrangers à la pure individualité, le sentiment de la société et celui de la patrie.
En défmitive, dans un État représentatif, il doit y avoir une critique des choses et des personnes, dont le résultat soit de les maintenir à leur niveau et même de les améliorer, une critique pour empêcher les abus, et de plus une nsemble de propositions et de projets destinés a devenir le programme de l'avenir. Ce sont là les œuvres qui appartiennent aux minorités. Il n'y a pas de société , pas de pouvoirs qui ne soient absolument intéressés à ce qu'elle soit constamment accomplie. On doit aider et encourager la forma-* tion d'une minorité par tous les moyens, dût-elle même être hostile. C'est un intérêt de premier ordre. Un sage a dit qu'il n'y avait pas de meilleurs conseils que ceux que l'on recevait de ses ennemis^ c'est-à-dire de la critique. Dans nos Chambres, il est d'usage depuis longtemps qu'une certaine fraction accueille les minorités de la pire manière, par le bruit, les sarcasmes, les interruptions les plus propres à dérouter et à irriter un orateur. Le pouvoir que ces zélateurs ou ces flatteurs prétendent servir, devrait leur imposer silence. Mais, l'actualité ne nous regarde pas ici.
Parmi les moyens de former et de conserver cette minorité désirable, on doit compter sur les
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deux libertés dontii sera question dans le chapitre suivant, la liberté de réunion et celle de la presse. C'est dans des réunions libres et accideniellemeut tolérées, qu'ont commencé la manifestation et la propagande de quelques-unes des idées qui feront Thonneur de ce dècle, des idées de progrès, d'association, etc., etc. Quant à la presse, il faut distinguer à cet égard entre les livres et le journalisme. Les premiers ont servi, comme les réunions, d'instrument pour les initiatives ; mais malheureusement ils n'atteignent que le petit nombre ; c'est une forme de propagande aussi lente que la presse quotidienne est rapide. Aujourd'hui, celle-ci se borne à suivre les divers courants de l'opinion qu'ils soient grands ou petits, qu'ils aillent en arrière ou en avant, ou seulement qu'ils tournent sur place; mais elle est placée presque partout sous un régime exceptionnel et partout, même aux Élats-Unis, nous vivons dans une époque transitoire. Il est probable, il est à croire que, lorsque là transition sera plusavancée , lorsque le journalisme sera débarrassé du régime qui Topprime, lorsqu'enfin tout le monde pourra user de la forme quotidienne et périodique comme on use aujourd'hui de la forme des brochures et des livres, la presse deviendra l'un des plus puissants moyens au service des initiatives et des minorités.