SCIENCE POLITIQUE DES ANCIENS
nouveaux ou sur des nécessités inconnues à la science grecque, its types gouvernementaux des anciens ne se prêtaient qu à l'explication des phénomènes secondaires. On a également essayé' d'appliquer les définitions et les formules d'Aristote au système de gouvernement le dernier trouvé de tous, à celui dont on ne rencontre d'exemple nulle part avant les temps modernes, au gouvernement représentatif. 11 est très-vrai qu'on peut trouver des gouvernements représentatifs plus ou moins monarchiques, plus ou moins aristocratiques, plus ou moins démocratiques, ou même analogues au quatrième gouvernement de Cicéron et de Polybe : mais dans ces cas évidemment les types des anciens ne représentent plus que des formes secondaires. I^es Grecs n'avaient aucune notion de ce que nous entendons par représentation. C'est l'église chrétienne qui donna, la première, par ses conciles généraux, l'idée d'un pareil système.
Certes il ne serait au pouvoir de personne, et il n'est pas *dans ma pensée d'éliminer de la langue politique une terminologie et des définitions qui ne sont que l'expression abstraite d'observations très-exactes; mais nous devons reconnaître qu'elles ne représentent pas toute la science et qu'elles ne devraient pas constituer tout l'enseignemeàt. Beaucoup de faits nouveaux
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se sont produits depuis deilx mille ans. Les anciens ne comprenaient pas une société sans esclaves; ils ignoraient les droits de la femme et de Tenfant ; ils admettaient difficilement le travail libre ) ils ne connaissaient point le crédit, c'est-àdire une force qui met toute espèce de gouvernement sous la dépendance de Topinidn publique ; ils comprenaient la cité ; mais ils savaient à peine 6e qu était une nation. Enfin, comme nous venons de le voir, ils n'avaient point d'exemple de ce que nous appelons représentation nationale# Âristote ni Platon n'en avaient pas l'idée.
11 s'en faut de beaucoup que j'aie énuméré toutes les choses inconnues des anciens qui ont été produites par la civilisation moderne^len'enai cité que quelques-unes; mais il me reste à faire remarquer qu'un grand nombre de ces nouveautés ont apparu sous toute espèce de formes gouvernemen-' taies et comme indépendamment de celles-ci ^ ici sous un pouvoir plus ou moins populaire^ là sous une aristocratie, ailleurs sous un gouvernement absolu. En effet, elles ont apparu coînme les conséquences d'une tendance ou d'une opinion publique qui poussait toujours au changement et aux améliorations et qui avait fini par envahir même les hommes qui étaient à la tête de la sociétés Or cette tendance de l'opinion qui va constamment à modifier les choses ancienoes et à en produire de
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nouvelles était complètement ignorée aussi bien au temps de Platon et d'Âristote qu'au temps de Polybe ou même de Cicéron. Ces savants ne comprenaient pas d'autre tendance que le désir du bonheur individuel ou le sentiment du suum cuiquey et d'autres révolutions que celles qui naissent du mécontentement d^s citoyens. De là, comme nous l'avons vu, leur théorie et leur explication du mouvement circulaire des faits sociatix.
Les considérations qui précèdent suffisent pour prouver que la science grecque, toute respectable qu'elle est pour avoir fondé les premières assises de l'enseignement politique , n'est cependant applicable avec exactitude (\\i\ ùfl tempâ très-dôurt et très-limité de l'histoire âticietine, et tju'efiï définitive elle est complètement insuffisante pour 1*6présen ter les destinées sociales de l'espèce hatoainé.