‹ Traité de politique et de science socialeChapitre 43 sur 95 · Européen, 1836, t. I, p · texte numérisé non relu

Européen, 1836, t. I, p

partie de la population qui fût de la cité ; de méme^ en Italie, tous |es peuples, qui combattaient avec Rome, ne faisaient point partie de la république. A cet égard, les sociétés particulières ne diffèrent point des grandes. Dans la famille les serviteurs, dans les associations industrielles les employés sont, en général , comme des étrangers qui se bornent à obéir et dont le concours n'est assuré qu'autant que leur intérêt personnel est satisfait.'

22. 11 est, je pense, complètement inutile d'insister sur la différence qui existe en politique entre le sentiment d'un but commun et le sentiment d'un but personnel. Le premier commande toujours un certain sacrifice de la personne et quelquefois le sacrifice tout entier ; le second, jamais; il ne vit , au contraire, il ne se nourrit que del'inlérêt individuel. Il peut arriver quelquefois, souvent même, que ies deux sentiments soient momentanément d'accord; mais c'est un accident ou un effet d'habileté gouvernementale qui n'altère en rien la diHerence fondamentale et l'hostilité habituelle qui existe entre ces deux sentiments. En général^ dans un pays^ la classe dangereuse se compose des gens qui n'ont en vue et ne veulent atteindre qu'une fin personnelle.

23. De ce qu'une action de même nature est opérée par plusieurs individus en même temps,

il n'en résulte pas qu'il y ait société entre ceux qui l'opèrent. Ainsi, dans une armée en déroute, ainsi dans une troupe d'animaux qui courent à la même proie, il y a identité d'actions^ il y a identité de motifs ; mais les actions et les motifs sont également individuels. Il y a similitude, mais non communauté.

Il y a communauté dans le but seulement, lorsque ce but est tel qu'il ne peut être atteint que par le concours discipliné de plusieurs. Alors^ la forme des actions importe peu; il n'est pas nécessaire qu'elles soient identiques de la part de tous les agents de l'œuvre commune , pourvu qu'elles concluent à une fin identique. Il arrive même ordinairement que ces actions sont trèsdiverses, qu'elles ne se ressemblent que dans la tendance et ne se touchent ou ne s'identifient que dans le résultat terminal. La communauté dans le but est encore cara/ctérisée par la nature du résultat ou des espérances. Les réalisations, qu'on obtient ou que l'on attend, sont de telle nature qu'elles sont évidemment à tous; elles peuvent avoir quelquefois le caractère des richesses que les économistes appellent immatérielles; mais elles restent toujours, quelles qu'elles soient, indivisibles , inconsommables, soustraites à la possession et à l'usage exclusif de personne en particulier, tant que la communauté n'est pas dissoute. Ainsi,

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