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intimement avec Bazard, qui étaitemployé comme lui; que dès ce moment il se préoccupait vivement des idéesgénéraies : — il avait formé avec Bazard et quelques amis une réunion qui siégeait rue des Quatre-Yents sous le titre juvénilde « Société diablement philosophique ; » — qu'il était très-hostile aux Bourbons, mais ne sympathisai t nullement avec les Bonapartistes ; que dans un but purement politique il entra dans la franc-maçonnerie et arriva bientôt aux plus hauts degrés de la hiérarchie maçonnique; enfin que ne voulant pas recevoir de traitement d'un gouvernement contre lequel il conspirait, il se démit de sa place à l'octroi de Paris et résolut, malgi*é le peu de ressources dont il disposait, d'étudier la médecine. Grâce à ses manières franches et ouvertes, à la facilité avec laquelle il soutenait une conversation ou une discussion, au courage et à l'activité dont il faisait preuve en toute circonstance, à l'autoi^jté que lui donnait un savoir déjà étendu, enfin à la supériorité réelle que reconnaissaient en lui tous ceux qui rapprochaient, il acquit bientôt un grand ascendant sur tous sescondisciples, et dans les mouvements qui marquèrent les premières années de la Restauration, il fut toujours un des premiers parmi ceux qui figuraient en tête de la jeunesse des écoles.
Les sociétés secrètes qui s'étaient formées jusque-là contre les Bourbons, en dehors de l'armée, avaient poursuivi principalement un but de propagande et n'avaient pas préparé de mouvement insurrectionnel. Une conspiration militaire qui tendait directement au renversement des Bourbons avait échoué en 1820 et cet échec avait jeté un certain désordre dans les partis hostiles au gouvernement. Ce fut dans ces circonstances que deux amis de Bûchez et de Bazard , Dugied et Joubert, qui avaient coopéré à la révolution de Naples, rapportèrent d'Italie
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les statuts du Carbonarisme. L'un d'eux en donna lecture, au commencement de Tannée 1821, à huit jeunes gens réunis rue Copeau ( aujourd'hui rue Lacépéde) dans la chambre de Bûchez. Trois de ces jeunes gens , Bûchez, Bazard et M. Flottard furent désignés immédiatement pour modifier ces statuts et les adapter aux habitudes françaises. Ce comité se mit au travail séance tenante, y consacra le reste du jour et la nuit, et, le lendemain matin, il put présenter dans une seconde séance générale im projet de règlement qui fut adopté aussitôt*. Ainsi se constitua la première vente de la société des Carbonari de France. Â la fin de la même année cette société comptait 80 000 membres, parmi lesquels ne se trouvait pas un seul agent de police.
Se^ conmiencements néanmoins furent assez difficiles et elle ne prit une extension rapide que lorsque les principales notabilitéslibérales, notamment Lafayette, Yoyer d'Argenson, Jacques Kœcklin et la plupart des membres du comité dirigeant des sociétés secrètes antérieures, eurent consenti à se mettre à sa tête et à former la vente suprême. Mais ce furent toujours les premiers fondateurs qui en restèrent le noyau actif. Us s'étaient réparti les diverses contrées de la France et Bûchez avait été chargé d'organiser les départements de l'Est. Il parcourut la Lorraine et l'Alsace et séjourna pendant quelques mois à Strasbourg. Pendant ce temps un plan d'insurrection mûrissait dans le Haut-Rhin et toutes les mesures étaient prises pour qu'un complot militaire, éclatant dans les derniers jours de décembre
1. Pour les détails, voir le tome Y de Y Histoire des deux Restaurations de M. Yaulabelle, auquel Bûchez lui-même a donné beaucoup de renseignements sur cette conspiration.
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1821, à Béfort et dans d'autres places de ferres voisines, donnât le signal du soulèvement de toute la régioa orientale de France.
Je n'ai pas à raconter comment cette entreprise échoua. Bûchez préparait le mouvement dans les Vosges quand il apprît Tavortement du complot de Béfort. Peu de temps après il fut aiTêté à Metz, par mesure de suspicion , quoîqu^on ne possédât aucune preuve de sa participation à la conspiration. L'instruction qui fut suivie contre lui â Metz, et qu'il déroutait par un silence obstiné ou des sorties violentes, ne produisit aucun fait à sa charge. Cependant il fut renvoyé devant la cour d'assises de Colmar. La il trouva un juge d'instruction des plus bienveillants, M. de 6olbéry, qui se plaisait à causer histoire et archéologie avec le prévenu et qui n'entrava en rien sa défense. La sympathie que les prisonniers inspiraient à toute la population et même aux geôliers et aux gendarmes , était telle que Bûchez aurait pu facilement s'échappei de prison. Mais les charges qui s'élevaient contre lui étaient si faibles, qu'il ne croyait pas une condamnation possible. Et cependant il aurait été frappé, comme tous ses co-accusés, de la plus terrible des peines, il aurait été condamné à mort, si le jury avait fait droit aux réquisitions du ministère public. Le jury avait été choisi en outre de telle manière que le gouvernement croyait pouvoir compter avec assurance sur une déclaration de culpabilité, et s'il se trouva six voix pour {>roclamer non coupables la plupart des prévenus, ce ut grâce à la pression exercée sur quelques jurés par les riches manufacturiers de Mulhouse.
Le procès de Colmar se termina le 21 août 1822. Bûchez acquitté revint immédiatement à. Paris et se remit avec ai'deur à sfés études médicales. Il les acheva
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avec succès sous les .^mspices (le Qéc^piiery qui T^vaii pris isu a^ectioa et ()opt il fpi; pendant qpelqjips apnées le chef de clinique. Lorsqu'il eut été reçu docteur, eu inarjs 1825, Récamier aurait yplontifsr^ guidé ses premiers pas dgns la carrière ipédicale ; piais les opinions polipques de riUuslrc professeur étaient trop opposées à pelles du jeiane docteur pour qi;e celui-ci crut pouvoir accepter cet appui. D'ail|curs, inalgré le gnoxd savoir fliédiçalqup Bûchez avait sw^quis, — il avait fait notaimnent un nombre prodigieux de dissection^, — il ne cpnsîjdéra dès rorigine V i^xercice de 1^ piédecine que ' coipine un moyen de se livrer à d'^Ufres travaux et ne rechercha jamais la elieiitèle. Déjà un ai^tre horizon s'était ouvert à ses yeux : la science spqale ét9it devenue Tobjet principal de son 9|:tention.
S 2. BUC0BZ ET L'ÉqOLE SAmT<-SiMON)6im9.
L'issue malheureuse des çopspiratious auxquelles il avait pris p?irt, av?^it convaincu Ifuc)iez de l'impuissance de toutes les tentatives de ce genre sous un gouyernemi^nt libre. Majs il avait éjté frappé en même temps de Tétroitesse des doctrines UNrales qui étaient en faveur alors et il les jugeait insuffisantes ppur Tacbi^vement de Vœuvr© commencée en. 1789. Bazard partageait cette opinion et tous deux se mirent à la recherche d'idées plus larges et plus compréhensives. C'çt^itrépoqueoù l'écoledes deJVbûstreet dés deBouald jetait' le plus vif éc^at; Bûchez et ^azard rendirent à ces écrivains plus de justice qu'on ne le faisait généralement alors dans le parti libéral ; m^is il (était impossible qu'ils acceptassent leurs doctrines. Ce fut à ce moment que la publication du Nouveau christianisme de Saint-Simon attira particulièrement leur attention