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La famille a donc été historiquement le point

de départ de la société civile et politique. C'est par elle, en quelque sorte, que les hommes ont fait l'apprentissage des habitudes et des devoii's sociaux. Elle est restée l'assise première et constante sur laquelle tous les législateurs ont fondé la société politique. Elle en est toujours la base nécessaire. Otez en effet la famille et il n'y a plus de garantie, ni pour la conservation de la population, nipourTéducation desenfants. Ainsi quand Aristote disait qu'elle était la société élémentaire et l'élément de la cité, il ne généralisait pas seulement le fait qu'il avait sous les yeux; il faisait plus ^ il po* sait une vérité fondamentale et constante.

59. De ce que l'homme par sa constitution matérielle se rapproche de l'animal, de ce que surtout il ressemble à celui-ci par la manière dont il se reproduit, quelques philosophes ont conclu qu'il suffirait de l'abandonner à son instinct pour assurer la conservation de l'espèce et qu'il n'y avait pas besoin d'autres lois à cet égard que de celles qui régissent les bêtes. C'est une erreur ! Il faut plus chez les hommes que le hasard des rencontres, des caprices et de l'instinct. Là où, par le fait de circonstances exceptionnelles, ce hasard règne en maître, là en un mot où la promiscuité existe, non-seulement l'espèce ne prospère pas et n'augmente pas en nombre, mais encore elle se détériore au physique et le plus souvent elle diminue.

Voyez ce qui arrivait aux esclaves chez les Romains. Ils étaient livrés à tous les abus de la promiscuité ; mais loin que leur nombre s'accrût sous ce régime, il allait toujours diminuant. Pendant une longue suite de siècles ce fut la guerre qui se chargea de remplir les vides ; mais lorsqu'il n'y eut plus de cités, ni de provinces à dépeupler, le nombre des esclaves devint rapidement insuffisant ; les terres qu'ils cultivaient devinrent stériles; la nature sauvage en reprit possession.

L'expérience appritbien vite aux administrateurs de ce temps qu'on suivait un mauvais système. On y renonça en effet et des édits impériaux créèrent le colonat et assurèrent au serf colon la famille en même temps que le pécule. Mais l'empire romain ne vécut pas assez pour voir ce nouveau régime repeupler les terres que l'ancien système avait rendues incultes.

Dans les iles de TOcéanie, la classe inférieure, celle des téous^ est abandonnée à la promiscuité. Elle se distingue de la classe supérieure par une puberté précoce, par la petitesse de la taille, par Tinfériorité musculaire et intellectuelle. Elle se conservait cependant ; mais c'est parce qu'un grand nombre d'individus renonçant volontairement à la promiscuité contractaient, à l'exemple àesEriSy des espèces de mariages.

; Il y a aujourd'hui , dans l'Amérique septen-

trionale , une singulière société qui a renouvelle le régime de la promiscuité , mais au profit des hommes seulement; c'est celle des Mormons. Or, quoique ces Mormons soient en quelque sorte d'hier, on y remarque que le nombre des naissances est de beaucoup inférieur à celui des morts 4 en sorte qu'ils seraient déjà presque tous disparus s'ils ne recrutaient, chaque année ^ de nouveaux adeptes.

Ce n'est pas la fréquence des rapports entre les sexes qui produit beaucoup d'enfants. Il faut, au contraire, une certaine chasteté dans le mariage pour qu'il soit fécond. Tout le monde a remarqué que les femmes qui se livrent à la prostitution sont généralement stériles. Je pourrais dire pourquoi ; mais je n'oublie pas que je m'adresse à d'autres qu'à des médecins et que je ne dois entrer dans le détail des explications physiologiques qu'autant qu'il sera absolument nécessaire.

60. Sous le point de vue de la reproduction, il y a des ressemblances entre l'espèce humaine et certaines espèces purement animales ; mais il n*y a pas parité. L'espèce humaine constitue un régne isolé dans l'animalité. Elle participe de l'animalité; mais on peut dire qu'elle y participe le moins possible. Quoique le côté de la génération soit celui où elle s'en éloigne le moins,

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elle ne s'en rapproche pas plus sous ce rapport, moins peut-être, que le règne animal lui-même ne se rapproche du règne végétal. Quelques mois d explication éclairciront ma pensée.

