DE LA SCIENCE POLITIQUE CHEZ LES ANCIENS ET JUSQU'A NOS JOURS
8. £nooP6 aujourd'hui^ aprèti vingt-deux sièoles écoules, la terminologie, les définitions, les formules de Platon et d'Aristote, mais surtout d'Aris» tote, forment la base du langage et de la science politique. C'est d'Aristote que nous avons reçy cette dé^oition que le but ou la fm de la société politique est le bonheur individuel. C'est encore de lui cet axiome que l'homme est un être sor eiable, no>.iTt5cov Zwov, comme l'abeille qui en se mettant en société satisfait un instinct et un besoin, axiome adopté par Grotius et Puffendorf, et qui fut le point de départ des doctrines sur le droit naturel. Sans doute, le^ doctrines anciennes ont subi quelques modifications partielles. Ainsi nous
entendons par citoyens tous les membres d'une société, tandis que les anciens ne donnaient ce nom qu'à un petit nombre , c'est-à-dire aux membres d'une caste qui ne comprenait que la moindre partie des habitants du pays, le reste se composant d'étrangers et d'esclaves. Ainsi encore on varie sur la définition du bonheur, les uns le plaçant dans la vertu ou la modération comme Aristote, les autres dans la justice comme Platon, d'autres dans la sécurité, d'autres dans la richesse, d'autres dans la liberté, d'autres dans la puissance. On n'est pas non plus d'accord sur l'origine assignée à la société. Le christianisme a^ sur ce sujet, une solution qui diffère de celle d'Aristote ; mais quelles que soient les modifications ou les variations, on retrouve partout chez les Pères de l'Église comme chez les écrivains modernes, la domination de la science grecque et le plus souvent cette science elle-même.
9. C'est encore de Platon et d'Aristote que nous avons reçu la pensée et le modèle d'un idéal de gouvernement, d'un type absolu d'organisation sociale qui ne devrait plus changer dès qu'il serait établi. Il est vrai que ces deux philosophes ont proposé des modèles fort différents. Il est vrai encore que les écrivains postérieurs n'ont pas moins varié sur ce sujet. Cependant l'exemple donné par les Grecs est toujours suivi. Il est peu