Sous le point de vue dont il s'agit ici , les animaux du dernier rang ressemblent aux végétaux des classes supérieures. Us se multiplient comme ceux-ci par bourgeons, par scissiparité et par œufs ou graines. Dans des classes un peu plus élevées, et jusque chez les poissons et les reptiles, la reproduction a lieu généralement par des œufs; mais ceux-ci sont, le plus souvent, abandonnés, comme la graine des végétaux , aux hasards des circonstances favorables. Les petits, qui en sortent, apportent tous les instincts et toutes les facultés nécessaires à leur conservation. Ils savent tout ce qu'ils ont besoin de savoir; ils sont en naissant aussi instruits que leurs parents. Dans une classe plus élevée, chez les oiseaux, les soins de la mère sont nécessaires. Les petits ont déjà, sans doute, en sortant de Tœuf , la plupart des instincts propres à leur conservation ; mais ils ont besoin delà nourriture des premiers jours et peutêtre d'une sorte d'instruction • Aussi déjà, chez ces animaux, les rapports des sexes offrent un caractère particulier et le rôle de la mère s'agrandit. Chez les mammifères, la durée de l'alimentation maternelle et le besoin de protection croissent en

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((iielque sorte avec la taille. Cependant le petit animal sait, avant d'avoir les yeux ouverts, chercher sa première nourriture dans la mamelle de sa mère ; peu de jours après, il marche, et ne tarde pas à acquérir son indépendance. Ici les rapports des sexes offrent encore des caractères plus remarquables que chez les oiseaux. Sauf dans (]uelques espèces carnassières que leur férocité condamne à un isolement individuel et dont cet isolement borne la fécondité, sauf quelques autres espèces dont la présence de Thomme ou la domesticité ont changé les mœurs, les mammifères vivent en troupes ; et dans chaque bande on remarque qu'un ou plusieurs mâles se chargent de la défense et de la direction du reste qui est composé des femelles, des petits et des jeunes. Mais quelle différence avec l'espèce humaine !

Tout le monde a lu quelque part que la femme du sauvage s'accouche et se délivre elle-même, sans aucun secours, puisqu'elle va laver son enfant au fleuve voisin et qu'aussitôt elle se remet au travail vive et allègre comme si de rien n'était. Ceci n'est rien de plus qu'un conte. C'est une trèsrare exception que la femme puisse se suffire à ellemême pendant la grossesse et surtout pendant la parturitiou^ et quand cela arrive il en résulte toujours un grand mal pour elle et pour son enfant. Il est plus rare encore que la mère puisse suffire

en même temps à elle-même et à son enfant. Il lui faut la vie de famille pour le parfait accomplissement de ces graves et difficiles fonctions sur lesquelles reposent la durée et la meilleure conservation de notre espèce ; il lui faut au moins des circonstances et une protection qui la remplacent. Voyez en eftfet. L'enfant de l'homme naît complètement dépourvu de ces instincts qui caractérisent les animaux. Il ne sait que crier et se plaindre. Il faut placer la nourriture dans sa bouche. Il faut qu'il apprenne tout, à voir, à entendre, à toucher, à marcher. Les soins qu'il exige sont si constants qu'ils prennent tout le temps de la mère. EUe Ta mis au monde; mais il faut conquérir une se^ conde fois sa vie contre sa propre ignorance et contre les atteintes du milieu nouveau où il est placé. L'enfant est sujet à une multitude de maladies dont l'animal est exempt. Aussi, de la part de sa nourrice, c'est un combat perpétuel contre tous les genres d'accidents. Il faut enfin l'engen drer à la vie spirituelle, à la vie qui constitue spé« cialement l'homme ; il faut lui apprendre à parler et à penser. C'est encore la mère qui lui donne celte seconde vie. On a dit souvent, et rien n'est plus vrai, que l'enfant dans ses premières années apprend plus qu'il n'apprendra dans lecoursentier de son existence. J'ai déjà fait remarquer que les impressions de ces premières années ne s'effacent

jamais^ que c'est de là que viennent ces dispositioiiis dites natives, qui jouent un si gratid rôle dans notre vie. Or, c'est à nos mères que nous devons celte science et ces premières dispositions. Elles nous donnent tout ce qu'elles possèdieht, tout ce qu'on leur à donné à elles-mêmes ; et quelle patience, quel art, quel amour il leur faut pour foire pénétrer chez ce petit être indocile et capricieux, toute cette lumière qiii doit l'éclairer plus tard, un art, une patience, un amour dont personne n'est capable qu'elle-même. C'est véritablement un second engendrement plus pénible^ plus difficile et plus méritant que le premier. C'est là la vraie tâche de la femme ; c'est là son devoir et son rôle social ; car, suivant qu'elle l'accomplira bilen ou mal, son fils sera un homme utile ou un méchant. Qui que nous soyons^ si nous avons quelque mérite devant nos semblables, rendons-en grâce à nos mères.

61 Je viehs d'ai'gumenter du point de vue de l'histoire naturelle contre les prétentions du naturalisme et je crois avoir suffisamment prouvé que cette école se trompait dans les assimilations qu'elle tentait d'établir comme danis les conséquences qu'elle voulait en tirer. Elle a cependant toujours des représentants sous une forme ou sous une autre. Nous avons vu, dans ces dernières années une taouvelle secte qui arrivait aux mêmes

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conclusions, mais par une autre foute, au ttom d'un autre principe, au nom d'un autre sentiment. Elle réclamait la liberté dans F union des sexes au nom de là vérité dans l'amour^ ce qui est encore du naturalisme, mais du naturalisme très-peil philosophique et par trop pratique. On repoussait colnme une contrainte odieuse et un tyranniqUe abus^ la stabilité que la loi sociale veut faire régner dans Tunion sexuelle. Là où l'amour doit être le seul lien, l'anique loi> il ne doit y avoir, disait-on, ni obligation, ni contrainte, ni. règlement Pourquoi le mariage serait-il perpétuel, si l'amour ne Tesl pas? Le mariage ne doit avoir d'autre durée que celle de l'amour, comme il ne doit pas avoir d'autre sanction, etc. Chose singulière ) les plus ardents maîtres de cette dernière école ont été des femmes !

A quoi conduirait en définitive ce naturalisme ? à laisser la femme sans protection et l'enfant à sa charge ou à l'abandon! Quant à l'homme, elle lui ôterait la certitude et la jouissance de la paternité.

Ces révoltés ont oublié que Tunion des sexes avait pour conclusion la maternité et la paternité * ils n'ont pas vu que là était le but, et là la raison qui rendait l'amour sexuel plus respectable, plus saint, plus social que d'autres appétits ou d'autres satisfactions qu'on ne s'est jamais occupé de régie-

menter. Ce seul oubli suffit pour accuser leur jeunesse et leur irréflexion. Ils ne se sont pas rappelé non plus que dans le rapport sexuel, le rôle de la Femme et celui de l'homme ne sont point égaux. L'homme n'y perd rien ; mais la femme y perd tout. I^ maternité pour la femme est un véritable sacrifice de sa personne. Si elle lui donne, aux yeux de la société et devant Dieu, un mérite que rien ne surpasse, si elle lui donne un droit de plus à l'affection de son époux, par contre elle lui ôte ces attraits qui brillent dans la jeune fille et qui charment les yeux et l'imagination des hommes. Le mariage et la famille sont les seules places où la femme mère soit supérieure à la vierge et l'égale de l'homme ; ce sont les seules où elle trouve la dignité, la sécurité et la justice à laquelle elle a droit.

La plupart des personnes qui ont émis les propositions passablement paradoxales que je viens de combattre^ n'ont ainsi raisonné que parce qu'elles se sont placées à un point de vue purement individuel, quelques-unes au point de vue des sentiments, des plaisirs et des délicatesses qui président à l'union des sexes, et quelques autres, je dois le dire, au point de vue grossier des appétits, des caprices et de la variété qui excite les sens. Les unes et les autres ont suivi la logique de l'égoïsme ; elles n'ont vu qu'elles-mêmes

et leurs propres sentiments et non point la fonction ni la finalité du mariage* Or s'il y a un sujet où Ton doive chercher la finalité et où celle-ci soit évidente, c'est certainement le sujet dont nous nous occupons. La passion et le plaisir ont été mis dans l'union des sexes comme un attrait irrésistible pour assurer la perpétuité de l'espèce. Il suffit de jeter les regards sur l'ensemble de Ja création terrestre pour reconnaître que dans cette union le but est constamment Tespèce et jamais l'individu. H y a des êtres, et en grand nombre, dont la vie finit aussitôt que Toeuvre de reproduction est terminée. Sans doute, dans les animaux supérieurs, l'individu a d'autres fonctions que de propager son espèce; mais remarquons-le bien, la preuve principale, la preuve naturelle, indiscutable que nous en avons, c'est que leur vie dure au delà du moment où leur reproduction est opérée. Chez l'homme, la fonction de la reproduction , toute importante qu'elle est , n'est évidemment qu'accessoire, ou seulement complémentaire; mais sa destination n'en est pas moins la même que dans le reste de l'animalité : le but est toujours l'espèce. Le législateur peut-il faire mieux que de respecter la finalité établie avec une telle évidence dans ces choses, que d'imiter le Créateur ou plutôt d'obéir à sa volonté si clairement manifestée ?

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L«a nécessité de la famille pour la conservation de Tespèce hvmaine me paraît. su fïi^mnient démontrée par ce qui précède. Nous avons mainr tenant à chercher quelles en sont les lois consti* tutlves. Ce travail ne sera pi long, ni difficile. Ici, comme danS) toute autre société, Torganisafion de rpnsemble, les devoirs et les droits générauj^ et particuliers découlent du but. Il y a des con^ st£^ntes Qrganiques nécessaires, dont on ne peut s'éloigner que dans certaine^ limites. Nous verr? rons en effet, que, selon que Ton se rapproche ou que l'on s'éloigne de ces constantes^ la famille conclut au bien ou au mal et donn^ de bons, de médiocres ou de mauvais citoyens *.

6?. L'origine de la famille est le mariage. Le but du mariage est la procréation des enfants. La famille n'est en effet réalisée ou complète que lorsque les enfants existent. Le but de la famille est leur conservation et leur développement sous tous les rapports qui peuvent en faire des citoyens, c'est-à-dire des hommes bons et utiles, selon l 'énergique expression de nos ancêtres.

Ce n'est pas sans motif que je distingue entre le but du mariage et le but de la famille, quoique c^s deux institutions soiept tellement unies

1 . Voyez Courcelle-Seneuil, Études sur la science sociale^ p. 256 et suivantes.

qu'elles semblent sp confondre. En pffet, il y ?i uw fin k laquelle les époux saiils prepqent part ; c'est U procréation 4es enfapts ; il y a une aptre fin à laquelle les^ enfants çuxt mêmes doivent cQpcourir; c'est la conservation, l'avancement, et l'instruction de la famille. Les parepts donqepf leur travail, leur vigilance, leur prévoyance ; les epfants doivept dopner d*abord leur obéissapce et ensuite leur aide selon leurs forces. La famille est la communauté définitive où chacup des ipen^T bres doit apporter et prendre sa part de spins, de travail et de sécurité II y a plus, ce n'est poipt en vue de l'union de Thomme et de la femme qu'est fait le règlement du mariage j c'est en vue des enfapts , c'est ep yue de la famille, ^p efTet^ si pn le déduisait seulement de la considérs^tiop de Tupion de Tl^omme et de la femme, la }ogique e\ la jusfjce p'p]|^igeraient riep de plus que 1^ ga? raptie des droits pt des iptérêts de chi^cpp des cpn-? joints, en telle sprje qu'il y eut eptre pux pne réc^j procité parfaite et que pi l'un ni l'autre pe ppt être lésé. C'est parpe que la fen^m^ perd que|qpp chose dans le mariage, que 1^ législation lui as^pre ordinairement un dédommagement en cas dp répudiation, de divorce ou de vepvage. Si, ^p pon^ traire, on déduit le règlement du p^^ri^gp de la considération des enfants, c'est-à-dire de l'idée de famjUe^j on tropve que la légj^latjon a bespin

d'établir en outre tout un important système de devoirs et de droits et qu'elle le fait le plus souvent. On peut dire que la plupart de ceux qui se sont trompés sur les questions dont nous nous occupons l'ont fait uniquement parce qu'ils ont pris pour point de départ logique le mariage seul^ au lieu du mariage fécond, c'est-à-dire de la famille.

63. Disons, avant de passer outre, que le mariage, en tant que principe de la famille, est, au point de vue de la société politique, un des premiers devoirs pour chacun de ses membres. Aussi ne saurait -on trop l'entourer de respects et d'honneurs. Il faut qu'il apparaisse comme une dignité nouvelle ajoutée à celle de citoyen. La religion n'a pas trop fait en l'élevant au rang d'un sacrement ; car il est bon, il est juste, il est utile que la religion et l'opinion le protègent à ce points que personne n'ose s'y soustraire à moins d'un devoir égal incompatible, et que ceux qui en sont éloignés par la force des choses, regrettent, jusqu'à l'envie, que d'autres aient sur eux cette supériorité d'accomplir un devoir dont le mérite leur a été refusé.

64. Nous venons de voir que la considération du but donne la loi des devoirs et des droits dans la famille. Nous devons déterminer maintenant quels sont ces devoirs et ces droits au moins dans les choses principales.

La première et la plus grave conséquence c'est

que, dès que le mariage est fécond, dès que la Famille existe, le père et la mère sont unis d'une manière indissoluble. Les époux peuvent être rassasiés et fatigués l'un de l'autre ; il peut être dans la convenance de leurs appétits ou de leur caprice de se séparer; mais l'existence des enfants leur impose un devoir et une responsabilité commune dont tous deux sont également participants. Ce devoir est un lien moral des plus positifs. Le rompre est une faute, peut-être même un crime devant Dieu avant d'en être un devant la loi.

Dans les États où la loi a fait à la faiblesse humaine la concession soit delà répudiation, soit du divorce, on a été obligé de régler le sort des enfants.

Quels que soient les arrangements qu'on adopte à leur égard, qu'on les attribue à l'un des époux ou qu'on les partage entre les deux, il est évident qu'au point de vue du développement physique et moral des enfants, la situation créée par le divorce et par la répudiation est des plus fâcheuses. Elle offre quelque chose de violent puisqu'elle brise le lien de sentiment qui les unit à l'un de leurs parents; elle 6te toute raison et tout motif aux devoirs qu'on leur imposerait par la suite vis-à-vis de celui dont ils sont séparés; ils commencent la vie sous l'influence d'un exemple mauvais et d'une impression détestable. Enfin ils perdent^ et

c'est là le o6té grave au point de vue social, ils perdant Vavaqtage et les bienfaits de cette dou* k\p afTectiqn du pèr^ et de la mère, différente dans ses niauifestatioDs et ses soin^, mais seiubl^M^ par le but, dont le concours est nécessiaire à Jeur pj^rfait dév^lqppement physique et pfior^U Auquq arrangement légal lie pput équivfiloir au principe de l'indissolubilité qui sepl est cqnforme ^ la logique des cbqses ; aucuq ne le remplace. Je n'ai pas besoin de dire que, Iqrsque le mariage est stérile^ i} n'y a plus les mêmes motifis sociaux popr 1^ paaintenir; il y en a quelquefois pour le rompre.

. 65. Du moment où la famille existe, quelque petite que soit cette société, i\ lui faqt un gquvernement. Or, à l'égard des enfants, le pouvoir de direction et de commandement partit devoir appartenir également au pèvfi pt à la mère ; on ne voit pas pourquoi il en serait autrement INatiirellpment il esf plu^ entre les p^aips de 1^ paère pendant la première enfancp, un peu moins pendant 1^ seconde ; plqs tard c'est surtout le pouvoir du père qui prédqmine ; m^is au fon4 le droit des deux parents est pgal, puisque pe droit n'pst que la conséquenpe du 4€îY0iï' qu'ils accomplissent et de la responsabilité qu'ils encourent tous deux. Presque partout l'usage en a décidé ainsj. L'usage a triompbé même de la législation dans les cas où pelle-ci vqplaif: le contraire. S^uf

chez quelques peuplades sauvages où la force est la seule verlu et la seule autorité, la mère, tou* jours et en tous lieux, a recueilli le respect et l'obëissauce de ses enfants. Voilà pour le gouvernemeqt des enfants ; mais entre la mère et le père . qui aura raulorité supérieure ?

Si Ton ne considère que l'intérieur de la famille, il paraît indifférent que cette autorité appartienne de préférence à Fun ou à l'autre. Ce qui semble le mieux, c'est qu'elle revienne à celui des deux qui aura sur son conjoint cette réelle supériorité que la pratique de chaque jour ne tarde pas à manifester et qu'on s'empresse de reconnaître partout sans qu'il y ait besoin de règlement. Mais, quand il s'agit du gouvernement de la famille, il y a autre chose à considérer que l'intérieur de celle-ci ; il faut tenir compte surtout des rapports de cette petite société avec la grande société politique dont elle fait partie, ou plutôt dont elle est la subordoDuée. Ce sont là des rapports dont l'influence est dominante. L'existence et le bien-être de la famille en dépendent en grande partie. Or, c'est Thomme qui est en général l'intermédiaire de ces rapports; c'est lui qui, dans le milieu politiq^e, représente la famille et par suitp c'est lui qui en est le chef.

Cependant^ dans une famille bien réglée, cette supériorité nécessaire n'este rien à l'autorité, ni à

la dignité de la femme; celle-ci administre pendant que le mari gouverne. Il n'est pas rare que la pratique intervertisse les rôles. C'est quelquefois la femme qui conserve et nourrit la famille; c'est elle qui possède la supériorité morale et intellectuelle. Le mieux alors est que la direction de la communauté lui revienne. Rien n'est plus juste et les choses se passent ainsi en France assez souvent; mais c'est un fait que notre législation n'a pas prévu ; elle ne le reconnaît pas. Le silence de la loi est sans danger lorsque les époux sont l'un à l'égard de l'autre ce qu'ils doivent être; mais il n'en est plus ainsi lorsque le mari ne sait faire de son droit qu'un indigne usage, nuisible à la communauté, destructeur de la famille. Le seul recours que notre code accorde à la femme est la séparation. N'y a-t-il pas quelque chose de mieux à faire? Ne pourrait-on pas dans ce cas transporter à la femme le droit qui appartient ordinairement au mari? Il n'y a qu'une seule fonction dans laquelle la femme ne puisse suppléer son époux: c'est celle de citoyen.

66. La famille n'a pas été toujours comprise dans l'organisation sociale simplement comme uu moyen de conservation de Tespèce. Elle a été et elle est encore, en beaucoup de pays, 'considérée comme un élément de l'État, comme un principe d'administration et de gouvernement. De là, dans

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tant de pays, ces usages qui altèrent l'institution naturelle de la famille, ces règlements qui révoltent nos habitudes modernes, mais que les progrès de la civilisation chrétienne ont corrigés ou en partie abolis, tels que l'autorité absolue du père, son droit sur la vie et la liberté des enfants, la nullité de la mère, la hiérarchie entre les enfants, rinégalité des partages, le droit d'ainesse. Un seul exemple suffira pour faire comprendre l'influence que le système politique peut exercer sur l'organisation intérieure de la famille. Chez les Romains où le sénat, comme on sait, était la moitié du souverain, ainsi que l'exprimaient parfaitement ces mots senatus populiisque romanus^ ce sénat était l'assemblée des chefs, patres^ des familles patriciennes ou des gentes dont la confédération avait primitivement constitué TÉtat tout entier. Ainsi la famille était en réalité un élément de la constitution politique. Le chef, le père, celui qui représentait la famille, ne perdait, en rentrant dans sa maison, rien du droit de souveraineté qu'il exerçait dans la cité; seulement il en jouissait sans partage. Il y était en même temps l'unique magistrat et l'unique pontife; la mère ou la matrone était assimilée à ses enfants par le mariage solennel; elle relevait de son tribunal, il disposait de son sort, il disposait également de la vie et de lalibertéde ses enfants; c'était tout-à-fait roîxovofiLia

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lîeenroTixTî, le syslètïie despotique d'Aristote. Nblis avons eu nous-mêmes dans le développement de notre civilisation moderne un exemple de cette influence du système politique sur la constitution de la faimlle^ mais un exemple moindre : le système féodal engendra le droit de primogëniture, Finégalité entre les enfants , Tusage des substitutions.

67. En général dans notre Europe moderne, la famille se rompt à la mort du père et de la mère et ce qui en reste ne consiste plus que dans les relations morales qu'elle a créées et dans certains rapports légaux qui se manifestent principalement par les droits de succession et les empêchements au mariage. Il n'en était pas ainsi dans Tantiquité et par exemple à Rome ; tant que la famille y fut un élément de l'Etat, ainsi que nous venons de le voir, elle était considérée comme perpétuelle; c'était la gens. Il n'en est pas non plus ainsi aujourd'hui en Chine, aux Indes, chez les princes, dans la noblesse aristocratique de l'Angleterre et de l'Allemagne. Partout enfin où les familles sont encore des éléments de l'État, on s'est efforcé de leur donner, autant que possible, le caractère de la perpétuité. Ainsi le veulent, en Europe, exceptionnellement, quelques constitutions politiques, et en Chine la religion et la législation réunies.

11 semble que la famille soit naturellement dissoute à la mort de ceux qui en furetit les auteurs

et les chefs. La logique en effet veut que l'action cesse lorsque le but est atteint. Or, ici, lé but est réducation et l'avancement des enfants. Aussi, à la rigueur, la logique ne prononcerait pas la dissolution seulement au moment de la rhort des parebts; niais elle exigerait plus; elle voudrait qu'au jour où les enfants sont en état de vivre indépendants et par eux-mêmes, l'association qui les unit au père et à la mère, cessât légalement. Elle irait plus loin encore; elle autoriserait même la rupture du mariage ; car elle ne le déclarait indissoluble qu'en raison du but, c'est-à-dire de l' éducation et de l'avancemebt des enfants. Ces conséquences paraissent certainement très-t^atioilnelles au point de vue où nous nous sommes placés jusqu'à ce moment; mais le sentiment les repousse, la justice et l'usage les condamnent. Pourquoi ?

La révolte du sentiment en cette circonstance s'explique d'abord par les liens d'affectiôti qui unissent les membres d'une même famille, ensuite par les liens d'habitude que produisent la vie en commun et la communauté d'éducation, et lE^nBn par les liens d'intét*êts. Je he connais pas d'influence capable de dépasser, ni même d'égaler chez les hommes cette triple puissance. Lorsqu'elle pit)uonce sur un sujet, il lie parait pas qu'il y ait de résistance possible à moins d'un dieVoii* plus

grand ou à moins que l'homme ne soit dans un état anomal, c'est-à-dire physiquement ou moralement dépravé. Examinons, en quelques mots la nature et ta valeur de chacune de ces influences.

Est-il besoin^ en effet, de parler de la puissance de l'affection paternelle, et surtout de rafFection maternelle ? Qui ne la connaît par expérience ? Qui n'en a ressenti les effets ? Cet amour suit les enfants partout où ils vont ; il est toujours actif, toujours indulgent, toujours désintéressé, toujours patient, toujours dévoué en un mot^ ne demandant pour récompense que le bien de ceux auxquels il s'attache. Il a des exigences si excessives que les parents sont obligés de s'en défendre comme d'une faiblesse dangereuse pour les enfants même. Ce sentiment qui est commun au père et à la mère continue, ou plutôt perpétue entre eux l'unité de but qui a présidé à leur union primitive.

L'amour filial n'est ni pareil, ni égal à l'amour paternel. Ce dernier est en quelque sorte un instinct ; c'est au moins la manifestation d'une loi naturelle que Dieu a imposée à l'animalité et qui, dans notre espèce, offre un degré de puissance et de perfection proportionnelles à notre force morale et à notre intelligence. Chez les enfants, l'affection ne repose plus sur un instinct: c'est de l'amitié, delà sympathie ou de la reconnaissance.

Il est vrai que ces sentiments sont aussi d'autant plus développés que la force morale Test davantage; il est vrai encore que Tégoïsme même conclut à les maintenir. Où ces enfants trouveront-ils^ en effet, les encouragements, les approbations, Tindulgence, le désintéressement qu'ils sont sûrs de rencontrer chez leurs père et mère ! Les parents sont les confidents naturels de leur égoïsme ; ils en sont, s'il est permis de dire, les complices.

Au second rang vient l'habitude; c'est une puissance qui parle moins haut, mais qui est peut-être plus durable Elle se forme, dans le sein de la famille, par l'effet quelquefois d'uqe ressemblance organique originelle, mais toujours par la similitude d'éducation, l'imitation des mêmes modèles, l'identité de règle dans les actions et les penséeS; l'exercice des mêmes sympathies et des mêmes antipathies, enfin par tout ce qui résulte d'une longue intimité. Ces habitudes, quelle que soit la dispersion, ne s'effacent jamais complètement ; elles donnent aux enfants qui ont été élevés ensemble une physionomie qui trahit, jusque dans les moindres détails, leur origine commune. Elles constituent enfin comme une seconde nature dont on peut dire comme on dit de la première: a Chassez le naturel, il revient au galop. » Or ces habitudes feront que les membres d'une même famille ne se trouveront avec personne

plus à l'aise qu'entre eux, toutes les fois qu'une

cause grave de séparation n'existera pas.

11 faut enfin tenir compte des intérêts. Le plus souvent ils sont cause des séparations qui existent entre les enfants d'un mênie père; rarement ils les réunissent ; mais il est bien rare aussi qu'ils ne constituent pas un lien qui les rattache à leurs parents. Ainsi, soit par sentiment^ soit par habitude, soit par intérêt, ou par tous ces motifs ensemble, la plupart dès enfants reviennent toujours vers ceux qui les ont engendrés. Ils retrouvent dans ces relations une douceur^^ une aisance, une sympathie pour tout ce qui les touche, qu'ils ne rencontrent nulle part ailleurs. Voilà pourquoi, selon moi, le sentiment universel repousse ces tristes conséquences logiques que j'énonçais tout à l'heure.

Le mariage et la famille n'auraient-ils pour but que des satisfactions individuelles, il suffirait d'im tel accord de sentiments, pour prolonger la durée de ces petites sociétés et pour justifier la protection que la loi leur accorde. L'État donne son appui à des tendances beaucoup moins générales et moins importantes. Mais il y a plus ; la société politique a un intérêt moral, un intérêt de justice et un intérêt de population à maintenir les obligatiops de famille jusqu'à la mort des fondateqrs et dans cei^ taines circonstances bien au delà.

La morale veut que tout devoir engepdre un droit; elle donne le droit soit comme moyen du devoir, soit en même temps comme récompense du devoir accompli. Telle est la règle, tel est le principe.

Or, selon cette loi primordiale, le devoir que les parents ont accompli envers leurs enfants, leur donne droit sur ceux-ci, même lorsque les enfants sont libres et vivent p^r eux-mêmes dans rindépendance. Il leur donne droit au respect, à 1 appui et au secours des enfants quand ces secours sont nécessaires. 11 n*y a pas de pays civilisé où ce droit ne soit reconnu et légalement consacré. J'ajoute qu'au point de vue de la population, rÉtat trouve lui-même le plus grand avantage à imposer aux enfants ces devoirs qui continuent la famille. En effet, par là, il donne au père et à la mère un motif de plus non seulement pour engendrer des enfants ^ mais encore pour les élever le mieux possible afm d'en faire des hommes bons et utiles. Il ajoute au motif d'affection qui vient de la nature, un motif d'intérêt qui vient de lui-même.

Ce lien, fondé sur le devoir des enfants envers leurs parents, cesse naturellement à la mort de ceux-ci; néanmoins, selon la coutume la plus générale, la famille n'est pas encore considérée Comme complètement rompue. Sans parler de cer-

tains cas spéciaux, tels que le service militaire, Texclusion de diverses fonctions corporatives où Ton tient compte des liens de famille, toutes les législations européennes les maintiennent dans deux circonstances : lorsqu'il s'agit d'héritage et lorsqu'il s'agit de mariage.

68. On comprend sans peine le motif du législa* teur, en matière d'héritage, toutes les fois qu'il attribue la succession aux descendants immédiats. Il se rend l'interprète de la volonté paternelle. On sait en effet avec quelle passion, dans les familles honnêtes, les pères travaillent pour l'avenir et la sécurité de leurs enfants. Mais lorsque la loi appelle à la succession des collatéraux éloignés, il semble (jue le législateur n'ait eu d'autre pensée que d'attribuer à quelqu'un une fortune que la mort laissait sans propriétaire. Peut-être a-t-il obéi seulement à des habitudes qui ont été toutes-puissantes dans le passé ; peut-être cela a-t-il été de sa part une imitation de ce qui était en usage dans les familles princières ou nobiliaires; peut-être enfin s'est-il proposé d'accorder cette éventualité comme une récompense pour les restrictions dont il sera question tout à l'heure. On a imaginé^ dans ces derniers temps^ un droit d'attente à l'aide duquel on a prétendu justifier ce don, à des parents ou à des collatéraux éloignés, d'une fortune que ses auteurs n'ont point produite pour eux. Mais ce droit

d'attente n'a d'autre origine que la loi elle-même, et on ne voit pas pourquoi la loi Ta créé. Aussi parait-il raisonnable de dire que ce droit ne jus^ tifie rien. Quoi qu'il en soit, cette légalité perpétue la famille sous un certain rapport. J'aurai occasion de revenir surquelquelques-unes de ces questions dans le chapitre sur la propriété.

La législation actuelle perpétue encore la famille, sous un second rapport, par les restrictions qu'elle apporte au mariage entre proches parents. Elle a suivi à cet égard les prescriptions de la religion. Il y a^ au reste, très-peu de pays où le mariage n'ait pas été défendu enire les parents, à un degré ou à un autre, mais surtout dans les degrés les plus rapprochés. Cependant, il est permis entre frère et sœur chez les Guèbres. On peut citer quelques exemples semblables chez les anciens Egyptiens, mais seulement dans les familles royales Chez les musulmans et les Chinois, où règne la polygamie, on tolère que le même mari épouse les deux soeurs; mais ce n'est plus la même chose quant au résultat dont nous allons parler.

On a remarqué que les mariages entre consanguins, lorsqu'ils se succèdent et se multiplient dans les mêmes familles, ont un résultat funeste pour la population. Comparativement à ceux qui unissent des familles différentes, et toutes choses égales d'ailleurs, ils produisent une population de

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beaucoup inférieure, où les dispositions maladives dominent et où les arrêts de développement sont plus fréquents. Ces mariages, en un mot, sont une cause de dégénérescence dans l'espèce humaine.

On a pu faire une observation analogue dans quelques familles prîncières, ainsi que dans quelques familles nobles dont les alliances s'enferment depuis longtemps dans un cercle tellement restreint, qu'il ne contient plus en réalité que des individus plusieurs fois consanguins. Ces races ont rapideiïient et étrangement dégénéré. Leurs n^^riages ont produit des enfants de plus en plus inférieurs aux ascendants. Elles ont fini par donner des individus malingres, amoindris, souvent prédisposés à l'aliénation mentale ou affligés des plus mauvais instincts, quelquefois idiots, quelquefois stériles, c'est à-dire incapables de se reproduire, et cela dans une proportion qui étonne, car elle dépasse souvent la moitié. Il suffit, au reste, de regarder les portraits dés membres de quelquesunes de ces familles rangées selon l'drdre généalogique pour deviner à quelle triste hérédité leur vanité les a soumises. Les restrictions au mariage entre consanguins sont prescrites par une loi de la nature avant de l'être par la loi politique.

Les observations qui nous apprennent quelles sont les redoutables conséquences des unions

sexuelles entre parente trop rapprochés sont tout à fait modernes. Dans cet ordre de faits, comme dans beaucoup d'autres, la loi morale avait de beaucoup précédé la science; elle fut, en cela comme partout, le meilleur guide. Les législateurs ont suivi là. loi morale; car rien ne nous apprend qu'ils aient fait les observations que le hasard de quelques circonstances exceptionnelles a oflFertes à l'attention des savants de nos jours.

Il est inutile de chercher pourquoi la loi morale défend les unions dont il s'agit. On le comprend sans peine. 11 serait difficile de maintenir la pu* deur ainsi que la chasteté, plus difficile encore de donner l'assurance qu'elles ont existé entre des consanguins très- rapprochés qui ont eu ensemble l'intimité et les facilités de l'enfance. Cela serait difficile, dis-je, si les relations sexuelles trouvaient un encouragement dans la possibilité d'un mariage futur. Le mieux, le plus court, le plus sûr, était de placer, comme barrière entre eux, l'idée d'un crime et l'impossibilité de la réparation.

Cette redoutable conséquence de la consanguinité nous montre que l'espèce humaine est faite pour mêler son sang le plus possible et d'une manière en quelque sorte indéfinie; mais elle prouve aussi que la famille était un fait naturel avant d'être un fait légal.

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